Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

10/04/2019

A Decazeville, on démolie, on brade, on déplace, on pollue...

fontvernhes-école-web.jpg

Quelques extraits de mes interventions au conseil municipal d'hier soir avec quelques compléments.

La note pour le conseil municipal en cliquant ci-dessous :

0 Note du 9 avril 2019.pdf

 

Subventions aux associations :

Malheureusement, on s'aperçoit qu'en quelques années vous avez pour le moins découragé le tissus associatif de notre ville qui était pourtant dense et actif, alors qu'il aurait fallu au contraire l'accompagner et le soutenir y compris financièrement.

forum assos dkz.jpgLa suppression du Forum des Associations qui se déroulait tous les deux ans et qui était attendu par toutes les associations afin de montrer leurs activités et trouver de nouveaux adhérents, a été un coup fatal pour certaines d'entre-elles. D'autres sont parties dans les communes voisines et de toute façon, toutes ont des difficultés à garder leurs adhérents et à vivre.

 

J'ai réalisé une comparaison des subventions aux associations entre 2013, avant votre élection, et ce budget 2019.

Pour que cette comparaison soit possible, j'ai pris soin d'enlever pour 2013 toutes les associations ou structures passées sous la compétence de la communauté de communes (Programmation culturelle ACO, Mescladis, écoles de musique, OT, Bassin d'Envie) et les syndicats et 2KZ.

associations 2013-2019.jpg

Il y avait en 2013, 59 associations ou structures locales qui recevaient des subventions de fonctionnement ou exceptionnelles pour un montant de 82 946 €.

Elles ne sont plus que 39 associations ou structures locales en 2019 à recevoir des subventions municipales, en comptant les quatre subventions exceptionnelles, pour un montant de 56 697 €.

Il y a donc 20 associations en moins en 2019 par rapport à 2013 et vous réalisez ainsi une économie de 26 249 €.

 

Comme nous le dénonçons dèpuis le début de votre mandat, vous réalisez des économies sur le dos des activités associatives

Ces coupes budgétaires ont bien sûr des impacts au niveau des activités et animations de notre ville (sportives, culturelles, sociales, récréatives...), mais aussi elles ont des conséquences sociales et économiques, car les associations, c'est aussi de l'économie locale.

 

Subvention à Familles Rurales :

Familles Rurale est la structure qui s'occupe de l'animation jeunesse.

Je l'avais dit en commission, il y a pour moi un gros problème au niveau des 14/17 ans car sur 93 inscrits actuellement, 90% sont des internes du Lycée La Découverte, venant de partout (autres communes du Bassin et au delà), et seulement 10% sont des Decazevillois. Cela représente un coût important pour la commune.

 

Subvention à l'Aveyronnaise Classic

aveyronnaise classic3.jpg

Je m'élève donc une fois de plus contre la subvention à l'Aveyronnaise Classic, tant pour l'activité polluante qu'elle constitue, que pour sa contribution au dérèglement climatique et à la perte de biodiversité, pour l'image dégradante qu'elle donne de ce magnifique parc de La Découverte et pour la gène qu'elle occasionne aux habituels usagers de ce parc.

Il y a vraiment autre chose à faire de cet espace, mais il semble que vous l'avez totalement abandonné depuis cinq ans en communauté de communes alors qu'il y avait pourtant des projets intéressants et évolutifs a y développer.

Je voterai bien sûr contre cette subvention.

 

Vente de l'ancienne école de Fontvernhes :

fontvernhes-école2-web.jpg

Il avait été évoqué avant votre arrivée en 2014, la possibilité de réhabiliter ce bâtiment avec un terrain important autour (certes non constructible à cause du PPRM), proche du centre ville, d'un arrêt de bus, et limitrophe avec le parc Intercommunal, en centre de loisir d'été pour les enfants de Decazeville et éventuellement pour servir aux associations locales le reste de l'année. C'était un bon projet, utile pour les Decazevillois, qui s'intégrait de plus à l'aménagement du Parc intercommunal et du quartier de Fontvernhes.

Vous estimez le prix de vente de cet immeuble à 25 000 € alors que les services des Domaines l'ont estimé à 100 000 €. C'est inacceptable !

Cela fait plusieurs années que l'on vous demande de mettre des annonces de vente de bâtiments communaux claires dans la presse avec un prix minimum et les coordonnées de la mairie comme le font d'autres collectivités. Des transactions entre quatre yeux sont inadmissibles pour des biens publics.

Ce bâtiment a-t-il été proposé à ce prix aux Decazevillois ? Je ne pense pas.

Il n'y a pas eu de traitement équitable entre possibles acquéreurs dans cette transaction.

 

Sans aucune vision à long terme, vous avez décidé de brader le patrimoine de la commune pour quelques subsides. C'est honteux !

 

Vente d'une parcelle au Crédit Agricole :

musée géologique-web.jpg

Encore une fois, nous apprenons cette transaction importante cinq jours avant le conseil. Pas une seule fois il n'en a été fait mention en commission urbanisme par exemple !

Outre l'incertitude sur l'avenir du musée de géologie qu'a développé mon collègue Jean-Pierre Vaur, Je rappelle que le plafond de ce musée a connu de graves anomalies parce que l'investissement qui avait été prévu et budgétisé en 2014 pour supprimer les infiltrations d'eau n'a pas été réalisé

Cette installation du Crédit Agricole au fond de la place Decazes pose d'autres problèmes.

Alors que la réhabilitation de la rue Cayrade se termine, on favorise par cette vente de terrain, le déménagement d'une locomotive commerciale de cette rue. C'est impensable !

tour cabrol1-280918-web.jpgQue va alors devenir l'immeuble commun Crédit Agricole – mairie – communauté de communes ? Certes le Crédit Agricole reste toujours propriétaire et participera aux frais de copropriété. Mais vu l'enthousiasme des copropriétaires pour conserver et rénover ce bâtiment, il y a lieu à s'inquiéter. Déjà qu'il a été très mal entretenu ! Le Crédit Agricole a-t-il au moins trouvé un occupant pour reprendre ses locaux une fois parti ?

Va-t-on laisser mourir à petit feu ce bâtiment important du centre ville ou va-t-on enfin se décider à le rénover ?

Dans ce dossier, on peut réellement se demander pour qui travaille le maire de Decazeville depuis quelques mois : pour les Decazevillois ou pour le Crédit Agricole ?

 

18 - Destruction de logements au Sailhenc et à Trépalou :

trépalou-web.jpgLe texte de la note pour ce dossier ne m'a absolument pas convaincu

Beaucoup de formules ampoulées, de portes enfoncées, de non dits... pour en arriver à la décision de détruire 90 logements sociaux.

Alors que nous perdons une centaine d'habitants par an, nous nous payons le luxe de détruire 90 logements !

Pour les remplacer par quoi ? On ne sait pas.

Si au moins ça profitait au parc locatif privé ? Mais même pas.

On laisse partir les gens. Un point c'est tout.

sailhenc-web.jpgDepuis la construction de logements et maisons à l'Envol lancé en 2011 et terminé en 2015-2016, pas un seul logement social de construit à Decazeville.

Où en est le projet de construction de deux maisons T4 en location-accession prévu à grand renfort de publicité il y a maintenant trois ans ? On ne voit toujours rien venir.

Les rénovations d'immeubles sont aussi rares alors que le parc se dégrade.

Quand on regarde les appels d'offres dans la presse, on voit des rénovations de logements sociaux dans d'autres communes (Aveyron Habitat ou d'autres structures) : Capdenac, Onet, Rodez, Saint-Affrique... Pas à Decazeville.

grenoble-hlm-photovoltaïque.jpgJ'ai visité de nombreux immeubles sociaux des années cinquante ou soixante magnifiquement rénovés et qui répondent au confort et aux normes thermiques actuelles. Ici, on les démolie.

 

Encore quelques mois et le cauchemar finira.

Heureusement !

 

Photos : jlc - Licence Creative Commons

Cliquez sur les photos pour les agrandir

07/03/2019

Decazeville devient-elle réellement Déchet'ville ?

croix de broual 1.jpg

La crainte du journal aveyronnais « l’Empaillé » de voir Decazeville se transformer en « Déchet’ville » à cause notamment du projet Solena, projet de traitement et de stockage de déchets ménagers prévu à Viviez et Aubin, est bien réelle. Mais outre ce projet aberrant, de nombreuses autres « décharges » de tous types fleurissent sur ce territoire.

 

L'installation de stockage de déchets inertes de la route d'Agnac s'agrandit :

Il semble que les riverains estiment ne pas avoir été suffisamment informés lors de la consultation publique en juin et juillet dernier sur la demande d'enregistrement présentée par l'entreprise Rouquette TP en vue d'exploiter une installation de stockage de déchets inertes. Il aurait été effectivement souhaitable d'organiser une réunion publique lors de cette consultation et à minima, que le projet soit présenté et débattu en conseil municipal.

 

Des déchets de la SOPAVE sur les espaces verts et parcs communaux de la ville :

boues-web.jpg

Ayant visité à l'automne dernier la décharge municipale de déchets inertes de La Romiguière comme chaque élu peut le faire et comme je le fais régulièrement, j’ai constaté que plusieurs dizaines de tonnes de boues provenant de la SOPAVE (SRVPA) y avaient été déposées, Il me semble pourtant que cette décharge était destinée aux seuls déchets inertes provenant des activités municipales. Mais bon…

 

Ces boues de la SOPAVE résultent du lavage de bâches agricoles. Elles contiennent des particules de plastique visibles à l'œil nu, mais aussi vraisemblablement des micros et nanos particules de plastique et des produits solides et chimiques toxiques résultant des activités agricoles, mais aussi éventuellement du traitement de ces bâches plastique.

plastiques1-web.jpg

 

J’avais déjà eu l’occasion d’alerter sur les dangers de ces boues lors de leur utilisation à Fontvergnes ou au Sailhenc. Je rappelle qu’elles avaient été déposées auparavant à Livinhac et à Montbazens et qu’une levée de boucliers s’était fait entendre sur les deux communes avant que les dépôts cessent.

boues sopave fontvergnes -120615.jpg

 Ces boues épandues sur les espaces verts de la commune de Decazeville sont-elles sans danger pour les habitants, notamment les enfants jouant autour du skate-park du Sailhenc ou dans les divers parcs et espaces arborés ?

Ces boues sont certes certifiées conformes par la SOPAVE.

Mais je rappelle, qu‘avant de fermer définitivement, la SOPAVE avait fait l'objet d'une mise en demeure de la Préfecture en décembre 2017 pour des problèmes graves touchant l'environnement. Ce qui, me semble-t-il, relativise à minima l'assurance de la non toxicité de ces boues par la SOPAVE.

Leur transfert vers un lieu de stockage de déchets inertes ou industriels idoines me semble souhaitable et le plus tôt sera le mieux.

Ne plus utiliser de produits phytosanitaires pour les espaces verts de la commune, c'est très bien (c’est de toute façon maintenant obligé par les lois), mais utiliser des boues industrielles contenant à minima des particules de plastique pour les espaces publics de la ville me semble préjudiciable à une « nouvelle politique de gestion des espaces verts » comme se vantent les élus decazevillois. C'est vrai qu'on ne devient pas écolo du jour au lendemain, surtout lorsque ce n'est pas dans sa nature !

 

Une décharge de déchets « inertes » à l’entrée de la ville :

croix de broual 2.jpg

J’ai été alerté il y a quelques semaines de la présence d’une décharge de gravats et de déchets « inertes » à la Croix du Broual. Elle semble dédiée aux terres et déchets enlevés lors des travaux de la rue Cayrade. C’est la présence sur ce site de bordures de trottoirs peintes en jaune qui me font dire cela. Les déchets des rues Lassalle et Miramont ont sûrement été mis également sur ce site appartenant à Decazeville Communauté (parcelles 76, 77 et 380 du cadastre ci-dessous).

croix du broual - geoportail cadastre.jpg

Je rappelle que selon l’article. L. 541-2 du Code de l’environnement :

« Toute personne qui produit ou détient des déchets dans des conditions de nature à produire des effets nocifs sur le sol, la flore et la faune, à dégrader les sites ou les paysages, à polluer l'air ou les eaux, à engendrer des bruits et des odeurs et, d'une façon générale, à porter atteinte à la santé de l'homme et à l'environnement, est tenue d'en assurer ou d'en faire assurer l'élimination conformément aux dispositions du présent chapitre, dans des conditions propres à éviter lesdits effets.

L'élimination des déchets comporte les opérations de collecte, transport, stockage, tri et traitement nécessaires à la récupération des éléments et matériaux réutilisables ou de l'énergie, ainsi qu'au dépôt ou au rejet dans le milieu naturel de tous autres produits dans des conditions propres à éviter les nuisances mentionnées à l'alinéa précédent. »

 

Qu’est ce qu’un déchet inerte ?

Pour l’ADEME, Les déchets inertes sont principalement des déchets minéraux produits par l’activité de construction (BTP, industrie de fabrication de produits de construction) : béton, tuiles et briques, agrégats d’enrobés, déblais, vitrage, etc.

Certes dans le « etc » on peut mettre beaucoup de choses.

Du point de vue de la classification des déchets, les déchets inertes sont une sous-catégorie de déchets non dangereux.
Ils constituent
 plus de 90 % des déchets produits par les travaux publics et de l’ordre de 70 % de ceux produits par le bâtiment.

L’ADEME poursuit : ce type de déchet peut facilement être recyclé sous forme de matériaux, alternatifs aux granulats de carrières, pour une utilisation en technique routière. Ce type d’utilisation bénéficie notamment d’un encadrement technique et environnemental complet.
Il y a donc un enjeu fort de mobilisation de ce gisement vers le recyclage, dans une perspective de gestion durable des ressources et d’atteinte de l’objectif de 70 % de valorisation matière des déchets du BTP fixés par la directive-cadre 2008/98/CE sur les déchets, à l'horizon 2020.

Le recyclage n’a visiblement pas été étudié pour ces déchets qui gisent pêle-mêle dans cette igue de la Croix du Broual en vrac : terres, plaques de béton, tubes PVC, acier ou fonte (peut-être également plomb), croûtes d’enrobé…

 

Je me pose donc plusieurs questions :

Cette décharge de déchets inertes d’un volume conséquent (plusieurs centaines de m3) est-elle temporaire ou définitive ?

A-t-elle fait l’objet d’une déclaration ou d’une demande d'autorisation en préfecture ?

Ce dépôt a-t-il fait l’objet d’une convention entre la Ville et Decazeville Communauté, propriétaire des terrains ?

Peux-t-on mettre ces déchets directement dans une igue sans aménagement préalable (juste une petite digue au bas) et sans protection et signalisation réelle (clôture, panneaux d’avertissement…) ?

pprm-zonage réglementaire-croix de broual-dkz.jpg

A-t-on regardé les effets de ces dépôts au regard du PPRM ? Le site comprend pourtant des galeries de mine, un aléa gaz de mine, certes faible mais réel et l'ex Puits de la Croix du Broual proche ?

Cette zone est d'ailleurs référencée RC2q sur le zonage réglementaire du PPRM, c'est à dire qu'il y a « interdiction de toute implantation humaine. Les opérations acceptées sont liées au maintien des installations et activités existantes ». Il n'y avait sur cette zone aucune activité, donc il n'y a pas la possibilité d'y implanter une décharge de déchets inertes.

Il faudra expliquer aux personnes touchées par le PPRM qui ne peuvent plus faire de travaux sur leurs propriétés comment une collectivité peut tout de même entasser des centaines de tonnes de déchets « inertes » sur un site classé RC2q au PPRM et même en partie RF5q.

A-t-on regardé les effets de ces dépôts au regard du milieu naturel, du paysage et des riverains ?

Les collectivités ont un rôle d’exemplarité vis-à-vis de leurs concitoyens. Le bon exemple a t'il été montré en agissant ainsi ?

Les riverains ont-ils été consultés ?

Par ailleurs, ce dépôt de déchets inertes n’a jamais été évoqué en commission municipale « Travaux » ni même à celle « Urbanisme », encore moins en conseil municipal. Comme d’ailleurs l’accueil des déchets de la SOPAVE à Romiguière. Ça ne me semble pas normal.

Après avoir questionné M. Alonso, premier adjoint au maire de Decazeville, il semble que la mairie de Decazeville soit étrangère à ce dépôt. Ce qui ne veut pas dire qu'elle n'était pas au courant de cette opération pour des déchets émanant d'importants travaux de voirie sur sa commune et qu'elle a donc fermé les yeux.

J'ai soulevé ce problème lors de la commission « Environnement » de Decazeville Communauté le 26 février dernier. Une grande partie des élus ont été surpris par cette information et n'étaient visiblement pas au courant.

 

J'attends donc des explications cohérentes des collectivités locales concernées par ces dépôts de déchets et éventuellement des actions de correction et de réhabilitation :

  • arrêts des dépôts des boues de la SOPAVE sur les espaces publics de la commune de Decazeville, et si nécessaire, transfert des boues restantes vers un site autorisé,

  • enlèvement des déchets « inertes » déposés à la Croix du Broual et leur dépôt dans une décharge réglementaire.

  • Information préalable à tous les élus concernant tout projet traitant des déchets de toutes catégories en commissions municipales et intercommunales.

 

Addenda du 9 mars 2019 :

panoramique-web.jpg

Cette décharge de déchets "inertes" a fortement grossi cette semaine. Outre les camions d'une entreprise de travaux publics du Bassin qui possède pourtant une décharge privée de déchets inertes, j'ai aperçu hier un camion d'une entreprise de Baraqueville qui déchargeait ses déchets sur ce lieu. A-t-elle eu l'autorisation de Decazeville Communauté ? Cette décharge est-elle en train de devenir une décharge départementale ? Quel est le but de Decazeville Communauté ? Va-t-on nous ressortir le projet de déviation de la place Decazes alors que l'on vient de refaire la RD 221 dans les rues Lassalle et Miramont ? Quoi qu'il en soit, la méthode d'imposer cette décharge sans informations aux élus, notamment ceux de Decazeville, aux associations environnementales, notamment l'ADEBA et aux riverains est détestable !

Péchoultres-camion -web.jpg

Addenda du 20 mars 2019 : 

54385156_10214055717282056_7865406624578404352_o.jpg

Les services de l'Etat sont vraisemblablement intervenus pour faire cesser les dépôts de déchets divers mal triés issus de divers travaux de voiries de Decazeville. L'entreprise qui avait déposé ces déchets est en train de recouvrir cette décharge sauvage (car non déclarée) de terre végétale.
Mais il a fallu du temps pour que les collectivités locales réagissent ! J'ai averti la mairie de Decazeville le 10 février et Decazeville Communauté le 27 février sans que rien ne bouge. Ont-elles joué la montre et décidé d'attendre la fin des travaux de décaissement de la rue Cayrade pour agir ? Sûrement.
Voila en tout cas un bien mauvais exemple de gestion de déchets de chantiers donné par les collectivités locales et l'entreprise qui a déposé ces déchets, qui se double d'une atteinte à la réglementation sur les zones touchées par le PPRM (Plan de Prévention des Risques Miniers).
Comment réagiront maintenant les particuliers qui souhaiteront réaliser des travaux sur leurs terrains touchés par le PPRM et à qui on dira que cela n'est pas possible ? Ils se demanderont à juste titre comment les collectivités ont-elles pu entasser des centaines, voire des milliers de m3 de déchets divers mal triés issus de travaux de voirie sur une zone touchée par la PPRM et que eux ne pourront rien entreprendre chez eux ?

Il reste à surveiller à l'avenir qu'une nouvelle décharge sauvage ne voit pas le jour avec les autres chantiers prévus sur Decazeville et sur les autres communes de la communauté de communes

Photos : 

1 à 5 : jlc - Licence Creative Commons

6 : Géoportail

7 : Zonage réglementaire PPRM - Préfecture de l'Aveyron

8 à 10 :  : jlc - Licence Creative Commons

01/03/2019

DOB et travaux à la piscine au menu conseil municipal du 27 février dernier

Vous avez ci-dessous mes principales interventions lors de ce conseil municipal.

 

Relevé des décisions prises en délégation par le maire :

Tarif d'occupation du domaine public Ice Track Show :

parc jeux la découverte.jpg

Il s'agit de la société avec laquelle vous aviez signé une convention, que la minorité n'avait d'ailleurs pas voté, et qui n'a pas respectée. La convention de vente de la patinoire pour 1 euro symbolique et pour l'utilisation du domaine public avec cette société prévoyait une présence de cinq semaines par an pendant quatre ans avec priorité pour les vacances scolaires de Noël et de Nouvel An.

Le contrat n'ayant pas été respecté cette année, est-il prévu de faire faire payer les 3 000 euros prévus dans la convention en cas de désistement ?

Réponse de M. le Maire : Non.

 

Ce tarif de 100 euros pour l'occupation du domaine public est il forfaitaire pour la durée de l'installation ? C'est peu

 Réponse de M. le Maire : pour la durée de l'installation

Le terrain ou est installé ce parc de jeux est propriété de la communauté de communes. Une convention a-t-elle été signé entre la ville et Decazeville Communauté ?

Réponse de M. le Maire : une demande a été faite à Decazeville Communauté par courrier

Ne pourrait-on pas alors signer une convention avec Decazeville Communauté pour utiliser une partie de cet espace (celui qui est goudronné) pour donner quelques places de stationnement lors du marché du vendredi, pour remplacer les places de stationnement perdues sur le plateau supérieur avec l'installation de commerces et services ?

Réponse de M. le Maire : nous allons voir.

 

Débat d'orientation budgétaire :

 

Concernant la baisse de un point de la taxe foncière :

 

Le taux de la taxe foncière à Decazeville n'a pas augmenté depuis 2013 (depuis 2012 pour la taxe d'habitation).

Les bases de cette taxe augmentent certes, mais légèrement.

Pourquoi effectivement ne pas baisser de un point ce taux, voire plus ?

Mais alors, comment compenser la perte de recette ? Il faudra trouver d'autres solutions de recettes car il sera difficile de faire encore des économies sans que cela ne se répercute sur les services à rendre à la population.

 

Concernant les dépenses d'investissement :

rue cayrade - 201018travaux.jpg

Vous avez poursuivi à la suite des municipalités précédentes la rénovation du centre-ville. Les rénovations des rues Lassalle, Miramont et de la partie haute de la rue Cayrade font suite à celle de la partie basse de la rue Cayrade, de la place Wilson, de la rue Gambetta, de l'avenue Laromiguière.... et de bien d'autres rues ou espaces publics. Nous avons bénéficié pour cela d'aides importantes de partenaires financiers nationaux et locaux à travers divers programmes et actions, et c'est tant mieux.

 

Nous avons d'ailleurs toujours voté favorablement à ces aménagements bien que certains auraient mérité, à mon avis, de s'inscrire dans une vision future de l'urbanisme, de l'environnement et de la mobilité plutôt que d'être figés dans les vieux clichés du siècle dernier.

 

Concernant les bâtiments, si des efforts ont été réalisés sur les écoles, de nombreux bâtiments demandent à être rénovés. Je pense notamment à l'immeuble des Sociétés dont les salles du sous-sol sont pratiquement insalubres.

 

Concernant les économies à réaliser, je persiste à dire que les travaux de rénovation d'éclairage public pourraient être plus efficaces en supprimant un point d'éclairage sur deux ou trois, voire en n'éclairant plus certaines rues, du moins à certains horaires, comme de nombreuses municipalités le font de plus en plus.

 

Je note que, d'après vos prévisions, l'encours de la dette sur les recettes réelles de fonctionnement augmente, tout comme la durée de la capacité de désendettement.

J'ai bien peur que les comptes administratifs 2019 (ou un audit réalisé par la future municipalité) laissent apparaître une situation financière difficile pour vos successeurs, peut-être même plus difficile que vous l'avez trouvée en 2014.

 

Rénovation de la piscine municipale : financement participatif

 

Malgré l'apport financier à cet impôt volontaire d'entreprises et des conseillers municipaux de la majorité, la somme de 50 000 euros semble difficile à obtenir.

Le succès populaire que vous attendiez de ce financement n'est semble-t-il pas au rendez-vous.

Vous êtes obligé de rabaisser le plafond pour pouvoir bénéficier d'une partie de ces fonds.

Je trouve cela pas très correct et surtout je ne suis pas sûr que cela soit réellement possible. Je n'ai pas vu cette possibilité dans les conditions générales d'utilisation du site collecticity.fr. Il a juste la phrase : « si l’Objectif de collecte n’est pas atteint, les sommes prêtées par les Investisseurs leur sont restituées. Le Porteur de projet et les Investisseurs ne peuvent réclamer aucune indemnité. »

 

Je note par ailleurs que certaines entreprises participant à ce financement participatif sont également titulaires de marchés de travaux et de services de la commune. Je ne suis pas sûr que cela soit très sain.

Vous aviez fort justement décidé de supprimer la publicité sur le bulletin municipal pour éviter tout équivoque et je m'en étais réjoui. Malheureusement, la sollicitation des entreprises pour financer des équipements et outils de communication communaux est revenue et s'est même fortement développée dans l'édition de l'agenda de la ville, la fourniture d'un véhicule utilisé par les agents et élus et maintenant à travers cet impôt volontaire pour la piscine.

 

Rénovation de la piscine municipale : demande de subventions

piscine.jpg

C'est donc le quatrième plan de financement pour la rénovation de la piscine sur lequel nous délibérons depuis quelques mois. D'un projet planifié au départ à 670 000 euros, nous sommes passé aujourd'hui à un projet de 1 007 937 euros. Sauf que la plupart des subventions notifiées ou sollicitées sont à partir du plan de financement de 670 000 euros. L'apport de la commune risque donc d'être plus important que prévu du fait d'un manque d'anticipation. Tout le monde prévoyait la rénovation ou d'importants travaux à réaliser sur la piscine sur ce mandat. Non pas par manque d'entretien car cet équipement a bénéficié jusqu'à 2013 d'environ 55 000 euros d'investissement annuel, mais à cause de défauts dus à son âge (50 ans) et d'une conception d'origine qui n'est plus adaptée (fosse de plongée, profondeur...). Vous avez attendu plus de trois ans et demi avant de vous pencher sérieusement sur cet équipement. Et vous avez agi dans la précipitation et avec un manque évident de diagnostic sérieux.

Personnellement, je ne suis pas sûr que la cuve en inox soit la meilleure solution technique adaptée pour notre piscine. Par exemple, ce matériau est-il souhaitable sous une ligne à haute tension comme est disposée notre piscine (ligne RTE Godin-Rueyres – 225 KV) ?

Je note que les constructions neuves ou réhabilitation de piscines collectives sur un large périmètre à la ronde ces dernières années se font en matériaux traditionnels : carrelage, résine...

Encore aujourd'hui, La Dépêche publie un article sur la démolition et la rénovation complète de la piscine intercommunale du plateau de Montbazens (bassin de 25m X 10m, plages, vestiaires : démolition, gros œuvre, traitement de l'eau, étanchéité bassin, chauffage, plomberie, cloisons, menuiseries, carrelage, serrurerie, électricité, peintures, agencement) pour un montant de 537 782,17 euros.

 

Je note que le marché de MO des travaux de cette piscine a été de 23 850 euros (voir point 6 de cette note). J'ai bien peur que la facture finale de cette MO soit très nettement supérieure pour des travaux d'un montant de plus d'un million d'euros, et que, comme je l'avais demandé dans un précédent conseil municipal, une procédure adaptée avec publicité aurait du être établie pour un marché qui dépassera les 25 000 euros, peut-être même les 90 000 euros.

 

Avec la fermeture de la piscine l'an passé et l'ouverture tardive cette année, vous avez réalisé une économie d'environ 130 000 euros.

L'absence d'investissements depuis votre arrivée en 2014 a également permis de réaliser une économie de près de 220 000 euros par rapport aux années précédentes.

Finalement, financièrement, vous vous en sortez plutôt bien.

Mais les habitants de Decazeville auront été privé de cette piscine pratiquement une saison et demi à cause de votre imprévision et de vos atermoiements.

 

L'article de La Dépêche du Midi consacré à ce conseil municipal en cliquant ici

 

Photos : jlc – Licence Creative Commons

 

Addenda du 1 mars 2018 à 15h30 :

 

 La majorité municipale s'est empressé après le conseil municipal de mettre deux tableaux concernant l'évolution des taux des taxes locales.

Taux d'inflation.jpgCes tableaux présentés ainsi sans aucune comparaison, notamment avec l'inflation en France ces années là n'ont aucun sens, si ce n'est une volonté manifeste de nuire. Dès que l'inflation a baissé, la municipalité précédente (Reuilles) n'a pas augmenté le taux de la taxe d'habitation (2012) et de la taxe foncière (2013). De plus, les auteurs de ces tableaux se sont complètement trompés pour le taux de la taxe foncière en 2002. Le taux cette année là n'a pas augmenté de 11,58% comme indiqué honteusement, mais de 2%. La note ci-dessous concernant ce point lors du conseil municipal du 28 mars 2002 le prouve et de toute façon le calcul est facile à faire. Mais calomniez, il en restera toujours quelque chose !

Pour justifier également l'augmentation du taux des taxes locales, il faut savoir que le début des années 2000, c'est aussi la période où Decazeville à bénéficié d'aides conséquentes suite au CIADT du 18 mai 2000 (184 MF) pour réaliser d'importants travaux à condition que la commune et la communauté de communes mettent aussi fortement la main à la poche. Ce que les élus de cette époque ont heureusement fait en essayant de maintenir tout de même l'augmentation du taux des taxes au niveau de l'inflation. Souvenons nous que c'est lors de ces années qu'on été réalisés la grosse partie des travaux de dépollution de la zone du Centre, les zones du Combal, des Prades, des Tuileries, mais aussi les rues Gambetta, le bas de la rue Cayrade, l’avenue Laromiguière, la médiathèque, le plateau du Sailhenc avec le city-park et le skate park, la maison de santé, la rénovation de l'école Jean Macé et la construction de son gymnase, l’Ehpad Bellevue, le début des démolitions et des achats fonciers pour la percée urbaine, le cinéma La Strada, la Maison Commune Emploi Formation, la Maison petite enfance (La Capirole), la pépinière d’entreprises à Saint-Michel, l'aménagement du plateau supérieur (Bricorama, Sport 2000...), le centre de secours à Viviez, de nombreuses actions sur le bâti délabré et le renouvellement urbain à travers le PLH, de nombreux travaux et constructions dans le parc HLM municipal, la salle Yves-Roques, Le Laminoir, les transports collectifs avec le TUB, de nombreuses études dont celles qui ont accéléré le programme AMI...

Decazeville - taxes 2002.jpg

08/02/2019

Imposer des projets inutiles par la force

Capture-d’écran-2018-03-13-à-17.42.36-1.png


Le site de l’Amassada à Saint-Victor-et-Melvieu en Aveyron a fait l’objet d’une opération de la gendarmerie hier matin. Cette opération d’intimidation précède vraisemblablement l’expulsion manu-militari des occupants de cette zone. Quoi que l’on pense des raisons de la création de cette ZAD aveyronnaise, cette opération de gendarmerie et cette possible expulsion constituent des méthodes détestables. On ne peut que regretter le rouleau compresseur administratif et politique qui a conduit à un impasse et à la création de cette ZAD. Le transformateur de Saint-Victor, comme l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, comme le projet Europacity 
à Gonesse, comme le Center-Parc de Roybon, comme le grand contournement ouest à Strasbourg, l’usine Knauf à Illange… et comme les projets de Séché et de Solena à Viviez et Aubin font partie de petits et grands projets imposés qui suscitent des rejets des populations locales. Rejets qui proviennent souvent de leur inutilité car d’autres solutions moins dommageables pour l’environnement, le climat, le cadre de vie et la santé des populations locales sont possibles et surtout souhaitables.

« Pour le futur, il faudra aussi tirer les leçons de l’échec de Notre-Dame-des-Landes en termes de débat public, de procédures, de présentation et de discussion des alternatives »

Edouard Philippe, Premier Ministre. Extrait du discours prononcé lors de l’abandon du projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes - 17 janvier 2018.

C’était il y a un an. Que c'est-il passé depuis ? Rien ! C'est toujours le même Etat, les mêmes entreprises privées ou publiques, les mêmes élus départementaux et locaux qui avancent tête baissée contre leurs concitoyens, à Roybon, à Gonesse, à Bure, à Strasbourg, à Beynac... et en Aveyron à Saint-Victor et à Viviez et Aubin où on veut imposer un énorme centre de traitement et stockage de déchets à 300 mètres des premières habitations pour complaire à des industriels !

Pire même, le gouvernement est en train d’expérimenter la suppression des enquêtes publiques en Bretagne et en Hauts de France pour les remplacer par de simples « consultation par internet » ! On peut également parler de l’éviction d’un commissaire enquêteur parce qu’ils donnait trop d’avis défavorables (6 sur un total de 60 !).

Alors que le gouvernement organise un « grand débat » dont personnellement je n'attend pas grand chose, il est incapable d’assurer un minimum de vrais débats dépassionnés pour de projets nationaux et locaux, qui répondent vraiment aux souhaits des populations et à l’avenir de notre planète.

« Ce n’est pas au décideur d’éclairer le public, c’est au public d’éclairer le décideur » déclarait Chantal Jouanno, présidente de la Commission nationale de débat public dans une interview à Reporterre en septembre dernier.

Elle a tout à fait raison. Quand élus et décideurs vont-ils le comprendre ?

Photo : journal alternatif aveyronnais "L'empaillé"

19/12/2018

La grande distribution, principale gagnante de l'ouverture des commerces le dimanche

Géant - Ouvert les dimanches matin.JPG

Comme l’an passé, la majorité des élus du conseil municipal de Decazeville a malheureusement décidé le 13 décembre dernier de laisser la grande distribution ouvrir 12 dimanches dans l’année 2018.

En accordant cette dérogation aux établissements exerçant la même activité commerciale sur le territoire d’une commune, on contribue bien sûr à accroître un peu plus les inégalités entre petits commerces et grande distribution.

Les commerçants des centres villes (commerces de détail) qui le souhaitaient ont toujours eu la possibilité d’ouvrir le dimanche, s’ils ne font pas appel à des salariés. Malheureusement, avant même la loi dite « Macron » du 8 août 2016, il y avait déjà de nombreuses dérogations favorisant certains commerces, même trop à mon avis. Au fil des ans, on avait autorisé les jardineries, les magasins de meubles et les commerces alimentaires jusqu’à 13H,  sans distinction de surface de vente. Le supermarché Géant de Decazeville avait bien sûr décidé son ouverture les dimanches matin.

Les salariés de la grande distribution n’ont pas vraiment le choix de travailler ou de ne pas travailler le dimanche. Leurs salaires sont si bas et leurs emplois sont si précaires que beaucoup ne peuvent pas refuser sous peine même d’être licenciés. La plupart des organisations syndicales de salariés s’opposent d’ailleurs à ces ouvertures dominicales.

Laisser la grande distribution ouvrir 12 dimanches par an n’aura à terme aucun effet positif sur l’emploi local si ce n’est de supprimer encore plus d’emplois dans le petit commerce et de vider un peu plus notre centre ville de ses commerces.

Une enquête sur l’agglomération lilloise a montré que la grande distribution avait créé 1 274 emplois entre 2008 et 2016, pendant que 4 871 emplois avaient été perdus dans le commerce de détail, principalement en centres villes. Soit un rapport de 1 à 4. Quand la grande distribution créée un emploi, elle en supprime au moins trois dans le commerce de détail si l’on considère également la fuite vers le ecommerce.

C’est une situation que l’on retrouve partout en France.

Cette situation est même dénoncée par des parlementaires qui veulent interdire la construction de nouveaux centres commerciaux en périphérie des villes, mais malheureusement, les CDAC (Commission Départementale d’Aménagement Commercial) où siègent principalement des élus, continuent d’accorder des autorisations de création ou d’extension à la grande distribution

J’avais l’an passé dénoncé les extensions (Estréniol à Sébazac, Couquet à Capdenac-le-Haut) ou la création d’une nouvelle zone commerciale à Luc-Primaube (Malan), qui détruisent la vie de nos petites villes mais aussi celle des petits centres bourgs qui voient fermer leurs dernier commerces alimentaires.

Visiblement, le SCOT Centre-Ouest-Aveyron ne semble pas s’intéresser à ce problème. Il faut dire que les élus du ruthénois soutiennent ces projets d’extension ou de création.

La décision d’ouvrir les commerces douze dimanche par an est donc grave, surtout au moment où nous allons avoir un nouveau centre commercial qui devrait ouvrir ses portes dans les prochains mois à Decazeville.

C’est aussi une vision dogmatique, un choix de société. En laissant ouvrir encore plus la grande distribution, les élus soutiennent un peu plus cette société consumériste, gaspilleuse d’espace et de matière première, productrice de déchets, génératrice de gaz à effet de serre qui nous mène droit dans le mur… mais qui enrichit les magnats du secteur réfugiés, comme la famille Mulliez (Auchan) en Belgique.

Si nous voulons garder des centre villes vivants, il faut donc se battre en même temps contre la grande distribution, contre les GAFAM et la vente par internet.

Pour ma part, je pense que nous devons revenir aux cinq dimanches maximum d’ouverture par an, voire moins en négociant avec Géant pour qu’il n’ouvre pas le dimanche matin. Ce qui n’empêchera pas le petit commerce du centre-ville de Decazeville d’ouvrir comme je l’ai développé plus haut. J’ai donc voté, comme les années précédentes, contre cette délibération qui favorise un fois de plus la grande distribution, met encore plus de pressions sur les salariés du commerce et tue le petit commerce des centres villes.

Photo : jlc - Licence Creative Commons

14/12/2018

Decazeville : un équipement destiné aux piétons va disparaître

47681301_10213446886301662_6844804493901561856_n.jpg

Certes, ce passe-piétons ou arc-en-ville ne fonctionnait plus depuis longtemps. Mais sa transformation en passerelle piétonne était souhaitable pour relier en toute sécurité le nord de la ville à son centre-ville, séparés par la dangereuse RD 840 où circulent plus de 8 500 véhicules/jour, dont un millier de poids-lourds. Traverser cette voie dont la vitesse n'est pas réduite est extrêmement dangereux. La transformation de ce passe-piétons en passerelle piétonne, solution que j'avais déjà évoqué, n’aurait coûté que 100 000 euros. Qu’est-ce au regard d'une vie peut-être épargnée et des centaines de milliers d’euros investis pour les véhicules motorisés sur la commune et au delà ? Surtout qu'il aurait fallu retrancher de ces 100 000 euros le coût du démantèlement et que de plus, le Conseil départemental aurait pu participer financièrement pour la sécurisation de cette route départementale. Malheureusement, depuis dix ans, nous étions peu à défendre cette option.

A ce désintérêt pour les piétons, il faut rajouter le mépris de la municipalité pour les cyclistes en interdisant les doubles sens cyclables et en n'incluant pas des aménagements pour les cyclistes lors de la rénovation de voiries. A l'heure où on demande plus de moyens pour la mobilité de chacun, c'est une attaque en règle contre les modes actifs à laquelle nous assistons à Decazeville. La municipalité Marty semble scotché aux années Pompidou en matière de mobilité. Pourtant le taux de motorisation à Decazeville n'est que de 72,8%, le taux le plus bas du Bassin et presque de l'Aveyron (moyenne nationale : 84%, moyenne départementale : 88,3%, sur le Bassin : 89%).

Il parait néanmoins que Decazeville Communauté va s'engager le 20 décembre à promouvoir les mobilités actives dans son Prochain Plan Global de Déplacements - Schéma Modes Actifs. C'est bien parti !

#ToutPourLaBagnole #Decazeville

Photo : jlc - licence Creative Commons

Decazeville : mais où est passée la patinoire ?

patinoire-dkz-wilson-2017-2018.jpg

Nous avions pourtant prévenu le maire l’an passé lorsqu’il avait voulu céder la patinoire à une société privée. Ce contrat nous semblait pour le moins hasardeux. Nous avions d’ailleurs voté contre. Mais la majorité, ancrée dans ses dogmes libéraux et persuadée que le privé fera toujours mieux que la gestion publique d’un bien public, avait décidé de céder la patinoire municipale d’une valeur de 50 000 euros pour 1 euro symbolique ! Dans la contractualisation sous forme d’AOT (Autorisation d’Occupation Temporaire) du domaine public (voir délibération ci dessous en cliquant dessus) le nouveau propriétaire s’engageait à assurer la présence de cet équipement à Decazeville pour une durée de quatre ans et durant cinq semaines par an, avec priorité pour les vacances de Noël et du Nouvel An.

patinoire-delib-cm141217.jpg

Des contreparties étaient prévues en cas de désistement, mais elles n’étaient pas à la hauteur puisqu’elles étaient de 3 000 euros par an en cas de non respect de la convention, soit 9 000 euros pour les trois ans qui restent s’il ne revient pas. Pour un bien valant 50 000 euros, même s’il devait en fin de compte payer (ce qui n’est pas du tout sûr), le propriétaire ferait une belle plus value sur le dos des contribuables decazevillois. D’autant plus que ce propriétaire habitant Draguignan dans le Var, il est fort probable que la patinoire soit actuellement en service quelque part dans ce département ou ailleurs et lui procure des bénéfices supplémentaires.

Curieusement, la société Ice Track Show qui a signé la convention avec la mairie de Decazeville n'existe pas sur les annuaires des entreprises  fr.kompass.com et société.com

patinoire-dkz-laminoir-2009-2010.jpg

Rappelons que cette patinoire, installée en 2009 au Laminoir à l’initiative des commerçant de Decazeville, était gérée depuis 2010 par les services de la ville. Si elle a connu le succès à ses débuts de 2009 à 2014, son déménagement à l’arrière du Laminoir 2 par l’équipe municipale actuelle a considérable réduit l’attrait et la fréquentation de cet équipement. L’absence de signalétique n’a pas arrangé les choses. Comme si on avait voulu tuer cette animation, à moins que se ne soit de l’incompétence… ou les deux.

La patinoire municipale à patiné un peu à vide - 030116.jpg

La suite on la connaît, cession de cet équipement à un privé qui a fait faux bond cette année en gardant le bien municipal. Une animation de moins à Decazeville pour les fêtes de fin d’année qui touchera de plus les enfants des écoles qui devaient avoir droit à une entrée gratuite pour accéder à cette animation.

Visiblement, le « souffle nouveau » que devait impulser la nouvelle majorité sur notre ville en 2014 a des relents de fin de règne.

Photos (cliquez dessus pour les agrandir) :

1 et 3 : jlc : licence Creative Commons

2 : délibération conseil municipal de Decazeville du 14 décembre 2017

4 : Centre-Presse du 3 janvier 2016

10/11/2018

Retour sur la Tour Cabrol

decazeville,tour cabrol,patrimoine,ami

Une page Facebook dont on ne sait pas qui en sont les rédacteurs si ce n'est qu'ils sont "amoureux de Decazeville" (visiblement surtout du maire et de son équipe) traite de la démolition de la Tour Cabrol.

Elle fait tout d’abord allusion à la pétition de certains commerçants qui était pour le moins équivoque. Le texte donné à la signature dans certains commerces était très court « Pour la démolition de la Tour Cabrol pour conserver le Crédit Agricole en centre-ville ».  Lier la présence ou non du Crédit Agricole en centre-ville à la démolition de cette tour est pour le moins hasardeux. Si la Tour Cabrol n’est pas démolie, le Crédit Agricole restera toujours propriétaire de la majorité des surfaces de planchers de cette tour. A lui de choisir de rester ou de partir. Mais le Crédit Agricole aura toujours à sa charge les frais d’entretien de cet immeuble avec les autres copropriétaires. Il a donc tout intérêt à y rester… du moins pour l’instant. Et puis céder au chantage inadmissible du Crédit Agricole serait honteux.

Cette pétition se vante d’avoir obtenu 1 118 signatures dont 313 en ligne. Pour relativiser cette performance, je me permettrais juste de rappeler que la pétition contre le projet Solena à Viviez et Aubin en est à plus de 5 600 signatures (4 519 par internet et plus de 1 100 signatures papier), soit cinq fois plus, sans que les élus adorateurs de Solena (dont font partie M. Marty et M. Martinez) ne daignent écouter les porteurs de cette pétition. Ceux qui ne l'ont pas encore fait peuvent d'ailleurs encore apporter leur signature contre ce projet qui va achever le Bassin s'il se réalise.

L'opposition municipale monte au créneau.jpgDans une partie de cette note Facebook, la minorité municipale est maladroitement (ou volontairement) égratignée.

J’en profite donc pour préciser à nouveau que la minorité municipale demande seulement d’avoir des documents sérieux pour prendre une décision éclairée. Ni plus, ni moins. Voir le communiqué ci contre paru dans la presse en cliquant sur l'article.

La minorité n’a donc jamais demandé le classement de ce bâtiment aux monuments historiques.

J’ai seulement fait allusion en mon nom propre en conseil municipal à une possibilité de classement de cet immeuble afin d’obtenir des aides pour sa rénovation éventuelle.

Je n’ai d’ailleurs rien inventé puisque dans une note d’août 2014 remise en commission Culture-Patrimoine de la municipalité dirigée alors depuis quelques mois par M. Marty, l’Immeuble du Crédit Agricole était noté dans le patrimoine de la Ville à mettre éventuellement en valeur (inscription, classement, label… ?). Cet immeuble faisait partie d'un inventaire préparé notamment pour le classement de la ville dans le label "Ville et Pays d'Art et d'Histoire", démarche malheureusement tombée à l'eau. Il faisait partie de cet inventaire au même titre que de nombreux bâtiments ou œuvres d’art de la ville, comme certaines villas de la place du IV Septembre et de l’avenue Laromiguière ou des façades remarquables de certaines rues (Clémenceau, Cayrade, place Cabrol…).

decazeville,tour cabrol,patrimoine,ami


Pour ce qui est du programme AMI – Centre-Bourg dont parle le courrier des commerçants au président de Decazeville Communauté, le diagnostic évoquait plusieurs solutions pour cette tour. On ne peut donc évoquer le programme AMI pour justifier uniquement la démolition.

Le scénario I évoquait deux options :

Option 1 : une démolition totale, y compris la salle Yves-Roques et des aménagements urbains en lien avec la place Cabrol

Option 2 : démolition partielle, en conservant la salle Yves-Roques et des aménagements urbains en lien avec la place Cabrol

Le scénario II prévoyait une réhabilitation lourde :

Rénovation énergétique lourde par des porteurs de projet privés ou opérateurs habitat, exemple : produit multi-générationnel. La présence d’un ascenseur est intéressante.

Je pense que l’on peut également envisager une réhabilitation lourde par les copropriétaires actuels avec des aides importantes dans le cadre de la rénovation énergétique et de la conservation du patrimoine. La destination des espaces propriété des collectivités est ensuite à étudier : associations, salles de réunions pour remplacer ou compléter les salles de l'Immeuble des Sociétés, entreprises...

Ce bâtiment est inclus dans le périmètre du programme AMI Centre-bourg et des aides peuvent peut-être être attribuées dans ce cadre.

 

Il faut que la raison revienne dans ce dossier. Pour cela, il faut évacuer tous les intérêts particuliers que pourraient tirer certains de la démolition de cette tour et penser à l’intérêt général.

Il faut bien sûr que le Crédit Agricole reste en centre-ville, mais il faut occuper également les 800 m2 de plancher appartenant à la Ville et à Decazeville Communauté dans ce bâtiment. Comme le fait d’ailleurs déjà Decazeville Communauté avec l’association Hello Musique. Ce sont 100 élèves de cette école de musique et leurs parents qui fréquentent le centre ville grâce à la présence de cette association dans la Tour Cabrol. Attirer du monde dans cet immeuble attirera du monde en centre ville. Le Crédit Agricole seul n’attire que sa clientèle. A-t-on les moyens de se priver de 800 m2 de plancher dans le centre-ville de Decazeville ?

 

Le Belvédère.jpgDans les années 1970, certains voulaient à tout prix démolir l’Hôtel Le Belvédère à Cerbère qu’ils traitaient de « verrue »Ce bâtiment a été le premier construit en béton en France au début des années 1930. Il est rapidement tombé en désuétude à cause de la fermeture de la frontière avec l’Espagne en 1936, avant de dépérir. Heureusement, il n’a pas été démoli et il est en train d'être restauré. Il fait la fierté des habitants de Cerbère et l’on vient de loin pour admirer ses qualités architecturales.

Comparaison n’est certes pas raison, mais ceux qui traitent de « verrue » la Tour Cabrol feraient bien de s’intéresser un tant soit peu à l’architecture et à l’histoire du patrimoine de notre ville et au delà. 

Le Corbusier et la question du brutalisme - Ed Parenthèses.jpgCette tour construite de 1972 à 1975, est de style architectural « brutaliste », mouvement initié par Le Corbusier dont plusieurs réalisations sont maintenant classées aux monuments historiques en France et dans le monde. Ce style se caractérise par l’absence d’ornements et le recours aux matériaux « bruts », notamment le béton brut, d’où son nom. Ce bâtiment est l’œuvre de l’architecte aveyronnais François Coudrain.

Cette tour date donc seulement de 1975… comme ma maison. Je vous assure que je n’ai pas l’intention de la démolir (ma maison). J’essaie tant bien que mal de l’entretenir et d’y apporter des améliorations, notamment thermiques. C’est peut-être ce que devraient également faire les copropriétaires de cette tour. On ne va pas démolir tous les bâtiments qui ont plus de 43 ans à Decazeville tout de même ! Ou il ne va pas en rester beaucoup !

 

Il faut donc mener une étude sérieuse pour la rénovation de cette tour qui prenne en compte réellement l’aspect architectural, patrimonial, énergétique, sanitaire et pratique de ce bâtiment. Pas une étude de rénovation qui serve seulement à justifier sa démolition. Son inscription à minima au label Patrimoine du XXème siècle aiderait peut-être à obtenir des subventions pour réaliser les études et les travaux nécessaires à sa rénovation, si cela est souhaité.

S’il n’y a pas d’autre solution sérieuse et économiquement réalisable que la démolition, et bien il faudra la démolir. Et si démolition il devait y avoir, que le Crédit Agricole assure tout seul la démolition puisqu’il en est le demandeur.

Mais laissons une chance à la restauration de ce bâtiment, qui possède tout de même une ossature en béton banché et armé et des planchers solides et qu’on le veuille ou non, des qualités esthétiques indéniables.

L'immeuble commun, Crédit Agricole - Mairie - Revue municipale 1977.jpg

Photos : cliquez sur les photos pour les agrandir

Photos 1, 3 et 4 : jlc, licence Creative Commons

Photo 2 : Centre-Presse

Photo 5 : Le Corbusier et la question du brutalisme - Ed Parenthèses

Photo 6 : L'immeuble commun, Crédit Agricole - Mairie - Revue municipale 1977 – Ville de decazeville

09/11/2018

Il faut sauver le soldat Marty

decaze'vie.jpgAprès "My Decazeville", après le groupe "Les Decazevillois", que penser de cette nouvelle page Facebook "Decaze'vie dans l'action" lancée à grands coups de sponsoring payant ? Qui paye d'ailleurs ? La ville ? Les comptes de campagne ?

Cette page se veut être celle « des amoureux de Decazeville ». Autant dire de suite qu'il y a tromperie sur la marchandise. Lorsque l’on voit le sens des notes de cette page, on comprend de suite que ce n’est pas tant de Decazeville que les rédacteurs sont amoureux, mais plutôt de son maire. C’est donc avant tout la page du fan club de l’équipe Marty, équipe qui semble déjà en campagne pour les élections municipales.

Promotion de l'impôt volontaire pour financer les travaux de la piscine municipale, soutien indéfectible au Crédit Agricole (dont le maire a longtemps été administrateur de la caisse locale) et à la démolition de la Tour Cabrol, haine féroce contre Decazeville Communauté, critiques contre la minorité municipale… nous sommes dans une pensée unique qui a pour seul but de glorifier une équipe et son leader et surtout pas de défendre la ville qui en aurait pourtant bien besoin. Visiblement, la page Facebook officielle de la Ville (My Decazeville) que s’est honteusement accaparé la majorité municipale ne suffit plus.

07/11/2018

Le visuel de la Ville de Decazeville a changé... peut-être pas en mieux

logo dkz.jpegIl semble que la Ville de Decazeville ait décidé de mettre son ancien logo visuel au placard. Certes, ce logo de la Ville apparu pour la première fois sur le bulletin municipal de 1991 commençait à dater. Le rectangle déclinait des figures géométriques allant du noir sombre sur la gauche vers des tons plus clairs à droite peut-être pour symboliser la sortie du tunnel de la Ville après les fermetures d’usines de 1987.  Est-ce une flèche tout à fait à droite pour encore mieux marquer cette renaissance ou un D stylisé pour Decazeville ? L’écriture du texte est en majuscule avec une police de caractère classique très lisible. « Aveyron » est rajouté à « Mairie de Decazeville » pour mieux situer la commune et mettre également le département en valeur.

Avec près de trente ans d’existence, on peut bien sûr comprendre une certaine envie de remplacer ce visuel.

Decazeville - Nouveau logo.jpgMais qu’ont voulu transmettre les élus en charge de la communication de la Ville avec ce nouveau visuel ?

Pourquoi d’abord avoir recours au blason de la commune :

Rappelons d’abord ce que signifie ce blason.

« De gueules à deux hauts fourneaux d’or, accouplés, les récupérateurs au centre, leur tuyauterie de sinople, accompagnés en pointe d’une foi d'argent parée d'or, au chef d’argent chargé de trois lampes anciennes de mineur de sable allumées de gueules. »

C’est donc le passé historique métallurgique et minier de la commune qu’ont voulu mettre en valeur les stratèges en communication municipaux. Le retour d’un blason sur les documents municipaux sonne aussi très vieille France. Pas sûr que cela parle aux Decazevillois plus jeunes.

Que penser également de la police d’écriture de « Decazeville » sur ce nouveau visuel ?

En général, les polices de caractères imitant l’écriture manuelle soulignent certes des valeurs humaines et créatives, mais elles sont très difficiles à déchiffrer. Des caractères fins, fragiles, en spirales sont souvent difficiles à reproduire dans des petites dimensions et seront sûrement invisibles pour les lecteurs. C'est également une police imitant l'écriture manuelle assez désuète qui renvoie à l'écriture réalisée par les plumes "Sergent-Major" de notre enfance. Pas sûr là aussi que les plus jeunes s'en souviennent et pas sûr non plus que cela montre une ville et un territoire tournés vers l'avenir et vers la modernité.

On note aussi la disparition de l'indication du département. Peut-être nos stratèges communaux pensent que le nom de la ville se suffit à lui même et que le rajout de "Aveyron" porte peut-être préjudice à la renommée de la ville ?

A changer la communication visuelle de la commune, peut-être aurait-il mieux valu consulter des professionnels pour proposer ensuite plusieurs modèles aux votes des élus et pourquoi pas des habitants.

Malheureusement, c’est trop tard car ce nouveau visuel est déjà sur tous les véhicules et sur les supports numériques de la Ville... et sûrement pour quelques temps. Dommage.

Photos : Mairie de Decazeville

30/10/2018

Non, je n'irai pas manifester contre la hausse du coût des carburants

villefranche-gare.jpg

Oui, il faut bien admettre que les coûts de carburants pour les automobilistes augmentent fortement depuis quelques temps. C’est certes dû aux taxes mais aussi à l’augmentation du baril.

Mais il ne faut pas oublier que les coûts des carburants ne représentent selon l’Automobile Club que 10% à 15%, selon que l’on roule à l’essence ou au diesel, des coûts de revient globaux de notre véhicule, pour une voiture achetée neuve. Car il faut aussi compter avec l’achat du véhicule (neuf ou occasion), son assurance, son entretien, les péages, le stationnement…

Le secteur des transports est responsable de près du tiers des rejets de CO2 en France dont plus de la moitié est imputable aux voitures.

Il serait donc raisonnable, tant pour diminuer nos rejets de CO2 que pour réaliser des économies conséquentes, de modérer l’usage de notre automobile, pour ceux qui en ont une bien sûr, car il y a beaucoup de monde en France qui n’a pas d’automobile.

Mais il faut bien avouer que nous ne sommes pas très raisonnables, car nous sommes toujours prompts à prendre notre voiture pour faire des trajets très courts. Ces trajets pourraient se réaliser à vélo et même à pied pour peu que nous puissions le faire en toute sécurité.

mobilité,rail,toulouse,carburants,voiture,ter,gares,viviez-decazeville

Mais pour les trajets plus longs, comment faire ?

J’en ai fait l’expérience récemment.

J’ai du me rendre samedi à Toulouse pour assister à une cérémonie de mariage. J’ai donc choisi comme la plupart du temps de le faire par le rail au lieu de prendre mon véhicule personnel roulant pourtant à l’essence.

Il faut avouer que ce n’est pas simple de prendre le train de Decazeville à Toulouse. Il faut d’abord prendre un car régional de Decazeville à Villefranche-de-Rouergue, puis prendre un TER de Villefranche-de-Rouergue à Toulouse-Matabiau et l’inverse pour le retour.

Départ donc à 9h47 de Viviez-Decazeville pour une arrivée à Toulouse-Matabiau à 12h21. Pour le retour, départ de Toulouse à 17h04 et arrivée à Viviez à 19h34. Durant mon court séjour à Toulouse, j’ai tout de même eu le temps de déjeuner, d’assister à Salle des Illustres au Capitole à la cérémonie de mariage et de me promener dans Toulouse une paire d’heures.

Les temps de trajets en train et en voiture sont à peu près équivalents. Mais le train vous dépose en centre-ville tandis que les temps en voiture n’incluent pas les bouchons à l’entrée et la sortie de Toulouse, les bouchons à l’intérieur de Toulouse et le temps pour trouver une place de stationnement.

viviez-toulouse-voiture.PNGLe coût du trajet en voiture est estimé à environ 30€ l’aller (ViaMichelin), soit 60€ l’aller-retour, comprenant les coûts de carburant et de péages, hors coûts extérieurs (achat, entretien, assurance, stationnement… du véhicule).

ter-viviezdkz-tlse-271018.jpg

Sur ces horaires de week-end, le coût en car et en train est intéressant : 21,50€ l’aller-retour (voir image des billets de TER). En partant à 10h44 de Villefranche, j’ai bénéficié d’un billet EvasiO’ à 1€.

Carte_Pastel.pngJ’ai bien sûr également une carte LibertiO’ (24€/an) qui me permet d’avoir des avantages sur le retour Toulouse-Villefranche. Il est à noter qu’on ne peut pas bénéficier totalement de ces tarifs si l’on prend un billet unique Viviez-Decazeville – Toulouse-Matabiau. Il vous en coûtera 28,80€ l’aller retour au lieu de 21,50€. Ce que je trouve incompréhensible ! J’ai donc été obligé de scinder mes achats de billets pour obtenir les meilleurs tarifs.

L’amplitude des horaires d’ouverture de la gare de Viviez-Decazeville ayant été réduite (fermeture à 15h30 le vendredi !), il ne m’a pas été possible de prendre mes billets à cette gare à mon grand regret. J’ai donc été obligé de prendre mes billets sur internet : https://www.ter.sncf.com/occitanie. C’est certes facile, mais je me mets à la place des personnes qui n’utilisent pas internet, notamment les personnes âgées ; comment vont-elles faire ?

vignette-crit'air-masquée.jpgConcernant le bilan des rejets de CO2, il aurait été de 45,87 Kg avec ma Modus essence de 2011 (0,139Kg/Km X 165 X 2) et il a été de 9,88 Kg en train aller-retour.

 

Tableau comparaison train:voiture Viviez-Dkz-Toulouse.jpg

Il n’y a donc pas photo ; le temps de trajet est identique en train et en voiture (hors bouchons), le coût de ce voyage en transports collectifs est financièrement intéressant et son impact sur le climat et la qualité de l’air est très nettement meilleur. Quand au risque d’accident, il est quasiment nul en train.

Les avantages du train s’amoindrissent si l’on fait le trajet à plusieurs personnes, mais ils restent toujours meilleurs en train avec trois à quatre personnes.

Alors comment expliquer que beaucoup plus de monde choisisse tout de même la voiture ? Par confort ? Par tranquillité ? Par le fait de ne pas être contraint par des horaires ? Par habitude ?

Sur le trajet de Viviez à Villefranche, nous n’étions que deux à l’aller dans le bus (moi-même et une personne montée à Lanuéjouls qui se rendait à Lyon en train en passant par Toulouse) et j’étais tout seul au retour. Je suis persuadé que de nombreuses personnes du Bassin et au delà sont allées à Toulouse (où aux arrêts intermédiaires) ce samedi là.

 

Que faudrait-il alors pour que nous choisissions plus souvent les transports collectifs et les modes actifs (vélo et marche à pied) pour les courts trajets ?

Que les transports collectifs soient beaucoup plus nombreux, un peu plus confortables et moins chers pour certains trajets.

Que l’on développe beaucoup plus la mobilité partagée, covoiturage privé (BlaBlaCar…) ou organisé type RézoPouce ou Plans de Déplacement Entreprises, l’autopartage entre particuliers ou organisé par des collectivités (type Citiz)…

Que les élus donnent sa juste place sur l’espace public aux autres modes de mobilité que la voiture afin que les vélos et les piétons puissent circuler et déambuler en toute sécurité.

Si les élus faisaient tout cela, nous ferions des énormes économies dans les dépenses de carburants y compris à la campagne et pour ceux qui sont obligés de travailler à quarante kilomètres de leur domicile. Nous pourrions même nous passer d’avoir une automobile individuelle ou à minima une deuxième automobile dans un foyer et nous ferions alors des énormes économies. Et quels bienfaits pour la qualité de l’air que nous respirons et pour le climat !

 Dans ces conditions, je serais d’ailleurs le premier à abandonner ma voiture. Abandonner sa voiture ne veut pas dire cesser de conduire. Avec l’argent économisé, ont peut louer de temps en temps un véhicule en autopartage ou en location par exemple. Mais on a pas la charge financière d’un véhicule en permanence, y compris pour les 95% du temps où il ne roule pas.

C'est à tout cela que les taxes prélevées sur la vente des carburants doivent servir, pas pour donner des primes à l'achat de voiture électriques à des gens qui ont déjà deux ou trois voitures ou construire des autoroutes.

Alors oui, en tant que petit retraité, je suis moi aussi excédé par toutes les augmentations de dépenses obligatoires que nous subissons de ce gouvernement de brutes épaisses et de lobbyistes qui refuse de plus d’assumer sa responsabilité. Car oui, globalement, les petits avantages comme la baisse relative de la taxe d’habitation ne compensent pas et de loin les fortes augmentations des dépenses obligatoires que nous subissons.

Mais ne comptez pas sur moi pour aller manifester avec l’extrême droite ou les « bonnets rouges » locaux contre la hausse des carburants le 17 novembre. Même si d’autres revendications se sont depuis greffées à l’ordre du jour de cette manifestation, elle respire encore trop l’extrême droite et la fachosphère.

marche pour le climat3.jpg

Il y a des motifs beaucoup plus importants de manifester que la hausse du gazole et je ne manque d’ailleurs pas l’occasion de le faire, que ce soit pour défendre les retraites, les salaires, contre le chômage organisé, pour demander d’agir rapidement contre le réchauffement climatique ou contre l’horrible projet Solena à Viviez et Aubin qui va finir par achever le Bassin.

Par contre le 17 novembre, j’enfourcherai mon vélo pour demander avant tout plus de transports collectifs moins chers et plus d’aménagement cyclables et piétonniers.

Et je participerai le 24 novembre à la journée sans achat, mais ce sera presque un jour habituel pour moi. Ce qui ne m’empêchera pas de passer comme tous les samedi chez mes petits commerçants alimentaires locaux.

Et le 8 décembre, je participerai à une nouvelle marche pour le climat.

 

Addendum du 17 novembre 2018 :

Le texte ci-dessous du sociologue Erwan Lecœur résume très bien le fond de la ma pensée et mes inquiétudes pour l'avenir :

Erwan Lecoeur

8 h

On est bien peu de choses... tout s'accélère. Il y a encore quelques années, je ne pensais pas voir de mon vivant une telle confusion des esprits s'affaisser devant le spectacle triste des colères pétrolifères et des petites frustrations recuites de la middle class automobile. Il semble qu'une certaine idée de la politique et de l'intérêt général prend un sérieux coup dans l'aile, ces jours-ci. A force de ne plus savoir où elle habite, la gauche-qui-parle-pour-les-pauvres a peut-être perdu le sens des valeurs, en tentant l'aventure de l'opportunisme populiste. Mais à ce jeu de "plus populo que moi", depuis 40 ans, c'est Le Pen qui gagne à la fin. Lui qui fut très proche de Poujade peut voir aujourd'hui les médias lui promettre un hommage par les 3/4 du pays. En jaune, couleur des briseurs d'espoir. Devant une telle victoire "culturelle" d'une caricature aux allures du beauf de Cabu, la famille Le Pen pourra remercier tous les thuriféraires du "bon peuple" qui n'ont plus comme boussole qu'un fil FB et quelques Tweets rageurs. Fonce, automobiliste en colère, l'abîme est proche et plus rien ne s'oppose à ton hubris délirant. Les calculs absurdes du macronisme déclinant et les pincettes avec lesquelles les bien-pensants ont légitimé ta révolte de sale gosse ont permis ta victoire dans les rues et les réseaux sociaux. Après avoir expliqué comment tu te sens frustré, moqué, ignoré, tu pourras devenir la sève d'une force ardente qui se lève, brune et odorante, comme un litre de gasoil. Et on verra beaucoup de "Rhinocéros" au volant d'un SUV...

Erwan Lecœur est un spécialiste de l'extrême droite et du populisme. Il sait de quoi il parle.

Hier soir, en séance plénière du Conseil Régional d'Occitanie, les élus du Rassemblement National, après avoir enfilé des gilets jaunes, ont demandé à ce que le Conseil régional renonce au demi centime d'euro par litre de carburant que la région reçoit pour la TICPE (Taxe Intérieure de Consommation de Produits Energétiques). Cette taxe régionale presque insignifiante pour chacun d'entre-nous rapporte 60 millions d'euros que la Région met dans le pot des 782 millions d'euros consacrés au transports dans les transports scolaires. Devant les grossièretés et les insultes des conseillers régionaux RN, la présidente à été obligée de demander une fin de séance anticipée. Tout simplement honteux que des représentants du peuple se comportent de telle manière.

mobilité,rail,toulouse,carburants,voiture,ter,gares,viviez-decazeville

Photos : cliquez sur les photos pour les agrandir :

1, 5, 6 et 7 : jlc, licence Creative Commons

2 : application ViaMichelin

3 : billets TER

4 : Carte Pastel : Région Occitanie

8 : page Facebook de Véronique Vinet, conseillère régionale

30/09/2018

Tour Cabrol, PADD, désengagement de l’Etat…, un conseil municipal marathon

viviez vu ed gabriac.jpg
Je ne vais bien sûr pas faire un compte rendu intégral de ce conseil municipal marathon qui a duré presque quatre heures. Je vais juste développer quelques points importants où je suis parfois intervenu.
 

Un PADD où on ne veut pas la participation des habitants :

Pourquoi d'ailleurs avoir un débat sur le PADD (Programme d'Aménagement et de Développement Durable) lors de ce conseil municipal alors qu’il a déjà été voté en conseil communautaire ? C’est dire si l’avis des conseillers municipaux semble important pour la communauté de communes qui pilote ce PLUi. C'est avant de le voter en conseil communautaire que ce débat aurait du avoir lieu.

D'ailleurs, pour ceux qui ne sont pas dans le premier cercle (et ils étaient parfois peu nombreux), l’élaboration de ce PLUi (Plan Local d'Urbanisme Intercommunal) avance à marche forcée. Pourquoi ?

Quant à la participation de la population demandée pour ce genre de de document prescripteur en matière d'urbanisme et au respect de son avis, on attend toujours !

Lors de la réunion publique du 25 avril à Firmi sur le PADD, il avait été promis à l’assistance un compte-rendu qui serait visible sur le site de la communauté de communes où toutes les prises de paroles auraient été rapportées. Je n’en ai pas trouvé.

A considérer l’article de presse relatant cette réunion ou le document qui nous a été remis pour ce conseil municipal comme un compte-rendu de cette réunion, les diverses interventions émises le 25 avril ne sont pas notées et surtout ne sont pas prises en compte.

Vous ne prévoyez pas, me semble-t-il, de consultation du public pour la troisième phase, celle du zonage. C’est bien sûr regrettable, d’autant plus que vous savez très qu’il est très difficile de modifier quoi que se soit au moment de l’enquête publique.  Je pense donc qu’il serait souhaitable de mettre les documents de zonage à la disposition du public dans les mairies et d’organiser éventuellement une réunion publique, pourquoi pas à Viviez d'ailleurs.

SOLENA, un projet pratiquement à l’opposé de tous les axes de ce PADD :

Les principales remarques présentées le 25 avril à Firmi, tout comme à la réunion publique sur le diagnostic du 13 février à Livinhac, consistaient à démontrer l’incompatibilité du PADD avec le projet Solena ou l’inverse, l’incompatibilité du projet Solena avec le PADD, ce qui revient au même.

Le tour de passe-passe consistant à modifier d’urgence les PLU de Viviez et d’Aubin afin de pouvoir entrer éventuellement ces modifications d’office dans le PLUi, serait honteux. Vouloir transformer 120 ha de zone Nx en zone Ux alors que l’on demande justement aux collectivités de ne pas toucher aux zones naturelles et agricoles serait incompréhensible. D’autant plus que M. le maire de Viviez avait promis en 2009 de ne pas y toucher.

Si l’on regarde en détail ce PADD, on s’aperçoit que le projet Solena va à l’encontre de pratiquement tous ses axes :

  • Relever le défi démographique et affirmer le rôle structurant des centres : pensez-vous réellement que ce projet va attirer de nouveaux habitants ? Il va plutôt faire fuir des habitants actuels sans en attirer de nouveaux, notamment à Viviez mais aussi dans les communes urbaines.
  • Prendre en compte le facteur risque : pensez-vous qu’installer une usine du secteur des déchets, classé troisième secteur accidentogène en France, à 300 mètres des premières maisons de Viviez-Bourg et à 200 mètres d’une usine classée Seveso ne va pas aggraver l’exposition de la population aux risques ? Sans parler des odeurs, des bruits, des poussières, des camions, de la pollution de l’air déjà importante à Viviez comme le relevait ATMO-Oramip avant que l’on supprime les stations de mesure de la qualité de l’Air. J’avais d’ailleurs signalé dans un mail à la communauté de communes ce problème lors du diagnostic de l’Etat Initial de l’Environnement du PLUi. Aucun document de ce PLUi n'en fait état ! Comme j’avais signalé les conséquences néfastes pour la santé des riverains des envols de poussières toxiques du crassier de Dunet, malheureusement toujours non confiné. Je rappelle que le conseil municipal de Decazeville du 16 juillet 2008 (mais aussi celui de Viviez) avait émis à juste titre de fortes réserves concernant ce crassier lors de l’enquête publique sur la « dépollution » des terrains d’Umicore. Depuis, rien n'a bougé. Pas un mot d’ailleurs dans ce PADD sur les risques sanitaires clairement identifiés sur ce territoire.
  • Quand au risque climatique, il n’en est nullement question dans ce PADD. C’est pourtant le risque le plus important auquel nous sommes confrontés actuellement. « Le monde a deux ans pour agir contre le changement climatique, sinon il affrontera des conséquences désastreuses ». Cette phrase n’est pas d’un dangereux écologiste, mais d’Antonio Guterres, secrétaire général à l’ONU, prononcée la semaine passée. Pas vingt ans, ni dix, deux ans seulement pour agir. Visiblement, ce PADD s’en moque complètement.
  • Changer l’image du territoire :Pensez-vous sincèrement que le projet Solena va contribuer à changer l’image de notre territoire ? Bien sûr que non ! Il va l’enfoncer un peu plus dans une image de territoire pollué et invivable.
  • Poursuivre la reconversion des sites industriels participant au rayonnement du territoire (on a visiblement pas peur du ridicule avec des grandes envolées) : Pensez-vous sincèrement que cette industrie des déchets pratiquement en centre-ville et à proximité d’un axe routier fréquenté va participer au rayonnement du territoire ? Bien sûr que non ! Elle va contribuer à éloigner des créateurs d’activités intéressantes et réellement créatrices d’emplois.
  • Pensez vous aussi que ce projet va contribuer au développement des activités touristiques comme le préconise le PADD ? Bien sûr que non ! En arrivant à Viviez, les touristes ne penseront qu’à une chose : fuir ce secteur !
  • Préserver les réservoirs de biodiversité et les corridors écologiques, valoriser les paysages locaux : Pensez-vous que le projet Solena va contribuer à ce rôle ? Bien au contraire ! On assiste depuis quelques années à un retour de la faune et la flore sur les secteurs de Dunet, de l’Igue du Mas et de Cérons avec des espèces remarquables. Une partie de l’Igue du Mas est d’ailleurs classée en ZNIEFF et un corridor écologique y passe au sud. L’installation d’une décharge va à l’encontre de la biodiversité de ce secteur et de ce corridor écologique ?
  • Inscrire la reconversion industrielle dans la transition énergétique : Pensez-vous que Solena est la bonne solution pour répondre à ce domaine ? Bien sûr que non ! Il serait préférable d’installer par exemple à Dunet et même à Cérons une centrale photovoltaïque qui serait de plus facilement raccordable au poste de Godin. 

Comme vous le voyez, le projet Solena va pratiquement à l’opposé de tous axes défendus par ce PADD qui est pourtant loin d’être audacieux.

Solena, c’est de plus un projet du siècle dernier pour traiter les déchets qui ne servira qu’à engraisser une entreprise privée sur le dos des contribuables aveyronnais.

Quand allez vous stopper ce projet néfaste pour notre territoire ?

Je dois signaler que la population est très en colère contre ce projet, et ce n’est malheureusement pas le seul motif de mécontentement sur le Bassin. Il ne faudra pas s’étonner si elle démontre plus bruyamment cette colère, comme il ne faudra pas s’étonner des réactions des associations contre toutes les enquêtes publiques et les décisions qui se préparent, que ce soit pour les modifications de PLU, l’annexion d’un chemin de l’Igue du Mas ou du projet SOLENA en lui même. Vu le déroulement peu démocratique de l’élaboration de ce PLUi, il ne faudra pas non plus s’étonner de le voir attaqué au Tribunal Administratif si la communauté de communes s’entêtait à ne pas vouloir tenir compte de l’avis de la population.

Il ne s’agit bien sûr pas d’une « déclaration de guerre » comme j’ai pu l’entendre dire récemment. Si « guerre » il y a, elle a été déclaré par certains élus départementaux, communaux et communautaires qui complotent depuis des années avec les industriels pour pouvoir installer ce projet à Viviez et Aubin, au mépris de la population.

 

police municipale -kangoo-pm.jpg

Convention de coordination police municipale et force de sécurité de l’Etat

A travers cette convention et d’une autre délibération contenue dans un point suivant de l’ordre du jour de ce conseil municipal (voisin délateur), on s’aperçoit malheureusement du désengagement réel et continu de l’Etat dans le domaine de la sécurité publique. Faute de personnel de force de sécurité suffisant qu’il se refuse d’augmenter, l’Etat rejette aux communes et aux citoyens des fonctions et des rôles qui ne sont ne sont pas les leurs et qui posent de plus des problèmes éthiques.

Concernant cette convention, une phrase me gène dans l’article 4. « En cas de constatation de crime et délit flagrant, tels que définis dans l’article 53 du code de la procédure pénale, punis d’une peine d’emprisonnement, les agents de la police municipale interpellent l’auteur,rendent compte à l’officier de police judiciaire de permanence du commissariat de police et se conforment aux instructions. »

Ça ne me semble pas normal que la police municipale puisse interpeller les auteurs de crimes. Pour moi, c’est le rôle de la police nationale, uniquement. Que la police municipale ait un rôle de prévention et d’information dans ce domaine en faisant de l’ilotage dans les rues de la ville pour assurer notamment ses missions de surveillance de la circulation, du stationnement, de la propreté, de la salubrité et de la tranquillité publique, bien sûr.

Qu’elle travaille de concert avec la police nationale, bien sûr.

Mais elle ne peut pas appréhender des auteurs de crimes graves. Les agents municipaux se mettent en danger. La police municipale doit se limiter aux contraventions, éventuellement aux délits mineurs.

On sait très bien où l’on veut nous mener. Après le déploiement de caméras de surveillance aussi onéreuses en investissement et fonctionnement qu'elles sont inutiles, l’étape suivante, c’est l’armement de la police municipale, et j’y suis opposé car armer les agents municipaux, c’est les mettre en danger.

Ce qu’il faut au contraire, c’est augmenter fortement les forces de sécurité de l’Etat sur le terrain, pas que dans les grandes agglomérations, pour pouvoir assurer la tranquillité qu’est en droit d’attendre chaque citoyen de notre pays où qu’il se trouve. Si on ne fait pas cela rapidement, on ment à la population et on continuera à faire le lit de l’extrême droite.

Christian Teyssèdre - Il faut plus de policiers nationaux à Rodez.jpg

Pour défendre la sécurité de chacun, je m’abstiendrai donc contre cette convention qui pénalise de plus financièrement les communes en leur donnant des rôles supplémentaires sans leur donner réellement les moyens de les assurer.

 Je ne suis pas le seul à demander plus de policiers nationaux. Le maire de Rodez fait de même dans Centre-Presse du 2 octobre 2018. Il a sûrement plus de chance que moi d'être entendu puisque le ministre de l'Intérieur vient à Rodez jeudi pour assister aux obsèques de Daniel Filoé, directeur général adjoint à la mairie de Rodez en charge de la sécurité assassiné en pleine rue.

Participation au label « ville active et sportive »

1187570343.2.jpgConcernant la promotion des activités physiques accessibles au plus grand nombre, vous n’êtes malheureusement pas les mieux placés

Je vais d’ailleurs en profiter pour répondre en même temps au point 21 de ce conseil municipal qui traite des rues Lassale et Miramont. Cela fera gagner du temps. 

Vous faites partie des collectivités en France les moins favorables aux cyclistes, qui pratiquent pourtant une activité physique, de plus bonne pour la santé.

En 4 ans, vous n’avez rien fait pour le vélo à Decazeville. Pire, vous interdisez sans raison valable des aménagements qui rendraient service aux cyclistes dans leurs déplacements quotidiens sans pénaliser les autres modes de mobilité. Le Plan Vélo annoncé par le Gouvernement la semaine passée renforce encore plus les dispositions pour faciliter la circulation des cyclistes en ville. Ce plan Vélo comporte d’ailleurs un volet pour développer l’activité physique pour la santé en lien avec les ministères des Sports et celui des Solidarités et de la Santé.

Mais de plus, vous réalisez des aménagements de voirie défavorables aux cyclistes, qui sont en contradiction avec la loi LAURE

C’est le cas pour les travaux des rues Lassale et Miramont où une bande cyclable était prévue dans le sens de la montée dans le Schéma modes Doux réalisé par la communauté de communes Decazeville-Aubin en 2010 (J’avais déjà évoqué ce problème dans une note précédente). Vu la largeur de ces rues, le bureau d’étude de l’époque avait jugé que c’était facilement réalisable, surtout quand on voit maintenant à certains endroits la largeur des trottoirs où il ne passe que peu de monde. Et ne me dites pas que c’est le département qui vous a imposé cet aménagement car c’est le maire qui est responsable de la voirie et de son règlement en agglomération.

Il y a donc chez vous une volonté délibérée de pénaliser les cyclistes dans leurs déplacements quotidiens sur la ville et donc de ne pas favoriser pleinement l’activité physique à Decazeville.

Je soupçonne que ce label est plutôt destiné à favoriser l’obtention de quelques subventions pour des équipements. Mais avec la politique cyclable que vous appliquez, cela risque d’être difficile.

 

Lutte contre la délinquance – Dispositif de participation citoyenne

decazeville,decazeville-aubin,tourcabrol,ruecayradeVoilà donc le deuxième volet du désengagement de l’Etat dans le volet sécurité.

Comme l’Etat ne veut plus embaucher de nouvelles forces de sécurité, il favorise l’installation de caméra de surveillance dont l’entretien et l’exploitation est à la charge des communes et veut faire maintenant travailler gratuitement les citoyens dans un dispositif qu’on appelle pompeuse « participation citoyenne ».

Cette pratique de « voisin vigilant » est particulièrement détestable et rappelle des pratiques honteuses de notre histoire. On devrait plutôt l’appeler « voisin délateur ».

C’est la mise en place d’un système organisé de délation destiné à instrumentaliser le sentiment d’insécurité de nos contemporains

Ce n’est pas le rôle de chaque individu de se substituer, sans formation ni travail de réflexion et déontologique, aux forces de l’ordre.

Je souscris aux déclarations de la LDH sur ce sujet : « Garantir la sécurité des personnes et des biens est une mission de l’État et confier ce rôle aux citoyens n’est qu’une supercherie destinée à dissimuler ses carences et son désengagement dans son rôle régalien de sécurité publique.

Les forces de l’ordre républicaines et une Justice avec des moyens enfin amplifiés sont la seule réponse à l’insécurité ; des « milices citoyennes » ne peuvent se substituer à une police de proximité et à un travail de prévention et de suivi efficace ».

 

BUDGET VILLE - DM 3

« La décision de lancer la rénovation de la piscine municipale nécessite un maître d’œuvre. Des études complémentaires sont également nécessaires. Le montant prévu est de 40 000 €. »

Les travaux de la piscine municipale se montent d’après le point 16 de ce conseil municipal à 700 000 €. On peut estimer la maîtrise d’œuvre pour ce genre de travaux entre 10 et 13% du montant des travaux soit entre 70 000 € et 91 000 € s’il n’y a pas de dépassement de budget. En out cas, loin des 40 000 € proposés dans cette DM.

Concernant l’application des règles de publicité, y-a-t-il eu un avis d’appel à la concurrence pour le choix de ce maitre d’œuvre dans un journal habilité à  recevoir des annonces légales ou au BOAMP ?

C’est obligatoire pour un marché d’un montant estimé supérieur à 90 000 euros et même fortement recommandé pour les marchés inférieurs.

Il m’a été fait la réponse que non, il n’y a pas eu d’avis d’appel à la concurrence.

Nous verrons par la suite si cette décision n’engendre pas de contestation.

 

piscine.jpg

Piscine municipale :

Lors du dernier conseil municipal (que nous avons approuvé en début de cette séance), j’avais posé cette question : Quand allez-nous nous présenter un plan de financement sincère et réaliste afin de pouvoir réaliser les travaux avant la réouverture de la piscine en 2019 ? A la lecture de ce nouveau plan de financement, le troisième, ce n’est malheureusement pas encore pour cette fois ci.

Plan financement -250918.jpg

J’ai bien compris que ce plan de financement est présenté pour solliciter la subvention DETR, mais il doit être réaliste et sincère.

Et il y a à minima un problème pour la subvention de la Région. La somme de 230 000 € n’est pas possible selon les critères de la Région.

Depuis 2015, les critères relatifs aux financements de la Région pour les équipements sportifs étaient très clairs. Les bénéficiaires devaient être des « EPCI* à fiscalité propre », c’est à dire la communauté de communes pour notre territoire. Mais il était également précisé que « dans l’hypothèse d’une maîtrise d’ouvrage communale pour des raisons dûment justifiées, l’aide de la Région est conditionnée à l’apport d’un fonds de concours communautaire au moins équivalent à l’aide de la Région ».

Dans votre plan de financement, l’aide la Région est de 230 000 € et celle de Decazeville Communauté de 20 000 €. Soit 11 fois moins. Ce n’est donc pas possible.

D’autres critères de la Région ne sont d’ailleurs pas plus respectés. Il faut que l’aide de la Région n’excède pas la part d’autofinancement du projet. Ce qui n’est aussi pas le cas puisque l'aide de la Région est très supérieure à la part d'autofinancement (230 000 € de la Région pour 149 000 € d'autofinancement).

Je sais qu’il y a parfois des négociations pour ces aides, mais elles se font à la marge, pas pour décupler l’aide.

Je pense d’ailleurs que vous avez déjà une petite idée de la subvention régionale pour ce projet. Et on est loin de 230 000 € portés sur ce plan de financement, mais tout de même au dessus des critères.

Concernant le financement du CNDS, le fait d’être maintenant en ZRR (Zone de Revitalisation Rurale) garantit un peu plus cette participation puisque le CNDS a décidé pour 2018 de cibler ses aides vers les territoires ruraux en difficulté, notamment ceux inscrits dans les ZRR. Cette aide peut même atteindre maintenant 20 % du montant subventionnable tout en restant cumulable avec d’autres aides comme celles accordées au titre de la dotation d’équipement des territoires ruraux (DETR). C’est le moment de faire agir vos connaissances dans les structures nationales de la natation.

Je note que la part d’autofinancement dans ce projet est minime (149 000 €), surtout si l’on tient compte des économies que vous avez réalisé cette année en n’ouvrant pas la piscine (le coût de fonctionnement annuel se situe entre 80 000 € et 100 000 €).

Il est donc hors de question que je vote cette fois ci ce plan de financement qui n’est absolument pas réaliste et sincère. Il serait peut-être temps de présenter un plan de financement concret si nous voulons la réouverture de la piscine pour 2019.

 

cabrol-pano-3-web.jpg

Démolir la Tour Cabrol ? :

C’est un dossier complètement à charge qui a été présenté mardi soir en conseil municipal concernant la Tour Cabrol. A l’issue de la lecture d’une courte fiche et des explications du maire, il était difficile de voter contre la démolition de cette tour. Ce point n’était de plus pas inscrit à l’ordre du jour et a été rajouté le soir même. La minorité du conseil municipal n’avait pas eu accès à la présentation du projet du Crédit Agricole alors que la majorité le connaissait bien puisque la demande du Crédit Agricole date du 6 juin. Ce point a été de plus présenté au bout d’un conseil municipal marathon de presque 4 heures.

Tout cela est bien sûr inacceptable ! Les conseillers municipaux ont été abusés. On ne peut pas décider de l’avenir d’un tel bâtiment et des conséquences financières de cette décision en un quart d’heure, sans éléments complets, et à la fin d’un interminable conseil municipal.

Il est donc souhaitable que cette délibération soit annulée par le prochain conseil municipal, le plus tôt possible.

Si la majorité souhaite le remettre à l’ordre du jour, il est indispensable de fournir aux conseillers municipaux dans les temps impartis un dossier complet comportant à minima un descriptif historique et technique de l’immeuble, un bilan complet des coûts de fonctionnement des dernières années et de son entretien, des devis précis pour la rénovation de cet immeuble (qui sont soi-disant « exorbitants »), et des devis détaillés pour la déconstruction de cet immeuble. Tous ces éléments permettront aux conseillers municipaux de pourvoir choisir en toute connaissance de cause l’avenir de ce bâtiment important du patrimoine historique et du paysage de notre ville.

Cette tour construite de 1972 à 1975, est de style architectural « brutaliste », mouvement initié par Le Corbusier dont plusieurs réalisations sont maintenant classées aux monuments historiques en France et dans le monde.

Nous ne pouvons bien sûr pas tout conserver, mais il me semble que nous avons assez démoli de bâtiments emblématiques de notre ville. On ne peut pas demander le label « Villes et Pays d’Art et d’Histoire » et continuer en même temps de saccager notre patrimoine historique restant.

Je dois rajouter que le projet prévu par le Crédit Agricole pour s'accaparer seul cet espace, est une catastrophe, tant d'un point de vue architectural que d'intégration dans le paysage urbain de la place Cabrol et la rue Cayrade.

Ne dramatisons tout de même pas. Mardi soir ce n’était qu’une décision de principe qui était demandée aux élus. Si cette décision n’était pas annulée, la suite logique serait le vote d’un budget pour cette démolition. Et là, ce sera une autre histoire. En espérant simplement qu’on leur donnera toutes les données pour faire ce choix… pas comme mardi dernier.

Photos : cliquez sur les photos pour les agrandir

-1, 2, 4, 5, 6 et 8 : jlc : licence Creative Commons

- 3 : Centre-Presse

- 7 : Plan de financement - Ville de Decazeville

 

27/07/2018

Les cyclistes une fois de plus « oubliés » à Decazeville

Lassale-Montagne4-web.jpg

Les travaux de voirie des rues Lassale et Miramont sur la RD 221 sont en cours de réalisation.

A l’examen de la pose des bordures de trottoirs, il semblerait que rien ne soit prévu pour la circulation des cyclistes dans cette rue en forte pente afin d’éviter qu’ils gênent la circulation dans le sens de la montée ou qu’ils soient percutés par l’arrière par des véhicules motorisés.

Le profil et la largeur de ces rues permettaient pourtant de réaliser une bande cyclable dans le sens de la montée sans toucher au stationnement, en gardant des trottoirs suffisamment larges et en sécurisant les sorties des rues de la Montagne, de l’Egalité, Emma Calvé et route de Vialarels.

rue lassale modes actifs.jpg

C’était d’ailleurs une préconisation du Schéma Modes Doux adopté par la Communauté de Communes du Bassin Decazeville-Aubin le 22 juin 2010, préconisation que j’ai maintes fois répété lors de commissions urbanisme ou travaux, en conseil municipal, ou sur ce blog.

De plus, l’article L228-2 du Code de l’environnement précise : « A l’occasion des réalisations ou des rénovations des voies urbaines, à l’exception des autoroutes et voies rapides, doivent être mis au point des itinéraires cyclables pourvus d’aménagements sous forme de pistes, marquages au sol ou couloirs indépendants, en fonction des besoins et contraintes de la circulation. L’aménagement de ces itinéraires cyclables doit tenir compte des orientations du plan de déplacements urbains, lorsqu’il existe. »

Des aménagements cyclables auraient donc du être prévus dans la rénovation de ces deux rues.

J’ai bien sûr alerté l’association aveyronnaise Cyclo-Motivés 12 qui a pris le relais de l’Association pour la Défense et la Sécurité des Cyclistes en Aveyron.

La politique de découragement de l’usage du vélo se poursuit à Decazeville. C’est surement ça le « souffle nouveau » que voulait la majorité municipale. Le souffle des années Pompidou : tout pour la bagnole. Ils ont seulement quarante ans de retard !

ademe117-cover.jpgPendant que l'ADEME, dans le dossier du dernier numéro de son magazine sur l'adaptation au réchauffement climatique, met en avant les déplacements cyclables, Decazeville s'entête à interdire les cyclistes de ses rues.

 

Photos (cliquez sur les photos pour les agrandir) :

1 - jlc - Licence Creative Commons

2 - Schéma Modes Doux - Communauté de Communes du Bassin Decazeville-Aubin

3 - ADEME - Le Mag 117

17/07/2018

A Decazeville, la minorité (pour l’instant) bannie des médias numériques de la Ville

page-mydecazeville.jpg

Les pages Facebook officielles d’une commune doivent se borner à délivrer des informations pratiques aux habitants de la commune, à rapporter des événements en cours ou à annoncer des manifestations à venir. En sont normalement exclus des documents écrits, photographiques et vidéos retraçant, en temps réel, l’action de la majorité municipale, ou alors, il faut en déduire qu’elle doit être regardée comme un bulletin d’information générale. En cela, comme pour le bulletin d’information municipal papier, une place doit être laissé aux élus minoritaires sur cette page (CGCT : article L. 2121-27-1).

C’est la conclusion qu’a rendu le Tribunal Administratif de Melun le 27 novembre 2017 sur plainte d’un conseiller municipal d’opposition de Lagny-sur-Marne. Voir la pièce jointe ci-dessous :

TA Melun -271117.pdf

 

Et en Aveyron ?

Les pages Facebook de certaines collectivités aveyronnaises peuvent être effectivement considérées comme des bulletins d’information générale. On voit régulièrement sur la page Facebook de la Ville de Rodez, des photos et des vidéos de son maire ou de son équipe, tout comme sur celle de Millau, documents qui retracent en fait la vie des majorités municipales de ces communes. A signaler tout de même que Villefranche-de-Rouergue ne semble pas avoir de page Facebook.

 

Et à Decazeville ?

La page Facebook de la Ville de Decazeville bat tous les records en la matière. Sur 27 notes de la page Facebook de la Ville de Decazeville entre le 29 mai et le 4 juillet 2018, le maire et son équipe sont régulièrement mis en scène. Le maire est en photo au moins sur 8 notes, en vidéo sur 2, et est cité au moins une dizaine de fois dans les différentes notes.

Il en est de même pour les actualités du site internet officiel de la Ville de Decazeville qui sont souvent des reprises des notes de la page Facebook et vice-versa. 

C’est donc après avoir fait cette constatation que les élus minoritaires ont adressé un courrier au maire de Decazeville pour demander un espace d’expression dans les médias numériques de la Ville.

La réponse est tombée fin juin : c’est non !

Dans se réponse, le maire s’étonne d’abord du soudain intérêt de la minorité pour ces médias.

Il y a malheureusement longtemps que la minorité se plaint du parti pris de la communication institutionnelle de la Ville sur les médias numériques officiels. J’y avais d’ailleurs consacré une note en février dernier.

Pour justifier ce refus, le maire évoque les « médias dont nous disposons ». Fichtre ! Et de citer pêle-mêle mon blog (qui existe depuis douze ans et qui a traversé trois mandats de maire !) et « Les Echos de la Découverte » que « nous alimentons y compris avec le contenu de certaines commissions municipales ».

Qu’il y a t-il de mal à signaler lors d'une discussion sur une page Facebook que nous avons relayé en commission des travaux les demandes de certains concitoyens pour la réhabilitation d’un chemin encombré par les herbes et les ronces ? C’est juste rendre compte de son travail de conseiller municipal. Ce qui me semble grave, c’est que cette demande en commission n’a jamais été suivie d’effet !

chemin de l'envol.jpg

Pourquoi le maire en veut-il à « Les Echos de la Découverte » qui reprend pourtant aussi les informations officielles de la mairie.

La page « Les Echos de la Découverte » est suivie par 3 696 personnes alors que la page officielle Facebook de la Ville de Decazeville n’est suivie que par 2 698 personnes.

Mais le succès de « Les Echos de la Découverte » réside justement dans les informations que cette page diffuse et en un réseau qui lui permet d’annoncer avant d’autres des faits importants. Cette page est donc reconnue pour être est plus réactive et objective que la page de la Ville de Decazeville qui est avant tout ressentie comme le site de promotion (ou de propagande) de la majorité.

On peut signaler que d'autres pages Facebook partagent très régulièrement les notes de la page officielle de la Ville de Decazeville. C’est tout à fait leur droit.

Dans son courrier, le maire rappelle que le site internet de la Ville avait été créé par les précédentes mandatures et que la minorité d’alors, devenue majorité aujourd’hui, n’y a jamais accédé.

La minorité d’alors l’a-t-elle demandée au moins ? Non bien sûr !

Mais il oublie de dire que la page Facebook de la Ville de Decazeville, la plus critiquable, a elle été crée par lui même et l’actuelle majorité.

Enfin, le maire termine son courrier en disant que cela ne serait pas possible le laisser techniquement la place à la minorité sur la page Facebook.

Je ne vois pas pourquoi ? Ce qui est possible pour un média écrit est également possible pour les médias numériques !

Il s’agit donc d’une preuve de mauvaise foi de plus du maire, doublée d’une volonté de poursuivre sa propagande sur les médias officiels de la Ville de Decazeville en essayant de museler la minorité.

 

Photos :  cliquez sur les photos pour les agrandir

1 - Capture d'écrans de la page Facebook de la Ville de Decazeville

2 - Capture d'écran de la page Facebook "Tu sais que tu es de Decazeville quand..."

27/06/2018

Decazeville - Une installation photovoltaïque déjà amortie

ombrière-photovoltaïque - cuisine centrale.jpg

Lors de la construction de la cuisine centrale de Decazeville en 2010, des capteurs solaires thermiques pour chauffer l’eau ainsi qu’une ombrière photovoltaïque avaient été installés à l’avant du bâtiment, côté sud.

L’installation photovoltaïque a rapporté 5 430 € en 2016 à la commune soit un peu plus du quart du coût de la consommation d’électricité de la cuisine centrale.

Cet équipement photovoltaïque avait coûté 51 000 € financé à 25% par l’ADEME et la Région, soit un reste à financer pour la commune de 38 250 €.

Avec une recette annuelle de 5400 € environ, le retour sur investissement a donc été de 7 ans. Cet équipement photovoltaïque installé en 2010 est donc amorti et les recettes futures seront tout bénéfice.

 

Vous comprenez que je sois en colère lorsque je vois que la communauté de communes a laissé la construction du parc photovoltaïque de La Découverte à une entreprise privée qui va s’engraisser sur notre dos alors que l’on aurait pu la réaliser ensemble, collectivités et citoyens du Bassin, à travers une SEM ou une SCIC, et que cette réalisation aurait été sûrement mieux réalisée au regard des coupes d’arbres et de son emprise sur les chemins notamment.

L'article de Centre-Presse du 16 octobre 2010 consacré à cette installation

La cuisine centrale tourne à présent à plein régime -161010.jpg

Photo du haut : jlc - Licence Creative Commons - Cliquez dessus pour agrandir

Une voie verte magnifique pratiquement à l’abandon

bozouls.jpg

La toute nouvelle association « Cyclo-Motivés 12 » qui a pris la relais de « l’Association pour le Développement et la Sécurité des Cyclistes en Aveyron » organisait samedi dernier une randonnée cyclable pour tout public. Le site retenu pour effectuer cette randonnée était un tronçon de la voie verte Bertholène-Espalion compris entre Bozouls et Espalion, d’une longueur de 11 km environ. La fiche descriptive de cette voie verte est visible sur le site de l’AF3V Sud.

tunnel de biounac -entrée.jpgJ’avais déjà eu l’occasion de circuler sur le tronçon Bozouls-Espalion en 2015, notamment après l’installation de l’éclairage du tunnel de Biounac à partir de panneaux photovoltaïques. A cette époque, le revêtement de cette voie verte réalisée sur une ancienne emprise ferroviaire était dégradé.

Cela ne s’est malheureusement pas amélioré. Rouler avec un VTC n’est pas une partie de plaisir tant il faut une attention quasi permanente pour éviter les ornières, les cailloux, le sable, les flaques… Le revêtement de cette voie pas entretenue s’est fortement dégradé depuis 2015, peut-être à cause des orages de cet hiver. En tout cas, seuls les VTT peuvent y rouler pour l’instant.

Ce qui est tout de même dommage tant cette voie calme circulant sous des tunnels et sur des viaducs magnifiques, avec une déclivité légère et régulière et des paysages variés pourrait être un élément porteur du tourisme local.

randonnée.jpgMais elle pourrait également être un axe structurant pour les déplacements du quotidien pour les populations riveraines et au delà, entre la RN 88 à Bertholène et la RD 920 à Bozouls et ensuite vers Espalion.

Une attention particulière devrait être portée à l’aménagement paysager de cette véloroute. L’entreposage en limite de voie d’un tas de fumier dont les jus dégoulinent on ne sais où et qui dégage une odeur pour le moins dérangeante devrait être évité.

Les maires de Bozouls et d’Espalion ont bien essayé de nous assurer de leur intérêt pour cet axe cyclable, mais je n’ai pas senti une réelle volonté d’investir quelques moyens financiers dans des travaux indispensables afin d’améliorer à minima la qualité du revêtement et encore moins dans la nécessaire réalisation d’un revêtement en dur.

Et c’est vraiment dommage pour les déplacements quotidiens des cyclistes locaux, mais aussi pour l’économie touristique locale.

 

L'association Cyclo-Motivés 12 :

cyclo-motivés12-bulletin-adhésion.jpgLa jeune association Cyclo-motivés 12 a pour objet de promouvoir le vélo , dans toutes ses composantes (utilitaire, loisir, tourisme, sportif) comme un moyen de locomotion alternatif dans la chaîne de mobilité. Sa démarche :

  • Représenter les usagers auprès des décideurs pour tout ce qui concerne la circulation , la sécurité et le confort des cyclistes
  • Promouvoir le développement des voies cyclables sur le territoire
  • Se positionner en force de proposition auprès des décideurs

Pour les rejoindre, remplir le bulletin ci-contre et envoyez le avec votre chèque à l'adresse indiquée : adhésion 3 euros

Photos : cliquez sur les photos pour les agrandir

Toutes photos : jlc - Licence Creative Commons

21/06/2018

Decazeville – Le maire veut financer les travaux de la piscine… avec une collecte de dons

Piscine DKZ -310318-2-web - copie.jpg

Vous avez ci-dessous, le texte de mon intervention d’hier soir en conseil municipal au nom de la minorité municipale concernant le lancement d’une campagne de financement participatif pour la rénovation de la piscine municipale.

« Concernant ce point sur la piscine, j’ai bien peur que cette opération de financement participatif soit une fois de plus qu’une mauvaise opération de communication pour essayer de faire oublier votre naufrage dans ce dossier. Car oui, il s’agit bien d’un naufrage.

Tout le monde savait en 2014 qu’il fallait entreprendre rapidement de lourds travaux pour remettre la piscine en état, notamment assurer en priorité son étanchéité et stopper les fuites d’eau. Non pas qu’elle n’ait pas été entretenue les dizaines d’années précédentes, mais il arrive un moment avec un équipement ancien, où il faut envisager une réhabilitation conséquente. C’est ce qu’on fait avant nous Aubin, Capdenac, Bagnac… et que va essayer de faire la ville de Millau qui semble empêtrée elle aussi dans son financement.

Piscine - Réussir Decazeville.jpgLa liste dans laquelle nous nous présentions lors des dernières élections municipales s’était d’ailleurs engagée à en faire une priorité. Notre document de campagne en atteste.

Cela n’a visiblement pas été la priorité de votre action depuis 2014. Il a fallu attendre quatre ans pour que vous preniez en catastrophe le dossier en main. Mais malheureusement un peu tard et maladroitement, puisque les plans de financement que nous avons voté lors des conseil municipaux du 12 avril et du 21 juin étaient entachés de graves erreurs. La participation concernant notamment la Région Occitanie ne correspondaient pas du tout aux critères nécessaires pour obtenir des soutiens dans les deux délibérations. Le résultat est la fermeture de la piscine municipale cette saison, fermeture que vous essayez de faire porter sur les municipalités vous ayant précédées, alors qu’elle est uniquement le fruit de votre mauvaise gestion de cet équipement en retardant chaque année les travaux indispensables et en établissant des plans de financement imaginaires. Cela a également été le cas pour le musée Vetter avec des travaux programmés et budgétisés en 2014, travaux que vous n’avez jamais réalisés, accélérant de fait la dégradation de la toiture et la fermeture en catastrophe de ce musée en février 2017.

PISCINE - Marty, Dalmon, Bernard... - Salon des Maires.jpgJe ne vais pas épiloguer longuement sur l’opération d’enfumage que vous avez organisé lors du Congrès des Maires en novembre 2017 en posant sur les pages internet et Facebook de la Ville avec Bernard Dalmon, trésorier de la Fédération Française de Natation et le nageur Alain Bernard, et où vous avez déclaré avoir évoqué avec eux le dossier de la piscine de Decazeville. On en voit le résultat puisque vous en êtes à organiser une opération de collecte pour financer cette rénovation !

Concernant justement cette opération de crowdfunding pour aider au financement des travaux de réhabilitation de la piscine, les bras m’en tombent.

Non pas que je ne suis pas favorable à ce mode de financement qui me semble intéressant, notamment pour des projets citoyens ou coopératifs. Il m’arrive régulièrement de participer à de tels financements participatifs, avec ou sans compensation.

Mais la solution de financement participatif que vous proposez à travers la plateforme Collecticity, outre qu’elle démontre un constat d’échec de votre part, n’est pas du tout appropriée pour de gros projets d’une collectivité.

Je suis allé sur le site internet de cette plateforme et les projets proposés par les collectivités sont pour beaucoup des projets modestes. La grande majorité est en dessous de 20 000 € et beaucoup en dessous de 10 000 €. A regarder le niveau de participation, je ne sens pas un engouement des gens à participer à ce genre de financement pour des collectivités.

Une commune n’étant pas une association, une œuvre, une fondation ou un organisme permettant d’obtenir un rescrit fiscal, il faut savoir que les donateurs ne bénéficieront pas d’un abattement fiscal.

Ce que vous proposez en fait à travers cette opération de crowdfunding, c’est un impôt local volontaire. Je ne suis pas sûr que les Decazevillois se ruent en masse pour participer.

Nous vous posons donc la vraie question concernant l’avenir de cet équipement : quand allez vous vous occuper sérieusement de ce dossier ? Quand allez-vous nous présenter un plan de financement réaliste et sincère afin de réaliser les travaux avant la réouverture de la piscine pour l’été 2019 ? »

 

Cette intervention a été continuellement commentée à haute voix par certains membres de la majorité. Ce qui ne m’a pas empêché de poursuivre.

Un débat s’est déroulé à la suite concernant les travaux réalisés sur cette piscine avant leur arrivée en 2014. La majorité oublie que cela fait maintenant plus de quatre ans qu'elle dirige la mairie. J’avais bien sûr préparé cette remarque (voir une note précédente). Ce sont près de 700 000 euros qui ont été investis sur cette piscine de 2001 à 2013 concernant des travaux de filtration, de chauffage, de régulation, de revêtements, d’assainissement, d’aménagement de plages et d’abords, d’équipements divers… hors gros travaux réalisés en régie (car dans ces années là, nous avions plus de personnel avec des spécialisations : maçons, menuisiers, plombiers, serruriers...) et bien sûr hors petit entretien courant et fournitures d’eau, de gaz, d’électricité, de produits divers, de peronnel…

Concernant les investissements sur la piscine après 2014, les comptes administratifs opaques ne permettent pas de voir des investissements particuliers pour ce poste et il ne me semble pas avoir vu passer en conseil municipal ou en commission des travaux des investissements importants depuis 2014, si ce n’est l’entretien et le fonctionnement courant de cette piscine : eau, énergies, produits, petits travaux d’entretien, achat de petit matériel de plage et autres, personnel…

 

Le débat s’est ensuite orienté sur la possibilité pour les particuliers de bénéficier d’une réduction d’impôts en participant à ce financement participatif.

L’article 200 du Code des Impôts ne cite pas les collectivités comme structures pouvant bénéficier de réduction ou crédit d’impôt au titre des dons faits par des particuliers.

Les collectivités ont toujours la possibilité de faire cette collecte par l’intermédiaire d’une fondation ou un autre organisme. Nous l’avions d’ailleurs déjà fait avec la Fondation de France pour financer la restauration du mausolée Cabrol.

Quoi qu’il en soit, cette réduction d’impôt ne toucherait finalement pas beaucoup de Decazevillois puisque seulement 39,10 % des foyers de Decazeville étaient assujettis à l’impôt sur le revenu en 2015 (Insee au 19 juin 2018)

C’était donc bien une opération de communication de plus à laquelle nous avons assisté hier soir et nous attendons avec impatience la présentation en conseil municipal d’un vrai budget pour les travaux de cette piscine.

Addendum du 22 juin 2018 :

La presse quotidienne régionale fait état de cette discussion en conseil municipal :

Piscine-cp-220618.jpg

Pour noyer le poisson, le maire mélange allègrement budget de fonctionnement et budget d'investissement. Oui le fonctionnement est d'environ 100 000 euros par an et cela depuis toujours. Mais les municipalités précédentes ont engagé en moyenne 55 000 euros par an en investissement chaque année de 2001 à 2013. Depuis 2014, il n'y a pratiquement pas eu d'investissement, d'où la dégradation de la piscine.

 Addendum du 28 juin 2018 :

France Bleue a consacré un article sur son site

France 3 y a également consacré un article

Frédéric Bourgade, correspondant de Radio France à Toulouse s'est intéressé à ce problème et France Inter en a fait mention dans ses infos de 7 h ce matin.

 

Photos :

1 - jlc

2 - Réussir Decazeville

3 - Capture d'écran de la page Facebook de la ville de Decazeville

05/06/2018

Les gros tuyaux du numérique en Aveyron

atelier4-web.jpg

Visiblement, le numérique est une affaire d’hommes en Aveyron. Une centaine de personnes assistait à la Rencontre des Territoires Innovants Occitanie le 16 mai dernier aux Archives départementales de l’Aveyron à Rodez. 90 % de l’assistance était masculine et sur les seize intervenants de la matinée, il n’y avait que deux femmes.

Et les interventions ont été à la hauteur de cette assemblée : viriles, techniques voire technicistes, laissant peu de place à l’écologie, à l’imagination et à l’épanouissement des êtres humains si ce n’est tout à la fin, dans la présentation du « Jardin D’Arvieu » comme par hasard présenté par une femme. 

Il faut dire qu’en matière de numérique, le département a décidé d’y mettre le paquet ! L’Aveyron a préféré les gros tuyaux en voulant installer la fibre optique partout et rapidement, alors que d’autres départements ont préféré un programme d’installation évolutif. Pas sûr que l’Aveyron soit gagnant. Déjà financièrement, le programme aveyronnais va coûter très très cher aux contribuables aveyronnais (environ 262 M€, dont 80 M€ financés par les collectivités locales, selon le conseiller départemental Sébastien David) et se fera donc au détriment d’autres domaines qui me semblent plus importants comme l’action sociale.

connexion.jpgEnsuite, avons nous tous besoin de la fibre optique ? 90 % des Aveyronnais se satisferaient d’une connexion comme la mienne en ADSL 2.

Mais voilà, les lobbies de l’industrie numérique ont visiblement l’écoute des conseillers départementaux et autres élus. Il faut dire que ces lobbies sont très actifs en Aveyron à l’image de SisMic et de son président que l’on voit partout (Sismic, EDF, Face 12…). Plus les tuyaux sont gros, plus on fera passer de choses et les marchands de données, d’équipements et de logiciels se frottent déjà les mains.

Sauf que les grands gagnants de ce numérique « hard tech » seront d’abord les GAFA et leurs amis. Il restera peut-être quelques miettes pour quelques start-up qui rêvent d’être racheté par un plus gros et de toucher ainsi le jackpot, mais beaucoup resteront aussi sur le tapis.

 

On fonce dans le mur

Cette course aux tuyaux plus gros, aux réseaux herziens toujours plus nombreux, au big data, aux appareils de plus en plus nombreux, puissants et sophistiqués, aux applications aussi nombreuses qu’inutiles, au web marchand où tout s’achète et se vend… pose des problèmes graves.

Le premier est celui de l’inégalité sociale d’accès aux technologies et services liée aux moyens financiers de chacun pour l’achat et l’entretien des appareils et des moyens de connexion, mais aussi liée aux compétences personnelles de chacun.

Et ces inégalités dans le domaine du numérique sont grandissantes.

 

Téléphones portables - Matériaux - Socialter#28-0418.jpeg

Le danger est aussi lié à la surconsommation de matières premières et de métaux rares pour fabriquer tous les appareils utilisés par ces technologies. De nombreux économistes tirent la sonnette d’alarme sans que malheureusement grand monde ne les écoute pour l’instant. On nous ressasse que « l’économie circulaire » sera la solution. Sauf que la complexité de ces appareils, la multiplicité des matériaux et leur mélange réduisent considérablement leur recyclage. Et les matières premières s’épuisent.

Que coutent nos smartphones ? - Socialter#HS-0518.jpeg

Mais les consommations d’énergies de tous ces appareils connectés ou pas, des data centers et des réseaux a de quoi également inquiéter, tout comme leur contribution au réchauffement climatique.

Le journal du CNRS s’y est penché :

« Si l’on considère la totalité de son cycle de vie, le simple envoi d’un mail d’1 mégaoctet (1 Mo) équivaut à l’utilisation d’une ampoule de 60 watts pendant 25 minutes, soit l’équivalent de 20 grammes de CO2 émis »

Les millions d’ordinateurs et de smartphones, les milliers de data centers et de kilomètres de réseaux utilisés pour traiter et acheminer ces données engloutissent des quantités considérables d’énergies. « Le secteur des nouvelles technologies représente à lui seul entre 6 et 10 % de la consommation mondiale d’électricité, selon les estimations – soit près de 4 % de nos émissions de gaz à effet de serre… Et la tendance est franchement à la hausse, à raison de 5 à 7 % d’augmentation tous les ans. »

Environ 30 % de cette consommation électrique est imputable aux équipements terminaux – ordinateurs, téléphones, objets connectés –, 30 % aux data centers qui hébergent nos données et, plus surprenant, 40 % de la consommation est liée aux réseaux, les fameuses « autoroutes de l‘information ». 

Orange - Greenwashing -Pub-CP-050618.jpgLes entreprises de ce secteur sont bien sûr conscientes de l’impact très important de leurs activités sur l’environnement et commencent à s’inquiéter de la prise de conscience d’une partie de leurs clients. Mais leur réponse consiste jusqu’à présent à quelques actions superficielles et à lancer des campagnes de pub qui s’apparentent plus à du « greenwashing ».

 

Développons plutôt un numérique « low tech » et bienveillant

En l’état actuel, la raison recommande donc une utilisation modérée du numérique et des équipements, y compris nos appareils personnels.

Des architectes renommés ont d’ailleurs rédigé dernièrement « un manifeste pour une frugalité heureuse » qui aborde notamment le volet technique :

« La frugalité en énergie, matières premières, entretien et maintenance induit des approches low tech. Cela ne signifie pas une absence de technologie, mais le recours en priorité à des techniques pertinentes, adaptées, non polluantes ni gaspilleuses, comme des appareils faciles à réparer, à recycler et à réemployer. En réalisation comme en conception, la frugalité demande de l’innovation, de l’invention et de l’intelligence collective. »

Socialter - Ph. Bihouix.jpeg

C’est cette même frugalité que recommande l’ingénieur spécialiste des ressources non renouvelables Philippe Bihouix dans son ouvrage « L’Âge des low tech » sorti en 2014 et qu’il développe dans un interview récente parue dans Socialter.

Cette réflexion existe bien sûr aussi en Aveyron mais elle n’a malheureusement pas été abordée lors de ces Rencontres à Rodez.

Une expérience intéressante nous a tout de même été présentée sur la commune d’Arvieu en Aveyron, commune qui a obtenu le prix « Smart village 2017 » attribué par Ruralitic. Un smart village est un village qui contribue à la réalisation de la triple transition numérique, écologique et sociétale en vue de développer la qualité du vivre-ensemble sous le signe de la bienveillance sans préjugés. C’est un « espace d’opportunité pour vivre différemment, pour vivre mieux, en créant un équilibre entre ville et campagne. C’est un territoire connecté, sobre et durable, entreprenant, d’égalité devant les services publics ou on développe des espaces de démocratie participative, de médiation numérique notamment auprès des enfants…

jardin-d'arvieu.jpgArvieu a tout compris. Le projet de « Jardin d’Arvieu » est un tiers lieu qui regroupe plusieurs espaces conviviaux et propose une expérience locale de coworking, coliving, de séminaires et de formations. Il est soutenu par les élus, par la population et par les acteurs professionnels et culturels

darwin - espace coworking.jpgEn janvier dernier, j’avais visité l’écosystème Darwin à Bordeaux. Un site où l’écologie, les consommations énergétiques, la solidarité, le numérique… sont pris en compte en permanence. 600 personnes travaillent sur ce site. Il préfigure la société que nous devons mettre en place dès aujourd’hui, une société solidaire, frugale, écologique, joyeuse, curieuse, créative et résiliente. Une société qui visiblement ne plait pas à tout le monde et que certains voudraient voir disparaître à Bordeaux.

Les territoires ruraux comme l'Aveyron ne doivent pas être en reste et doivent comme à Darwin ou à Arvieu libérer ce désir de vivre ensemble, d'écologie et de vouloir créer dans un cadre de vie encore un peu protégé.

Pour cela, il n'y a pas besoin de gros tuyaux partout, juste de la bonne volonté et un peu d'imagination. 

Photos : 

1 - jlc © creative commons

2 - jlc : capture d'écran

3 - Téléphones portables - Matériaux - Socialter#28-0418 ©Socialter

4 - Téléphones portables - Socialter#HS Zéro déchet -0618

5 - Pub Orange - Centre-Presse Aveyron -050618

6 - Socialter#28-0418 - ©Socialter

7 - Jardin d'Arvieu ©Jardin d'Arvieu

8 - Darwin : jlc ©creative commons

11/04/2018

Piscine municipale : un dossier mal géré dès le départ

piscine-dkz-années2000.jpg

La municipalité a donc tenu lundi une conférence de presse pour donner des précisions sur la fermeture de la piscine municipale cet été et pour confirmer une éventuelle réalisation de travaux pour une réouverture en 2019.

La plupart de ces précisions correspondent d’ailleurs à ce que j’annonçais dans ma note du 29 mars et dans celle du 3 avril.

Mais la principale raison de ce fiasco a été volontairement omise.

Ce dossier a tout simplement été très mal géré par l’équipe Marty.

Le plan de financement prévisionnel des travaux de rénovation de la piscine que nous avons voté à l’UNANIMITÉ le 12 avril 2017 comportait une participation de la Région de 390 000 euros à ce projet. Or une telle participation de la Région pour ce plan de financement était impossible pour plusieurs raisons.

plan financement-120417.jpg

Depuis 2015, les critères relatifs aux financements de la Région pour les équipements sportifs étaient très clairs. Les bénéficiaires devaient être des « EPCI* à fiscalité propre », c’est à dire la communauté de communes pour notre territoire. Mais il était également précisé que « dans l’hypothèse d’une maîtrise d’ouvrage communale pour des raisons dûment justifiées, l’aide de la Région est conditionnée à l’apport d’un fonds de concours communautaire au moins équivalent à l’aide de la Région ».

Il était donc très clair que la communauté de commune devait participer à ce financement pour que la commune puisse obtenir des aides de la Région. Or la note et le plan de financement que l’on nous a présenté le 12 avril 2017 n’évoquaient aucune participation de la communauté de commune à ce projet soit directement en portant le projet, soit par un fonds de concours.

D’autres critères de la Région n’étaient d’ailleurs pas plus respectés. Il aurait fallu que l’aide de la Région n’excède pas la part d’autofinancement du projet. Ce qui n’était pas le cas puisque l'aide de la Région était très supérieure à la part d'autofinancement (390 000 € de la Région pour 135 265,50 d'autofinancement). De plus, l’aide régionale pour les bassins découverts était plafonnée à 300 000 euros alors que selon ce plan de financement elle était de 390 000 euros.

Ce plan de financement présenté et voté le 12 avril 2017 ne pouvait donc qu’échouer. L’équipe Marty n’a visiblement pas pris de garanties suffisantes pour présenter un tel plan de financement.

Mais depuis, l’équipe Marty a tout de même eu une année pour rattraper ces erreurs et présenter un nouveau plan de financement. Pourquoi ne l’a-t-elle fait ? Gagner du temps ? Économiser ?

Les travaux ont donc été retardés alors qu'ils étaient déjà urgents et durant ce temps, l’état de la piscine s’est encore plus dégradé au point d’envisager sa fermeture cet été.

Concernant l’entretien de la piscine les années précédentes, j’ai déjà apporté des précisions dans la note du 3 avril.

La rénovation de la piscine était une priorité dans le programme que nous défendions avec " Réussir Decazeville " en 2014.

Piscine - Réussir Decazeville.jpg

Et maintenant…

Je ne crois pas à la construction d'une piscine neuve sur Decazeville comme l'a évoqué M. le maire dans la presse lundi. Du moins, pas dans les prochaines années. A moins d'un miracle budgétaire ou d'aides abondantes.

Il convient donc maintenant de tout faire pour que la piscine de Decazeville rouvre à l’été 2019 et donc il est impératif de réaliser des travaux le plus rapidement possible.

On vient de le voir, la constitution du dossier est primordiale et les négociations avec l’Etat, les collectivités locales et les structures susceptibles de cofinancer ce projet doivent être rapidement relancées. J’espère d’ailleurs que c’est déjà en cours.

Le financement du département est acquis, mais il n’est que de 12 %.

Concernant le financement du CNDS, le fait d’être maintenant en ZRR (Zone de Revitalisation Rurale) garantit un peu plus cette participation puisque le CNDS a décidé pour 2018 de cibler ses aides vers les territoires ruraux en difficulté, notamment ceux inscrits dans les ZRR. Cette aide peut même atteindre maintenant 20 % du montant subventionnable et elle reste cumulable avec d’autres aides comme celles accordées au titre de la dotation d’équipement des territoires ruraux (DETR).

Une demande de DETR serait également souhaitable.

Les critères des aides régionales ont évolué depuis le 1er janvier 2018.

Il y a maintenant deux niveaux d’aides :

  • Pour les équipement sportifs d’intérêt territorial
  • Pour les équipement sportifs d’intérêt local

Quel que soit le volet de financement régional possible pour ce projet, l’aide de la Région n’excèdera pas la part d’autofinancement du projet et la part de financement de la Région cumulée à celle des autres cofinanceurs ne pourra dépasser 80 % du coût de l’opération.

Cransac - Réseau de chaleur - financement -ML-101108.jpgA défaut de prise de compétence des équipements sportifs, Decazeville Communauté peut également participer à travers un fonds de concours qui consoliderait peut-être la participation de la Région. La communauté de communes du Bassin Decazeville – Aubin avait déjà eu l’occasion d’accorder un fonds de concours pour la chaufferie de Cransac me semble-t-il.

Ce serait certes un précédent avec la nouvelle communauté de communes, mais pourquoi ne pas envisager plus généralement avec des règles précises la participation de la communauté de communes à des fonds de concours ?

Quoi qu’il en soit, il ne faudra pas trainer dans le montage de ce plan de financement et il est donc nécessaire d’avoir rapidement l’accord de tous les financeurs potentiels pour pouvoir voter un vrai plan de financement en conseil municipal.

Il s’agira ensuite de programmer les travaux afin de pouvoir rouvrir la piscine à l’été 2019.

 

* EPCI : Etablissement Public de Coopération Intercommunale

Photos :

1 - Piscine de Decazeville - jlc - licence Creative Commons

2 - Plan financement

3 - Midi Libre du 10 novembre 2008

03/04/2018

Piscine : des précisions importantes

Piscine-dkz-310318-3-web.jpg

A la lecture de l’article de presse du samedi 31 mars, on peut s’apercevoir que ce que j’écrivais dans ma note de jeudi concernant l’intervention de M. le maire en conseil municipal du 28 mars sur la possible fermeture de la piscine municipale de Decazeville cet été… et peut-être définitivement, était véridique.

Un seul problème me gène un peu dans cet article, la phrase qui m’est attribuée concernant « la question de savoir si le Bassin a besoin de deux grandes piscines de plein air ». Ce problème a été évoqué par M. le maire lui même lors de son intervention, ce qui laisse bien la possibilité d’une fermeture définitive, tout comme il a évoqué la question de la prise de compétence des bâtiments sportifs par la communauté de communes.

Je reprends ces propos d’autant plus qu’effectivement, je pense également que ces deux questions sont légitimes et ne doivent bien sûr pas être éludées.

Cet article de la presse du samedi 31 mars contredit certains propos et écrits de M. le maire laissant entendre que je diffuserai des « informations non vérifiées et inexactes sur la piscine de Decazeville ».

Je répète que j’avais pris grand soin de noter avec détails les paroles prononcées par M. le maire ce soir là et que je mets un point d’honneur depuis maintenant plus de douze ans que je tiens ce blog à ne rapporter que des faits et paroles que j’ai entendus, lus ou vérifiées... même si cela dérange visiblement parfois.

C’est aussi un dossier que je suis de près depuis des années.

L’erreur de la majorité, pourtant toujours prompte à communiquer, a été de ne pas elle même diffuser cette information donnée par le maire dès la fin du conseil municipal ou le lendemain matin. Peut-être aussi, elle ne souhait pas trop faire de bruit avec cette annonce et elle ne pensait pas qu'elle allait susciter de telles réactions.

 

La majorité lance maintenant une nouvelle polémique, une de plus. Pour elle, cette fermeture pour cet été serait la conséquence du mauvais entretien de la piscine lors des précédents mandats.

D'abord dire que cela fait maintenant quatre ans que la majorité est aux commandes de la Ville et qu'accuser les municipalités précédentes n'est plus vraiment un bon argument.

Il ne faudrait pas que pour cette piscine, la majorité soit en train de refaire le même procès que pour le Musée de géologie où elle accusait les anciennes municipalités de ne pas avoir fait de travaux alors que 82 000 € de travaux étaient programmés sur le budget 2014 pour poser une toiture sur ce musée et que ces travaux n’ont jamais été réalisés. Ce qui a vraisemblablement conduit à aggraver l’état de la dalle de toit jusqu’à l’obligation de fermeture en 2017.

J’ai donc pris un peu de mon temps ce week-end Pascal à revoir les comptes administratifs de la commune depuis 2001. Ce sont près de 700 000 euros qui ont été investis sur cette piscine de 2001 à 2013 concernant des travaux de filtration, de chauffage, de régulation, de revêtements, d’assainissement, d’aménagement de plages et d’abords, d’équipements divers… hors gros travaux réalisés en régie (car dans ces années là, nous avions plus de personnel avec des spécialisations : maçons, menuisiers, plombiers, serruriers...) et bien sûr hors petit entretien courant et fournitures d’eau, de gaz, d’électricité, de produits divers…

Difficile de voir ce qui a été investi depuis 2014 avec l’arrivée de la nouvelle majorité car malheureusement, les comptes administratifs ne détaillent plus les opérations d’investissement ligne par ligne. Mais je ne trouve pas de traces de marchés pour la piscine en 2015, 2016 et 2017 dans la liste des marchés publics éditée chaque année. Ce qui ne veut pas dire que quelques petits travaux n’aient pas été exécutés. Des travaux pour un montant de 37 000 € avaient été par exemple annoncés dans la presse en octobre dernier. Ont-ils été exécutés… ou reportés en attendant le plan global de réhabilitation de cette piscine ?

 

Car oui, nous avions voté à l’UNANIMITÉ un plan de financement ambitieux pour la réfection de la piscine il y a pratiquement un an, lors du conseil municipal du 12 avril 2017. Le coût total avoisinait les 700 000 euros avec des financements extérieurs de près de 80 %.

plan finacement-120417.jpg

Pour présenter un tel plan au conseil municipal, la municipalité avait du avoir quelques garanties des financeurs. Depuis, rien n’a bougé.

On nous explique maintenant qu’il y aurait un problème pour le financement prévu dans la délibération votée le 12 avril 2017, la Région acceptant de financer des projets que si il y a un financement équivalent de la communauté de communes à laquelle est rattachée la commune.

Ce critère existait-il avant la présentation du plan de financement voté au conseil municipal du 12 avril ou est-il apparu depuis, et depuis quand ?

La majorité municipale n'a-t-elle pas trop fait traîner ce dossier ? Cela fait pratiquement un an que nous avons voté ce plan de financement. Ce dossier n’a-t-il pas été mis de côté par les élus, peut-être trop polarisés par les travaux de la rue Cayrade ? Durant ce long temps, sans travaux urgents exécutés, l’état de la piscine s’est vraisemblablement dégradé et on en est au point d’envisager maintenant sa fermeture.

 

Nous en saurons vraisemblablement un peu plus le 9 avril où les élus de la majorité decazevilloise devraient s’exprimer.

La piscine sera-t-elle ouverte cet été ?-CP-310318.jpg