28.10.2009

Ultimatum Climatique, tous à pied ou à vélo devant la cathédrale de Rodez

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J – 51. Début décembre, les chefs d'état vont se réunir à Copenhague (Danemark), lors de la Conférence des Nations Unies sur le Changement Climatique afin de formuler un nouveau traité sur le climat.

Il s'agit de la meilleure occasion dont nous disposons pour avoir une influence sur ce traité. L'association Canopée appelle à un rassemblement pour exiger de nos dirigeants un accord ambitieux, équitable et contraignant à Copenhague, à la hauteur de la catastrophe climatique annoncée par Ban Ki-moon, le secrétaire général des Nations unies : « J’ai observé la sombre réalité du changement du climat de mes propres yeux… L’Arctique se réchauffe plus rapidement que n’importe quel autre endroit sur Terre… Nous avons le pied sur l’accélérateur et nous nous dirigeons vers un abîme »

Pour Yvo de Boer, le plus haut responsable pour le réchauffement climatique auprès de l'ONU : " Si les organisations écologistes pouvaient entraîner tous leurs membres dans la rue avant Copenhague, cela serait incroyablement utile." -.

Comment participer ?

Venez nombreux au rendez-vous, en famille ou avec des amis, en vélo ou à pied, nous ferons ensemble un tour de ville symbolique et convivial pour montrer que nous sommes tous concernés par le Changement climatique. Chacun pourra signer l’appel.

Le rendez-vous est fixé le Samedi 7 Novembre à 9H 45 devant la cathédrale de Rodez

Vous vous sentez concernés ? C'est le moment de le dire !

Merci de mobiliser vos proches.

Objectif: remplir la Place d'Armes!

Pour plus de visibilité, chacun pourra se munir d'un gilet de sécurité jaune fluo pour la ballade.

Canopée a également invité, individuellement tous les élus de la région de Rodez, à venir signer l'appel. N'hésitez pas à relayer ce message auprès de vos élus locaux.

J'ai pour ma part signé cet appel et je serai le 7 novembre à Rodez.

Si vous ne pouvez pas venir, vous pouvez signer l’appel en cliquant ici

L'article de Midi LibreA pied, à vélo, tous en ville le 7 novembre

rn88-borne.jpgRN 88 - Pour poursuivre sur le thème du réchauffement climatique, les Verts de l’Aveyron ont envoyé un communiqué à la presse qui fait suite à l’article de La Dépêche du Midi consacré à la lettre ouverte des Verts aux conseillers généraux de gauche et surtout aux réactions caricaturales de certains élus.

Pour le lire, cliquez ici

 

23.10.2009

RN 88 - Lettre ouverte des Verts de l'Aveyron aux conseillers généraux de gauche

rn88-borne.jpgVous allez devoir voter prochainement sur le financement de la RN 88 par le département de l’Aveyron.

Nous pensons que ce projet est extrêmement préjudiciable pour les aveyronnais et ce pour plusieurs raisons.

Sur un plan environnemental tout d’abord, cette nouvelle balafre infligée à notre territoire va avoir des conséquences importantes sur la faune, la flore, les paysages, la qualité de l'air, les sols, l'eau, le bruit..., éléments déjà fortement mis à mal dans notre département.

De plus, comment peut-on proposer, à un mois et demi du sommet de Copenhague sur le climat, un projet qui va accroître la circulation sur cet axe et ainsi augmenter considérablement les rejets de gaz à effet de serre sur notre territoire et plus largement en France ?

Par ailleurs, et c’est un élément essentiel, ces travaux sur la RN 88 vont entrer en concurrence directe avec le « Plan Rail » mis en place par la Région Midi-Pyrénées que ce soit pour le transport des voyageurs comme pour celui des marchandises. On sait que lorsque l’on donne actuellement un euro pour la route et un euro au rail, l’avantage reste bien sûr à la route du fait de son avance en matière d’investissements depuis des années alors que dans le même temps on a totalement abandonné le rail.

Concernant le fret, si l’engagement national présenté par M. Borloo fin septembre vise à développer les « autoroutes ferroviaires », il oublie complètement les « nationales et départementales ferroviaires », notamment en Midi-Pyrénées et en Aveyron. Ainsi, les milliers de tonnes de marchandises des wagons isolés qui partent encore de nos gares SNCF aveyronnaises devront transiter soit par la route avec des conséquences désastreuses pour l’environnement et la sécurité, soit par rail avec des opérateurs ferroviaires de proximité privés. En votant des crédits pour la RN 88, vous vous feriez complices de ce plan.

En fait, ces travaux ne visent qu’à servir un des principaux dogmes de la droite libérale qui veut que les flux financiers et de marchandises prévalent sur toute considération sociale ou environnementale. Que le président UMP du conseil général de l’Aveyron et ses amissoutiennent ce projet, cela peut donc se comprendre. Mais que vous joignez vos voix à celle de la droite libérale, cela nous choquerait.

Il faut en finir avec le mythe du désenclavement routier ! Il y a des grands axes routiers sans développement et du développement sans grands axes routiers ! De nombreuses études le démontrent maintenant. Les grands axes routiers se développement souvent au détriment des territoires voisins proches. Des entreprises et des activités de Villeneuve, de Villefranche-de-Rouergue, du Bassin de Decazeville, de Capdenac, de Rignac… qui déménagent au bord de la RN 88, voilà ce qu’il risque surtout d’arriver avec ce projet. Le souhaitez-vous ?

Avec la grave crise qui nous touche et avec l’incertitude qui plane sur les recettes départementales avec la suppression de la taxe professionnelle, le conseil général a sûrement mieux à faire pour aider les Aveyronnais dans les compétences qui sont les siennes : santé et solidarité, transports interurbains, habitat, environnement…, que de financer des routes nationales qui sont de la seule compétence de l’Etat.

Nous tenons à vous rappeler que l’ADF (Association des Départements de France), par la voix de son président socialiste Claudy Lebreton, a demandé au gouvernement le 9 juin dernier, d’assurer totalement ses responsabilités juridiques et financières sans faire appel aux départements dans les domaines qui restent de sa compétence, notamment les routes nationales. De même, le président socialiste de la Région Auvergne René Souchon refuse fort justement de financer des travaux sur la RN 88.

Nous sommes bien sûr favorables à des aménagements sur la RN 88 pour la sécurité des usagers mais aussi pour la tranquillité et la sécurité des riverains. Nous sommes par contre fermement opposés à des travaux qui augmenteraient le flux de véhicules, notamment de camions, et qui défavoriseraient ainsi le rail.

L’Etat qui a prévu de mettre 140 M d’euros pour ce doublement doit plutôt utiliser ces moyens financiers pour améliorer et sécuriser cet axe, tout comme il doit fortement aider RFF (Réseau Ferré de France) à la rénovation des voies ferrées Rodez-Séverac, Rodez-Brive et Beziers-Neussargues.

En espérant que vous rejoindrez cette position et que vous voterez contre des financements départementaux à la RN 88, recevez nos amicales salutations.

 

D'autres notes sur la RN 88 en cliquant ici

30.09.2009

Venez soutenir le service public postal !

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Jusqu’à samedi, nous allons pouvoir nous exprimer sur le changement de statut de La Poste en participant à la consultation nationale organisée à l’initiative du comité national contre la privatisation de La Poste pour un débat et un référendum sur le service public postal.

Le changement de statut de « La Poste » d’établissement public en société anonyme ouvre la voie à sa privatisation et fait peser de lourdes menaces sur le devenir de ce service public.

Le service public postal remplit des missions indispensables en matière d’aménagement du territoire et de lien social, surtout dans nos départements ruraux. Elles dépassent le cadre universel du courrier et de la presse, de l’accessibilité bancaire et de la présence postale territoriale dans les zones rurales comme dans les quartiers populaires.

D’ores et déjà, en France, 6 100 bureaux de poste sur 17 000 ont été transformés en « partenariats » et plusieurs milliers d’emplois ont été supprimés depuis 2002, au détriment de la qualité d’accueil des usagers, du service de distribution de courrier et des conditions de travail des salarié/es. En Europe, les privatisations postales ont engendré la baisse de qualité de service, une augmentation des tarifs et de nombreuses destructions d’emplois. 

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Le gouvernement et la direction de La Poste invoquent une directive européenne pour justifier leur projet. Cet argument est faux. En aucun cas l’Union européenne n’impose de modifier le statut de l’opérateur ni sa privatisation. Du point de vue financier, La Poste dispose d’autres moyens que l’ouverture du capital et la privatisation pour faire face à ses besoins de financement.

Rien ne justifie ce changement de statut. Le service public postal doit être maintenu, modernisé et rénové afin de répondre aux besoins de la population sur l’ensemble du territoire.

Les Verts  appellent  la population à venir s’exprimer lors de cette consultation. Ils ont participé à l’organisation de ce référendum et participeront à la tenue des urnes

Pour le Bassin, la plupart des mairies ont disposé une urne aux heures d’ouverture de la Mairie.

A Decazeville, une urne est disposée dans le hall d’accueil de la Mairie et une autre sera sur le marché vendredi matin.

Cliquez ici pour connaître les lieux et les horaires de votation en Aveyron : 

Photos : jlc

29.09.2009

Hervé Kempf à Rodez

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J’avais eu l’occasion dans plusieurs notes de vous parler des derniers ouvrages d’Hervé Kempf : « Comment les riches détruisent la planète » et « Pour sauver la planète, sortez du capitalisme ».

Hervé Kempf est journaliste. Il est spécialisé dans les questions relatives à l'environnement au journal "Le Monde". Après avoir défriché nombre de dossiers sur le changement climatique, le nucléaire, la biodiversité ou les OGM pour sa revue Reporterre, il a également travaillé à "Courrier International" et à "La Recherche".

Il sera le vendredi 2 octobre à 20 h 30 à la salle « La Doline » à Sébazac à l’invitation d’Alter Atika, ATTAC12, Comité Causse Comtal, Confédération Paysanne12, Jeudis en questions, Nature et Progrès, Panier Paysan de Nuces, pour une conférence intitulée : "Et si on profitait de la crise pour vivre autrement et mieux".

Cette conférence est la première partie d’une animation qui se poursuivra également le 10 novembre avec des ateliers-débats, des stands des associations et se terminera par une soirée festive.

Photo : jlc

11.09.2009

Taxe carbone : une occasion ratée

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« J’ai observé la sombre réalité du changement du climat de mes propres yeux… L’Arctique se réchauffe plus rapidement que n’importe quel autre endroit sur Terre… Nous avons le pied sur l’accélérateur et nous nous dirigeons vers un abîme » . Ce n’est pas un dangereux écologiste qui a dit cela il y a quelques jours, mais le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon.

 

A 100 jours du sommet de Copenhague, Nicolas Sarkozy avait les moyens de montrer aux yeux du monde la volonté de la France de s’engager dans un processus responsable de baisse des émissions de gaz à effet de serre. Raté !

Ce qui aurait pu constituer le début d’une fiscalité écologique juste est devenu un brouet indigeste qui ne conviendra à personne, si ce n’est à ces amis les riches.

 

Pourquoi ?

-       Parce que le coût de la tonne de CO2 à 17 euros n’incitera pas à changer ses comportements.

-       Ensuite parce que l’assiette de la contribution climat énergie n’est pas assez large car elle exclut l’électricité, également émettrice de CO2 notamment en hiver pour le chauffage.

-       Parce qu’elle est injuste puisqu’elle va toucher uniformément tout le monde sans prendre en compte les revenus de chacun et qu’elle va être compensé à tout le monde, y compris aux plus riches.

-       Parce que rien n’est prévu pour aider les plus pauvres à s’équiper pour économiser l’énergie et pour changer leurs modes de chauffage ou de déplacement.

-       Parce que rien n’est prévu pour aider les collectivités à mettre en place des transports collectifs efficaces en ville comme en zone rurale (bus, TAD, covoiturage, circulations douces…)

-       Parce qu’elle n’est pas claire pour la contribution de certaines professions fortement carbonées comme l’agriculture et les transports

-       Parce qu’il y a un flou sur la progressivité de cette contribution dans les années futures.

 

Nous avons eu droit à un discours grandiloquent de Nicolas Sarkozy avec des indignations feintes mais aussi beaucoup d’inexactitudes, pour un résultat qui est loin des efforts qu’il nous faudrait réaliser si nous voulons réellement assurer un avenir serein à nos enfants et nos petits-enfants.

Le fait que cette annonce ait eu lieu chez un fabricant de pompes à chaleur, qui n’est en fait que du chauffage électrique amélioré, en dit long sur la volonté de Sarkozy de favoriser l’industrie nucléaire, toute comme sa volonté de favoriser, comme certains malheureusement à gauche, la voiture électrique, véritable piège financier et écologique.

Enfin, n’oublions pas que la capacité à polluer et à produire des gaz à effet de serre est  proportionnelle aux moyens financiers dont nous disposons chacun et que donc, les plus gros pollueurs sont en général les plus riches. Il suffit pour s’en convaincre de lire le livre d’Hervé Kempf qui sera le 2 octobre à Sébazac à l’invitation d’Attac 12 : « Comment les riches détruisent la planète ». J ‘en conclus que la meilleure taxe carbone serait sans aucun doute une forte augmentation des tranches supérieures de l’impôt sur le revenu ainsi que de l'ISF. Sauf que là aussi, avec le bouclier fiscal et les niches fiscales, Sarkozy a choisi de faire le contraire.

 

Des avis sur cette taxe carbone :

 

Libération : Taxe carbone:«révolution des comportements» ou «rendez-vous raté»?

Yves Cochet : Taxe carbone : la trahison d’une bonne idée

Dominique VoynetTout cela ressemble à de l'écologie, mais ça n'est que du spectacle

Les eurodéputés Europe ÉcologieTaxe carbone : la fiscalité écologique fait pschitt !

Photo : jlc

31.08.2009

Une antenne relais interdite par le tribunal de Créteil au nom du principe de précaution

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C’est un jugement très important qu’a rendu le Tribunal de Créteil le 11 août dernier, jugement qui en appelle beaucoup d’autres puisque environ 70 plaintes sont actuellement en cours dans toute la France

Dans les motifs de la décision, il est écrit : « Il ressort des études scientifiques abondantes produites au dossier, même si ces études ne sont pas concordantes sur la certitude du danger causé par les ondes émises par les antennes relais de téléphonie mobile, qu’il existe au moins un risque découlant de la propagation des ondes envoyées par ces antennes pour la santé des personnes se trouvant à proximité»

« En prenant le risque de causer des dommages à la santé des occupants de l’immeuble, ORANGE contrevient tant au devoir de prudence qu’au principe de précaution qui s’imposent tous deux en la matière »

L’article 5 de la « Charte de l’Environnement » qui est adossée à la Constitution définie le principe de précaution : « Lorsque la réalisation d’un dommage, bien qu’incertaine en l’état des connaissances scientifiques, pourrait affecter de manière grave et irréversible l’environnement, les autorités publiques veillent, par application du principe de précaution et dans leurs domaines d’attributions, à la mise en oeuvre de procédures d’évaluation des risques et à l’adoption de mesures provisoires et proportionnées afin de parer à la réalisation du dommage. »

Le tribunal de Créteil a fait une bonne lecture de cet article et a conclu fort justement à un risque pour la santé des personnes se trouvant à proximité.

Alors maintenant que faire :

Laisser la jurisprudence faire évoluer le droit ou légiférer pour abaisser le seuil des intensités des antennes relais (0,6 V/m au lieu de 61 V/m actuellement pour le 3G), sans augmenter celle des téléphones qui est également élevée, comme le demandent les associations spécialisées ? Il est malheureusement peu probable que l’Etat  prenne l’initiative d’une loi dans ce sens.

Que peuvent faire les élus locaux face aux demandes des opérateurs en attendant l’évolution de la législation ?

D’abord, informer les populations concernées par des réunions de concertation préalable à toute installation voire la mise en place d’une commission municipale

Mais les élus locaux ont aussi des possibilités pour s’opposer à l’installation des antennes :

-       Ils peuvent proposer des moratoires qui doivent être limités dans le temps et dans l’espace (comme l’a fait Villefranche-de-Rouergue)

-       Ils peuvent refuser un permis de construire ou une autorisation préalable de travaux pour ces antennes en application de l’article R.111-15 du code de l’urbanisme qui mentionne que les demandeurs doivent respecter les préoccupations d’environnement définies aux articles L.110-1 et L.112-2 du code de l’urbanisme, parmi lesquelles figure le fameux principe de précaution. Ce sera alors à l’opérateur qui a vu sa demande refusée de porter l’affaire devant les tribunaux.

-       Les élus peuvent également redéfinir les conventions d’occupation du domaine public


J’ai été interrogé sur la décision du tribunal de Créteil par Radio Totem le 27 août dernier. En voici des extraits ci-dessous :


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Le même jour, sur cette affaire, voici l’interview sur radio Totem de Christiane Ballade de l’association PRIARTéM


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Je suis en passe de devenir un spécialiste des antennes relais pour les médias Aveyronnais puisque La Dépêche du Midi, qui a consacré la une de son cahier départemental de ce lundi sur ce sujet, me site abondamment.

En espérant simplement que cela servira au débat et fasse avancer la législation vers plus de protection des personnes et de l’environnement.

D'autres notes sur les antennes relais à Decazeville : 

Les antennes-relais en centre ville de Decazeville se multiplient.

Antennes relais : le Bassin aussi

11.08.2009

Visitez l’Aveyron, ses camions, sa pollution

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En lisant le compte-rendu de la dernière commission permanente du Conseil Général de l’Aveyron dans la presse locale, je me suis demandé si je ne rêvais pas.

Le Conseil général a décidé le 27 juillet dernier d’octroyer 100 000 euros à l'Association Transports Routiers Aveyron Services pour une « campagne de promotion du département à afficher sur des poids-lourds ».

Oui, vous avez bien lu, l’Aveyron, département que l’on veut vert et encore protégé de toute pollution, va faire sa promotion sur des camions, responsables dans une part importante du réchauffement climatique, de la pollution de notre planète et de milliers d’accidents mortels.

Apparemment, les élus et les stratèges de la communication départementale n’ont vu aucune incompatibilité à la promotion d’un Aveyron « Terre de sensations et pays d’exception aux grandes régions naturelles » (comme écrit dans les dépliants touristiques du CDT), sur des camions pétaradants et polluants dans toute l’Europe.

Cela démontre une fois de plus la schizophrénie et l’obsession maladive pour le goudron et le béton de nos conseillers généraux, qui va jusqu’à financer des routes dont ils n’ont pas la compétence.

Car ne nous y trompons pas, au-delà de la promotion de l’Aveyron, cette subvention constitue une aide déguisée au transport de marchandises par la route et vise donc aussi à promotionner le doublement de la RN 88 et son financement par le département

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Heureusement, il y a des départements qui, par des mesures sociales et écologiques efficaces, préfèrent avant tout contribuer à aider en priorité leurs concitoyens et à soutenir l'économie locale.

Il y a ceux qui ont mis en place des transports interurbains nombreux et peu chers afin de faciliter leurs déplacements.

Il y a les départements qui ont basé leur politique de déplacements et leur politique touristique sur les déplacements et le tourisme doux en aménageant des véloroutes et voies vertes et des sentiers de randonnée.

Et il y a aussi les départements qui aident les particuliers à améliorer les performances énergétiques et environnementales de leurs logements, avec un objectif de réduction des gaz à effet de serre. C’est le cas du Lot-et-Garonne qui a décidé dans sa commission permanente de 24 juillet dernier d’attribuer des subventions aux particuliers pour des travaux touchant le chauffage et l’eau chaude sanitaire (bois, pompe à chaleur, production d'eau chaude sanitaire solaire avec des capteurs intégrés en toiture…), mais aussi pour l'isolation thermique et la ventilation des habitations.

Bravo à toutes ces initiatives.

L’Aveyron est à l’inverse de ces départements, préfère utiliser une grande partie de son budget pour des projets polluants et onéreux, favorisant encore la « vieille économie », celle qui nous a conduit dans la grave crise économique, sociale et écologique que nous connaissons.

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La semaine passée a été marquée en Loire-Atlantique, par des manifestations pour s’opposer à la construction d’un nouvel aéroport à Notre-Dame-des-Landes. L’UMP et PS, main dans la main, soutiennent ce projet.

Promotion d’un mode de transport fortement producteur de gaz à effet de serre, destruction de terres agricoles, artificialisation des sols, bruit, étalement urbain, coût sous-estimé… tout est néfaste dans ce projet.

Les alternatives à ce projet ne manquent pas comme la construction d’une piste perpendiculaire à la piste existante sur l’ancien aéroport. Mais les élus locaux (droite et gauche confondus, sauf les Verts) et la Chambre locale de Commerce et d’Industrie veulent à tout prix la construction d’un nouvel aéroport.

rn88-borne.jpgOn retrouve la même coalition pour défendre le doublement de la RN 88 en Aveyron : élus locaux de droite et de gauche associés à la très libérale Chambre de Commerce et d’Industrie, dirigé par le très libéral patron « OGM » de la RAGT, ainsi que le Conseil Economique et Social de Midi-Pyrénées mené par le très libéral et anti-écolo Jean-Louis Chauzy. Si l’on rajoute le soutien de certains titres de la presse locale qui ne manquent pas une courbette pour le président du Conseil Régional Martin Malvy, lui aussi grand défenseur de ce projet, vous avez le même panorama qu’à Notre-Dame-des-Landes et dans beaucoup de projets de routes, d’autoroutes, de rocades, d’aéroports, actuellement lancés en France : ces projets sont soutenus seulement par une poignée d’élus de l’UMP et du PS, de notables et de lobbies favorables à cette économie ultralibérale (BTP, transporteurs routiers et aériens, CCI, Medef…), la population étant pour une grand part indifférente quant elle n’est pas franchement hostile.

On atteint là les limites de la démocratie et on peut vraiment dire que le « Grenelle de l’Environnement » est mort-né car ce ne sont pas quelques petites mesurettes qui vont contrecarrer tous ces projets polluants et la logique libérale et productiviste qui les porte.

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La manière dont réagit le PS face à ces dossiers touchant des infrastructures de transports devient même pathétique. Prenons le cas de la LGV Sud-Europe-Atlantique. Dans un courrier adressé à François Fillon, Ségolène Royal s’insurge contre le gouvernement qui veut obliger les Régions à cofinancer la future LGV SEA. Elle parle fort justement de «chantage immoral» et d’«irresponsabilité». Tout ça pour finir par dire qu’elle participera tout de même à son financement,  tout comme les autres Régions concernées et détenues pourtant par la gauche. Il serait si simple que ces présidents de Régions de gauche disent au gouvernement qu’il n’y aura pas un seul centime des Régions pour la LGV, qui relève de la seule compétence de l’Etat. Certes, c’est peut-être reculer la construction de cette ligne, mais cela aurait le mérite d’être clair et cohérent.

La seule question que doivent se poser les présidents de régions sur ce projet est : la priorité des investissements régionaux en matière de déplacements de nos concitoyens doit-elle être dans la construction de la LGV ? L’urgence n’est-elle pas dans la restructuration des réseaux ferrés régionaux  et des dessertes locales en train et en bus : réaménagement des voies, multiplication des lignes, achat de rames supplémentaires, amélioration des horaires et des temps de trajets, embauche de personnel… ? C’est d’ailleurs ce que commence à faire la Région Midi-Pyrénées avec le Plan Rail lancé dernièrement pour restructurer le réseau ferré. Mais les efforts dans ce sens seront malheureusement anéantis par les aides en parallèle à la route.

Le véritable progrès pour un habitant de l’Aveyron serait de pouvoir aller en train de Rodez, de Capdenac ou de Millau à Toulouse en 1 h ½ voire en 1 h ¼ et sûrement moins de pouvoir aller à Paris en 4 ou 5 h. Nos échanges avec la capitale régionale sont tout de même bien plus nombreux que nos échanges avec Paris.

Le progrès serait aussi de voir toutes les marchandises voyager par rail dans la traversée est-ouest de l’Aveyron de Tanus à Séverac et dans le sens nord-sud, par la ligne Beziers-Neussagues que certains voudraient condamner.

Voilà quelques idées qui seront sûrement d’actualité dans les prochains mois, notamment à l’occasion des prochaines élections régionales

23.07.2009

"Tuez les tous, Dieu reconnaîtra les siens

Alors que débutait hier, 22 juillet 2009, l’ « Estivada » de Rodez, grande fête culturelle de l’Occitanie, je n’ai pas vu un seul article ou une seule petite phrase à cette occasion sur un événement dramatique et atroce qui a secoué l’Occitanie il y a exactement 800 ans et qui a en quelque sorte marqué le début de l’annexion de ce territoire au royaume de France.

Gérard Onesta, lui, s’en est souvenu.

Caedite eos. Novit Dominus enim qui sunt ejus”

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Il y a exactement 800 ans aujourd'hui était prononcée la phrase "Tuez les tous, Dieu reconnaîtra les siens"…

En ce 22 juillet 1209, c'était le "Sac de Béziers". Une des pages les plus noires de notre Histoire. Toute la population de la ville - notamment les femmes et enfants réfugiés dans l'église de la Madeleine et la cathédrale Saint-Nazaire - était massacrée. Elle payait ainsi très cher d'avoir témoigné sa tolérance et sa solidarité envers ses 222 concitoyens cathares en refusant de livrer ces malheureux à l'armée croisée. Arnaud Amaury, Légat du Pape Innocent III, pouvait alors écrire à son maître : "Les nôtres, n'épargnant ni le sang, ni le sexe, ni l'âge, ont fait périr par l'épée environ 20 000 personnes et, après un énorme massacre des ennemis, toute la cité a été pillée et brûlée. La vengeance divine a fait merveille”.

Ce terrible jour marquait le début de l'annexion sanglante du Languedoc par la France. Car derrière cette Sainte Croisade au nom d'un Dieu d'Amour ("Tu ne tueras point", "Aime ton ennemi comme toi-même", etc.) il s'agissait surtout pour les Barons de nord de faire main basse sur les richesses de l'Occitanie. Le cycle de guerre ouvert par ce "grand masèl" (grande boucherie) ne se conclura en effet qu'en 1244 par le bûcher de Montségur où périra le dernier noyau de la résistance des "Parfaits", ceux qui se disaient chrétiens mais voulaient rompre avec l'infâme corruption de l'Église.

…/…

Notre société actuelle fait grand cas des crimes contre l'Humanité, en partant du principe salutaire qu'en taire un seul, c'est déjà cautionner le suivant. Pourtant, ce matin, j'ai écouté les radios, regardé les télés et parcouru la presse. On ne peut pas dire que la République fasse, en ce jour, un gros effort mémoriel si ce n'est mémorial. À Paris, on a toujours le Srebrenitza ou l'Oradour-sur-Glane très sélectif…

Il est vrai que les bonnes raisons ne manquent pas pour expliquer ce troublant silence médiatique : il est bon de feindre que la France a toujours été "une et indivisible", le droit-de-l'hommisme n'est qu'une médication à usage externe, et c'est la même main qui tient à la fois, le Sabre, le Goupillon et la Plume de l'Histoire.

Tout à l'heure, je quitterai Toulouse pour aller passer quelques heures à Béziers. Là-bas, nous risquons de nous retrouver bien peu à réfléchir, au creux des vacances, à ce que vaut le sang quand il a séché dans la mémoire collective.

Gérard ONESTA

12.07.2009

Tarifs EDF, le nucléaire se dévoile

TRICASTIN.pngLe tropisme nucléaire français et la gestion calamiteuse qui en a découlé sont les véritables causes de la demande d’EDF d’augmenter ses tarifs de 20 %.

Le rachat d’entreprises étrangères pour essayer de fourguer des EPR, ainsi que le paiement des dividendes des actionnaires ont fait qu’EDF a oublié d’investir en France, notamment dans les énergies renouvelables et surtout, éprouve des difficultés dans la maintenance de ses centrales nucléaires qui ont un taux de disponibilité en baisse constante et où le climat social se détériore jour après jour.

Un excellent article de Médiapart fait une analyse en profondeur de cette gestion calamiteuse et de cette fuite en avant financière pour annoncer le départ du PDG à l’automne (Téléchargez l’article en bas de note). Mais ce n’est malheureusement pas le départ de Pierre Gadonneix qui va permettre à cette entreprise de retrouver un peu de démocratie, notamment dans les choix technologiques, puisque tout est décidé à l’Elysée.

Pour Greenpeace, cette hausse des prix de l’électricité est le prix d’un naufrage, celui du tout nucléaire : « La hausse des prix de l’électricité va permettre à EDF de boucher les trous d’une stratégie basée uniquement sur le prétendu « renouveau » du nucléaire. Cette hausse est tout à fait inadmissible. Les français ne doivent pas payer le prix de la volonté d’EDF d’implanter des réacteurs EPR partout dans le monde. »

Pour Greenpeace, les solutions sont ailleurs : «  En investissant l’équivalent du prix d’un EPR dans les renouvelables, la cogénération et les économies d’énergie, on peut produire 2 fois plus d’électricité et créer 7 fois plus d’emplois pérennes. C’est vers cette stratégie que devrait se tourner EDF. »

Pour les Verts « L’augmentation des tarifs proposés, après l’emprunt lancé il y a peu, vient juste révéler à nouveau le coût exorbitant du nucléaire. Les Verts rappellent que grâce à l’efficacité énergétique et aux économies d’énergie, on peut à confort égal diminuer jusqu’à 50 % la consommation d’électricité en France et par conséquent les factures des usagers. Si financement il doit y avoir, c’est bien celui de la réduction du marché de l’électricité. L’électricité la moins chère est celle que l’on ne consomme pas. »

A l'inverse, il est désolant d’entendre les associations de consommateurs s’en tenir au seul tarif sans avoir une réflexion globale sur la production et la consommation énergétique en France en termes sociaux et économiques, mais aussi techniques, écologiques et sanitaires.

Encore une fois, je suis satisfait d’avoir comme fournisseur d’électricité Enercoop, qui me fournit une énergie propre car à partir de ressources renouvelables. Certes, le prix est supérieur à celui d’EDF, qui on le voit bien est sous-estimé, et est surtout le fruit d’une rente de situation qui perdure, payée par tous les contribuables français (même moi malheureusement, mais je n’ai pas eu le choix).

S'il fallait une preuve de plus que l'électricité fournie à partir de ressources renouvelables est moins chère que celle fournie à partir du nucléaire, il faut lire cet article de Reporter d'Espoirs, contenu dans la newsletters de l'ADEME, une sélection des "solutions environnementales mises en place à l'international". Il faut dire que cela se passe en Belgique ou Electrabel n'est pas subventionnée comme EDF. Pour une famille de trois personnes, l’offre de la coopérative Ecopower est la plus économique de Flandre, avec une économie annuelle allant de 64 € à 160 € par rapport à la concurrence.

Téléchargez l'article de Médiapart ci dessous :

01.07.2009

Les antennes-relais en centre ville de Decazeville se multiplient.

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Dans une précédente note, j’avais évoqué l’installation d’une antenne-relais téléphonique sur les hauteurs de Decazeville, à Pomayrols. J’avais précisé que nous avions donné un avis favorable assorti de conditions dont celle « d’informer sur ce projet les riverains dans un rayon de 1 000 mètres, au préalable, avant implantation ». Ce que n’a pas fait Orange car la loi ne l’obligeait à le faire.

J’avais précisé que je m’opposerai par contre à tout projet d’installation d’antenne en centre-ville.

Je n’ai pas eu à attendre longtemps, puisque après une première demande infructueuse pour installer une antenne près du cimetière et sur le toit de l’immeuble du Crédit Agricole (à 50 m de la crèche et de l’école Sainte-Foy), Orange vient de faire une nouvelle demande d’installation de trois antennes pour le GSM (41 V/m) et pour l’UMTS (61 V/m), téléphonie de troisième génération. Ces antennes seront situées en centre-ville sur le toit du central téléphonique, place Decazes.

Cette demande a fait l’objet d’un débat en bureau municipal. Je me suis bien sûr opposé à l’installation de ces antennes en vertu du principe de précaution. Mais je me suis retrouvé bien seul.

 

Le principe de Précaution

Pourtant, mes arguments contre l’installation de ces antennes n’ont pas manqué. J’ai fait remarquer que Serge Roques, maire de Villefranche-de-Rouergue, appliquait le principe de précaution en prenant un arrêté municipal pour ne plus installer d’antenne à Villefranche pendant un an, et que nous ne pouvions pas faire moins.

Par contre, son collègue Castrais de droite ne prend pas la même précaution, et autorise comme à Decazeville, l’installation d’antennes en centre-ville, faisant fi des plaintes des riverains.

Inscrit dans notre Constitution, le principe de précaution est pertinent dans ce domaine, en attendant les deux rapports qui permettront d'y voir un peu plus clair : celui de l'Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement et du travail (Afsset), qui doit remettre sa copie en septembre, et la grande étude européenne Interphone dont la date de publication ne cesse d'être reportée, faute d'accord entre les scientifiques sur les conclusions.

Va-t-on, avec les ondes électromagnétiques, faire la même erreur que l’on a faite pour l’amiante ? On savait depuis 1906 que l’amiante était cancérigène, et ce n’est qu’en 1997 que l’on a interdit son utilisation en France. Conséquences : des millions de tonnes de déchets d’amiante à traiter et surtout des centaines de milliers de morts prématurées et sûrement encore 100 000 décès dans les années à venir. Si l’on avait appliqué le principe de précaution en 1906, toutes ces personnes auraient été sauvées.

 

Le Grenelle des ondes

J’ai précisé que les associations environnementales étaient sorties fortement déçues du « Grenelle de la téléphonie mobile » , car le rapport final ne mentionne aucune mesure pour diminuer la puissance des antennes, les principales mesures traitant de l’utilisation des téléphones mobiles eux-mêmes.

De nombreux maires ont compris qu’il y avait des doutes sur l’innocuité de ces antennes et s’opposent à l’installation de ces antennes et remettent en cause l’utilisation du wifi dans les locaux municipaux (bibliothèques, écoles, mairies…).

A l’occasion du grenelle de la téléphonie mobile l’association Robin des Toits a proposé le 6 mai la mise en place d’expérimentation grandeur nature du seuil de précaution sanitaire de 0.6V/m défendu par les scientifiques internationaux indépendants, de nombreuses associations et par les Verts.

Cette proposition a reçu le soutien du vice-président de l'Association des Maires de France, de la CRIIREM, d’Ecologie Sans Frontière, de la Confédération Syndicale des Familles et de l’Association des Familles Rurales.

En Aveyron, une commune s’est même portée candidate, Olemps.

Les citoyens de la "conférence parisienne ondes, santé, société", mise en place en juin 2008, ont recommandé, jeudi dernier, la prudence à la mairie de Paris, avec notamment l'abaissement du seuil d'exposition aux ondes électromagnétiques et l'arrêt de l'installation d'antennes-relais à proximité des établissements scolaires.

 

Pour un moratoire des antennes à Decazeville

Pourquoi donc tant de précipitation à Decazeville pour accueillir ces antennes en centre ville alors qu’il y en a déjà de nombreuses tout autour de la cité tant GSM qu’UMTS, et même déjà une sur le central téléphonique et que de nouvelles demandes se multiplient sur les communes voisines ?

A partir du moment on l’on donne à un opérateur l’autorisation d’installer une antenne relais en centre-ville, il sera difficile de la refuser à d’autres opérateurs.

Pourquoi ne pas appliquer pour les antennes le principe de précaution, comme nous l’avons fait pour les OGM en prenant un arrêté municipal ?

Les Verts ont justement voté lors du dernier CNIR une motion très argumentée relative aux ondes électromagnétiques et à la téléphonie mobile que je soutiens totalement.

Je persiste donc et je signe : pas d’antennes téléphoniques en centre ville de Decazeville d’une puissance supérieure à 0,6 V/m.

 

Pour lire l'article de la Dépêche du Midi du 31 juillet 2009 :

Les élus brouillés sur les antennes-relais en ville

Pour lire l'article de Midi Libre du 29 juillet 2009 :

Téléphonie : de nouvelles antennes en centre-ville

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