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10/06/2019

Decazeville : Le « souffle nouveau » et l'environnement

decazeville - qualité de l'air.jpg

 

La majorité municipale de Decazeville, qui devait apporter un « souffle nouveau » à la ville, est semble-t-il déjà en campagne pour les prochaines élections municipales 2020.

Elle a donc entrepris de faire un bilan de son mandat en débutant par sa politique environnementale. Ça tombe bien, c'est ma partie.

 

On est déjà assez ahuri par les propos liminaires de cette note stipulant que, dans ce domaine, la marge des collectivités est assez réduite et que certains pourraient envier notre qualité de l'air (où ça ? A New-Delhi, à Pékin, à Bhopal ?). On voit là la méconnaissance complète des actions possibles des collectivités en matière d'environnement et l'ignorance des relevés de la qualité de l'air de ces dernières années sur le Bassin, notamment à Viviez (très proche de Decazeville), où la qualité de l'air va de moyen à mauvaise (voir photo 1, en début de note). Concernant les particules en suspension (PM 2,5) Viviez est aussi polluée que l'agglomération toulousaine à cause notamment des rejets des activités économiques, de la circulation sur la RD 840 et de certains modes de chauffage déficients, en fond de la vallée encaissée et peu ventée du Riou-Mort. Quant aux rejets de produits chimiques dans l'air, ils ont été catastrophiques durant la "dépollution" des sols d'Umicore de 2008 à 2016. Il faudra attendre un peu pour connaitre des résultats récents car toutes les stations de mesure avaient été supprimées en juillet 2017, et une seule vient d'être réinstallée en février de cette année.

 

Les quelques mesurettes décrites dans cette note de la majorité pour améliorer l'environnement sont en fait soit des obligations législatives (arrêt des pesticides), soit des actions débutées lors du mandat précédent (gestion différenciée des espaces verts) soit des mesurettes insignifiantes et « m'as tu vu » qui cachent en fait une politique environnementale indigente.

La protection de l’environnement et la lutte contre le dérèglement climatique sont des domaines totalement inconnus ou mineurs aux yeux des élus de la majorité, et de toute façon asservis aux dogmes économiques ultra-libéraux qu’ils soutiennent.

 

Pour ne citer que quelques mesures et réalisations illustrant parfaitement ce mépris de la majorité municipale pour l'environnement et les habitants du Bassin, on pourrait par exemple citer :

 

Déchets inertes, espaces verts :

  • inertes la croix de broual.jpgCréation d'une décharge sauvage de déchets « inertes » en zone PPRM à la Croix du Broual pour y déverser les déchets mal triés des travaux de voiries,

  • Accueil au centre de stockage de déchets inertes communal à la Romiguière de déchets industriels provenant de la Sopave, contenant notamment de nombreux fragments de plastiques,

  • boues sopave.jpgUtilisation de ces déchets industriels contenant des plastiques sur les espaces verts de la commune (Fontvergne, Sailhenc...),

  • Aucune création de jardin partagé durant ces cinq ans,

 

Déchets industriels et ménagers :

  • viviez.jpgAccord à la réouverture de l'Installation de Stockage de Déchets Dangereux de Montplaisir à Viviez,

  • Accord des élus decazevillois en communauté de commune au projet Solena (Centre de traitement et de stockage de déchets ménagers) à Viviez, qui serait situé à 300 mètres des premières habitations et à 200 mètres d'une usine classée Seveso,

  • déchets - bacs.JPGAucune action préventive pour baisser le volume et le poids des déchets ménagers,

  • Les élus de la majorité ont voté favorablement à la taxe sur les ordures ménagères au lieu de la redevance pourtant plus juste et qui permet d'agir sur la prévention des déchets,

 

Protection des riverains des pollutions et des atteintes à leur santé :

  • Modification du PLU de la zone du Centre pour permettre l'installation d'activités extrêmement polluantes sur cette zone située pourtant en centre ville,

 

Qualité de l'air, des sols et santé des habitants :

  • air-station-place du 8 mai.jpgAucune action pour mesurer, prévenir et améliorer la qualité de l'air médiocre à Decazeville, notamment lors des périodes de pics de pollutions signalées par Atmo-Oramip,

  • Aucune demande de la Ville pour l'installation d'une station de mesure de qualité de l'air à Decazeville,

  • Aucune demande de la Ville pour demander l'analyse des sols des jardins decazevillois fortement pollués, comme à Viviez, par les rejets toxiques de Vieille Montagne et d'autres entreprises, et prendre des mesures afin de protéger la santé de la population.

  • Aucune action pour lutter contre les feux de jardins qui asphyxient la ville fréquemment,

  • Refus de règlementer l'installation des compteurs Linky et Gazpar chez les particuliers à Decazeville,

  • Autorisation donnée pour l'installation d'une antenne-relais de collecte des informations des compteurs Gazpar des particuliers sous les toits de la mairie,

  • central téléphonique - ondes.jpgAucune mesures prises pour prévenir et protéger le personnel et les visiteurs de la mairie des ondes électromagnétiques dues au central téléphonique très proche et d'autres antennes ou sources d'émissions,

 

Energies renouvelables, économies d'énergies et production de gaz à effet de serre :

photovoltaïque - cuisine centrale.jpg

  • Aucune installation d'énergies renouvelables par la Ville de Decazeville depuis cinq ans,

  • Aucune réaction des élus de Decazeville pour s'opposer à l'installation de panneaux photovoltaïques au parc intercommunal de La Découverte sur des parties récemment boisées et des chemins empruntés par de nombreux randonneurs et marcheurs, contrairement à l'enquête publique pour la création de ce parc,

  • Installation et exploitation de ce parc photovoltaïque donnée à une entreprise privée au lieu de gérer ce parc photovoltaïque en régie. Ce qui limite notamment fortement les recettes financières pour les collectivités et relativise l'autonomie énergétique dont se revendique la Ville.

  • Destruction de très nombreux logements sociaux sans constructions nouvelles et très peu de rénovations

  • Suppression du Salon des Energies Renouvelables de Decazeville,

  • cote des estaques - éclairage public.jpgMauvaise réfection de l'éclairage public. Il faut supprimer des points d'éclairage et éteindre certains secteurs une partie de la nuit pour réellement réduire les consommations et les coûts de l'éclairage public et lutter contre la pollution lumineuse (pas comme la Côte des Estaques, hors agglomération, où c'est Versailles la nuit ! ).

  • aveyronnaise classic.jpgOrganisation de manifestations fortement polluantes et productrices de gaz à effet de serre, notamment sur La Découverte : jet ski, moto avec l'Aveyronnais Classic,

 

Biodiversité, paysage, faune :

  • zone humide.jpgAucune action avec Decazeville communauté pour mettre en valeur la biodiversité et les paysages de La Découverte, pour préserver la zone humide à l'arrière du musée géologique, pour protéger et mettre en valeur le Riou-Mort dans la traversée de Decazeville...

  • arbres abattus la découverte.jpgNombreux arbres abattus et très peu de replantations, arbres mal entretenus et certains périront rapidement (goudronnage jusqu'au pied de l'arbre !)

  • publicité - amar.jpgLes élus se vantent encore d'accueillir des cirques avec des animaux sauvages à Decazeville, animaux détenus, exploités et transportés de ville en ville dans des conditions inacceptables,

  • Toujours pas de centre d'accueil pour chiens et chats errants digne de ce nom sur le Bassin,

  • pub dkz.jpgPollution visuelle et consommations énergétiques inutiles par l'installation de panneaux publicitaires dans toute la ville,

 

Prévention des inondations et entretien des cours d'eau :

  • crue - niveau.jpgPas d'aménagements pour limiter et se protéger des inondations des ruisseaux, dont le Riou-Mort à Decazeville

  • Le Plan Communal de Sauvegarde pour prévenir les inondations et le DICRIM associé à ce plan ne sont toujours pas opérationnels,

 

Mobilité : le « tout bagnole » comme programme, comme à l'époque Pompidou :

rue cayrade 1983-2015.jpg

  • Suppression de passages piétons, notamment place Wilson et les passages piétons sont très mal entretenus (marquage)

  • Pas un seul aménagement pour les modes actifs (piétons et vélos) depuis cinq ans,

  • rue lassale - travaux.jpgNon respect de la Loi sur l'Air et l'Utilisation Rationnelle de l'Energie (Loi LAURE) lors de la création ou le renouvellement de voirie (pas d'aménagements pour les cyclistes pourtant obligatoires dans cette loi), rues Lassale, Miramont et Cayrade,

  • dsc vélo.jpgRefus de mettre le bas de la rue Cayrade et la rue du IV Septembre en double sens cyclable (voir photo sur une rue similaire - photo Ademe) comme cela se fait maintenant partout, obligeant les cyclistes à faire de longs détours, parfois dangereux,

  • route de bouquies - état voirie.jpgChemin de Bouquiès entre le pont de Livinhac et l'anciennne cité de Bouquiès pratiquement impraticable par les cyclistes (et même les voitures), alors qu'il est le passage de la véloroute de la Vallée du Lot (V86),

  • Chemins de randonnée mal entretenus, notamment le GR 65 dans la descente de Saint-Roch au pont de Livinhac (commune de Decazeville,

 

Pour entrer plus en détail sur les manquements en matière d'environnement de la majorité municipale, mais aussi dans d'autres domaines depuis 2014, vous pouvez consulter toutes mes notes parues dans la rubrique « politique locale »

 

Photos : cliquez sur les photos pour les agrandir

Toutes les photos : jlc, sauf photo 18 - Ademe

 

Ci dessous, la note de la page Facebook officielle de la Ville de Decazeville

Il n'est d'ailleurs pas normal que cette note d'auto-satisfaction qui préfigure la campagne électoral de l'équipe Marty figure sur cette page officielle et pas sur la page dédiée à la campagne électorale du maire.

 

Ville de Decazeville

- CINQ ANS D'ENGAGEMENTS [1/13] -

Depuis cinq années maintenant, Decazeville se transforme et offre une nouvelle image. Symbolisé par le programme de revitalisation du centre-ville, lancé en juin 2014 par l'équipe municipale de François Marty, ce renouveau, qui se concrétise aujourd'hui, n'est bien entendu pas une fin en soi, mais il permet d'installer Decazeville sur une dynamique nouvelle et durable.

À compter de ce 08 juin et durant tout l'été, nous vous proposons de revenir sur les actions entreprises depuis 2014 visant à donner un nouveau souffle à Decazeville.

Pour commencer cette série, difficile de ne pas évoquer un sujet d'actualité, qui par ailleurs alerte bon nombre de citoyens, il s'agit de l'environnement.

À l'échelle d'une commune, nous conviendrons que la marge de manoeuvre des élus est réduite tant le sujet est européen pour ne pas dire mondial. Mais à l'échelle locale, de nombreuses initiatives peuvent être prises, c'est le cas pour Decazeville ces dernières années.

Après avoir été, durant un siècle et demi, un territoire caractérisé d'un environnement fortement marqué par l'effervescence industrielle, Decazeville voit aujourd'hui une qualité de l'air et donc de vie qui pourrait envier certains.

▶️ Retour sur sept points marquants en matière d'environnement depuis 2014 ⤵️

➡️ Le 17 novembre 2017, Decazeville a inauguré sa centrale solaire située au-dessus de la Découverte. Composée de 38 000 panneaux photovoltaïques, elle fournit l'équivalent de la consommation de l'ensemble des foyers de la ville, ce qui en fait l'une centrale solaire les plus grandes de la région.

➡️ En 2016, la municipalité a opté pour une gestion différenciée des espaces verts. Cette méthode consiste à adapter l'entretien d'un site en fonction de ses usages. Aujourd'hui, les espaces verts de la commune offre un aspect attrayant. C'est dans cet esprit que les phytosanitaires ont été bannis avec la mise en place du "zéro phyto". Par ailleurs, la commune a candidaté en 2018 au label Villes et Villages Fleuris.

➡️ Des maisons à insectes ont vu le jour en 2018 dans plusieurs espaces verts de la commune. Elles soulignent l'importance primordiale qu'ont ces "petites bêtes" dans notre vie quotidienne en milieu urbain, et plus largement l'importance de la biodiversité. En outre, rongés par la maladie et menaçant de tomber au premier fort coup de vent, certains platanes, notamment du jardin public, ont été remplacés par de nouveaux arbres.

➡️ Dès 2014, la municipalité s'est attelée à améliorer l'isolation thermique des bâtiments communaux, en particuliers les écoles. Des travaux sur les chaudières ou le remplacement des fenêtres ont également été entrepris pour améliorer la performance énergétique des quelques 80 bâtiments que compte la commune. En somme, c'est bon pour l'environnement mais aussi pour les finances de la ville.

➡️ En matière de dépense et de consommation énergétique, il est un poste où un important travail a été mené bien qu'il ne se voit pas forcément au premier regard, il s'agit de l'éclairage public. Le parc d'éclairage public de la ville était très ancien avec des lampes à vapeur de mercure dit "Ballon Fluo", énergivore et qui n'avait bénéficié d'aucun investissement conséquent auparavant. Dès 2016, la municipalité a fait le choix de remplacer ces vieilles lampes par des lampes nouvelle génération à LED beaucoup plus performante et économique.
Par ailleurs, de nouveaux coffrets ont été équipés d'horloges astronomiques qui adaptent au mieux le temps de fonctionnement de l'éclairage. À titre d'exemple, le coût de fonctionnement annuel du parc d'éclairage public de la ville a diminué de 20 000€/an.

➡️ Vous l'avez sans doute remarqué, une borne de recharge électrique a été installée en 2018 sur le parking du Laminoir. Cette opération réalisée à l'initiative de la commune avec la collaboration du Syndicat Départemental d'Électrification (SIEDA) à vocation à favoriser le développement de la mobilité électrique dans les années qui viennent.

➡️ En 2019, une réflexion est entreprise afin de développer l'installation de panneaux photovoltaïques sur certains bâtiments communaux. Ils permettront de dimunier encore le coût énergétique qui a déjà nettement baissé depuis 2014 grâce aux actions menées.

L'ensemble de ces initiatives entreprises ces dernières années ne sont bien évidemment pas une fin en soi, mais elles inscrivent Decazeville dans une dynamique nouvelle qui appelle a être poursuivie dans les années à venir afin de continuer à diminuer les coûts énergétiques, favorable aux finances de la ville mais aussi et surtout à l'environnement.

23/05/2019

Enquête publique pour l'ISDD de Montplaisir - D'autres solutions sont possibles et souhaitables

1 - Montplaisir - Umicore - Viviez-pont -211117.jpg

Vous avez ci-dessous le texte de mon intervention lors du conseil municipal de Decazeville qui s'est déroulé le 23 mai 2019, concernant l'avis que nous devions donner à l'enquête publique pour la réouverture de l'ISDD (Installation de Stockage de Déchets Dangereux) de Montplaisir et pour la modification du PLU de Viviez qui lui est associé.

 

" J'ai bien sûr lu attentivement ce dossier d'enquête publique et j'ai rencontré le commissaire enquêteur le dernier jour du déroulement de cette enquête pour y faire part de mon opposition à ce projet. Je n'ai d'ailleurs pas été le seul puisque le nombre de contributeurs défavorables à ce projet a été très important notamment sur la plateforme dématérialisée.

Je vais d'ailleurs ce soir reprendre en grande partie les arguments que j'ai développé devant le commissaire enquêteur.

 

1 – Des sols pollués sur tout le Bassin, pas uniquement à Viviez :

Selon les résultats d'analyses d'échantillons de sols parvenus chez certains Viviezois le 17 avril dernier, des parcelles de Viviez-Pont en limite de commune de Decazeville contiennent entre 7 à 45 fois la norme de référence en cadmium, entre 3,5 à 12 fois la norme de référence en plomb et entre 1,5 à 3 fois la norme de référence en arsenic. Les taux de zinc sont aussi très inquiétants, jusqu'à 3 470 mg/kg MS. Pensez-vous sérieusement que Decazeville n'est pas touché par ces pollutions, que ces pollutions se sont arrêtées à la limite de la commune de Viviez comme le nuage de Tchernobyl s'était soit-disant arrêté aux frontières françaises en 1986 ?

Les pollutions de Vieille Montagne vont bien sûr au delà du seul territoire de Viviez.

C'est une étude globale des sols sur un large périmètre autour des anciens sites de Vieille Montagne qu'il faut lancer, sur le territoire concerné par cette enquête publique par exemple (12 communes).

Une étude qui aboutirait à prendre des mesures adéquates au cas par cas, en tenant compte pour chaque parcelle des risques, de la nature de la pollution et de la destination de la parcelle.

Alors oui, il faut bien sûr prendre impérativement des mesures pour prévenir de nouvelles pollutions et pour gérer les pollutions existantes.

C'est bien sûr indispensable !

Mais les solutions proposées dans cette enquête publique ne répondent pas convenablement à cette problématique, que ce soit de manière curative et encore moins préventive.

L'excavation de 300 parcelles sur des milliers qui sont polluées n'est pas la bonne solution et n'aura à terme qu'un effet minime sur la pollution globale. Elle risque même de l'aggraver !

Pourquoi excaver des sols qui ne serviront qu'en jardin d'agrément ou pelouse ? De simples recommandations suffisent. Pour ce qui est des jardins potagers, des personnes ont déjà acheminé chez eux des terres propres ou utilisent des bacs surélevés. Il suffit de généraliser ces mesures. Toutes ces mesures étaient d'ailleurs déjà préconisées dès 2008 lors de la remise du rapport Cassiopée. Elles ont été rappelées dernièrement.

 

2 - Une dépollution par excavation ne résoudra pas le problème, elle risque même de l'aggraver :

Le mot a visiblement été donné en haut lieu de faire référence à l'étude épidémiologique Cassiopée de 2008 pour justifier les excavations de terres polluées à Viviez.

C'est pour le moins surprenant, car les élus locaux se sont employés en permanence à cette époque à minorer et à railler les résultats de cette étude.

Ce sont les mêmes élus qui minoraient les résultats de l'étude Cassiopée qui se servent maintenant de ce rapport pour justifier ce projet.

Mais cette étude Cassiopée a maintenant plus de dix ans. Elle demanderait donc à être sérieusement actualisée. Car des évènements impactant fortement l'environnement quotidien des Viviézois se sont déroulés depuis.

Le porteur de projet de cette enquête publique, Séché, s'est bien gardé de faire un bilan environnemental et sanitaire de la dépollution qu'il avait réalisé pour Umicore entre 2008 et 2016 !

Car si cette « dépollution » a permis de réduire considérablement les rejets de métaux lourds dans la rivière Lot, elle a en revanche été source d'énormes pollutions de l'air et des sols à Viviez, et bien sûr au delà.

Les pollutions et nuisances émanaient pour la plupart de la manipulation des terres polluées, de leur transport et de leur dépôt à Montplaisir.

Les mesures de qualité de l'air effectuées par les stations temporaires de l'Oramip (Observatoire Régional de l'Air en Midi-Pyrénées) à cette occasion en témoignent, sans pourtant qu'aucunes mesures aient été réellement prises pour alerter et conseiller la population durant cette période.

2 - oramip-2015.jpg

En 2015 par exemple, l'Oramip a noté à Viviez des quantités moyennes maximales de retombées métalliques jusqu'à 70 fois la valeur de référence pour l'arsenic, 28 fois pour le cadmium, 27 fois pour le plomb et 16 fois pour le zinc à l'occasion de cette dépollution. Les résultats des autres années étaient également du même type.

Les analyses de sols pour le moins inquiétantes reçues par les Viviezois le 17 avril 2019 l'ont été parfois selon certains témoignages sur des échantillons récupérés à 1 ou 2 cm maximum de profondeur. J'ai même eu des témoignages de personnes chez qui on avait réalisé des carottages sur les terres extérieures propres rapportées il y a six ans. Ces échantillons montraient également des pollutions très importantes. On peut donc en déduire qu'il s'agissait de pollutions récentes, vraisemblablement dues aux travaux de « dépollution » d'Umicore de 2008 à 2016.

Aucun suivi sanitaire sur la population n'a été réalisé depuis l'étude Cassiopée et comme il n'existe pas sur notre territoire d'observatoire ou de registre des maladies chroniques, il est difficile d'affirmer avec certitude que cette opération a eu des conséquences sanitaires graves sur la population du Bassin.

Mais comment croire une seconde que les importantes pollutions engendrées par cette opération longue de « dépollution » n'ont pas eu de conséquences sanitaires sur la population ?

Quoi qu'il en soit, il y a un vrai sentiment « d'insécurité sanitaire » sur Viviez.

On reconnaît maintenant le préjudice d'anxiété pour les personnes ayant été en contact avec l'amiante. C'est cette même anxiété concernant leur santé que ressentent actuellement les habitants de Viviez avec tous ces projets polluants sur leur territoire.

D'autant plus que pendant et depuis la « dépollution » de 2008 à 2016, la production de pollutions ne s'est pas arrêtée : pollutions atmosphériques dues aux rejets des activités économiques, de la circulation sur la RD 840 et la RD 5, des envols de poussières venant de sols pollués, notamment du crassier de Dunet non sécurisé à ce jour (que nous avions déjà dénoncé lors de la délibération pour l'enquête publique de 2008)... Sans parler des pollutions venant également des eaux circulantes.

L'étude Cassiopée avait abouti à diagnostiquer une sur-imprégnation au cadmium pour 136 Viviézois sur les 600 qui s'étaient prêtées aux analyses (soit 22%) et à une atteinte rénale pour 19 d'entre eux. J'ai bien peur que si l'on refaisait les mêmes analyses aujourd'hui, ce bilan soit en hausse.

Les Viviézois ne veulent pas revivre pendant quinze ans ce qu'ils ont vécu de 2008 à 2016 avec ses conséquences environnementales et sanitaires désastreuses.

3 - Viviez vu de Gabriac.jpg

Car avec cette opération décrite dans l'enquête publique dont nous avons à donner un avis ce soir, cela sera la même chose, sinon pire car il n'y aura pas cette fois ci, ni de transporteur, ni d'usine de stabilisation pour traiter les déchets dangereux avec des liants hydrauliques.

Les travaux d'excavation dans les propriétés, le transport des terres vers Montplaisir à travers les rues de Viviez, le giratoire de Laubarède, la traversée de la zone du Bourg et la montée abrupte de la piste de Dunet, puis le dépôt à Montplaisir occasionneront de fortes nuisances : soulèvement de poussières toxiques, forte production de gaz à effet de serre et de particules fines (PM 2,5), bruit des moteurs et des signaux sonores de recul des engins et camions, odeurs de gaz-oil... tout cela dans des vallées encaissées et peu ventées. C'est ni plus, ni moins, ce qui s'était passé de 2008 à 2016.

Il faut également rajouter les risques d'accident sur une RD 840 et un giratoire où la circulation augmente régulièrement d'année en année, notamment celle de poids lourds, à laquelle il faut rajouter depuis le début de l'année les camions supplémentaires de VMBS qui n'est plus approvisionné par rail.

3B - recensement circulation rd840-rd5.jpg

Cette circulation est d'ailleurs très largement sous estimée par Séché dans ce dossier d'enquête publique.

Ce projet n'est donc pas réellement réalisé pour l'intérêt général de la population locale. Il ne propose pas une solution curative acceptable et encore moins préventive pour retrouver un environnement sain à Viviez et sur le Bassin.

Ce projet est uniquement un projet industriel porté par l'entreprise Séché, qui créerait très peu d'emplois et qui surtout, occasionnerait des nuisances environnementales et sanitaires graves.

 

3 – L'ISDD de Montplaisir est saturé :

4 - Montplaisir - volume et poids.jpgLe projet proposé dans cette enquête par Séché Eco Service est de rajouter entre 30 000 et 100 000 tonnes de déchets dangereux par an pendant 15 ans pour un total de 234 000 m3 :

  • Or ce site est déjà pratiquement saturé en capacité (1 294 796 m3 sur 1,3 M de m3 autorisés) - fiche BASOL de la DREAL)

    • Le tonnage autorisé (2 340 000 tonnes) est lui très largement dépassé.

  • C'est donc un projet risqué qui nous est proposé à Montplaisir.

Lors de l'enquête publique pour la création de l'ISDD de Montplaisir en 2008, le conseil municipal de Decazeville avait émis plusieurs réserves sur ce projet.

Projet de réhabilitation du site UMICORE de Viviez - Avis CM de DECAZEVILLE -160708.pdf

4B - Montplaisir vu de Cantarel -260718-web.jpg

La plus importante concernait la couverture du stockage de déchets dangereux : «  La tierce expertise du BRGM démontre que compte tenu de la hauteur de 53 m de déchets, le taux de tassement sera de 4% représentant un affaissement de 2,5 m. On peut s'interroger sur la tenue des membranes et géotextiles de couverture. Nous avons donc quelques interrogations sur l'étanchéité de l'ensemble et les conséquences sur les eaux internes ».

Nous avions raison de nous interroger dès 2008 sur la tenue dans le temps des géomembranes avec le tassement. Une rupture de géomembrane amènerait des infiltrations d'eau et la fragilisation de l'alvéole et des digues.

J'attire votre attention sur la surcharge de l'ISDD de Montplaisir, surcharge qui existe déjà et qui serait amplifiée par ce projet, tout cela sans un renforcement des digues, et les dangers que cette surcharge fait et ferait peser sur les habitants situés au pied de cet équipement, à Viviez-Pont.

5 - Grave pollution due à une fuite à la digue de l'Igue du Mas en 1986.jpgUmicore avait connu un grave accident industriel en 1986 avec la rupture d'une conduite sur une digue à l'installation de stockage de l'Igue du Mas.

S'il n'y avait pas eu de personnes touchées directement, le bilan avait été par contre catastrophique sur le milieu naturel, notamment pour la rivière Lot.

Un rupture de digue à Montplaisir occasionnerait inévitablement un véritable désastre tant humain, qu'environnemental.

L'étude des dangers contenue dans cette enquête publique note qu'il y aurait selon ce scénario un ensevelissement du Laminoir d'Umicore et de son personnel.

Certes, malheureusement oui, mais le courant de terre, de boue et de matériaux divers continuerait sa course vers les maisons et l'école proches de Viviez-Pont.

Beaucoup à Viviez, ont en tête les images de la rupture du barrage de Brumadiho au Brésil en février dernier

Je n'ose même pas penser ce qu'il adviendrait alors de la rivière Lot jusqu'à l'estuaire de la Gironde, où on avait interdit la culture de l'huitre de 1996 à 2015 à cause des pollutions de Vieille Montagne, si un tel événement arrivait.

Qui porterait la responsabilité d'un tel accident à Viviez ? L'entreprise Séché ? Les élus qui auraient donné leur accord pour un surplus de déchets dangereux sur ce site, l'Etat qui aurait donné l'autorisation ?

Pour ma part, je ne veux pas être un des élus qui aurait autorisé cette surcharge de déchets dangereux et augmenté ainsi le risque de rupture de géomembrane que nous avions déjà dénoncé en 2008 ou de la digue.

 

4 - Les besoins locaux en capacité de stockage ne sont pas clairement démontrés dans cette enquête :

Le dossier prévoit de stocker à Montplaisir les boues du THR (Traitement Humide des Résidus, station d'épuration de Vieille Montagne), des terres de jardins de Viviez, des résidus pollués de la vallée du Lot (écluse de Laroque-Bouillac) et des déblais de la zone du Centre.

  • Concernant les jardins de Viviez :

    Je viens d'en parler et de déduire que l'excavation et le dépôt de ces terres à Montplaisir n'est pas souhaitable (environnement, santé et saturation du site).

    6 - lot-laroque-sediments.jpg
  • Concernant les déchets de la vallée du Lot :

    • Le dossier d'enquête publique ne précise pas la quantité et la qualité des produits qui pourraient être accueillis à Montplaisir.

    • Aucun résultat des analyses des prélèvements qui ont été effectués du 1er au 30 septembre 2017 pour déterminer le volume et la caractérisation des sédiments contenus en amont de l'écluse et dans le sas de l'écluse ne figurent dans le dossier.

    • Il est donc prématuré de vouloir accueillir ces terres à Montplaisir7 - zone du centre.jpg

  • Concernant l'accueil de déchets de la zone du Centre à Montplaisir :

  • La communauté de communes Decazeville-Aubin avait déjà défini des lieux de confinement pour les déchets provenant de la dépollution de cette zone.

  • Ces lieux prévus pour une capacité de 12 000 à 13 000 m3 et situés contre le mur de l'ancien haut fourneau pouvaient recevoir les 8 000 m3 de déchets et déblais estimés.

  • Il était prévu que ce site serait à terme sécurisé par une géomembrane supérieure, recouvert de terre végétale et aménagé en espace vert et de promenade.

  • On peut constater qu'à l'heure actuelle, il reste encore de la place sur ces sites de stockage alors que la dépollution de cette zone est pratiquement terminée.

  • Il est donc parfaitement inutile de prévoir un quelconque transfert de déchets de la zone du Centre à Montplaisir.8 - thr.jpg

  • Concernant l'accueil des boues du THR :

    • Ces boues n'ont rien à faire à Montplaisir.

    • VMBS est totalement indépendante de Umicore et doit poursuivre, comme elle le fait actuellement, le traitement de ses boues à l'extérieur (en en produisant le moins possible), comme le font d'autres entreprises du Bassin.

    • C'est également le cas pour Séché

       

5 - La modification du PLU de Viviez n'est pas nécessaire à la réouverture de Montplaisir :

  • Pourquoi cette demande de modification du PLU proposée par Decazeville communauté concerne-t-elle toute la zone Nx et pas seulement la zone Nx sur Montplaisir ?

  • Si Decazeville Communauté tient vraiment à apporter une modification au PLU de Viviez, une simple modification du règlement de la zone Nx portant uniquement sur Montplaisir est possible en créant un zone Nx1 par exemple.

  • Cette demande de modification du PLU dans cette enquête publique est en fait le « cheval de Troie » du dossier Solena. En effet, pour installer son projet de centre de traitement et de stockage de déchets ménagers, Séché a impérativement besoin de la modification du PLU de Viviez sur Dunet et sur l'Igue du Mas.

  • Mais à y regarder de plus près, une modification du PLU n'est même pas nécessaire :

    • On a déjà pu mettre pratiquement 1,3 M de m3 de déchets dangereux sur ce site sans avoir à modifier le PLU, on peut éventuellement,s'il y avait de la place, continuer à le faire.

  • Ce qui pourrait éventuellement gêner l'accueil de déchets autres que ceux d'activités de Vieille Montagne, c'est l'arrête du 22 juillet 2009 qui décrit le type de déchets (uniquement des déchets provenant des activités d'Umicore), pas le PLU de Viviez. Une modification de cet arrêté suffirait.

  • Mais il faut savoir que l'on a déjà accueilli des déchets extérieurs de 2008 à 2016, notamment du site de Laubarède.

  • La demande de Decazeville communauté note aussi que les déchets seraient traités avant leur dépôt à Montplaisir.

    • C'est absolument faux ! Contrairement à ce qui c'était passé de 2008 à 2016, il n'est pas prévu d'unité de stabilisation par liants hydrauliques de ces déchets avant dépôt. Ce qui pose d'ailleurs un problème.

    • Mais surtout, cela démontre la méconnaissance de ce dossier par la communauté de communes.

    •  

7 - Une absence totale de dialogue et de concertation :

  • Les habitants du Bassin ont de plus en plus de défiance vis-à-vis de certaines décisions de l'Etat (PPRM) et des élus locaux qui évitent d'ailleurs toute réunion ou rencontre avec eux :

    • Pas une seule réunion publique n'a été organisée par les élus locaux depuis la connaissance de tous ces projets à Viviez il y a trois ou quatre ans !

    • La seule réunion publique d'information sur ce projet et sur cette enquête publique a été à l'initiative de l'ADEBA le 19 avril dernier,

    • Les élus locaux se contentent de citer les communiqués de la préfecture, soufflés par un « comité de pilotage » où ne figurent que des élus, les services de l'Etat et les industriels, dont Séché qui se retrouve juge et partie dans ce comité de pilotage puisqu'il serait bénéficiaire financier dans ce projet. Aucun représentant des habitants et aucune associations environnementale locale n'est présente dans ce comité qui travaille en vase clôt, comme si la population n'avait pas à dire son mot sur ces sujets qui touchent pourtant au plus profond de leur vie de tous les jours.

    • Comment voulez-vous que les habitants adhèrent à ces projets ?

Il y a donc un réel déficit de concertation sur ce territoire. Ce manque de dialogue se fait d'ailleurs également sentir sur d'autres dossiers comme le PLUi actuellement en cours. Je l'avais d'ailleurs déjà signalé à ce conseil municipal lors de la présentation du PADD.

Viviez vu de Cantarel -pano-web-260718.jpg

En conclusion :

Il y a beaucoup d'erreurs, d'approximations et d'oublis dans ce dossier.

L'intérêt général de la réouverture de l'ISDD de Montplaisir et de la mise en conformité du PLU de Viviez n'est pas clairement démontré dans le dossier soumis à cette enquête publique.

Le bilan environnemental et sanitaire de la dépollution de 2008 à 2016 n'a pas été du tout réalisé.

Il doit être réalisé avant toute étape supplémentaire.

Cette enquête publique est donc à minima prématurée.

 

Par notre vote aujourd'hui sur cette enquête publique, nous avons donc une énorme responsabilité.

En votant favorablement à ce projet, nous prendrions le risque d'être responsables d'une pollution supplémentaire future et d'une atteinte probable à la santé des habitants.

En surchargeant l'alvéole de Montplaisir suspendue au dessus de Viviez-Pont, nous prendrions le risque d'un grave accident industriel au bilan écologique et humain très grave.

En autorisant la modification inutile pour ce projet du PLU de Viviez, nous donnerions une autorisation de fait au projet Solena, projet destructeur pour notre territoire.

Je vous demande donc de porter un avis négatif à cette enquête publique.

Avis négatif que nous pourrions assortir de recommandations qui pourraient être :

  • Réaliser sur le territoire concerné par cette enquête publique (12 communes) une étude des sols et une enquête épidémiologique sur les quatre principaux polluants présents : zinc, arsenic, cadmium, plomb,

  • Mettre en place sur notre territoire un registre des maladies chroniques comme le font déjà les départements de l'Hérault et du Tarn,

  • Etudier et réaliser une dépollution des sols avec des méthodes moins agressives, moins polluantes et plus efficaces que l'excavation,

  • Élaborer avec les services de l'Etat, les collectivités locales, les habitants et les associations environnementales une charte sur l'usage des sols (culture des légumes en bacs avec de la terre saine rapportée et renouvelée tous les cinq ans par exemple...).

  • Mettre en place sur notre territoire avec les services compétents de l'Etat  un réseau permanent de surveillance de la qualité de l'air, des sols et des eaux.

  • Créer une dynamique économique, éducative et citoyenne sur la dépollution des sols avec les compétences locales (Lycée La Découverte avec le projet « Dépol'Decaz », l'ADEBA qui a acquis depuis quatre ans une véritable expertise...)

  • Umicore doit participer au financement de toutes ces opérations au même niveau qu'elle avait prévu de le faire pour l'excavation des terres.

Voila quelques mesures que nous pourrions prendre pour une gestion participative préventive et curative des pollutions à Viviez, à Decazeville et au delà.

Je vous demande donc de porter un avis négatif à ce dossier d'enquête publique. "

 

Decazeville a malheureusement donné ce soir un avis favorable à ce projet, mais les élus qui ont soutenu ce projet n'ont pas de quoi être fiers puisque seulement six élus ont voté pour, deux élus ont voté contre (dont moi même) et 12 élus se sont abstenus suite à mon intervention. Je remercie ma collègue qui m'a suivi dans le vote négatif et tous les élus qui se sont abstenus, sachant que pour ceux de la majorité, cela n'a pas du être facile de prendre cette décision avec un maire qui défend bec et ongle ce projet et le projet Solena. Ce projet à essuyé ce soir un revers inattendu qui va obliger les élus qui le soutiennent à revoir leurs positions jusque boutistes. Ce vote renforce également les positions défendus par l'association environnementale locale ADEBA.

 

Ci dessous, l'article de Centre-Presse du 25 mai 2015 relatant ce point du conseil municipal de Decazeville : 

Les élus divisés sur la réouverture de Montplaisir -DM-250519.jpg

Photos (cliquez sur les photos pour les agrandir) : 

Photo 2 : Extrait du rapport de l'Oramip de 2015

Photo 4 : tableau réalisé à partir des données de recensement de la circulation en Aveyron visibles sur le site internet du Conseil Départemental

Photo 5 : Données de la DREAL et arrêté préfectoral de 2009

Photos 1, 3, 6, 7, 8, 9, 10 et 11 :©jlc - Vous devez citer l'origine et ne pas modifier la photo.

 

10/04/2019

A Decazeville, on démolie, on brade, on déplace, on pollue...

fontvernhes-école-web.jpg

Quelques extraits de mes interventions au conseil municipal d'hier soir avec quelques compléments.

La note pour le conseil municipal en cliquant ci-dessous :

0 Note du 9 avril 2019.pdf

 

Subventions aux associations :

Malheureusement, on s'aperçoit qu'en quelques années vous avez pour le moins découragé le tissus associatif de notre ville qui était pourtant dense et actif, alors qu'il aurait fallu au contraire l'accompagner et le soutenir y compris financièrement.

forum assos dkz.jpgLa suppression du Forum des Associations qui se déroulait tous les deux ans et qui était attendu par toutes les associations afin de montrer leurs activités et trouver de nouveaux adhérents, a été un coup fatal pour certaines d'entre-elles. D'autres sont parties dans les communes voisines et de toute façon, toutes ont des difficultés à garder leurs adhérents et à vivre.

 

J'ai réalisé une comparaison des subventions aux associations entre 2013, avant votre élection, et ce budget 2019.

Pour que cette comparaison soit possible, j'ai pris soin d'enlever pour 2013 toutes les associations ou structures passées sous la compétence de la communauté de communes (Programmation culturelle ACO, Mescladis, écoles de musique, OT, Bassin d'Envie) et les syndicats et 2KZ.

associations 2013-2019.jpg

Il y avait en 2013, 59 associations ou structures locales qui recevaient des subventions de fonctionnement ou exceptionnelles pour un montant de 82 946 €.

Elles ne sont plus que 39 associations ou structures locales en 2019 à recevoir des subventions municipales, en comptant les quatre subventions exceptionnelles, pour un montant de 56 697 €.

Il y a donc 20 associations en moins en 2019 par rapport à 2013 et vous réalisez ainsi une économie de 26 249 €.

 

Comme nous le dénonçons dèpuis le début de votre mandat, vous réalisez des économies sur le dos des activités associatives

Ces coupes budgétaires ont bien sûr des impacts au niveau des activités et animations de notre ville (sportives, culturelles, sociales, récréatives...), mais aussi elles ont des conséquences sociales et économiques, car les associations, c'est aussi de l'économie locale.

 

Subvention à Familles Rurales :

Familles Rurale est la structure qui s'occupe de l'animation jeunesse.

Je l'avais dit en commission, il y a pour moi un gros problème au niveau des 14/17 ans car sur 93 inscrits actuellement, 90% sont des internes du Lycée La Découverte, venant de partout (autres communes du Bassin et au delà), et seulement 10% sont des Decazevillois. Cela représente un coût important pour la commune.

 

Subvention à l'Aveyronnaise Classic

aveyronnaise classic3.jpg

Je m'élève donc une fois de plus contre la subvention à l'Aveyronnaise Classic, tant pour l'activité polluante qu'elle constitue, que pour sa contribution au dérèglement climatique et à la perte de biodiversité, pour l'image dégradante qu'elle donne de ce magnifique parc de La Découverte et pour la gène qu'elle occasionne aux habituels usagers de ce parc.

Il y a vraiment autre chose à faire de cet espace, mais il semble que vous l'avez totalement abandonné depuis cinq ans en communauté de communes alors qu'il y avait pourtant des projets intéressants et évolutifs a y développer.

Je voterai bien sûr contre cette subvention.

 

Vente de l'ancienne école de Fontvernhes :

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Il avait été évoqué avant votre arrivée en 2014, la possibilité de réhabiliter ce bâtiment avec un terrain important autour (certes non constructible à cause du PPRM), proche du centre ville, d'un arrêt de bus, et limitrophe avec le parc Intercommunal, en centre de loisir d'été pour les enfants de Decazeville et éventuellement pour servir aux associations locales le reste de l'année. C'était un bon projet, utile pour les Decazevillois, qui s'intégrait de plus à l'aménagement du Parc intercommunal et du quartier de Fontvernhes.

Vous estimez le prix de vente de cet immeuble à 25 000 € alors que les services des Domaines l'ont estimé à 100 000 €. C'est inacceptable !

Cela fait plusieurs années que l'on vous demande de mettre des annonces de vente de bâtiments communaux claires dans la presse avec un prix minimum et les coordonnées de la mairie comme le font d'autres collectivités. Des transactions entre quatre yeux sont inadmissibles pour des biens publics.

Ce bâtiment a-t-il été proposé à ce prix aux Decazevillois ? Je ne pense pas.

Il n'y a pas eu de traitement équitable entre possibles acquéreurs dans cette transaction.

 

Sans aucune vision à long terme, vous avez décidé de brader le patrimoine de la commune pour quelques subsides. C'est honteux !

 

Vente d'une parcelle au Crédit Agricole :

musée géologique-web.jpg

Encore une fois, nous apprenons cette transaction importante cinq jours avant le conseil. Pas une seule fois il n'en a été fait mention en commission urbanisme par exemple !

Outre l'incertitude sur l'avenir du musée de géologie qu'a développé mon collègue Jean-Pierre Vaur, Je rappelle que le plafond de ce musée a connu de graves anomalies parce que l'investissement qui avait été prévu et budgétisé en 2014 pour supprimer les infiltrations d'eau n'a pas été réalisé

Cette installation du Crédit Agricole au fond de la place Decazes pose d'autres problèmes.

Alors que la réhabilitation de la rue Cayrade se termine, on favorise par cette vente de terrain, le déménagement d'une locomotive commerciale de cette rue. C'est impensable !

tour cabrol1-280918-web.jpgQue va alors devenir l'immeuble commun Crédit Agricole – mairie – communauté de communes ? Certes le Crédit Agricole reste toujours propriétaire et participera aux frais de copropriété. Mais vu l'enthousiasme des copropriétaires pour conserver et rénover ce bâtiment, il y a lieu à s'inquiéter. Déjà qu'il a été très mal entretenu ! Le Crédit Agricole a-t-il au moins trouvé un occupant pour reprendre ses locaux une fois parti ?

Va-t-on laisser mourir à petit feu ce bâtiment important du centre ville ou va-t-on enfin se décider à le rénover ?

Dans ce dossier, on peut réellement se demander pour qui travaille le maire de Decazeville depuis quelques mois : pour les Decazevillois ou pour le Crédit Agricole ?

 

18 - Destruction de logements au Sailhenc et à Trépalou :

trépalou-web.jpgLe texte de la note pour ce dossier ne m'a absolument pas convaincu

Beaucoup de formules ampoulées, de portes enfoncées, de non dits... pour en arriver à la décision de détruire 90 logements sociaux.

Alors que nous perdons une centaine d'habitants par an, nous nous payons le luxe de détruire 90 logements !

Pour les remplacer par quoi ? On ne sait pas.

Si au moins ça profitait au parc locatif privé ? Mais même pas.

On laisse partir les gens. Un point c'est tout.

sailhenc-web.jpgDepuis la construction de logements et maisons à l'Envol lancé en 2011 et terminé en 2015-2016, pas un seul logement social de construit à Decazeville.

Où en est le projet de construction de deux maisons T4 en location-accession prévu à grand renfort de publicité il y a maintenant trois ans ? On ne voit toujours rien venir.

Les rénovations d'immeubles sont aussi rares alors que le parc se dégrade.

Quand on regarde les appels d'offres dans la presse, on voit des rénovations de logements sociaux dans d'autres communes (Aveyron Habitat ou d'autres structures) : Capdenac, Onet, Rodez, Saint-Affrique... Pas à Decazeville.

grenoble-hlm-photovoltaïque.jpgJ'ai visité de nombreux immeubles sociaux des années cinquante ou soixante magnifiquement rénovés et qui répondent au confort et aux normes thermiques actuelles. Ici, on les démolie.

 

Encore quelques mois et le cauchemar finira.

Heureusement !

 

Photos : jlc - Licence Creative Commons

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07/03/2019

Decazeville devient-elle réellement Déchet'ville ?

croix de broual 1.jpg

La crainte du journal aveyronnais « l’Empaillé » de voir Decazeville se transformer en « Déchet’ville » à cause notamment du projet Solena, projet de traitement et de stockage de déchets ménagers prévu à Viviez et Aubin, est bien réelle. Mais outre ce projet aberrant, de nombreuses autres « décharges » de tous types fleurissent sur ce territoire.

 

L'installation de stockage de déchets inertes de la route d'Agnac s'agrandit :

Il semble que les riverains estiment ne pas avoir été suffisamment informés lors de la consultation publique en juin et juillet dernier sur la demande d'enregistrement présentée par l'entreprise Rouquette TP en vue d'exploiter une installation de stockage de déchets inertes. Il aurait été effectivement souhaitable d'organiser une réunion publique lors de cette consultation et à minima, que le projet soit présenté et débattu en conseil municipal.

 

Des déchets de la SOPAVE sur les espaces verts et parcs communaux de la ville :

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Ayant visité à l'automne dernier la décharge municipale de déchets inertes de La Romiguière comme chaque élu peut le faire et comme je le fais régulièrement, j’ai constaté que plusieurs dizaines de tonnes de boues provenant de la SOPAVE (SRVPA) y avaient été déposées, Il me semble pourtant que cette décharge était destinée aux seuls déchets inertes provenant des activités municipales. Mais bon…

 

Ces boues de la SOPAVE résultent du lavage de bâches agricoles. Elles contiennent des particules de plastique visibles à l'œil nu, mais aussi vraisemblablement des micros et nanos particules de plastique et des produits solides et chimiques toxiques résultant des activités agricoles, mais aussi éventuellement du traitement de ces bâches plastique.

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J’avais déjà eu l’occasion d’alerter sur les dangers de ces boues lors de leur utilisation à Fontvergnes ou au Sailhenc. Je rappelle qu’elles avaient été déposées auparavant à Livinhac et à Montbazens et qu’une levée de boucliers s’était fait entendre sur les deux communes avant que les dépôts cessent.

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 Ces boues épandues sur les espaces verts de la commune de Decazeville sont-elles sans danger pour les habitants, notamment les enfants jouant autour du skate-park du Sailhenc ou dans les divers parcs et espaces arborés ?

Ces boues sont certes certifiées conformes par la SOPAVE.

Mais je rappelle, qu‘avant de fermer définitivement, la SOPAVE avait fait l'objet d'une mise en demeure de la Préfecture en décembre 2017 pour des problèmes graves touchant l'environnement. Ce qui, me semble-t-il, relativise à minima l'assurance de la non toxicité de ces boues par la SOPAVE.

Leur transfert vers un lieu de stockage de déchets inertes ou industriels idoines me semble souhaitable et le plus tôt sera le mieux.

Ne plus utiliser de produits phytosanitaires pour les espaces verts de la commune, c'est très bien (c’est de toute façon maintenant obligé par les lois), mais utiliser des boues industrielles contenant à minima des particules de plastique pour les espaces publics de la ville me semble préjudiciable à une « nouvelle politique de gestion des espaces verts » comme se vantent les élus decazevillois. C'est vrai qu'on ne devient pas écolo du jour au lendemain, surtout lorsque ce n'est pas dans sa nature !

 

Une décharge de déchets « inertes » à l’entrée de la ville :

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J’ai été alerté il y a quelques semaines de la présence d’une décharge de gravats et de déchets « inertes » à la Croix du Broual. Elle semble dédiée aux terres et déchets enlevés lors des travaux de la rue Cayrade. C’est la présence sur ce site de bordures de trottoirs peintes en jaune qui me font dire cela. Les déchets des rues Lassalle et Miramont ont sûrement été mis également sur ce site appartenant à Decazeville Communauté (parcelles 76, 77 et 380 du cadastre ci-dessous).

croix du broual - geoportail cadastre.jpg

Je rappelle que selon l’article. L. 541-2 du Code de l’environnement :

« Toute personne qui produit ou détient des déchets dans des conditions de nature à produire des effets nocifs sur le sol, la flore et la faune, à dégrader les sites ou les paysages, à polluer l'air ou les eaux, à engendrer des bruits et des odeurs et, d'une façon générale, à porter atteinte à la santé de l'homme et à l'environnement, est tenue d'en assurer ou d'en faire assurer l'élimination conformément aux dispositions du présent chapitre, dans des conditions propres à éviter lesdits effets.

L'élimination des déchets comporte les opérations de collecte, transport, stockage, tri et traitement nécessaires à la récupération des éléments et matériaux réutilisables ou de l'énergie, ainsi qu'au dépôt ou au rejet dans le milieu naturel de tous autres produits dans des conditions propres à éviter les nuisances mentionnées à l'alinéa précédent. »

 

Qu’est ce qu’un déchet inerte ?

Pour l’ADEME, Les déchets inertes sont principalement des déchets minéraux produits par l’activité de construction (BTP, industrie de fabrication de produits de construction) : béton, tuiles et briques, agrégats d’enrobés, déblais, vitrage, etc.

Certes dans le « etc » on peut mettre beaucoup de choses.

Du point de vue de la classification des déchets, les déchets inertes sont une sous-catégorie de déchets non dangereux.
Ils constituent
 plus de 90 % des déchets produits par les travaux publics et de l’ordre de 70 % de ceux produits par le bâtiment.

L’ADEME poursuit : ce type de déchet peut facilement être recyclé sous forme de matériaux, alternatifs aux granulats de carrières, pour une utilisation en technique routière. Ce type d’utilisation bénéficie notamment d’un encadrement technique et environnemental complet.
Il y a donc un enjeu fort de mobilisation de ce gisement vers le recyclage, dans une perspective de gestion durable des ressources et d’atteinte de l’objectif de 70 % de valorisation matière des déchets du BTP fixés par la directive-cadre 2008/98/CE sur les déchets, à l'horizon 2020.

Le recyclage n’a visiblement pas été étudié pour ces déchets qui gisent pêle-mêle dans cette igue de la Croix du Broual en vrac : terres, plaques de béton, tubes PVC, acier ou fonte (peut-être également plomb), croûtes d’enrobé…

 

Je me pose donc plusieurs questions :

Cette décharge de déchets inertes d’un volume conséquent (plusieurs centaines de m3) est-elle temporaire ou définitive ?

A-t-elle fait l’objet d’une déclaration ou d’une demande d'autorisation en préfecture ?

Ce dépôt a-t-il fait l’objet d’une convention entre la Ville et Decazeville Communauté, propriétaire des terrains ?

Peux-t-on mettre ces déchets directement dans une igue sans aménagement préalable (juste une petite digue au bas) et sans protection et signalisation réelle (clôture, panneaux d’avertissement…) ?

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A-t-on regardé les effets de ces dépôts au regard du PPRM ? Le site comprend pourtant des galeries de mine, un aléa gaz de mine, certes faible mais réel et l'ex Puits de la Croix du Broual proche ?

Cette zone est d'ailleurs référencée RC2q sur le zonage réglementaire du PPRM, c'est à dire qu'il y a « interdiction de toute implantation humaine. Les opérations acceptées sont liées au maintien des installations et activités existantes ». Il n'y avait sur cette zone aucune activité, donc il n'y a pas la possibilité d'y implanter une décharge de déchets inertes.

Il faudra expliquer aux personnes touchées par le PPRM qui ne peuvent plus faire de travaux sur leurs propriétés comment une collectivité peut tout de même entasser des centaines de tonnes de déchets « inertes » sur un site classé RC2q au PPRM et même en partie RF5q.

A-t-on regardé les effets de ces dépôts au regard du milieu naturel, du paysage et des riverains ?

Les collectivités ont un rôle d’exemplarité vis-à-vis de leurs concitoyens. Le bon exemple a t'il été montré en agissant ainsi ?

Les riverains ont-ils été consultés ?

Par ailleurs, ce dépôt de déchets inertes n’a jamais été évoqué en commission municipale « Travaux » ni même à celle « Urbanisme », encore moins en conseil municipal. Comme d’ailleurs l’accueil des déchets de la SOPAVE à Romiguière. Ça ne me semble pas normal.

Après avoir questionné M. Alonso, premier adjoint au maire de Decazeville, il semble que la mairie de Decazeville soit étrangère à ce dépôt. Ce qui ne veut pas dire qu'elle n'était pas au courant de cette opération pour des déchets émanant d'importants travaux de voirie sur sa commune et qu'elle a donc fermé les yeux.

J'ai soulevé ce problème lors de la commission « Environnement » de Decazeville Communauté le 26 février dernier. Une grande partie des élus ont été surpris par cette information et n'étaient visiblement pas au courant.

 

J'attends donc des explications cohérentes des collectivités locales concernées par ces dépôts de déchets et éventuellement des actions de correction et de réhabilitation :

  • arrêts des dépôts des boues de la SOPAVE sur les espaces publics de la commune de Decazeville, et si nécessaire, transfert des boues restantes vers un site autorisé,

  • enlèvement des déchets « inertes » déposés à la Croix du Broual et leur dépôt dans une décharge réglementaire.

  • Information préalable à tous les élus concernant tout projet traitant des déchets de toutes catégories en commissions municipales et intercommunales.

 

Addenda du 9 mars 2019 :

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Cette décharge de déchets "inertes" a fortement grossi cette semaine. Outre les camions d'une entreprise de travaux publics du Bassin qui possède pourtant une décharge privée de déchets inertes, j'ai aperçu hier un camion d'une entreprise de Baraqueville qui déchargeait ses déchets sur ce lieu. A-t-elle eu l'autorisation de Decazeville Communauté ? Cette décharge est-elle en train de devenir une décharge départementale ? Quel est le but de Decazeville Communauté ? Va-t-on nous ressortir le projet de déviation de la place Decazes alors que l'on vient de refaire la RD 221 dans les rues Lassalle et Miramont ? Quoi qu'il en soit, la méthode d'imposer cette décharge sans informations aux élus, notamment ceux de Decazeville, aux associations environnementales, notamment l'ADEBA et aux riverains est détestable !

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Addenda du 20 mars 2019 : 

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Les services de l'Etat sont vraisemblablement intervenus pour faire cesser les dépôts de déchets divers mal triés issus de divers travaux de voiries de Decazeville. L'entreprise qui avait déposé ces déchets est en train de recouvrir cette décharge sauvage (car non déclarée) de terre végétale.
Mais il a fallu du temps pour que les collectivités locales réagissent ! J'ai averti la mairie de Decazeville le 10 février et Decazeville Communauté le 27 février sans que rien ne bouge. Ont-elles joué la montre et décidé d'attendre la fin des travaux de décaissement de la rue Cayrade pour agir ? Sûrement.
Voila en tout cas un bien mauvais exemple de gestion de déchets de chantiers donné par les collectivités locales et l'entreprise qui a déposé ces déchets, qui se double d'une atteinte à la réglementation sur les zones touchées par le PPRM (Plan de Prévention des Risques Miniers).
Comment réagiront maintenant les particuliers qui souhaiteront réaliser des travaux sur leurs terrains touchés par le PPRM et à qui on dira que cela n'est pas possible ? Ils se demanderont à juste titre comment les collectivités ont-elles pu entasser des centaines, voire des milliers de m3 de déchets divers mal triés issus de travaux de voirie sur une zone touchée par la PPRM et que eux ne pourront rien entreprendre chez eux ?

Il reste à surveiller à l'avenir qu'une nouvelle décharge sauvage ne voit pas le jour avec les autres chantiers prévus sur Decazeville et sur les autres communes de la communauté de communes

Photos : 

1 à 5 : jlc - Licence Creative Commons

6 : Géoportail

7 : Zonage réglementaire PPRM - Préfecture de l'Aveyron

8 à 10 :  : jlc - Licence Creative Commons

01/03/2019

DOB et travaux à la piscine au menu conseil municipal du 27 février dernier

Vous avez ci-dessous mes principales interventions lors de ce conseil municipal.

 

Relevé des décisions prises en délégation par le maire :

Tarif d'occupation du domaine public Ice Track Show :

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Il s'agit de la société avec laquelle vous aviez signé une convention, que la minorité n'avait d'ailleurs pas voté, et qui n'a pas respectée. La convention de vente de la patinoire pour 1 euro symbolique et pour l'utilisation du domaine public avec cette société prévoyait une présence de cinq semaines par an pendant quatre ans avec priorité pour les vacances scolaires de Noël et de Nouvel An.

Le contrat n'ayant pas été respecté cette année, est-il prévu de faire faire payer les 3 000 euros prévus dans la convention en cas de désistement ?

Réponse de M. le Maire : Non.

 

Ce tarif de 100 euros pour l'occupation du domaine public est il forfaitaire pour la durée de l'installation ? C'est peu

 Réponse de M. le Maire : pour la durée de l'installation

Le terrain ou est installé ce parc de jeux est propriété de la communauté de communes. Une convention a-t-elle été signé entre la ville et Decazeville Communauté ?

Réponse de M. le Maire : une demande a été faite à Decazeville Communauté par courrier

Ne pourrait-on pas alors signer une convention avec Decazeville Communauté pour utiliser une partie de cet espace (celui qui est goudronné) pour donner quelques places de stationnement lors du marché du vendredi, pour remplacer les places de stationnement perdues sur le plateau supérieur avec l'installation de commerces et services ?

Réponse de M. le Maire : nous allons voir.

 

Débat d'orientation budgétaire :

 

Concernant la baisse de un point de la taxe foncière :

 

Le taux de la taxe foncière à Decazeville n'a pas augmenté depuis 2013 (depuis 2012 pour la taxe d'habitation).

Les bases de cette taxe augmentent certes, mais légèrement.

Pourquoi effectivement ne pas baisser de un point ce taux, voire plus ?

Mais alors, comment compenser la perte de recette ? Il faudra trouver d'autres solutions de recettes car il sera difficile de faire encore des économies sans que cela ne se répercute sur les services à rendre à la population.

 

Concernant les dépenses d'investissement :

rue cayrade - 201018travaux.jpg

Vous avez poursuivi à la suite des municipalités précédentes la rénovation du centre-ville. Les rénovations des rues Lassalle, Miramont et de la partie haute de la rue Cayrade font suite à celle de la partie basse de la rue Cayrade, de la place Wilson, de la rue Gambetta, de l'avenue Laromiguière.... et de bien d'autres rues ou espaces publics. Nous avons bénéficié pour cela d'aides importantes de partenaires financiers nationaux et locaux à travers divers programmes et actions, et c'est tant mieux.

 

Nous avons d'ailleurs toujours voté favorablement à ces aménagements bien que certains auraient mérité, à mon avis, de s'inscrire dans une vision future de l'urbanisme, de l'environnement et de la mobilité plutôt que d'être figés dans les vieux clichés du siècle dernier.

 

Concernant les bâtiments, si des efforts ont été réalisés sur les écoles, de nombreux bâtiments demandent à être rénovés. Je pense notamment à l'immeuble des Sociétés dont les salles du sous-sol sont pratiquement insalubres.

 

Concernant les économies à réaliser, je persiste à dire que les travaux de rénovation d'éclairage public pourraient être plus efficaces en supprimant un point d'éclairage sur deux ou trois, voire en n'éclairant plus certaines rues, du moins à certains horaires, comme de nombreuses municipalités le font de plus en plus.

 

Je note que, d'après vos prévisions, l'encours de la dette sur les recettes réelles de fonctionnement augmente, tout comme la durée de la capacité de désendettement.

J'ai bien peur que les comptes administratifs 2019 (ou un audit réalisé par la future municipalité) laissent apparaître une situation financière difficile pour vos successeurs, peut-être même plus difficile que vous l'avez trouvée en 2014.

 

Rénovation de la piscine municipale : financement participatif

 

Malgré l'apport financier à cet impôt volontaire d'entreprises et des conseillers municipaux de la majorité, la somme de 50 000 euros semble difficile à obtenir.

Le succès populaire que vous attendiez de ce financement n'est semble-t-il pas au rendez-vous.

Vous êtes obligé de rabaisser le plafond pour pouvoir bénéficier d'une partie de ces fonds.

Je trouve cela pas très correct et surtout je ne suis pas sûr que cela soit réellement possible. Je n'ai pas vu cette possibilité dans les conditions générales d'utilisation du site collecticity.fr. Il a juste la phrase : « si l’Objectif de collecte n’est pas atteint, les sommes prêtées par les Investisseurs leur sont restituées. Le Porteur de projet et les Investisseurs ne peuvent réclamer aucune indemnité. »

 

Je note par ailleurs que certaines entreprises participant à ce financement participatif sont également titulaires de marchés de travaux et de services de la commune. Je ne suis pas sûr que cela soit très sain.

Vous aviez fort justement décidé de supprimer la publicité sur le bulletin municipal pour éviter tout équivoque et je m'en étais réjoui. Malheureusement, la sollicitation des entreprises pour financer des équipements et outils de communication communaux est revenue et s'est même fortement développée dans l'édition de l'agenda de la ville, la fourniture d'un véhicule utilisé par les agents et élus et maintenant à travers cet impôt volontaire pour la piscine.

 

Rénovation de la piscine municipale : demande de subventions

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C'est donc le quatrième plan de financement pour la rénovation de la piscine sur lequel nous délibérons depuis quelques mois. D'un projet planifié au départ à 670 000 euros, nous sommes passé aujourd'hui à un projet de 1 007 937 euros. Sauf que la plupart des subventions notifiées ou sollicitées sont à partir du plan de financement de 670 000 euros. L'apport de la commune risque donc d'être plus important que prévu du fait d'un manque d'anticipation. Tout le monde prévoyait la rénovation ou d'importants travaux à réaliser sur la piscine sur ce mandat. Non pas par manque d'entretien car cet équipement a bénéficié jusqu'à 2013 d'environ 55 000 euros d'investissement annuel, mais à cause de défauts dus à son âge (50 ans) et d'une conception d'origine qui n'est plus adaptée (fosse de plongée, profondeur...). Vous avez attendu plus de trois ans et demi avant de vous pencher sérieusement sur cet équipement. Et vous avez agi dans la précipitation et avec un manque évident de diagnostic sérieux.

Personnellement, je ne suis pas sûr que la cuve en inox soit la meilleure solution technique adaptée pour notre piscine. Par exemple, ce matériau est-il souhaitable sous une ligne à haute tension comme est disposée notre piscine (ligne RTE Godin-Rueyres – 225 KV) ?

Je note que les constructions neuves ou réhabilitation de piscines collectives sur un large périmètre à la ronde ces dernières années se font en matériaux traditionnels : carrelage, résine...

Encore aujourd'hui, La Dépêche publie un article sur la démolition et la rénovation complète de la piscine intercommunale du plateau de Montbazens (bassin de 25m X 10m, plages, vestiaires : démolition, gros œuvre, traitement de l'eau, étanchéité bassin, chauffage, plomberie, cloisons, menuiseries, carrelage, serrurerie, électricité, peintures, agencement) pour un montant de 537 782,17 euros.

 

Je note que le marché de MO des travaux de cette piscine a été de 23 850 euros (voir point 6 de cette note). J'ai bien peur que la facture finale de cette MO soit très nettement supérieure pour des travaux d'un montant de plus d'un million d'euros, et que, comme je l'avais demandé dans un précédent conseil municipal, une procédure adaptée avec publicité aurait du être établie pour un marché qui dépassera les 25 000 euros, peut-être même les 90 000 euros.

 

Avec la fermeture de la piscine l'an passé et l'ouverture tardive cette année, vous avez réalisé une économie d'environ 130 000 euros.

L'absence d'investissements depuis votre arrivée en 2014 a également permis de réaliser une économie de près de 220 000 euros par rapport aux années précédentes.

Finalement, financièrement, vous vous en sortez plutôt bien.

Mais les habitants de Decazeville auront été privé de cette piscine pratiquement une saison et demi à cause de votre imprévision et de vos atermoiements.

 

L'article de La Dépêche du Midi consacré à ce conseil municipal en cliquant ici

 

Photos : jlc – Licence Creative Commons

 

Addenda du 1 mars 2018 à 15h30 :

 

 La majorité municipale s'est empressé après le conseil municipal de mettre deux tableaux concernant l'évolution des taux des taxes locales.

Taux d'inflation.jpgCes tableaux présentés ainsi sans aucune comparaison, notamment avec l'inflation en France ces années là n'ont aucun sens, si ce n'est une volonté manifeste de nuire. Dès que l'inflation a baissé, la municipalité précédente (Reuilles) n'a pas augmenté le taux de la taxe d'habitation (2012) et de la taxe foncière (2013). De plus, les auteurs de ces tableaux se sont complètement trompés pour le taux de la taxe foncière en 2002. Le taux cette année là n'a pas augmenté de 11,58% comme indiqué honteusement, mais de 2%. La note ci-dessous concernant ce point lors du conseil municipal du 28 mars 2002 le prouve et de toute façon le calcul est facile à faire. Mais calomniez, il en restera toujours quelque chose !

Pour justifier également l'augmentation du taux des taxes locales, il faut savoir que le début des années 2000, c'est aussi la période où Decazeville à bénéficié d'aides conséquentes suite au CIADT du 18 mai 2000 (184 MF) pour réaliser d'importants travaux à condition que la commune et la communauté de communes mettent aussi fortement la main à la poche. Ce que les élus de cette époque ont heureusement fait en essayant de maintenir tout de même l'augmentation du taux des taxes au niveau de l'inflation. Souvenons nous que c'est lors de ces années qu'on été réalisés la grosse partie des travaux de dépollution de la zone du Centre, les zones du Combal, des Prades, des Tuileries, mais aussi les rues Gambetta, le bas de la rue Cayrade, l’avenue Laromiguière, la médiathèque, le plateau du Sailhenc avec le city-park et le skate park, la maison de santé, la rénovation de l'école Jean Macé et la construction de son gymnase, l’Ehpad Bellevue, le début des démolitions et des achats fonciers pour la percée urbaine, le cinéma La Strada, la Maison Commune Emploi Formation, la Maison petite enfance (La Capirole), la pépinière d’entreprises à Saint-Michel, l'aménagement du plateau supérieur (Bricorama, Sport 2000...), le centre de secours à Viviez, de nombreuses actions sur le bâti délabré et le renouvellement urbain à travers le PLH, de nombreux travaux et constructions dans le parc HLM municipal, la salle Yves-Roques, Le Laminoir, les transports collectifs avec le TUB, de nombreuses études dont celles qui ont accéléré le programme AMI...

Decazeville - taxes 2002.jpg

08/02/2019

Imposer des projets inutiles par la force

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Le site de l’Amassada à Saint-Victor-et-Melvieu en Aveyron a fait l’objet d’une opération de la gendarmerie hier matin. Cette opération d’intimidation précède vraisemblablement l’expulsion manu-militari des occupants de cette zone. Quoi que l’on pense des raisons de la création de cette ZAD aveyronnaise, cette opération de gendarmerie et cette possible expulsion constituent des méthodes détestables. On ne peut que regretter le rouleau compresseur administratif et politique qui a conduit à un impasse et à la création de cette ZAD. Le transformateur de Saint-Victor, comme l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, comme le projet Europacity 
à Gonesse, comme le Center-Parc de Roybon, comme le grand contournement ouest à Strasbourg, l’usine Knauf à Illange… et comme les projets de Séché et de Solena à Viviez et Aubin font partie de petits et grands projets imposés qui suscitent des rejets des populations locales. Rejets qui proviennent souvent de leur inutilité car d’autres solutions moins dommageables pour l’environnement, le climat, le cadre de vie et la santé des populations locales sont possibles et surtout souhaitables.

« Pour le futur, il faudra aussi tirer les leçons de l’échec de Notre-Dame-des-Landes en termes de débat public, de procédures, de présentation et de discussion des alternatives »

Edouard Philippe, Premier Ministre. Extrait du discours prononcé lors de l’abandon du projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes - 17 janvier 2018.

C’était il y a un an. Que c'est-il passé depuis ? Rien ! C'est toujours le même Etat, les mêmes entreprises privées ou publiques, les mêmes élus départementaux et locaux qui avancent tête baissée contre leurs concitoyens, à Roybon, à Gonesse, à Bure, à Strasbourg, à Beynac... et en Aveyron à Saint-Victor et à Viviez et Aubin où on veut imposer un énorme centre de traitement et stockage de déchets à 300 mètres des premières habitations pour complaire à des industriels !

Pire même, le gouvernement est en train d’expérimenter la suppression des enquêtes publiques en Bretagne et en Hauts de France pour les remplacer par de simples « consultation par internet » ! On peut également parler de l’éviction d’un commissaire enquêteur parce qu’ils donnait trop d’avis défavorables (6 sur un total de 60 !).

Alors que le gouvernement organise un « grand débat » dont personnellement je n'attend pas grand chose, il est incapable d’assurer un minimum de vrais débats dépassionnés pour de projets nationaux et locaux, qui répondent vraiment aux souhaits des populations et à l’avenir de notre planète.

« Ce n’est pas au décideur d’éclairer le public, c’est au public d’éclairer le décideur » déclarait Chantal Jouanno, présidente de la Commission nationale de débat public dans une interview à Reporterre en septembre dernier.

Elle a tout à fait raison. Quand élus et décideurs vont-ils le comprendre ?

Photo : journal alternatif aveyronnais "L'empaillé"

19/12/2018

La grande distribution, principale gagnante de l'ouverture des commerces le dimanche

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Comme l’an passé, la majorité des élus du conseil municipal de Decazeville a malheureusement décidé le 13 décembre dernier de laisser la grande distribution ouvrir 12 dimanches dans l’année 2018.

En accordant cette dérogation aux établissements exerçant la même activité commerciale sur le territoire d’une commune, on contribue bien sûr à accroître un peu plus les inégalités entre petits commerces et grande distribution.

Les commerçants des centres villes (commerces de détail) qui le souhaitaient ont toujours eu la possibilité d’ouvrir le dimanche, s’ils ne font pas appel à des salariés. Malheureusement, avant même la loi dite « Macron » du 8 août 2016, il y avait déjà de nombreuses dérogations favorisant certains commerces, même trop à mon avis. Au fil des ans, on avait autorisé les jardineries, les magasins de meubles et les commerces alimentaires jusqu’à 13H,  sans distinction de surface de vente. Le supermarché Géant de Decazeville avait bien sûr décidé son ouverture les dimanches matin.

Les salariés de la grande distribution n’ont pas vraiment le choix de travailler ou de ne pas travailler le dimanche. Leurs salaires sont si bas et leurs emplois sont si précaires que beaucoup ne peuvent pas refuser sous peine même d’être licenciés. La plupart des organisations syndicales de salariés s’opposent d’ailleurs à ces ouvertures dominicales.

Laisser la grande distribution ouvrir 12 dimanches par an n’aura à terme aucun effet positif sur l’emploi local si ce n’est de supprimer encore plus d’emplois dans le petit commerce et de vider un peu plus notre centre ville de ses commerces.

Une enquête sur l’agglomération lilloise a montré que la grande distribution avait créé 1 274 emplois entre 2008 et 2016, pendant que 4 871 emplois avaient été perdus dans le commerce de détail, principalement en centres villes. Soit un rapport de 1 à 4. Quand la grande distribution créée un emploi, elle en supprime au moins trois dans le commerce de détail si l’on considère également la fuite vers le ecommerce.

C’est une situation que l’on retrouve partout en France.

Cette situation est même dénoncée par des parlementaires qui veulent interdire la construction de nouveaux centres commerciaux en périphérie des villes, mais malheureusement, les CDAC (Commission Départementale d’Aménagement Commercial) où siègent principalement des élus, continuent d’accorder des autorisations de création ou d’extension à la grande distribution

J’avais l’an passé dénoncé les extensions (Estréniol à Sébazac, Couquet à Capdenac-le-Haut) ou la création d’une nouvelle zone commerciale à Luc-Primaube (Malan), qui détruisent la vie de nos petites villes mais aussi celle des petits centres bourgs qui voient fermer leurs dernier commerces alimentaires.

Visiblement, le SCOT Centre-Ouest-Aveyron ne semble pas s’intéresser à ce problème. Il faut dire que les élus du ruthénois soutiennent ces projets d’extension ou de création.

La décision d’ouvrir les commerces douze dimanche par an est donc grave, surtout au moment où nous allons avoir un nouveau centre commercial qui devrait ouvrir ses portes dans les prochains mois à Decazeville.

C’est aussi une vision dogmatique, un choix de société. En laissant ouvrir encore plus la grande distribution, les élus soutiennent un peu plus cette société consumériste, gaspilleuse d’espace et de matière première, productrice de déchets, génératrice de gaz à effet de serre qui nous mène droit dans le mur… mais qui enrichit les magnats du secteur réfugiés, comme la famille Mulliez (Auchan) en Belgique.

Si nous voulons garder des centre villes vivants, il faut donc se battre en même temps contre la grande distribution, contre les GAFAM et la vente par internet.

Pour ma part, je pense que nous devons revenir aux cinq dimanches maximum d’ouverture par an, voire moins en négociant avec Géant pour qu’il n’ouvre pas le dimanche matin. Ce qui n’empêchera pas le petit commerce du centre-ville de Decazeville d’ouvrir comme je l’ai développé plus haut. J’ai donc voté, comme les années précédentes, contre cette délibération qui favorise un fois de plus la grande distribution, met encore plus de pressions sur les salariés du commerce et tue le petit commerce des centres villes.

Photo : jlc - Licence Creative Commons

14/12/2018

Decazeville : un équipement destiné aux piétons va disparaître

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Certes, ce passe-piétons ou arc-en-ville ne fonctionnait plus depuis longtemps. Mais sa transformation en passerelle piétonne était souhaitable pour relier en toute sécurité le nord de la ville à son centre-ville, séparés par la dangereuse RD 840 où circulent plus de 8 500 véhicules/jour, dont un millier de poids-lourds. Traverser cette voie dont la vitesse n'est pas réduite est extrêmement dangereux. La transformation de ce passe-piétons en passerelle piétonne, solution que j'avais déjà évoqué, n’aurait coûté que 100 000 euros. Qu’est-ce au regard d'une vie peut-être épargnée et des centaines de milliers d’euros investis pour les véhicules motorisés sur la commune et au delà ? Surtout qu'il aurait fallu retrancher de ces 100 000 euros le coût du démantèlement et que de plus, le Conseil départemental aurait pu participer financièrement pour la sécurisation de cette route départementale. Malheureusement, depuis dix ans, nous étions peu à défendre cette option.

A ce désintérêt pour les piétons, il faut rajouter le mépris de la municipalité pour les cyclistes en interdisant les doubles sens cyclables et en n'incluant pas des aménagements pour les cyclistes lors de la rénovation de voiries. A l'heure où on demande plus de moyens pour la mobilité de chacun, c'est une attaque en règle contre les modes actifs à laquelle nous assistons à Decazeville. La municipalité Marty semble scotché aux années Pompidou en matière de mobilité. Pourtant le taux de motorisation à Decazeville n'est que de 72,8%, le taux le plus bas du Bassin et presque de l'Aveyron (moyenne nationale : 84%, moyenne départementale : 88,3%, sur le Bassin : 89%).

Il parait néanmoins que Decazeville Communauté va s'engager le 20 décembre à promouvoir les mobilités actives dans son Prochain Plan Global de Déplacements - Schéma Modes Actifs. C'est bien parti !

#ToutPourLaBagnole #Decazeville

Photo : jlc - licence Creative Commons

Decazeville : mais où est passée la patinoire ?

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Nous avions pourtant prévenu le maire l’an passé lorsqu’il avait voulu céder la patinoire à une société privée. Ce contrat nous semblait pour le moins hasardeux. Nous avions d’ailleurs voté contre. Mais la majorité, ancrée dans ses dogmes libéraux et persuadée que le privé fera toujours mieux que la gestion publique d’un bien public, avait décidé de céder la patinoire municipale d’une valeur de 50 000 euros pour 1 euro symbolique ! Dans la contractualisation sous forme d’AOT (Autorisation d’Occupation Temporaire) du domaine public (voir délibération ci dessous en cliquant dessus) le nouveau propriétaire s’engageait à assurer la présence de cet équipement à Decazeville pour une durée de quatre ans et durant cinq semaines par an, avec priorité pour les vacances de Noël et du Nouvel An.

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Des contreparties étaient prévues en cas de désistement, mais elles n’étaient pas à la hauteur puisqu’elles étaient de 3 000 euros par an en cas de non respect de la convention, soit 9 000 euros pour les trois ans qui restent s’il ne revient pas. Pour un bien valant 50 000 euros, même s’il devait en fin de compte payer (ce qui n’est pas du tout sûr), le propriétaire ferait une belle plus value sur le dos des contribuables decazevillois. D’autant plus que ce propriétaire habitant Draguignan dans le Var, il est fort probable que la patinoire soit actuellement en service quelque part dans ce département ou ailleurs et lui procure des bénéfices supplémentaires.

Curieusement, la société Ice Track Show qui a signé la convention avec la mairie de Decazeville n'existe pas sur les annuaires des entreprises  fr.kompass.com et société.com

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Rappelons que cette patinoire, installée en 2009 au Laminoir à l’initiative des commerçant de Decazeville, était gérée depuis 2010 par les services de la ville. Si elle a connu le succès à ses débuts de 2009 à 2014, son déménagement à l’arrière du Laminoir 2 par l’équipe municipale actuelle a considérable réduit l’attrait et la fréquentation de cet équipement. L’absence de signalétique n’a pas arrangé les choses. Comme si on avait voulu tuer cette animation, à moins que se ne soit de l’incompétence… ou les deux.

La patinoire municipale à patiné un peu à vide - 030116.jpg

La suite on la connaît, cession de cet équipement à un privé qui a fait faux bond cette année en gardant le bien municipal. Une animation de moins à Decazeville pour les fêtes de fin d’année qui touchera de plus les enfants des écoles qui devaient avoir droit à une entrée gratuite pour accéder à cette animation.

Visiblement, le « souffle nouveau » que devait impulser la nouvelle majorité sur notre ville en 2014 a des relents de fin de règne.

Photos (cliquez dessus pour les agrandir) :

1 et 3 : jlc : licence Creative Commons

2 : délibération conseil municipal de Decazeville du 14 décembre 2017

4 : Centre-Presse du 3 janvier 2016

10/11/2018

Retour sur la Tour Cabrol

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Une page Facebook dont on ne sait pas qui en sont les rédacteurs si ce n'est qu'ils sont "amoureux de Decazeville" (visiblement surtout du maire et de son équipe) traite de la démolition de la Tour Cabrol.

Elle fait tout d’abord allusion à la pétition de certains commerçants qui était pour le moins équivoque. Le texte donné à la signature dans certains commerces était très court « Pour la démolition de la Tour Cabrol pour conserver le Crédit Agricole en centre-ville ».  Lier la présence ou non du Crédit Agricole en centre-ville à la démolition de cette tour est pour le moins hasardeux. Si la Tour Cabrol n’est pas démolie, le Crédit Agricole restera toujours propriétaire de la majorité des surfaces de planchers de cette tour. A lui de choisir de rester ou de partir. Mais le Crédit Agricole aura toujours à sa charge les frais d’entretien de cet immeuble avec les autres copropriétaires. Il a donc tout intérêt à y rester… du moins pour l’instant. Et puis céder au chantage inadmissible du Crédit Agricole serait honteux.

Cette pétition se vante d’avoir obtenu 1 118 signatures dont 313 en ligne. Pour relativiser cette performance, je me permettrais juste de rappeler que la pétition contre le projet Solena à Viviez et Aubin en est à plus de 5 600 signatures (4 519 par internet et plus de 1 100 signatures papier), soit cinq fois plus, sans que les élus adorateurs de Solena (dont font partie M. Marty et M. Martinez) ne daignent écouter les porteurs de cette pétition. Ceux qui ne l'ont pas encore fait peuvent d'ailleurs encore apporter leur signature contre ce projet qui va achever le Bassin s'il se réalise.

L'opposition municipale monte au créneau.jpgDans une partie de cette note Facebook, la minorité municipale est maladroitement (ou volontairement) égratignée.

J’en profite donc pour préciser à nouveau que la minorité municipale demande seulement d’avoir des documents sérieux pour prendre une décision éclairée. Ni plus, ni moins. Voir le communiqué ci contre paru dans la presse en cliquant sur l'article.

La minorité n’a donc jamais demandé le classement de ce bâtiment aux monuments historiques.

J’ai seulement fait allusion en mon nom propre en conseil municipal à une possibilité de classement de cet immeuble afin d’obtenir des aides pour sa rénovation éventuelle.

Je n’ai d’ailleurs rien inventé puisque dans une note d’août 2014 remise en commission Culture-Patrimoine de la municipalité dirigée alors depuis quelques mois par M. Marty, l’Immeuble du Crédit Agricole était noté dans le patrimoine de la Ville à mettre éventuellement en valeur (inscription, classement, label… ?). Cet immeuble faisait partie d'un inventaire préparé notamment pour le classement de la ville dans le label "Ville et Pays d'Art et d'Histoire", démarche malheureusement tombée à l'eau. Il faisait partie de cet inventaire au même titre que de nombreux bâtiments ou œuvres d’art de la ville, comme certaines villas de la place du IV Septembre et de l’avenue Laromiguière ou des façades remarquables de certaines rues (Clémenceau, Cayrade, place Cabrol…).

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Pour ce qui est du programme AMI – Centre-Bourg dont parle le courrier des commerçants au président de Decazeville Communauté, le diagnostic évoquait plusieurs solutions pour cette tour. On ne peut donc évoquer le programme AMI pour justifier uniquement la démolition.

Le scénario I évoquait deux options :

Option 1 : une démolition totale, y compris la salle Yves-Roques et des aménagements urbains en lien avec la place Cabrol

Option 2 : démolition partielle, en conservant la salle Yves-Roques et des aménagements urbains en lien avec la place Cabrol

Le scénario II prévoyait une réhabilitation lourde :

Rénovation énergétique lourde par des porteurs de projet privés ou opérateurs habitat, exemple : produit multi-générationnel. La présence d’un ascenseur est intéressante.

Je pense que l’on peut également envisager une réhabilitation lourde par les copropriétaires actuels avec des aides importantes dans le cadre de la rénovation énergétique et de la conservation du patrimoine. La destination des espaces propriété des collectivités est ensuite à étudier : associations, salles de réunions pour remplacer ou compléter les salles de l'Immeuble des Sociétés, entreprises...

Ce bâtiment est inclus dans le périmètre du programme AMI Centre-bourg et des aides peuvent peut-être être attribuées dans ce cadre.

 

Il faut que la raison revienne dans ce dossier. Pour cela, il faut évacuer tous les intérêts particuliers que pourraient tirer certains de la démolition de cette tour et penser à l’intérêt général.

Il faut bien sûr que le Crédit Agricole reste en centre-ville, mais il faut occuper également les 800 m2 de plancher appartenant à la Ville et à Decazeville Communauté dans ce bâtiment. Comme le fait d’ailleurs déjà Decazeville Communauté avec l’association Hello Musique. Ce sont 100 élèves de cette école de musique et leurs parents qui fréquentent le centre ville grâce à la présence de cette association dans la Tour Cabrol. Attirer du monde dans cet immeuble attirera du monde en centre ville. Le Crédit Agricole seul n’attire que sa clientèle. A-t-on les moyens de se priver de 800 m2 de plancher dans le centre-ville de Decazeville ?

 

Le Belvédère.jpgDans les années 1970, certains voulaient à tout prix démolir l’Hôtel Le Belvédère à Cerbère qu’ils traitaient de « verrue »Ce bâtiment a été le premier construit en béton en France au début des années 1930. Il est rapidement tombé en désuétude à cause de la fermeture de la frontière avec l’Espagne en 1936, avant de dépérir. Heureusement, il n’a pas été démoli et il est en train d'être restauré. Il fait la fierté des habitants de Cerbère et l’on vient de loin pour admirer ses qualités architecturales.

Comparaison n’est certes pas raison, mais ceux qui traitent de « verrue » la Tour Cabrol feraient bien de s’intéresser un tant soit peu à l’architecture et à l’histoire du patrimoine de notre ville et au delà. 

Le Corbusier et la question du brutalisme - Ed Parenthèses.jpgCette tour construite de 1972 à 1975, est de style architectural « brutaliste », mouvement initié par Le Corbusier dont plusieurs réalisations sont maintenant classées aux monuments historiques en France et dans le monde. Ce style se caractérise par l’absence d’ornements et le recours aux matériaux « bruts », notamment le béton brut, d’où son nom. Ce bâtiment est l’œuvre de l’architecte aveyronnais François Coudrain.

Cette tour date donc seulement de 1975… comme ma maison. Je vous assure que je n’ai pas l’intention de la démolir (ma maison). J’essaie tant bien que mal de l’entretenir et d’y apporter des améliorations, notamment thermiques. C’est peut-être ce que devraient également faire les copropriétaires de cette tour. On ne va pas démolir tous les bâtiments qui ont plus de 43 ans à Decazeville tout de même ! Ou il ne va pas en rester beaucoup !

 

Il faut donc mener une étude sérieuse pour la rénovation de cette tour qui prenne en compte réellement l’aspect architectural, patrimonial, énergétique, sanitaire et pratique de ce bâtiment. Pas une étude de rénovation qui serve seulement à justifier sa démolition. Son inscription à minima au label Patrimoine du XXème siècle aiderait peut-être à obtenir des subventions pour réaliser les études et les travaux nécessaires à sa rénovation, si cela est souhaité.

S’il n’y a pas d’autre solution sérieuse et économiquement réalisable que la démolition, et bien il faudra la démolir. Et si démolition il devait y avoir, que le Crédit Agricole assure tout seul la démolition puisqu’il en est le demandeur.

Mais laissons une chance à la restauration de ce bâtiment, qui possède tout de même une ossature en béton banché et armé et des planchers solides et qu’on le veuille ou non, des qualités esthétiques indéniables.

L'immeuble commun, Crédit Agricole - Mairie - Revue municipale 1977.jpg

Photos : cliquez sur les photos pour les agrandir

Photos 1, 3 et 4 : jlc, licence Creative Commons

Photo 2 : Centre-Presse

Photo 5 : Le Corbusier et la question du brutalisme - Ed Parenthèses

Photo 6 : L'immeuble commun, Crédit Agricole - Mairie - Revue municipale 1977 – Ville de decazeville

09/11/2018

Il faut sauver le soldat Marty

decaze'vie.jpgAprès "My Decazeville", après le groupe "Les Decazevillois", que penser de cette nouvelle page Facebook "Decaze'vie dans l'action" lancée à grands coups de sponsoring payant ? Qui paye d'ailleurs ? La ville ? Les comptes de campagne ?

Cette page se veut être celle « des amoureux de Decazeville ». Autant dire de suite qu'il y a tromperie sur la marchandise. Lorsque l’on voit le sens des notes de cette page, on comprend de suite que ce n’est pas tant de Decazeville que les rédacteurs sont amoureux, mais plutôt de son maire. C’est donc avant tout la page du fan club de l’équipe Marty, équipe qui semble déjà en campagne pour les élections municipales.

Promotion de l'impôt volontaire pour financer les travaux de la piscine municipale, soutien indéfectible au Crédit Agricole (dont le maire a longtemps été administrateur de la caisse locale) et à la démolition de la Tour Cabrol, haine féroce contre Decazeville Communauté, critiques contre la minorité municipale… nous sommes dans une pensée unique qui a pour seul but de glorifier une équipe et son leader et surtout pas de défendre la ville qui en aurait pourtant bien besoin. Visiblement, la page Facebook officielle de la Ville (My Decazeville) que s’est honteusement accaparé la majorité municipale ne suffit plus.

07/11/2018

Le visuel de la Ville de Decazeville a changé... peut-être pas en mieux

logo dkz.jpegIl semble que la Ville de Decazeville ait décidé de mettre son ancien logo visuel au placard. Certes, ce logo de la Ville apparu pour la première fois sur le bulletin municipal de 1991 commençait à dater. Le rectangle déclinait des figures géométriques allant du noir sombre sur la gauche vers des tons plus clairs à droite peut-être pour symboliser la sortie du tunnel de la Ville après les fermetures d’usines de 1987.  Est-ce une flèche tout à fait à droite pour encore mieux marquer cette renaissance ou un D stylisé pour Decazeville ? L’écriture du texte est en majuscule avec une police de caractère classique très lisible. « Aveyron » est rajouté à « Mairie de Decazeville » pour mieux situer la commune et mettre également le département en valeur.

Avec près de trente ans d’existence, on peut bien sûr comprendre une certaine envie de remplacer ce visuel.

Decazeville - Nouveau logo.jpgMais qu’ont voulu transmettre les élus en charge de la communication de la Ville avec ce nouveau visuel ?

Pourquoi d’abord avoir recours au blason de la commune :

Rappelons d’abord ce que signifie ce blason.

« De gueules à deux hauts fourneaux d’or, accouplés, les récupérateurs au centre, leur tuyauterie de sinople, accompagnés en pointe d’une foi d'argent parée d'or, au chef d’argent chargé de trois lampes anciennes de mineur de sable allumées de gueules. »

C’est donc le passé historique métallurgique et minier de la commune qu’ont voulu mettre en valeur les stratèges en communication municipaux. Le retour d’un blason sur les documents municipaux sonne aussi très vieille France. Pas sûr que cela parle aux Decazevillois plus jeunes.

Que penser également de la police d’écriture de « Decazeville » sur ce nouveau visuel ?

En général, les polices de caractères imitant l’écriture manuelle soulignent certes des valeurs humaines et créatives, mais elles sont très difficiles à déchiffrer. Des caractères fins, fragiles, en spirales sont souvent difficiles à reproduire dans des petites dimensions et seront sûrement invisibles pour les lecteurs. C'est également une police imitant l'écriture manuelle assez désuète qui renvoie à l'écriture réalisée par les plumes "Sergent-Major" de notre enfance. Pas sûr là aussi que les plus jeunes s'en souviennent et pas sûr non plus que cela montre une ville et un territoire tournés vers l'avenir et vers la modernité.

On note aussi la disparition de l'indication du département. Peut-être nos stratèges communaux pensent que le nom de la ville se suffit à lui même et que le rajout de "Aveyron" porte peut-être préjudice à la renommée de la ville ?

A changer la communication visuelle de la commune, peut-être aurait-il mieux valu consulter des professionnels pour proposer ensuite plusieurs modèles aux votes des élus et pourquoi pas des habitants.

Malheureusement, c’est trop tard car ce nouveau visuel est déjà sur tous les véhicules et sur les supports numériques de la Ville... et sûrement pour quelques temps. Dommage.

Photos : Mairie de Decazeville

30/10/2018

Non, je n'irai pas manifester contre la hausse du coût des carburants

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Oui, il faut bien admettre que les coûts de carburants pour les automobilistes augmentent fortement depuis quelques temps. C’est certes dû aux taxes mais aussi à l’augmentation du baril.

Mais il ne faut pas oublier que les coûts des carburants ne représentent selon l’Automobile Club que 10% à 15%, selon que l’on roule à l’essence ou au diesel, des coûts de revient globaux de notre véhicule, pour une voiture achetée neuve. Car il faut aussi compter avec l’achat du véhicule (neuf ou occasion), son assurance, son entretien, les péages, le stationnement…

Le secteur des transports est responsable de près du tiers des rejets de CO2 en France dont plus de la moitié est imputable aux voitures.

Il serait donc raisonnable, tant pour diminuer nos rejets de CO2 que pour réaliser des économies conséquentes, de modérer l’usage de notre automobile, pour ceux qui en ont une bien sûr, car il y a beaucoup de monde en France qui n’a pas d’automobile.

Mais il faut bien avouer que nous ne sommes pas très raisonnables, car nous sommes toujours prompts à prendre notre voiture pour faire des trajets très courts. Ces trajets pourraient se réaliser à vélo et même à pied pour peu que nous puissions le faire en toute sécurité.

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Mais pour les trajets plus longs, comment faire ?

J’en ai fait l’expérience récemment.

J’ai du me rendre samedi à Toulouse pour assister à une cérémonie de mariage. J’ai donc choisi comme la plupart du temps de le faire par le rail au lieu de prendre mon véhicule personnel roulant pourtant à l’essence.

Il faut avouer que ce n’est pas simple de prendre le train de Decazeville à Toulouse. Il faut d’abord prendre un car régional de Decazeville à Villefranche-de-Rouergue, puis prendre un TER de Villefranche-de-Rouergue à Toulouse-Matabiau et l’inverse pour le retour.

Départ donc à 9h47 de Viviez-Decazeville pour une arrivée à Toulouse-Matabiau à 12h21. Pour le retour, départ de Toulouse à 17h04 et arrivée à Viviez à 19h34. Durant mon court séjour à Toulouse, j’ai tout de même eu le temps de déjeuner, d’assister à Salle des Illustres au Capitole à la cérémonie de mariage et de me promener dans Toulouse une paire d’heures.

Les temps de trajets en train et en voiture sont à peu près équivalents. Mais le train vous dépose en centre-ville tandis que les temps en voiture n’incluent pas les bouchons à l’entrée et la sortie de Toulouse, les bouchons à l’intérieur de Toulouse et le temps pour trouver une place de stationnement.

viviez-toulouse-voiture.PNGLe coût du trajet en voiture est estimé à environ 30€ l’aller (ViaMichelin), soit 60€ l’aller-retour, comprenant les coûts de carburant et de péages, hors coûts extérieurs (achat, entretien, assurance, stationnement… du véhicule).

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Sur ces horaires de week-end, le coût en car et en train est intéressant : 21,50€ l’aller-retour (voir image des billets de TER). En partant à 10h44 de Villefranche, j’ai bénéficié d’un billet EvasiO’ à 1€.

Carte_Pastel.pngJ’ai bien sûr également une carte LibertiO’ (24€/an) qui me permet d’avoir des avantages sur le retour Toulouse-Villefranche. Il est à noter qu’on ne peut pas bénéficier totalement de ces tarifs si l’on prend un billet unique Viviez-Decazeville – Toulouse-Matabiau. Il vous en coûtera 28,80€ l’aller retour au lieu de 21,50€. Ce que je trouve incompréhensible ! J’ai donc été obligé de scinder mes achats de billets pour obtenir les meilleurs tarifs.

L’amplitude des horaires d’ouverture de la gare de Viviez-Decazeville ayant été réduite (fermeture à 15h30 le vendredi !), il ne m’a pas été possible de prendre mes billets à cette gare à mon grand regret. J’ai donc été obligé de prendre mes billets sur internet : https://www.ter.sncf.com/occitanie. C’est certes facile, mais je me mets à la place des personnes qui n’utilisent pas internet, notamment les personnes âgées ; comment vont-elles faire ?

vignette-crit'air-masquée.jpgConcernant le bilan des rejets de CO2, il aurait été de 45,87 Kg avec ma Modus essence de 2011 (0,139Kg/Km X 165 X 2) et il a été de 9,88 Kg en train aller-retour.

 

Tableau comparaison train:voiture Viviez-Dkz-Toulouse.jpg

Il n’y a donc pas photo ; le temps de trajet est identique en train et en voiture (hors bouchons), le coût de ce voyage en transports collectifs est financièrement intéressant et son impact sur le climat et la qualité de l’air est très nettement meilleur. Quand au risque d’accident, il est quasiment nul en train.

Les avantages du train s’amoindrissent si l’on fait le trajet à plusieurs personnes, mais ils restent toujours meilleurs en train avec trois à quatre personnes.

Alors comment expliquer que beaucoup plus de monde choisisse tout de même la voiture ? Par confort ? Par tranquillité ? Par le fait de ne pas être contraint par des horaires ? Par habitude ?

Sur le trajet de Viviez à Villefranche, nous n’étions que deux à l’aller dans le bus (moi-même et une personne montée à Lanuéjouls qui se rendait à Lyon en train en passant par Toulouse) et j’étais tout seul au retour. Je suis persuadé que de nombreuses personnes du Bassin et au delà sont allées à Toulouse (où aux arrêts intermédiaires) ce samedi là.

 

Que faudrait-il alors pour que nous choisissions plus souvent les transports collectifs et les modes actifs (vélo et marche à pied) pour les courts trajets ?

Que les transports collectifs soient beaucoup plus nombreux, un peu plus confortables et moins chers pour certains trajets.

Que l’on développe beaucoup plus la mobilité partagée, covoiturage privé (BlaBlaCar…) ou organisé type RézoPouce ou Plans de Déplacement Entreprises, l’autopartage entre particuliers ou organisé par des collectivités (type Citiz)…

Que les élus donnent sa juste place sur l’espace public aux autres modes de mobilité que la voiture afin que les vélos et les piétons puissent circuler et déambuler en toute sécurité.

Si les élus faisaient tout cela, nous ferions des énormes économies dans les dépenses de carburants y compris à la campagne et pour ceux qui sont obligés de travailler à quarante kilomètres de leur domicile. Nous pourrions même nous passer d’avoir une automobile individuelle ou à minima une deuxième automobile dans un foyer et nous ferions alors des énormes économies. Et quels bienfaits pour la qualité de l’air que nous respirons et pour le climat !

 Dans ces conditions, je serais d’ailleurs le premier à abandonner ma voiture. Abandonner sa voiture ne veut pas dire cesser de conduire. Avec l’argent économisé, ont peut louer de temps en temps un véhicule en autopartage ou en location par exemple. Mais on a pas la charge financière d’un véhicule en permanence, y compris pour les 95% du temps où il ne roule pas.

C'est à tout cela que les taxes prélevées sur la vente des carburants doivent servir, pas pour donner des primes à l'achat de voiture électriques à des gens qui ont déjà deux ou trois voitures ou construire des autoroutes.

Alors oui, en tant que petit retraité, je suis moi aussi excédé par toutes les augmentations de dépenses obligatoires que nous subissons de ce gouvernement de brutes épaisses et de lobbyistes qui refuse de plus d’assumer sa responsabilité. Car oui, globalement, les petits avantages comme la baisse relative de la taxe d’habitation ne compensent pas et de loin les fortes augmentations des dépenses obligatoires que nous subissons.

Mais ne comptez pas sur moi pour aller manifester avec l’extrême droite ou les « bonnets rouges » locaux contre la hausse des carburants le 17 novembre. Même si d’autres revendications se sont depuis greffées à l’ordre du jour de cette manifestation, elle respire encore trop l’extrême droite et la fachosphère.

marche pour le climat3.jpg

Il y a des motifs beaucoup plus importants de manifester que la hausse du gazole et je ne manque d’ailleurs pas l’occasion de le faire, que ce soit pour défendre les retraites, les salaires, contre le chômage organisé, pour demander d’agir rapidement contre le réchauffement climatique ou contre l’horrible projet Solena à Viviez et Aubin qui va finir par achever le Bassin.

Par contre le 17 novembre, j’enfourcherai mon vélo pour demander avant tout plus de transports collectifs moins chers et plus d’aménagement cyclables et piétonniers.

Et je participerai le 24 novembre à la journée sans achat, mais ce sera presque un jour habituel pour moi. Ce qui ne m’empêchera pas de passer comme tous les samedi chez mes petits commerçants alimentaires locaux.

Et le 8 décembre, je participerai à une nouvelle marche pour le climat.

 

Addendum du 17 novembre 2018 :

Le texte ci-dessous du sociologue Erwan Lecœur résume très bien le fond de la ma pensée et mes inquiétudes pour l'avenir :

Erwan Lecoeur

8 h

On est bien peu de choses... tout s'accélère. Il y a encore quelques années, je ne pensais pas voir de mon vivant une telle confusion des esprits s'affaisser devant le spectacle triste des colères pétrolifères et des petites frustrations recuites de la middle class automobile. Il semble qu'une certaine idée de la politique et de l'intérêt général prend un sérieux coup dans l'aile, ces jours-ci. A force de ne plus savoir où elle habite, la gauche-qui-parle-pour-les-pauvres a peut-être perdu le sens des valeurs, en tentant l'aventure de l'opportunisme populiste. Mais à ce jeu de "plus populo que moi", depuis 40 ans, c'est Le Pen qui gagne à la fin. Lui qui fut très proche de Poujade peut voir aujourd'hui les médias lui promettre un hommage par les 3/4 du pays. En jaune, couleur des briseurs d'espoir. Devant une telle victoire "culturelle" d'une caricature aux allures du beauf de Cabu, la famille Le Pen pourra remercier tous les thuriféraires du "bon peuple" qui n'ont plus comme boussole qu'un fil FB et quelques Tweets rageurs. Fonce, automobiliste en colère, l'abîme est proche et plus rien ne s'oppose à ton hubris délirant. Les calculs absurdes du macronisme déclinant et les pincettes avec lesquelles les bien-pensants ont légitimé ta révolte de sale gosse ont permis ta victoire dans les rues et les réseaux sociaux. Après avoir expliqué comment tu te sens frustré, moqué, ignoré, tu pourras devenir la sève d'une force ardente qui se lève, brune et odorante, comme un litre de gasoil. Et on verra beaucoup de "Rhinocéros" au volant d'un SUV...

Erwan Lecœur est un spécialiste de l'extrême droite et du populisme. Il sait de quoi il parle.

Hier soir, en séance plénière du Conseil Régional d'Occitanie, les élus du Rassemblement National, après avoir enfilé des gilets jaunes, ont demandé à ce que le Conseil régional renonce au demi centime d'euro par litre de carburant que la région reçoit pour la TICPE (Taxe Intérieure de Consommation de Produits Energétiques). Cette taxe régionale presque insignifiante pour chacun d'entre-nous rapporte 60 millions d'euros que la Région met dans le pot des 782 millions d'euros consacrés au transports dans les transports scolaires. Devant les grossièretés et les insultes des conseillers régionaux RN, la présidente à été obligée de demander une fin de séance anticipée. Tout simplement honteux que des représentants du peuple se comportent de telle manière.

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Photos : cliquez sur les photos pour les agrandir :

1, 5, 6 et 7 : jlc, licence Creative Commons

2 : application ViaMichelin

3 : billets TER

4 : Carte Pastel : Région Occitanie

8 : page Facebook de Véronique Vinet, conseillère régionale

30/09/2018

Tour Cabrol, PADD, désengagement de l’Etat…, un conseil municipal marathon

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Je ne vais bien sûr pas faire un compte rendu intégral de ce conseil municipal marathon qui a duré presque quatre heures. Je vais juste développer quelques points importants où je suis parfois intervenu.
 

Un PADD où on ne veut pas la participation des habitants :

Pourquoi d'ailleurs avoir un débat sur le PADD (Programme d'Aménagement et de Développement Durable) lors de ce conseil municipal alors qu’il a déjà été voté en conseil communautaire ? C’est dire si l’avis des conseillers municipaux semble important pour la communauté de communes qui pilote ce PLUi. C'est avant de le voter en conseil communautaire que ce débat aurait du avoir lieu.

D'ailleurs, pour ceux qui ne sont pas dans le premier cercle (et ils étaient parfois peu nombreux), l’élaboration de ce PLUi (Plan Local d'Urbanisme Intercommunal) avance à marche forcée. Pourquoi ?

Quant à la participation de la population demandée pour ce genre de de document prescripteur en matière d'urbanisme et au respect de son avis, on attend toujours !

Lors de la réunion publique du 25 avril à Firmi sur le PADD, il avait été promis à l’assistance un compte-rendu qui serait visible sur le site de la communauté de communes où toutes les prises de paroles auraient été rapportées. Je n’en ai pas trouvé.

A considérer l’article de presse relatant cette réunion ou le document qui nous a été remis pour ce conseil municipal comme un compte-rendu de cette réunion, les diverses interventions émises le 25 avril ne sont pas notées et surtout ne sont pas prises en compte.

Vous ne prévoyez pas, me semble-t-il, de consultation du public pour la troisième phase, celle du zonage. C’est bien sûr regrettable, d’autant plus que vous savez très qu’il est très difficile de modifier quoi que se soit au moment de l’enquête publique.  Je pense donc qu’il serait souhaitable de mettre les documents de zonage à la disposition du public dans les mairies et d’organiser éventuellement une réunion publique, pourquoi pas à Viviez d'ailleurs.

SOLENA, un projet pratiquement à l’opposé de tous les axes de ce PADD :

Les principales remarques présentées le 25 avril à Firmi, tout comme à la réunion publique sur le diagnostic du 13 février à Livinhac, consistaient à démontrer l’incompatibilité du PADD avec le projet Solena ou l’inverse, l’incompatibilité du projet Solena avec le PADD, ce qui revient au même.

Le tour de passe-passe consistant à modifier d’urgence les PLU de Viviez et d’Aubin afin de pouvoir entrer éventuellement ces modifications d’office dans le PLUi, serait honteux. Vouloir transformer 120 ha de zone Nx en zone Ux alors que l’on demande justement aux collectivités de ne pas toucher aux zones naturelles et agricoles serait incompréhensible. D’autant plus que M. le maire de Viviez avait promis en 2009 de ne pas y toucher.

Si l’on regarde en détail ce PADD, on s’aperçoit que le projet Solena va à l’encontre de pratiquement tous ses axes :

  • Relever le défi démographique et affirmer le rôle structurant des centres : pensez-vous réellement que ce projet va attirer de nouveaux habitants ? Il va plutôt faire fuir des habitants actuels sans en attirer de nouveaux, notamment à Viviez mais aussi dans les communes urbaines.
  • Prendre en compte le facteur risque : pensez-vous qu’installer une usine du secteur des déchets, classé troisième secteur accidentogène en France, à 300 mètres des premières maisons de Viviez-Bourg et à 200 mètres d’une usine classée Seveso ne va pas aggraver l’exposition de la population aux risques ? Sans parler des odeurs, des bruits, des poussières, des camions, de la pollution de l’air déjà importante à Viviez comme le relevait ATMO-Oramip avant que l’on supprime les stations de mesure de la qualité de l’Air. J’avais d’ailleurs signalé dans un mail à la communauté de communes ce problème lors du diagnostic de l’Etat Initial de l’Environnement du PLUi. Aucun document de ce PLUi n'en fait état ! Comme j’avais signalé les conséquences néfastes pour la santé des riverains des envols de poussières toxiques du crassier de Dunet, malheureusement toujours non confiné. Je rappelle que le conseil municipal de Decazeville du 16 juillet 2008 (mais aussi celui de Viviez) avait émis à juste titre de fortes réserves concernant ce crassier lors de l’enquête publique sur la « dépollution » des terrains d’Umicore. Depuis, rien n'a bougé. Pas un mot d’ailleurs dans ce PADD sur les risques sanitaires clairement identifiés sur ce territoire.
  • Quand au risque climatique, il n’en est nullement question dans ce PADD. C’est pourtant le risque le plus important auquel nous sommes confrontés actuellement. « Le monde a deux ans pour agir contre le changement climatique, sinon il affrontera des conséquences désastreuses ». Cette phrase n’est pas d’un dangereux écologiste, mais d’Antonio Guterres, secrétaire général à l’ONU, prononcée la semaine passée. Pas vingt ans, ni dix, deux ans seulement pour agir. Visiblement, ce PADD s’en moque complètement.
  • Changer l’image du territoire :Pensez-vous sincèrement que le projet Solena va contribuer à changer l’image de notre territoire ? Bien sûr que non ! Il va l’enfoncer un peu plus dans une image de territoire pollué et invivable.
  • Poursuivre la reconversion des sites industriels participant au rayonnement du territoire (on a visiblement pas peur du ridicule avec des grandes envolées) : Pensez-vous sincèrement que cette industrie des déchets pratiquement en centre-ville et à proximité d’un axe routier fréquenté va participer au rayonnement du territoire ? Bien sûr que non ! Elle va contribuer à éloigner des créateurs d’activités intéressantes et réellement créatrices d’emplois.
  • Pensez vous aussi que ce projet va contribuer au développement des activités touristiques comme le préconise le PADD ? Bien sûr que non ! En arrivant à Viviez, les touristes ne penseront qu’à une chose : fuir ce secteur !
  • Préserver les réservoirs de biodiversité et les corridors écologiques, valoriser les paysages locaux : Pensez-vous que le projet Solena va contribuer à ce rôle ? Bien au contraire ! On assiste depuis quelques années à un retour de la faune et la flore sur les secteurs de Dunet, de l’Igue du Mas et de Cérons avec des espèces remarquables. Une partie de l’Igue du Mas est d’ailleurs classée en ZNIEFF et un corridor écologique y passe au sud. L’installation d’une décharge va à l’encontre de la biodiversité de ce secteur et de ce corridor écologique ?
  • Inscrire la reconversion industrielle dans la transition énergétique : Pensez-vous que Solena est la bonne solution pour répondre à ce domaine ? Bien sûr que non ! Il serait préférable d’installer par exemple à Dunet et même à Cérons une centrale photovoltaïque qui serait de plus facilement raccordable au poste de Godin. 

Comme vous le voyez, le projet Solena va pratiquement à l’opposé de tous axes défendus par ce PADD qui est pourtant loin d’être audacieux.

Solena, c’est de plus un projet du siècle dernier pour traiter les déchets qui ne servira qu’à engraisser une entreprise privée sur le dos des contribuables aveyronnais.

Quand allez vous stopper ce projet néfaste pour notre territoire ?

Je dois signaler que la population est très en colère contre ce projet, et ce n’est malheureusement pas le seul motif de mécontentement sur le Bassin. Il ne faudra pas s’étonner si elle démontre plus bruyamment cette colère, comme il ne faudra pas s’étonner des réactions des associations contre toutes les enquêtes publiques et les décisions qui se préparent, que ce soit pour les modifications de PLU, l’annexion d’un chemin de l’Igue du Mas ou du projet SOLENA en lui même. Vu le déroulement peu démocratique de l’élaboration de ce PLUi, il ne faudra pas non plus s’étonner de le voir attaqué au Tribunal Administratif si la communauté de communes s’entêtait à ne pas vouloir tenir compte de l’avis de la population.

Il ne s’agit bien sûr pas d’une « déclaration de guerre » comme j’ai pu l’entendre dire récemment. Si « guerre » il y a, elle a été déclaré par certains élus départementaux, communaux et communautaires qui complotent depuis des années avec les industriels pour pouvoir installer ce projet à Viviez et Aubin, au mépris de la population.

 

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Convention de coordination police municipale et force de sécurité de l’Etat

A travers cette convention et d’une autre délibération contenue dans un point suivant de l’ordre du jour de ce conseil municipal (voisin délateur), on s’aperçoit malheureusement du désengagement réel et continu de l’Etat dans le domaine de la sécurité publique. Faute de personnel de force de sécurité suffisant qu’il se refuse d’augmenter, l’Etat rejette aux communes et aux citoyens des fonctions et des rôles qui ne sont ne sont pas les leurs et qui posent de plus des problèmes éthiques.

Concernant cette convention, une phrase me gène dans l’article 4. « En cas de constatation de crime et délit flagrant, tels que définis dans l’article 53 du code de la procédure pénale, punis d’une peine d’emprisonnement, les agents de la police municipale interpellent l’auteur,rendent compte à l’officier de police judiciaire de permanence du commissariat de police et se conforment aux instructions. »

Ça ne me semble pas normal que la police municipale puisse interpeller les auteurs de crimes. Pour moi, c’est le rôle de la police nationale, uniquement. Que la police municipale ait un rôle de prévention et d’information dans ce domaine en faisant de l’ilotage dans les rues de la ville pour assurer notamment ses missions de surveillance de la circulation, du stationnement, de la propreté, de la salubrité et de la tranquillité publique, bien sûr.

Qu’elle travaille de concert avec la police nationale, bien sûr.

Mais elle ne peut pas appréhender des auteurs de crimes graves. Les agents municipaux se mettent en danger. La police municipale doit se limiter aux contraventions, éventuellement aux délits mineurs.

On sait très bien où l’on veut nous mener. Après le déploiement de caméras de surveillance aussi onéreuses en investissement et fonctionnement qu'elles sont inutiles, l’étape suivante, c’est l’armement de la police municipale, et j’y suis opposé car armer les agents municipaux, c’est les mettre en danger.

Ce qu’il faut au contraire, c’est augmenter fortement les forces de sécurité de l’Etat sur le terrain, pas que dans les grandes agglomérations, pour pouvoir assurer la tranquillité qu’est en droit d’attendre chaque citoyen de notre pays où qu’il se trouve. Si on ne fait pas cela rapidement, on ment à la population et on continuera à faire le lit de l’extrême droite.

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Pour défendre la sécurité de chacun, je m’abstiendrai donc contre cette convention qui pénalise de plus financièrement les communes en leur donnant des rôles supplémentaires sans leur donner réellement les moyens de les assurer.

 Je ne suis pas le seul à demander plus de policiers nationaux. Le maire de Rodez fait de même dans Centre-Presse du 2 octobre 2018. Il a sûrement plus de chance que moi d'être entendu puisque le ministre de l'Intérieur vient à Rodez jeudi pour assister aux obsèques de Daniel Filoé, directeur général adjoint à la mairie de Rodez en charge de la sécurité assassiné en pleine rue.

Participation au label « ville active et sportive »

1187570343.2.jpgConcernant la promotion des activités physiques accessibles au plus grand nombre, vous n’êtes malheureusement pas les mieux placés

Je vais d’ailleurs en profiter pour répondre en même temps au point 21 de ce conseil municipal qui traite des rues Lassale et Miramont. Cela fera gagner du temps. 

Vous faites partie des collectivités en France les moins favorables aux cyclistes, qui pratiquent pourtant une activité physique, de plus bonne pour la santé.

En 4 ans, vous n’avez rien fait pour le vélo à Decazeville. Pire, vous interdisez sans raison valable des aménagements qui rendraient service aux cyclistes dans leurs déplacements quotidiens sans pénaliser les autres modes de mobilité. Le Plan Vélo annoncé par le Gouvernement la semaine passée renforce encore plus les dispositions pour faciliter la circulation des cyclistes en ville. Ce plan Vélo comporte d’ailleurs un volet pour développer l’activité physique pour la santé en lien avec les ministères des Sports et celui des Solidarités et de la Santé.

Mais de plus, vous réalisez des aménagements de voirie défavorables aux cyclistes, qui sont en contradiction avec la loi LAURE

C’est le cas pour les travaux des rues Lassale et Miramont où une bande cyclable était prévue dans le sens de la montée dans le Schéma modes Doux réalisé par la communauté de communes Decazeville-Aubin en 2010 (J’avais déjà évoqué ce problème dans une note précédente). Vu la largeur de ces rues, le bureau d’étude de l’époque avait jugé que c’était facilement réalisable, surtout quand on voit maintenant à certains endroits la largeur des trottoirs où il ne passe que peu de monde. Et ne me dites pas que c’est le département qui vous a imposé cet aménagement car c’est le maire qui est responsable de la voirie et de son règlement en agglomération.

Il y a donc chez vous une volonté délibérée de pénaliser les cyclistes dans leurs déplacements quotidiens sur la ville et donc de ne pas favoriser pleinement l’activité physique à Decazeville.

Je soupçonne que ce label est plutôt destiné à favoriser l’obtention de quelques subventions pour des équipements. Mais avec la politique cyclable que vous appliquez, cela risque d’être difficile.

 

Lutte contre la délinquance – Dispositif de participation citoyenne

decazeville,decazeville-aubin,tourcabrol,ruecayradeVoilà donc le deuxième volet du désengagement de l’Etat dans le volet sécurité.

Comme l’Etat ne veut plus embaucher de nouvelles forces de sécurité, il favorise l’installation de caméra de surveillance dont l’entretien et l’exploitation est à la charge des communes et veut faire maintenant travailler gratuitement les citoyens dans un dispositif qu’on appelle pompeuse « participation citoyenne ».

Cette pratique de « voisin vigilant » est particulièrement détestable et rappelle des pratiques honteuses de notre histoire. On devrait plutôt l’appeler « voisin délateur ».

C’est la mise en place d’un système organisé de délation destiné à instrumentaliser le sentiment d’insécurité de nos contemporains

Ce n’est pas le rôle de chaque individu de se substituer, sans formation ni travail de réflexion et déontologique, aux forces de l’ordre.

Je souscris aux déclarations de la LDH sur ce sujet : « Garantir la sécurité des personnes et des biens est une mission de l’État et confier ce rôle aux citoyens n’est qu’une supercherie destinée à dissimuler ses carences et son désengagement dans son rôle régalien de sécurité publique.

Les forces de l’ordre républicaines et une Justice avec des moyens enfin amplifiés sont la seule réponse à l’insécurité ; des « milices citoyennes » ne peuvent se substituer à une police de proximité et à un travail de prévention et de suivi efficace ».

 

BUDGET VILLE - DM 3

« La décision de lancer la rénovation de la piscine municipale nécessite un maître d’œuvre. Des études complémentaires sont également nécessaires. Le montant prévu est de 40 000 €. »

Les travaux de la piscine municipale se montent d’après le point 16 de ce conseil municipal à 700 000 €. On peut estimer la maîtrise d’œuvre pour ce genre de travaux entre 10 et 13% du montant des travaux soit entre 70 000 € et 91 000 € s’il n’y a pas de dépassement de budget. En out cas, loin des 40 000 € proposés dans cette DM.

Concernant l’application des règles de publicité, y-a-t-il eu un avis d’appel à la concurrence pour le choix de ce maitre d’œuvre dans un journal habilité à  recevoir des annonces légales ou au BOAMP ?

C’est obligatoire pour un marché d’un montant estimé supérieur à 90 000 euros et même fortement recommandé pour les marchés inférieurs.

Il m’a été fait la réponse que non, il n’y a pas eu d’avis d’appel à la concurrence.

Nous verrons par la suite si cette décision n’engendre pas de contestation.

 

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Piscine municipale :

Lors du dernier conseil municipal (que nous avons approuvé en début de cette séance), j’avais posé cette question : Quand allez-nous nous présenter un plan de financement sincère et réaliste afin de pouvoir réaliser les travaux avant la réouverture de la piscine en 2019 ? A la lecture de ce nouveau plan de financement, le troisième, ce n’est malheureusement pas encore pour cette fois ci.

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J’ai bien compris que ce plan de financement est présenté pour solliciter la subvention DETR, mais il doit être réaliste et sincère.

Et il y a à minima un problème pour la subvention de la Région. La somme de 230 000 € n’est pas possible selon les critères de la Région.

Depuis 2015, les critères relatifs aux financements de la Région pour les équipements sportifs étaient très clairs. Les bénéficiaires devaient être des « EPCI* à fiscalité propre », c’est à dire la communauté de communes pour notre territoire. Mais il était également précisé que « dans l’hypothèse d’une maîtrise d’ouvrage communale pour des raisons dûment justifiées, l’aide de la Région est conditionnée à l’apport d’un fonds de concours communautaire au moins équivalent à l’aide de la Région ».

Dans votre plan de financement, l’aide la Région est de 230 000 € et celle de Decazeville Communauté de 20 000 €. Soit 11 fois moins. Ce n’est donc pas possible.

D’autres critères de la Région ne sont d’ailleurs pas plus respectés. Il faut que l’aide de la Région n’excède pas la part d’autofinancement du projet. Ce qui n’est aussi pas le cas puisque l'aide de la Région est très supérieure à la part d'autofinancement (230 000 € de la Région pour 149 000 € d'autofinancement).

Je sais qu’il y a parfois des négociations pour ces aides, mais elles se font à la marge, pas pour décupler l’aide.

Je pense d’ailleurs que vous avez déjà une petite idée de la subvention régionale pour ce projet. Et on est loin de 230 000 € portés sur ce plan de financement, mais tout de même au dessus des critères.

Concernant le financement du CNDS, le fait d’être maintenant en ZRR (Zone de Revitalisation Rurale) garantit un peu plus cette participation puisque le CNDS a décidé pour 2018 de cibler ses aides vers les territoires ruraux en difficulté, notamment ceux inscrits dans les ZRR. Cette aide peut même atteindre maintenant 20 % du montant subventionnable tout en restant cumulable avec d’autres aides comme celles accordées au titre de la dotation d’équipement des territoires ruraux (DETR). C’est le moment de faire agir vos connaissances dans les structures nationales de la natation.

Je note que la part d’autofinancement dans ce projet est minime (149 000 €), surtout si l’on tient compte des économies que vous avez réalisé cette année en n’ouvrant pas la piscine (le coût de fonctionnement annuel se situe entre 80 000 € et 100 000 €).

Il est donc hors de question que je vote cette fois ci ce plan de financement qui n’est absolument pas réaliste et sincère. Il serait peut-être temps de présenter un plan de financement concret si nous voulons la réouverture de la piscine pour 2019.

 

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Démolir la Tour Cabrol ? :

C’est un dossier complètement à charge qui a été présenté mardi soir en conseil municipal concernant la Tour Cabrol. A l’issue de la lecture d’une courte fiche et des explications du maire, il était difficile de voter contre la démolition de cette tour. Ce point n’était de plus pas inscrit à l’ordre du jour et a été rajouté le soir même. La minorité du conseil municipal n’avait pas eu accès à la présentation du projet du Crédit Agricole alors que la majorité le connaissait bien puisque la demande du Crédit Agricole date du 6 juin. Ce point a été de plus présenté au bout d’un conseil municipal marathon de presque 4 heures.

Tout cela est bien sûr inacceptable ! Les conseillers municipaux ont été abusés. On ne peut pas décider de l’avenir d’un tel bâtiment et des conséquences financières de cette décision en un quart d’heure, sans éléments complets, et à la fin d’un interminable conseil municipal.

Il est donc souhaitable que cette délibération soit annulée par le prochain conseil municipal, le plus tôt possible.

Si la majorité souhaite le remettre à l’ordre du jour, il est indispensable de fournir aux conseillers municipaux dans les temps impartis un dossier complet comportant à minima un descriptif historique et technique de l’immeuble, un bilan complet des coûts de fonctionnement des dernières années et de son entretien, des devis précis pour la rénovation de cet immeuble (qui sont soi-disant « exorbitants »), et des devis détaillés pour la déconstruction de cet immeuble. Tous ces éléments permettront aux conseillers municipaux de pourvoir choisir en toute connaissance de cause l’avenir de ce bâtiment important du patrimoine historique et du paysage de notre ville.

Cette tour construite de 1972 à 1975, est de style architectural « brutaliste », mouvement initié par Le Corbusier dont plusieurs réalisations sont maintenant classées aux monuments historiques en France et dans le monde.

Nous ne pouvons bien sûr pas tout conserver, mais il me semble que nous avons assez démoli de bâtiments emblématiques de notre ville. On ne peut pas demander le label « Villes et Pays d’Art et d’Histoire » et continuer en même temps de saccager notre patrimoine historique restant.

Je dois rajouter que le projet prévu par le Crédit Agricole pour s'accaparer seul cet espace, est une catastrophe, tant d'un point de vue architectural que d'intégration dans le paysage urbain de la place Cabrol et la rue Cayrade.

Ne dramatisons tout de même pas. Mardi soir ce n’était qu’une décision de principe qui était demandée aux élus. Si cette décision n’était pas annulée, la suite logique serait le vote d’un budget pour cette démolition. Et là, ce sera une autre histoire. En espérant simplement qu’on leur donnera toutes les données pour faire ce choix… pas comme mardi dernier.

Photos : cliquez sur les photos pour les agrandir

-1, 2, 4, 5, 6 et 8 : jlc : licence Creative Commons

- 3 : Centre-Presse

- 7 : Plan de financement - Ville de Decazeville

 

27/07/2018

Les cyclistes une fois de plus « oubliés » à Decazeville

Lassale-Montagne4-web.jpg

Les travaux de voirie des rues Lassale et Miramont sur la RD 221 sont en cours de réalisation.

A l’examen de la pose des bordures de trottoirs, il semblerait que rien ne soit prévu pour la circulation des cyclistes dans cette rue en forte pente afin d’éviter qu’ils gênent la circulation dans le sens de la montée ou qu’ils soient percutés par l’arrière par des véhicules motorisés.

Le profil et la largeur de ces rues permettaient pourtant de réaliser une bande cyclable dans le sens de la montée sans toucher au stationnement, en gardant des trottoirs suffisamment larges et en sécurisant les sorties des rues de la Montagne, de l’Egalité, Emma Calvé et route de Vialarels.

rue lassale modes actifs.jpg

C’était d’ailleurs une préconisation du Schéma Modes Doux adopté par la Communauté de Communes du Bassin Decazeville-Aubin le 22 juin 2010, préconisation que j’ai maintes fois répété lors de commissions urbanisme ou travaux, en conseil municipal, ou sur ce blog.

De plus, l’article L228-2 du Code de l’environnement précise : « A l’occasion des réalisations ou des rénovations des voies urbaines, à l’exception des autoroutes et voies rapides, doivent être mis au point des itinéraires cyclables pourvus d’aménagements sous forme de pistes, marquages au sol ou couloirs indépendants, en fonction des besoins et contraintes de la circulation. L’aménagement de ces itinéraires cyclables doit tenir compte des orientations du plan de déplacements urbains, lorsqu’il existe. »

Des aménagements cyclables auraient donc du être prévus dans la rénovation de ces deux rues.

J’ai bien sûr alerté l’association aveyronnaise Cyclo-Motivés 12 qui a pris le relais de l’Association pour la Défense et la Sécurité des Cyclistes en Aveyron.

La politique de découragement de l’usage du vélo se poursuit à Decazeville. C’est surement ça le « souffle nouveau » que voulait la majorité municipale. Le souffle des années Pompidou : tout pour la bagnole. Ils ont seulement quarante ans de retard !

ademe117-cover.jpgPendant que l'ADEME, dans le dossier du dernier numéro de son magazine sur l'adaptation au réchauffement climatique, met en avant les déplacements cyclables, Decazeville s'entête à interdire les cyclistes de ses rues.

 

Photos (cliquez sur les photos pour les agrandir) :

1 - jlc - Licence Creative Commons

2 - Schéma Modes Doux - Communauté de Communes du Bassin Decazeville-Aubin

3 - ADEME - Le Mag 117

17/07/2018

A Decazeville, la minorité (pour l’instant) bannie des médias numériques de la Ville

page-mydecazeville.jpg

Les pages Facebook officielles d’une commune doivent se borner à délivrer des informations pratiques aux habitants de la commune, à rapporter des événements en cours ou à annoncer des manifestations à venir. En sont normalement exclus des documents écrits, photographiques et vidéos retraçant, en temps réel, l’action de la majorité municipale, ou alors, il faut en déduire qu’elle doit être regardée comme un bulletin d’information générale. En cela, comme pour le bulletin d’information municipal papier, une place doit être laissé aux élus minoritaires sur cette page (CGCT : article L. 2121-27-1).

C’est la conclusion qu’a rendu le Tribunal Administratif de Melun le 27 novembre 2017 sur plainte d’un conseiller municipal d’opposition de Lagny-sur-Marne. Voir la pièce jointe ci-dessous :

TA Melun -271117.pdf

 

Et en Aveyron ?

Les pages Facebook de certaines collectivités aveyronnaises peuvent être effectivement considérées comme des bulletins d’information générale. On voit régulièrement sur la page Facebook de la Ville de Rodez, des photos et des vidéos de son maire ou de son équipe, tout comme sur celle de Millau, documents qui retracent en fait la vie des majorités municipales de ces communes. A signaler tout de même que Villefranche-de-Rouergue ne semble pas avoir de page Facebook.

 

Et à Decazeville ?

La page Facebook de la Ville de Decazeville bat tous les records en la matière. Sur 27 notes de la page Facebook de la Ville de Decazeville entre le 29 mai et le 4 juillet 2018, le maire et son équipe sont régulièrement mis en scène. Le maire est en photo au moins sur 8 notes, en vidéo sur 2, et est cité au moins une dizaine de fois dans les différentes notes.

Il en est de même pour les actualités du site internet officiel de la Ville de Decazeville qui sont souvent des reprises des notes de la page Facebook et vice-versa. 

C’est donc après avoir fait cette constatation que les élus minoritaires ont adressé un courrier au maire de Decazeville pour demander un espace d’expression dans les médias numériques de la Ville.

La réponse est tombée fin juin : c’est non !

Dans se réponse, le maire s’étonne d’abord du soudain intérêt de la minorité pour ces médias.

Il y a malheureusement longtemps que la minorité se plaint du parti pris de la communication institutionnelle de la Ville sur les médias numériques officiels. J’y avais d’ailleurs consacré une note en février dernier.

Pour justifier ce refus, le maire évoque les « médias dont nous disposons ». Fichtre ! Et de citer pêle-mêle mon blog (qui existe depuis douze ans et qui a traversé trois mandats de maire !) et « Les Echos de la Découverte » que « nous alimentons y compris avec le contenu de certaines commissions municipales ».

Qu’il y a t-il de mal à signaler lors d'une discussion sur une page Facebook que nous avons relayé en commission des travaux les demandes de certains concitoyens pour la réhabilitation d’un chemin encombré par les herbes et les ronces ? C’est juste rendre compte de son travail de conseiller municipal. Ce qui me semble grave, c’est que cette demande en commission n’a jamais été suivie d’effet !

chemin de l'envol.jpg

Pourquoi le maire en veut-il à « Les Echos de la Découverte » qui reprend pourtant aussi les informations officielles de la mairie.

La page « Les Echos de la Découverte » est suivie par 3 696 personnes alors que la page officielle Facebook de la Ville de Decazeville n’est suivie que par 2 698 personnes.

Mais le succès de « Les Echos de la Découverte » réside justement dans les informations que cette page diffuse et en un réseau qui lui permet d’annoncer avant d’autres des faits importants. Cette page est donc reconnue pour être est plus réactive et objective que la page de la Ville de Decazeville qui est avant tout ressentie comme le site de promotion (ou de propagande) de la majorité.

On peut signaler que d'autres pages Facebook partagent très régulièrement les notes de la page officielle de la Ville de Decazeville. C’est tout à fait leur droit.

Dans son courrier, le maire rappelle que le site internet de la Ville avait été créé par les précédentes mandatures et que la minorité d’alors, devenue majorité aujourd’hui, n’y a jamais accédé.

La minorité d’alors l’a-t-elle demandée au moins ? Non bien sûr !

Mais il oublie de dire que la page Facebook de la Ville de Decazeville, la plus critiquable, a elle été crée par lui même et l’actuelle majorité.

Enfin, le maire termine son courrier en disant que cela ne serait pas possible le laisser techniquement la place à la minorité sur la page Facebook.

Je ne vois pas pourquoi ? Ce qui est possible pour un média écrit est également possible pour les médias numériques !

Il s’agit donc d’une preuve de mauvaise foi de plus du maire, doublée d’une volonté de poursuivre sa propagande sur les médias officiels de la Ville de Decazeville en essayant de museler la minorité.

 

Photos :  cliquez sur les photos pour les agrandir

1 - Capture d'écrans de la page Facebook de la Ville de Decazeville

2 - Capture d'écran de la page Facebook "Tu sais que tu es de Decazeville quand..."

16/07/2018

Nicolaï Vavilov, accusé de « bricoler avec des fleurs », magnifiquement réhabilité par Mario Del Curto

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Ch. Soubeyran - M. Del Curto - G. Brunet - B. Decron - J-M Cosson.jpgLe photographe suisse Mario Del Curto n’est pas inconnu en Aveyron. Il est venu maintes fois à Viviez dans le bassin industriel de Decazeville photographier l’artiste local Guy Brunet et ses œuvres pour illustrer un ouvrage écrit en collaboration de Charles Soubeyran et édité à l’occasion des expositions de l’artiste viviézois à Lausanne, Nantes et Rodez dont ils étaient aussi les commissaires de l’exposition. Mario Del Curto était d’ailleurs au vernissage de l’exposition ruthénoise au musée Denys-Puech à l ‘été 2017 (deuxième à partir de la gauche, à côté de Guy Brunet).

Dans son dernier ouvrage : Les graines du monde – L’Institut Vavilov, Mario Del Curto aborde un tout autre sujet qui visiblement le passionne autant. Et on le comprend. En effet, la vie et l’œuvre monumentale accomplie par le grand botaniste-explorateur Nicolaï Vavilov sont sans commune mesure. L’institut Vavilov à Saint-Pétersbourg qu’il a créé est la plus ancienne banque de graines du monde : 330 000 spécimens y sont répertoriés, conservés, régénérés (blé, orge, seigle, cassis, fraises, etc…) et une pièce conserve près de 380 000 feuilles d’herbiers. C’est donc un trésor inestimable que des sociétés privées tentent encore de s’approprier. Mais une autre menace pèse sur cet institut. Le manque permanent de moyens financiers empêche sa modernisation indispensable des infrastructures, des bâtiments aux équipements. Les revenus tellement bas des scientifiques ont du mal à attirer des successeurs. L’enjeu est donc très important car l’avenir alimentaire de la planète dépend de la conservation de la mémoire génétique des plantes.

blé-éthiopie.jpgAu delà des images montrant cet Institut, ses collections et ses scientifiques dévoués, Mario Del Curto nous amène à travers ses magnifiques photos à découvrir les différentes stations d’expérimentation dans toute l’ancienne URSS, notamment dans les paysages grandioses du Pamir au Tadjikistan ou à Altamy en Kazakhstan.

Nicolaï Vavilov a réalisé des explorations dans tous les continents, écrit de nombreux ouvrages scientifiques, organisé la mise en place d’un système agronomique efficace en Union Soviétique. Vavilov était né en 1887. Protégé par Lénine, il fut condamné à mort par Staline qui lui reprochait de « bricoler avec des fleurs, des feuilles, des greffes et autres non-sens botaniques au lieu d’aider l’agriculture, comme le fait l’académicien Lyssenko ». Il meurt de faim dans une prison de Saratov en 1943. Un immense gâchis et une immense perte pour la connaissance et la conservation de notre patrimoine alimentaire. Il fut réhabilité en tant qu’académicien en 1956.

vavilov-cover.jpgLe talent de photographe et d’écrivain de Mario del Curto nous aide à mieux connaître Vavilov, l’homme et son œuvre. Le témoignage de nombreux scientifiques dans cet ouvrage complète cette connaissance. Voilà un ouvrage qui tombe à pic pour nous rappeler que les ressources en eau et en produits végétaux pour l’alimentation seront les clés de la survie de l’humanité dans les prochaines décennies.

 

Les graines du monde – L’Institut Vavilov – Mario Del Curto – 2017 – 320 pages 22 X 30,5 – 45 € – Till Schaap Edition – Actes Sud

 

A lire : La fiche d’Actes Sud 

 

Photos : Cliquez sur les photos pour les agrandir

1 et 3 : photos tirées de l’ouvrage

2 : jlc, licence Créative Commons

4 : couverture de l'ouvrage : Actes Sud

27/06/2018

Decazeville - Une installation photovoltaïque déjà amortie

ombrière-photovoltaïque - cuisine centrale.jpg

Lors de la construction de la cuisine centrale de Decazeville en 2010, des capteurs solaires thermiques pour chauffer l’eau ainsi qu’une ombrière photovoltaïque avaient été installés à l’avant du bâtiment, côté sud.

L’installation photovoltaïque a rapporté 5 430 € en 2016 à la commune soit un peu plus du quart du coût de la consommation d’électricité de la cuisine centrale.

Cet équipement photovoltaïque avait coûté 51 000 € financé à 25% par l’ADEME et la Région, soit un reste à financer pour la commune de 38 250 €.

Avec une recette annuelle de 5400 € environ, le retour sur investissement a donc été de 7 ans. Cet équipement photovoltaïque installé en 2010 est donc amorti et les recettes futures seront tout bénéfice.

 

Vous comprenez que je sois en colère lorsque je vois que la communauté de communes a laissé la construction du parc photovoltaïque de La Découverte à une entreprise privée qui va s’engraisser sur notre dos alors que l’on aurait pu la réaliser ensemble, collectivités et citoyens du Bassin, à travers une SEM ou une SCIC, et que cette réalisation aurait été sûrement mieux réalisée au regard des coupes d’arbres et de son emprise sur les chemins notamment.

L'article de Centre-Presse du 16 octobre 2010 consacré à cette installation

La cuisine centrale tourne à présent à plein régime -161010.jpg

Photo du haut : jlc - Licence Creative Commons - Cliquez dessus pour agrandir

Inauguration du parc photovoltaïque citoyen de Brengues

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C’est samedi 30 juin qu’aura lieu l’inauguration du parc photovoltaïque citoyen de Brengues dans le Lot.

En tant que (petit) sociétaire de la SCIC SAS CéléWatt qui a porté ce projet, j’ai donc participé à cette aventure que j’ai suivi sur le site internet de CeleWatt, mais aussi en rencontrant plusieurs fois les porteurs de projet dans diverses manifestations dans le Lot.

brengues2.jpgJe ne pourrai malheureusement pas être à Brengues pour cette inauguration car je serai à ce moment là à une manifestation à Rodez contre l’installation des compteurs Linky.

Mais j’ai tenu à passer voir l’installation le week-end dernier sur les hauteurs de Brengues, sur le causse.

brengues3.jpgCette installation produit déjà ses premiers kWh qu’elle injecte dans le réseau. Cette production est vendue à Enercoop dont je suis client et aussi sociétaire. La boucle est bouclée.

Voilà un financement participatif auquel je suis fier d’avoir modestement participé.

 

Photos : jlc - Licence Creative Commons - Cliquez sur les photos pour les agrandir

Une voie verte magnifique pratiquement à l’abandon

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La toute nouvelle association « Cyclo-Motivés 12 » qui a pris la relais de « l’Association pour le Développement et la Sécurité des Cyclistes en Aveyron » organisait samedi dernier une randonnée cyclable pour tout public. Le site retenu pour effectuer cette randonnée était un tronçon de la voie verte Bertholène-Espalion compris entre Bozouls et Espalion, d’une longueur de 11 km environ. La fiche descriptive de cette voie verte est visible sur le site de l’AF3V Sud.

tunnel de biounac -entrée.jpgJ’avais déjà eu l’occasion de circuler sur le tronçon Bozouls-Espalion en 2015, notamment après l’installation de l’éclairage du tunnel de Biounac à partir de panneaux photovoltaïques. A cette époque, le revêtement de cette voie verte réalisée sur une ancienne emprise ferroviaire était dégradé.

Cela ne s’est malheureusement pas amélioré. Rouler avec un VTC n’est pas une partie de plaisir tant il faut une attention quasi permanente pour éviter les ornières, les cailloux, le sable, les flaques… Le revêtement de cette voie pas entretenue s’est fortement dégradé depuis 2015, peut-être à cause des orages de cet hiver. En tout cas, seuls les VTT peuvent y rouler pour l’instant.

Ce qui est tout de même dommage tant cette voie calme circulant sous des tunnels et sur des viaducs magnifiques, avec une déclivité légère et régulière et des paysages variés pourrait être un élément porteur du tourisme local.

randonnée.jpgMais elle pourrait également être un axe structurant pour les déplacements du quotidien pour les populations riveraines et au delà, entre la RN 88 à Bertholène et la RD 920 à Bozouls et ensuite vers Espalion.

Une attention particulière devrait être portée à l’aménagement paysager de cette véloroute. L’entreposage en limite de voie d’un tas de fumier dont les jus dégoulinent on ne sais où et qui dégage une odeur pour le moins dérangeante devrait être évité.

Les maires de Bozouls et d’Espalion ont bien essayé de nous assurer de leur intérêt pour cet axe cyclable, mais je n’ai pas senti une réelle volonté d’investir quelques moyens financiers dans des travaux indispensables afin d’améliorer à minima la qualité du revêtement et encore moins dans la nécessaire réalisation d’un revêtement en dur.

Et c’est vraiment dommage pour les déplacements quotidiens des cyclistes locaux, mais aussi pour l’économie touristique locale.

 

L'association Cyclo-Motivés 12 :

cyclo-motivés12-bulletin-adhésion.jpgLa jeune association Cyclo-motivés 12 a pour objet de promouvoir le vélo , dans toutes ses composantes (utilitaire, loisir, tourisme, sportif) comme un moyen de locomotion alternatif dans la chaîne de mobilité. Sa démarche :

  • Représenter les usagers auprès des décideurs pour tout ce qui concerne la circulation , la sécurité et le confort des cyclistes
  • Promouvoir le développement des voies cyclables sur le territoire
  • Se positionner en force de proposition auprès des décideurs

Pour les rejoindre, remplir le bulletin ci-contre et envoyez le avec votre chèque à l'adresse indiquée : adhésion 3 euros

Photos : cliquez sur les photos pour les agrandir

Toutes photos : jlc - Licence Creative Commons