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18/12/2019

Des CSR seraient effectivement bien produits et brûlés à Viviez et à Aubin

Decazeville, cité des EnR.jpg

Si par malheur le projet Solena voyait le jour, la suite serait bien l'installation à Viviez ou à Aubin d'une unité de combustion pour brûler les CSR avec toutes les conséquences connues en matière de rejets toxiques.

Rappelons que les CSR (Combustibles solides de récupération) sont en grande majorité des matériaux pouvant être recyclés, plastiques, mousses, caoutchoucs, blisters... provenant de produits pétroliers, mais aussi bois, papiers, cartons, tissus... A cause de leur taille et de leurs mélanges entre eux, certains finissent dans la poubelle de déchets résiduels avec les biodéchets. Mais cela concerne aussi des déchets atterrissant en déchetteries ou des déchets d'activités économiques. Le bon sens voudrait que l'on enlève ces déchets de notre poubelle résiduelle, des déchetteries et des déchets des activités économiques et que l'on trouve des solutions de recyclage ou de réutilisation. Mais les industriels qui fabriquent ces matériaux et les industriels des déchets qui veulent les brûler ne sont bien sûr pas d'accord avec cette solution. Le gâteau à se partager sur le dos des consommateurs et des contribuables est bien trop juteux ! D'autant plus que, comble de la bêtise, nos responsables politiques (voir annexe 9 de ce document et l'article ci-dessous du Canard Enchaîné) ont exempté en 2016 ces CSR de TGAP (Taxe générale sur les Activités Polluantes) qui va passer prochainement à 65 € la tonne, de contribution Climat Energie (CCE) et bénéficient même d'un taux réduit de TVA (5,5 %) sur la chaleur produite. Le pactole assuré pour cette filière qui est de plus peu créatrice d'emplois !

La chaudière verte carbure aux plastiques.jpg

Pour Zéro Waste France, la filière de combustion des CSR interroge dans sa totalité : « même si certains CSR sont produits à partir de déchets « non recyclables » (techniquement et financièrement), c'est bien ce problème qu'il faut résoudre en amont notamment par l'éco-conception et la réduction de l'usage du plastique et autres produits contenus dans les CSR, au lieu de devoir développer des filières aval de combustion, court termistes. »

France Nature Environnement est également très critique avec cette filière : CSR, une filière à surveiller

Séché qui a déjà un site en fonctionnement (Changé (35)), a également deux projets de « valorisation » des CSR retenus dans un récent Appel à Manifestation d'Intérêt (Rétiers (35) et Saint-Vulbas (01)). Il est plus que probable que Solena (détenu à 60% par Séché) concoure à son tour à un prochain appel à projet (si ce n'est déjà fait pour celui de 2019), d'autant plus qu'il semble que Decazeville Communauté appuierait ce projet à travers une nébuleuse « Cité des énergies renouvelables ». Comme si brûler des produits fabriqués en grande partie avec des produits pétroliers ou des produits recyclables constituait une énergie renouvelable ! On tombe sur la tête !

Le dossier est téléchageable ci-dessous :

Decazeville, Cité des energies renouvelables - solena.pdf

Mais le dossier de Decazeville Communauté, préparé vraisemblablement avec Solena et déjà présenté à des partenaires publics pour des participations financières il y a plus de six mois (1), n'emploie pas le terme de chaufferie, ni d'incinérateur mais, hypocritement, de « valorisation énergétique » des CSR. Mais comment serait produite cette énergie (chaleur ou électricité) à partir des CSR ? Pas par gazéification puisque Solena l'a exclu de son projet, mais par la combustion de ces produits, associée éventuellement à une cogénération. Solena joue bien sûr avec les mots et, contrairement à ce qu'elle prétend dans son communiqué à la presse, l'entreprise a bien l'intention de traiter les CSR sur le Bassin de Decazeville.

Decazeville Communauté, qui s'est bien gardé comme à son habitude de consulter la population riveraine, précise même dans son dossier que ce projet pourrait voir le jour en 2020 !

S'il fallait une preuve de plus, elle figure dans le compte-rendu du dernier comité syndical du SYDOM, celui du 11 décembre 2019, où il est clairement dit dans la délibération n° 20191211-10 en fin de compte-rendu, concernant la valorisation énergétique sous la forme de CSR des refus de tri, que : " cette valorisation est également prévue sur la future unité de valorisation et de traitement des déchets ménagers et assimilés sur le territoire du SYDOM AVEYRON ".

En se proposant pour gérer les déchets ménagers aveyronnais, Solena applique en fait la stratégie marketing du "pied dans la porte", stratégie bien connue de la grande distribution par exemple. Une fois ce marché obtenu grâce notamment aux élus locaux, l'entreprise va étendre ses activités sur les terrains dont elle est propriétaire, c'est à dire plus de 122 ha. Gérer les 110 000 tonnes de déchets ménagers aveyronnais (déjà surestimé) n'est qu'une première étape. Si c'est Solena qui est malheureusement choisi par les délégués du SYDOM 12 pour gérer les déchets aveyronnais, il y aurait bien une unité de "valorisation énergétique" des CSR à Viviez.

Mais déjà, sachez que le centre de déchets dangereux de Montplaisir pourrait accueillir, selon un arrêté récent de Madame la Préfète, des déchets dangereux issus "des territoires intercommunaux voisins de la communauté de communes Decazeville Communauté". Nous sommes loin de ce qui était prévu dans le dossier de l'enquête publique Montplaisir.

origine géographique des déchets.jpg

Et quels déchets Solena pourrait bien traiter par la suite à Viviez et Aubin ? Déchets d'activités de soins ? Les pneumatiques ? Les déchets d'origine animale ? Les déchets nucléaires puisque Séché a une filiale dans ce domaine ?...

Sans parler que les quantités de déchets que Solena pourrait accueillir à Viviez et Aubin seraient vraisemblablement fortement augmentés comme Séché le fait régulièrement pour son établissement de Montech : la DRIMM.

Ces activités se réaliseraient avec des créations d'emplois minimes et peu valorisants. Mais surtout ces activités plongeraient notre territoire dans une spirale négative qui ferait fuir les habitants et les entreprises plus vertueuses et créatrice d'emplois qui ne souhaiteraient pas être voisines de telles activités.

Stoppons immédiatement le projet Solena à Viviez et Aubin avant que le Bassin ne devienne la poubelle de l'Occitanie et même du sud de la France !

Stoppons immédiatement le projet Solena, prévu à 300 mètres des premières habitations de Viviez et à 200 mètres d'une entreprise classée Seveso, avant que le Bassin ne devienne un nouvel AZF ou Lubrizol !

 

(1) Ce dossier m'a été indiqué par le conseiller régional de la France Insoumise Guilhem Serieys lors de sa présentation en commission permanente du Conseil Régional d'Occitanie en juin dernier. Je l'en remercie.

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