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30/10/2018

Non, je n'irai pas manifester contre la hausse du coût des carburants

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Oui, il faut bien admettre que les coûts de carburants pour les automobilistes augmentent fortement depuis quelques temps. C’est certes dû aux taxes mais aussi à l’augmentation du baril.

Mais il ne faut pas oublier que les coûts des carburants ne représentent selon l’Automobile Club que 10% à 15%, selon que l’on roule à l’essence ou au diesel, des coûts de revient globaux de notre véhicule, pour une voiture achetée neuve. Car il faut aussi compter avec l’achat du véhicule (neuf ou occasion), son assurance, son entretien, les péages, le stationnement…

Le secteur des transports est responsable de près du tiers des rejets de CO2 en France dont plus de la moitié est imputable aux voitures.

Il serait donc raisonnable, tant pour diminuer nos rejets de CO2 que pour réaliser des économies conséquentes, de modérer l’usage de notre automobile, pour ceux qui en ont une bien sûr, car il y a beaucoup de monde en France qui n’a pas d’automobile.

Mais il faut bien avouer que nous ne sommes pas très raisonnables, car nous sommes toujours prompts à prendre notre voiture pour faire des trajets très courts. Ces trajets pourraient se réaliser à vélo et même à pied pour peu que nous puissions le faire en toute sécurité.

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Mais pour les trajets plus longs, comment faire ?

J’en ai fait l’expérience récemment.

J’ai du me rendre samedi à Toulouse pour assister à une cérémonie de mariage. J’ai donc choisi comme la plupart du temps de le faire par le rail au lieu de prendre mon véhicule personnel roulant pourtant à l’essence.

Il faut avouer que ce n’est pas simple de prendre le train de Decazeville à Toulouse. Il faut d’abord prendre un car régional de Decazeville à Villefranche-de-Rouergue, puis prendre un TER de Villefranche-de-Rouergue à Toulouse-Matabiau et l’inverse pour le retour.

Départ donc à 9h47 de Viviez-Decazeville pour une arrivée à Toulouse-Matabiau à 12h21. Pour le retour, départ de Toulouse à 17h04 et arrivée à Viviez à 19h34. Durant mon court séjour à Toulouse, j’ai tout de même eu le temps de déjeuner, d’assister à Salle des Illustres au Capitole à la cérémonie de mariage et de me promener dans Toulouse une paire d’heures.

Les temps de trajets en train et en voiture sont à peu près équivalents. Mais le train vous dépose en centre-ville tandis que les temps en voiture n’incluent pas les bouchons à l’entrée et la sortie de Toulouse, les bouchons à l’intérieur de Toulouse et le temps pour trouver une place de stationnement.

viviez-toulouse-voiture.PNGLe coût du trajet en voiture est estimé à environ 30€ l’aller (ViaMichelin), soit 60€ l’aller-retour, comprenant les coûts de carburant et de péages, hors coûts extérieurs (achat, entretien, assurance, stationnement… du véhicule).

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Sur ces horaires de week-end, le coût en car et en train est intéressant : 21,50€ l’aller-retour (voir image des billets de TER). En partant à 10h44 de Villefranche, j’ai bénéficié d’un billet EvasiO’ à 1€.

Carte_Pastel.pngJ’ai bien sûr également une carte LibertiO’ (24€/an) qui me permet d’avoir des avantages sur le retour Toulouse-Villefranche. Il est à noter qu’on ne peut pas bénéficier totalement de ces tarifs si l’on prend un billet unique Viviez-Decazeville – Toulouse-Matabiau. Il vous en coûtera 28,80€ l’aller retour au lieu de 21,50€. Ce que je trouve incompréhensible ! J’ai donc été obligé de scinder mes achats de billets pour obtenir les meilleurs tarifs.

L’amplitude des horaires d’ouverture de la gare de Viviez-Decazeville ayant été réduite (fermeture à 15h30 le vendredi !), il ne m’a pas été possible de prendre mes billets à cette gare à mon grand regret. J’ai donc été obligé de prendre mes billets sur internet : https://www.ter.sncf.com/occitanie. C’est certes facile, mais je me mets à la place des personnes qui n’utilisent pas internet, notamment les personnes âgées ; comment vont-elles faire ?

vignette-crit'air-masquée.jpgConcernant le bilan des rejets de CO2, il aurait été de 45,87 Kg avec ma Modus essence de 2011 (0,139Kg/Km X 165 X 2) et il a été de 9,88 Kg en train aller-retour.

 

Tableau comparaison train:voiture Viviez-Dkz-Toulouse.jpg

Il n’y a donc pas photo ; le temps de trajet est identique en train et en voiture (hors bouchons), le coût de ce voyage en transports collectifs est financièrement intéressant et son impact sur le climat et la qualité de l’air est très nettement meilleur. Quand au risque d’accident, il est quasiment nul en train.

Les avantages du train s’amoindrissent si l’on fait le trajet à plusieurs personnes, mais ils restent toujours meilleurs en train avec trois à quatre personnes.

Alors comment expliquer que beaucoup plus de monde choisisse tout de même la voiture ? Par confort ? Par tranquillité ? Par le fait de ne pas être contraint par des horaires ? Par habitude ?

Sur le trajet de Viviez à Villefranche, nous n’étions que deux à l’aller dans le bus (moi-même et une personne montée à Lanuéjouls qui se rendait à Lyon en train en passant par Toulouse) et j’étais tout seul au retour. Je suis persuadé que de nombreuses personnes du Bassin et au delà sont allées à Toulouse (où aux arrêts intermédiaires) ce samedi là.

 

Que faudrait-il alors pour que nous choisissions plus souvent les transports collectifs et les modes actifs (vélo et marche à pied) pour les courts trajets ?

Que les transports collectifs soient beaucoup plus nombreux, un peu plus confortables et moins chers pour certains trajets.

Que l’on développe beaucoup plus la mobilité partagée, covoiturage privé (BlaBlaCar…) ou organisé type RézoPouce ou Plans de Déplacement Entreprises, l’autopartage entre particuliers ou organisé par des collectivités (type Citiz)…

Que les élus donnent sa juste place sur l’espace public aux autres modes de mobilité que la voiture afin que les vélos et les piétons puissent circuler et déambuler en toute sécurité.

Si les élus faisaient tout cela, nous ferions des énormes économies dans les dépenses de carburants y compris à la campagne et pour ceux qui sont obligés de travailler à quarante kilomètres de leur domicile. Nous pourrions même nous passer d’avoir une automobile individuelle ou à minima une deuxième automobile dans un foyer et nous ferions alors des énormes économies. Et quels bienfaits pour la qualité de l’air que nous respirons et pour le climat !

 Dans ces conditions, je serais d’ailleurs le premier à abandonner ma voiture. Abandonner sa voiture ne veut pas dire cesser de conduire. Avec l’argent économisé, ont peut louer de temps en temps un véhicule en autopartage ou en location par exemple. Mais on a pas la charge financière d’un véhicule en permanence, y compris pour les 95% du temps où il ne roule pas.

C'est à tout cela que les taxes prélevées sur la vente des carburants doivent servir, pas pour donner des primes à l'achat de voiture électriques à des gens qui ont déjà deux ou trois voitures ou construire des autoroutes.

Alors oui, en tant que petit retraité, je suis moi aussi excédé par toutes les augmentations de dépenses obligatoires que nous subissons de ce gouvernement de brutes épaisses et de lobbyistes qui refuse de plus d’assumer sa responsabilité. Car oui, globalement, les petits avantages comme la baisse relative de la taxe d’habitation ne compensent pas et de loin les fortes augmentations des dépenses obligatoires que nous subissons.

Mais ne comptez pas sur moi pour aller manifester avec l’extrême droite ou les « bonnets rouges » locaux contre la hausse des carburants le 17 novembre. Même si d’autres revendications se sont depuis greffées à l’ordre du jour de cette manifestation, elle respire encore trop l’extrême droite et la fachosphère.

marche pour le climat3.jpg

Il y a des motifs beaucoup plus importants de manifester que la hausse du gazole et je ne manque d’ailleurs pas l’occasion de le faire, que ce soit pour défendre les retraites, les salaires, contre le chômage organisé, pour demander d’agir rapidement contre le réchauffement climatique ou contre l’horrible projet Solena à Viviez et Aubin qui va finir par achever le Bassin.

Par contre le 17 novembre, j’enfourcherai mon vélo pour demander avant tout plus de transports collectifs moins chers et plus d’aménagement cyclables et piétonniers.

Et je participerai le 24 novembre à la journée sans achat, mais ce sera presque un jour habituel pour moi. Ce qui ne m’empêchera pas de passer comme tous les samedi chez mes petits commerçants alimentaires locaux.

Et le 8 décembre, je participerai à une nouvelle marche pour le climat.

 

Addendum du 17 novembre 2018 :

Le texte ci-dessous du sociologue Erwan Lecœur résume très bien le fond de la ma pensée et mes inquiétudes pour l'avenir :

Erwan Lecoeur

8 h

On est bien peu de choses... tout s'accélère. Il y a encore quelques années, je ne pensais pas voir de mon vivant une telle confusion des esprits s'affaisser devant le spectacle triste des colères pétrolifères et des petites frustrations recuites de la middle class automobile. Il semble qu'une certaine idée de la politique et de l'intérêt général prend un sérieux coup dans l'aile, ces jours-ci. A force de ne plus savoir où elle habite, la gauche-qui-parle-pour-les-pauvres a peut-être perdu le sens des valeurs, en tentant l'aventure de l'opportunisme populiste. Mais à ce jeu de "plus populo que moi", depuis 40 ans, c'est Le Pen qui gagne à la fin. Lui qui fut très proche de Poujade peut voir aujourd'hui les médias lui promettre un hommage par les 3/4 du pays. En jaune, couleur des briseurs d'espoir. Devant une telle victoire "culturelle" d'une caricature aux allures du beauf de Cabu, la famille Le Pen pourra remercier tous les thuriféraires du "bon peuple" qui n'ont plus comme boussole qu'un fil FB et quelques Tweets rageurs. Fonce, automobiliste en colère, l'abîme est proche et plus rien ne s'oppose à ton hubris délirant. Les calculs absurdes du macronisme déclinant et les pincettes avec lesquelles les bien-pensants ont légitimé ta révolte de sale gosse ont permis ta victoire dans les rues et les réseaux sociaux. Après avoir expliqué comment tu te sens frustré, moqué, ignoré, tu pourras devenir la sève d'une force ardente qui se lève, brune et odorante, comme un litre de gasoil. Et on verra beaucoup de "Rhinocéros" au volant d'un SUV...

Erwan Lecœur est un spécialiste de l'extrême droite et du populisme. Il sait de quoi il parle.

Hier soir, en séance plénière du Conseil Régional d'Occitanie, les élus du Rassemblement National, après avoir enfilé des gilets jaunes, ont demandé à ce que le Conseil régional renonce au demi centime d'euro par litre de carburant que la région reçoit pour la TICPE (Taxe Intérieure de Consommation de Produits Energétiques). Cette taxe régionale presque insignifiante pour chacun d'entre-nous rapporte 60 millions d'euros que la Région met dans le pot des 782 millions d'euros consacrés au transports dans les transports scolaires. Devant les grossièretés et les insultes des conseillers régionaux RN, la présidente à été obligée de demander une fin de séance anticipée. Tout simplement honteux que des représentants du peuple se comportent de telle manière.

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Photos : cliquez sur les photos pour les agrandir :

1, 5, 6 et 7 : jlc, licence Creative Commons

2 : application ViaMichelin

3 : billets TER

4 : Carte Pastel : Région Occitanie

8 : page Facebook de Véronique Vinet, conseillère régionale

30/09/2018

Tour Cabrol, PADD, désengagement de l’Etat…, un conseil municipal marathon

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Je ne vais bien sûr pas faire un compte rendu intégral de ce conseil municipal marathon qui a duré presque quatre heures. Je vais juste développer quelques points importants où je suis parfois intervenu.
 

Un PADD où on ne veut pas la participation des habitants :

Pourquoi d'ailleurs avoir un débat sur le PADD (Programme d'Aménagement et de Développement Durable) lors de ce conseil municipal alors qu’il a déjà été voté en conseil communautaire ? C’est dire si l’avis des conseillers municipaux semble important pour la communauté de communes qui pilote ce PLUi. C'est avant de le voter en conseil communautaire que ce débat aurait du avoir lieu.

D'ailleurs, pour ceux qui ne sont pas dans le premier cercle (et ils étaient parfois peu nombreux), l’élaboration de ce PLUi (Plan Local d'Urbanisme Intercommunal) avance à marche forcée. Pourquoi ?

Quant à la participation de la population demandée pour ce genre de de document prescripteur en matière d'urbanisme et au respect de son avis, on attend toujours !

Lors de la réunion publique du 25 avril à Firmi sur le PADD, il avait été promis à l’assistance un compte-rendu qui serait visible sur le site de la communauté de communes où toutes les prises de paroles auraient été rapportées. Je n’en ai pas trouvé.

A considérer l’article de presse relatant cette réunion ou le document qui nous a été remis pour ce conseil municipal comme un compte-rendu de cette réunion, les diverses interventions émises le 25 avril ne sont pas notées et surtout ne sont pas prises en compte.

Vous ne prévoyez pas, me semble-t-il, de consultation du public pour la troisième phase, celle du zonage. C’est bien sûr regrettable, d’autant plus que vous savez très qu’il est très difficile de modifier quoi que se soit au moment de l’enquête publique.  Je pense donc qu’il serait souhaitable de mettre les documents de zonage à la disposition du public dans les mairies et d’organiser éventuellement une réunion publique, pourquoi pas à Viviez d'ailleurs.

SOLENA, un projet pratiquement à l’opposé de tous les axes de ce PADD :

Les principales remarques présentées le 25 avril à Firmi, tout comme à la réunion publique sur le diagnostic du 13 février à Livinhac, consistaient à démontrer l’incompatibilité du PADD avec le projet Solena ou l’inverse, l’incompatibilité du projet Solena avec le PADD, ce qui revient au même.

Le tour de passe-passe consistant à modifier d’urgence les PLU de Viviez et d’Aubin afin de pouvoir entrer éventuellement ces modifications d’office dans le PLUi, serait honteux. Vouloir transformer 120 ha de zone Nx en zone Ux alors que l’on demande justement aux collectivités de ne pas toucher aux zones naturelles et agricoles serait incompréhensible. D’autant plus que M. le maire de Viviez avait promis en 2009 de ne pas y toucher.

Si l’on regarde en détail ce PADD, on s’aperçoit que le projet Solena va à l’encontre de pratiquement tous ses axes :

  • Relever le défi démographique et affirmer le rôle structurant des centres : pensez-vous réellement que ce projet va attirer de nouveaux habitants ? Il va plutôt faire fuir des habitants actuels sans en attirer de nouveaux, notamment à Viviez mais aussi dans les communes urbaines.
  • Prendre en compte le facteur risque : pensez-vous qu’installer une usine du secteur des déchets, classé troisième secteur accidentogène en France, à 300 mètres des premières maisons de Viviez-Bourg et à 200 mètres d’une usine classée Seveso ne va pas aggraver l’exposition de la population aux risques ? Sans parler des odeurs, des bruits, des poussières, des camions, de la pollution de l’air déjà importante à Viviez comme le relevait ATMO-Oramip avant que l’on supprime les stations de mesure de la qualité de l’Air. J’avais d’ailleurs signalé dans un mail à la communauté de communes ce problème lors du diagnostic de l’Etat Initial de l’Environnement du PLUi. Aucun document de ce PLUi n'en fait état ! Comme j’avais signalé les conséquences néfastes pour la santé des riverains des envols de poussières toxiques du crassier de Dunet, malheureusement toujours non confiné. Je rappelle que le conseil municipal de Decazeville du 16 juillet 2008 (mais aussi celui de Viviez) avait émis à juste titre de fortes réserves concernant ce crassier lors de l’enquête publique sur la « dépollution » des terrains d’Umicore. Depuis, rien n'a bougé. Pas un mot d’ailleurs dans ce PADD sur les risques sanitaires clairement identifiés sur ce territoire.
  • Quand au risque climatique, il n’en est nullement question dans ce PADD. C’est pourtant le risque le plus important auquel nous sommes confrontés actuellement. « Le monde a deux ans pour agir contre le changement climatique, sinon il affrontera des conséquences désastreuses ». Cette phrase n’est pas d’un dangereux écologiste, mais d’Antonio Guterres, secrétaire général à l’ONU, prononcée la semaine passée. Pas vingt ans, ni dix, deux ans seulement pour agir. Visiblement, ce PADD s’en moque complètement.
  • Changer l’image du territoire :Pensez-vous sincèrement que le projet Solena va contribuer à changer l’image de notre territoire ? Bien sûr que non ! Il va l’enfoncer un peu plus dans une image de territoire pollué et invivable.
  • Poursuivre la reconversion des sites industriels participant au rayonnement du territoire (on a visiblement pas peur du ridicule avec des grandes envolées) : Pensez-vous sincèrement que cette industrie des déchets pratiquement en centre-ville et à proximité d’un axe routier fréquenté va participer au rayonnement du territoire ? Bien sûr que non ! Elle va contribuer à éloigner des créateurs d’activités intéressantes et réellement créatrices d’emplois.
  • Pensez vous aussi que ce projet va contribuer au développement des activités touristiques comme le préconise le PADD ? Bien sûr que non ! En arrivant à Viviez, les touristes ne penseront qu’à une chose : fuir ce secteur !
  • Préserver les réservoirs de biodiversité et les corridors écologiques, valoriser les paysages locaux : Pensez-vous que le projet Solena va contribuer à ce rôle ? Bien au contraire ! On assiste depuis quelques années à un retour de la faune et la flore sur les secteurs de Dunet, de l’Igue du Mas et de Cérons avec des espèces remarquables. Une partie de l’Igue du Mas est d’ailleurs classée en ZNIEFF et un corridor écologique y passe au sud. L’installation d’une décharge va à l’encontre de la biodiversité de ce secteur et de ce corridor écologique ?
  • Inscrire la reconversion industrielle dans la transition énergétique : Pensez-vous que Solena est la bonne solution pour répondre à ce domaine ? Bien sûr que non ! Il serait préférable d’installer par exemple à Dunet et même à Cérons une centrale photovoltaïque qui serait de plus facilement raccordable au poste de Godin. 

Comme vous le voyez, le projet Solena va pratiquement à l’opposé de tous axes défendus par ce PADD qui est pourtant loin d’être audacieux.

Solena, c’est de plus un projet du siècle dernier pour traiter les déchets qui ne servira qu’à engraisser une entreprise privée sur le dos des contribuables aveyronnais.

Quand allez vous stopper ce projet néfaste pour notre territoire ?

Je dois signaler que la population est très en colère contre ce projet, et ce n’est malheureusement pas le seul motif de mécontentement sur le Bassin. Il ne faudra pas s’étonner si elle démontre plus bruyamment cette colère, comme il ne faudra pas s’étonner des réactions des associations contre toutes les enquêtes publiques et les décisions qui se préparent, que ce soit pour les modifications de PLU, l’annexion d’un chemin de l’Igue du Mas ou du projet SOLENA en lui même. Vu le déroulement peu démocratique de l’élaboration de ce PLUi, il ne faudra pas non plus s’étonner de le voir attaqué au Tribunal Administratif si la communauté de communes s’entêtait à ne pas vouloir tenir compte de l’avis de la population.

Il ne s’agit bien sûr pas d’une « déclaration de guerre » comme j’ai pu l’entendre dire récemment. Si « guerre » il y a, elle a été déclaré par certains élus départementaux, communaux et communautaires qui complotent depuis des années avec les industriels pour pouvoir installer ce projet à Viviez et Aubin, au mépris de la population.

 

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Convention de coordination police municipale et force de sécurité de l’Etat

A travers cette convention et d’une autre délibération contenue dans un point suivant de l’ordre du jour de ce conseil municipal (voisin délateur), on s’aperçoit malheureusement du désengagement réel et continu de l’Etat dans le domaine de la sécurité publique. Faute de personnel de force de sécurité suffisant qu’il se refuse d’augmenter, l’Etat rejette aux communes et aux citoyens des fonctions et des rôles qui ne sont ne sont pas les leurs et qui posent de plus des problèmes éthiques.

Concernant cette convention, une phrase me gène dans l’article 4. « En cas de constatation de crime et délit flagrant, tels que définis dans l’article 53 du code de la procédure pénale, punis d’une peine d’emprisonnement, les agents de la police municipale interpellent l’auteur,rendent compte à l’officier de police judiciaire de permanence du commissariat de police et se conforment aux instructions. »

Ça ne me semble pas normal que la police municipale puisse interpeller les auteurs de crimes. Pour moi, c’est le rôle de la police nationale, uniquement. Que la police municipale ait un rôle de prévention et d’information dans ce domaine en faisant de l’ilotage dans les rues de la ville pour assurer notamment ses missions de surveillance de la circulation, du stationnement, de la propreté, de la salubrité et de la tranquillité publique, bien sûr.

Qu’elle travaille de concert avec la police nationale, bien sûr.

Mais elle ne peut pas appréhender des auteurs de crimes graves. Les agents municipaux se mettent en danger. La police municipale doit se limiter aux contraventions, éventuellement aux délits mineurs.

On sait très bien où l’on veut nous mener. Après le déploiement de caméras de surveillance aussi onéreuses en investissement et fonctionnement qu'elles sont inutiles, l’étape suivante, c’est l’armement de la police municipale, et j’y suis opposé car armer les agents municipaux, c’est les mettre en danger.

Ce qu’il faut au contraire, c’est augmenter fortement les forces de sécurité de l’Etat sur le terrain, pas que dans les grandes agglomérations, pour pouvoir assurer la tranquillité qu’est en droit d’attendre chaque citoyen de notre pays où qu’il se trouve. Si on ne fait pas cela rapidement, on ment à la population et on continuera à faire le lit de l’extrême droite.

Christian Teyssèdre - Il faut plus de policiers nationaux à Rodez.jpg

Pour défendre la sécurité de chacun, je m’abstiendrai donc contre cette convention qui pénalise de plus financièrement les communes en leur donnant des rôles supplémentaires sans leur donner réellement les moyens de les assurer.

 Je ne suis pas le seul à demander plus de policiers nationaux. Le maire de Rodez fait de même dans Centre-Presse du 2 octobre 2018. Il a sûrement plus de chance que moi d'être entendu puisque le ministre de l'Intérieur vient à Rodez jeudi pour assister aux obsèques de Daniel Filoé, directeur général adjoint à la mairie de Rodez en charge de la sécurité assassiné en pleine rue.

Participation au label « ville active et sportive »

1187570343.2.jpgConcernant la promotion des activités physiques accessibles au plus grand nombre, vous n’êtes malheureusement pas les mieux placés

Je vais d’ailleurs en profiter pour répondre en même temps au point 21 de ce conseil municipal qui traite des rues Lassale et Miramont. Cela fera gagner du temps. 

Vous faites partie des collectivités en France les moins favorables aux cyclistes, qui pratiquent pourtant une activité physique, de plus bonne pour la santé.

En 4 ans, vous n’avez rien fait pour le vélo à Decazeville. Pire, vous interdisez sans raison valable des aménagements qui rendraient service aux cyclistes dans leurs déplacements quotidiens sans pénaliser les autres modes de mobilité. Le Plan Vélo annoncé par le Gouvernement la semaine passée renforce encore plus les dispositions pour faciliter la circulation des cyclistes en ville. Ce plan Vélo comporte d’ailleurs un volet pour développer l’activité physique pour la santé en lien avec les ministères des Sports et celui des Solidarités et de la Santé.

Mais de plus, vous réalisez des aménagements de voirie défavorables aux cyclistes, qui sont en contradiction avec la loi LAURE

C’est le cas pour les travaux des rues Lassale et Miramont où une bande cyclable était prévue dans le sens de la montée dans le Schéma modes Doux réalisé par la communauté de communes Decazeville-Aubin en 2010 (J’avais déjà évoqué ce problème dans une note précédente). Vu la largeur de ces rues, le bureau d’étude de l’époque avait jugé que c’était facilement réalisable, surtout quand on voit maintenant à certains endroits la largeur des trottoirs où il ne passe que peu de monde. Et ne me dites pas que c’est le département qui vous a imposé cet aménagement car c’est le maire qui est responsable de la voirie et de son règlement en agglomération.

Il y a donc chez vous une volonté délibérée de pénaliser les cyclistes dans leurs déplacements quotidiens sur la ville et donc de ne pas favoriser pleinement l’activité physique à Decazeville.

Je soupçonne que ce label est plutôt destiné à favoriser l’obtention de quelques subventions pour des équipements. Mais avec la politique cyclable que vous appliquez, cela risque d’être difficile.

 

Lutte contre la délinquance – Dispositif de participation citoyenne

decazeville,decazeville-aubin,tourcabrol,ruecayradeVoilà donc le deuxième volet du désengagement de l’Etat dans le volet sécurité.

Comme l’Etat ne veut plus embaucher de nouvelles forces de sécurité, il favorise l’installation de caméra de surveillance dont l’entretien et l’exploitation est à la charge des communes et veut faire maintenant travailler gratuitement les citoyens dans un dispositif qu’on appelle pompeuse « participation citoyenne ».

Cette pratique de « voisin vigilant » est particulièrement détestable et rappelle des pratiques honteuses de notre histoire. On devrait plutôt l’appeler « voisin délateur ».

C’est la mise en place d’un système organisé de délation destiné à instrumentaliser le sentiment d’insécurité de nos contemporains

Ce n’est pas le rôle de chaque individu de se substituer, sans formation ni travail de réflexion et déontologique, aux forces de l’ordre.

Je souscris aux déclarations de la LDH sur ce sujet : « Garantir la sécurité des personnes et des biens est une mission de l’État et confier ce rôle aux citoyens n’est qu’une supercherie destinée à dissimuler ses carences et son désengagement dans son rôle régalien de sécurité publique.

Les forces de l’ordre républicaines et une Justice avec des moyens enfin amplifiés sont la seule réponse à l’insécurité ; des « milices citoyennes » ne peuvent se substituer à une police de proximité et à un travail de prévention et de suivi efficace ».

 

BUDGET VILLE - DM 3

« La décision de lancer la rénovation de la piscine municipale nécessite un maître d’œuvre. Des études complémentaires sont également nécessaires. Le montant prévu est de 40 000 €. »

Les travaux de la piscine municipale se montent d’après le point 16 de ce conseil municipal à 700 000 €. On peut estimer la maîtrise d’œuvre pour ce genre de travaux entre 10 et 13% du montant des travaux soit entre 70 000 € et 91 000 € s’il n’y a pas de dépassement de budget. En out cas, loin des 40 000 € proposés dans cette DM.

Concernant l’application des règles de publicité, y-a-t-il eu un avis d’appel à la concurrence pour le choix de ce maitre d’œuvre dans un journal habilité à  recevoir des annonces légales ou au BOAMP ?

C’est obligatoire pour un marché d’un montant estimé supérieur à 90 000 euros et même fortement recommandé pour les marchés inférieurs.

Il m’a été fait la réponse que non, il n’y a pas eu d’avis d’appel à la concurrence.

Nous verrons par la suite si cette décision n’engendre pas de contestation.

 

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Piscine municipale :

Lors du dernier conseil municipal (que nous avons approuvé en début de cette séance), j’avais posé cette question : Quand allez-nous nous présenter un plan de financement sincère et réaliste afin de pouvoir réaliser les travaux avant la réouverture de la piscine en 2019 ? A la lecture de ce nouveau plan de financement, le troisième, ce n’est malheureusement pas encore pour cette fois ci.

Plan financement -250918.jpg

J’ai bien compris que ce plan de financement est présenté pour solliciter la subvention DETR, mais il doit être réaliste et sincère.

Et il y a à minima un problème pour la subvention de la Région. La somme de 230 000 € n’est pas possible selon les critères de la Région.

Depuis 2015, les critères relatifs aux financements de la Région pour les équipements sportifs étaient très clairs. Les bénéficiaires devaient être des « EPCI* à fiscalité propre », c’est à dire la communauté de communes pour notre territoire. Mais il était également précisé que « dans l’hypothèse d’une maîtrise d’ouvrage communale pour des raisons dûment justifiées, l’aide de la Région est conditionnée à l’apport d’un fonds de concours communautaire au moins équivalent à l’aide de la Région ».

Dans votre plan de financement, l’aide la Région est de 230 000 € et celle de Decazeville Communauté de 20 000 €. Soit 11 fois moins. Ce n’est donc pas possible.

D’autres critères de la Région ne sont d’ailleurs pas plus respectés. Il faut que l’aide de la Région n’excède pas la part d’autofinancement du projet. Ce qui n’est aussi pas le cas puisque l'aide de la Région est très supérieure à la part d'autofinancement (230 000 € de la Région pour 149 000 € d'autofinancement).

Je sais qu’il y a parfois des négociations pour ces aides, mais elles se font à la marge, pas pour décupler l’aide.

Je pense d’ailleurs que vous avez déjà une petite idée de la subvention régionale pour ce projet. Et on est loin de 230 000 € portés sur ce plan de financement, mais tout de même au dessus des critères.

Concernant le financement du CNDS, le fait d’être maintenant en ZRR (Zone de Revitalisation Rurale) garantit un peu plus cette participation puisque le CNDS a décidé pour 2018 de cibler ses aides vers les territoires ruraux en difficulté, notamment ceux inscrits dans les ZRR. Cette aide peut même atteindre maintenant 20 % du montant subventionnable tout en restant cumulable avec d’autres aides comme celles accordées au titre de la dotation d’équipement des territoires ruraux (DETR). C’est le moment de faire agir vos connaissances dans les structures nationales de la natation.

Je note que la part d’autofinancement dans ce projet est minime (149 000 €), surtout si l’on tient compte des économies que vous avez réalisé cette année en n’ouvrant pas la piscine (le coût de fonctionnement annuel se situe entre 80 000 € et 100 000 €).

Il est donc hors de question que je vote cette fois ci ce plan de financement qui n’est absolument pas réaliste et sincère. Il serait peut-être temps de présenter un plan de financement concret si nous voulons la réouverture de la piscine pour 2019.

 

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Démolir la Tour Cabrol ? :

C’est un dossier complètement à charge qui a été présenté mardi soir en conseil municipal concernant la Tour Cabrol. A l’issue de la lecture d’une courte fiche et des explications du maire, il était difficile de voter contre la démolition de cette tour. Ce point n’était de plus pas inscrit à l’ordre du jour et a été rajouté le soir même. La minorité du conseil municipal n’avait pas eu accès à la présentation du projet du Crédit Agricole alors que la majorité le connaissait bien puisque la demande du Crédit Agricole date du 6 juin. Ce point a été de plus présenté au bout d’un conseil municipal marathon de presque 4 heures.

Tout cela est bien sûr inacceptable ! Les conseillers municipaux ont été abusés. On ne peut pas décider de l’avenir d’un tel bâtiment et des conséquences financières de cette décision en un quart d’heure, sans éléments complets, et à la fin d’un interminable conseil municipal.

Il est donc souhaitable que cette délibération soit annulée par le prochain conseil municipal, le plus tôt possible.

Si la majorité souhaite le remettre à l’ordre du jour, il est indispensable de fournir aux conseillers municipaux dans les temps impartis un dossier complet comportant à minima un descriptif historique et technique de l’immeuble, un bilan complet des coûts de fonctionnement des dernières années et de son entretien, des devis précis pour la rénovation de cet immeuble (qui sont soi-disant « exorbitants »), et des devis détaillés pour la déconstruction de cet immeuble. Tous ces éléments permettront aux conseillers municipaux de pourvoir choisir en toute connaissance de cause l’avenir de ce bâtiment important du patrimoine historique et du paysage de notre ville.

Cette tour construite de 1972 à 1975, est de style architectural « brutaliste », mouvement initié par Le Corbusier dont plusieurs réalisations sont maintenant classées aux monuments historiques en France et dans le monde.

Nous ne pouvons bien sûr pas tout conserver, mais il me semble que nous avons assez démoli de bâtiments emblématiques de notre ville. On ne peut pas demander le label « Villes et Pays d’Art et d’Histoire » et continuer en même temps de saccager notre patrimoine historique restant.

Je dois rajouter que le projet prévu par le Crédit Agricole pour s'accaparer seul cet espace, est une catastrophe, tant d'un point de vue architectural que d'intégration dans le paysage urbain de la place Cabrol et la rue Cayrade.

Ne dramatisons tout de même pas. Mardi soir ce n’était qu’une décision de principe qui était demandée aux élus. Si cette décision n’était pas annulée, la suite logique serait le vote d’un budget pour cette démolition. Et là, ce sera une autre histoire. En espérant simplement qu’on leur donnera toutes les données pour faire ce choix… pas comme mardi dernier.

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-1, 2, 4, 5, 6 et 8 : jlc : licence Creative Commons

- 3 : Centre-Presse

- 7 : Plan de financement - Ville de Decazeville

 

16/07/2018

Nicolaï Vavilov, accusé de « bricoler avec des fleurs », magnifiquement réhabilité par Mario Del Curto

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Ch. Soubeyran - M. Del Curto - G. Brunet - B. Decron - J-M Cosson.jpgLe photographe suisse Mario Del Curto n’est pas inconnu en Aveyron. Il est venu maintes fois à Viviez dans le bassin industriel de Decazeville photographier l’artiste local Guy Brunet et ses œuvres pour illustrer un ouvrage écrit en collaboration de Charles Soubeyran et édité à l’occasion des expositions de l’artiste viviézois à Lausanne, Nantes et Rodez dont ils étaient aussi les commissaires de l’exposition. Mario Del Curto était d’ailleurs au vernissage de l’exposition ruthénoise au musée Denys-Puech à l ‘été 2017 (deuxième à partir de la gauche, à côté de Guy Brunet).

Dans son dernier ouvrage : Les graines du monde – L’Institut Vavilov, Mario Del Curto aborde un tout autre sujet qui visiblement le passionne autant. Et on le comprend. En effet, la vie et l’œuvre monumentale accomplie par le grand botaniste-explorateur Nicolaï Vavilov sont sans commune mesure. L’institut Vavilov à Saint-Pétersbourg qu’il a créé est la plus ancienne banque de graines du monde : 330 000 spécimens y sont répertoriés, conservés, régénérés (blé, orge, seigle, cassis, fraises, etc…) et une pièce conserve près de 380 000 feuilles d’herbiers. C’est donc un trésor inestimable que des sociétés privées tentent encore de s’approprier. Mais une autre menace pèse sur cet institut. Le manque permanent de moyens financiers empêche sa modernisation indispensable des infrastructures, des bâtiments aux équipements. Les revenus tellement bas des scientifiques ont du mal à attirer des successeurs. L’enjeu est donc très important car l’avenir alimentaire de la planète dépend de la conservation de la mémoire génétique des plantes.

blé-éthiopie.jpgAu delà des images montrant cet Institut, ses collections et ses scientifiques dévoués, Mario Del Curto nous amène à travers ses magnifiques photos à découvrir les différentes stations d’expérimentation dans toute l’ancienne URSS, notamment dans les paysages grandioses du Pamir au Tadjikistan ou à Altamy en Kazakhstan.

Nicolaï Vavilov a réalisé des explorations dans tous les continents, écrit de nombreux ouvrages scientifiques, organisé la mise en place d’un système agronomique efficace en Union Soviétique. Vavilov était né en 1887. Protégé par Lénine, il fut condamné à mort par Staline qui lui reprochait de « bricoler avec des fleurs, des feuilles, des greffes et autres non-sens botaniques au lieu d’aider l’agriculture, comme le fait l’académicien Lyssenko ». Il meurt de faim dans une prison de Saratov en 1943. Un immense gâchis et une immense perte pour la connaissance et la conservation de notre patrimoine alimentaire. Il fut réhabilité en tant qu’académicien en 1956.

vavilov-cover.jpgLe talent de photographe et d’écrivain de Mario del Curto nous aide à mieux connaître Vavilov, l’homme et son œuvre. Le témoignage de nombreux scientifiques dans cet ouvrage complète cette connaissance. Voilà un ouvrage qui tombe à pic pour nous rappeler que les ressources en eau et en produits végétaux pour l’alimentation seront les clés de la survie de l’humanité dans les prochaines décennies.

 

Les graines du monde – L’Institut Vavilov – Mario Del Curto – 2017 – 320 pages 22 X 30,5 – 45 € – Till Schaap Edition – Actes Sud

 

A lire : La fiche d’Actes Sud 

 

Photos : Cliquez sur les photos pour les agrandir

1 et 3 : photos tirées de l’ouvrage

2 : jlc, licence Créative Commons

4 : couverture de l'ouvrage : Actes Sud

27/06/2018

Inauguration du parc photovoltaïque citoyen de Brengues

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C’est samedi 30 juin qu’aura lieu l’inauguration du parc photovoltaïque citoyen de Brengues dans le Lot.

En tant que (petit) sociétaire de la SCIC SAS CéléWatt qui a porté ce projet, j’ai donc participé à cette aventure que j’ai suivi sur le site internet de CeleWatt, mais aussi en rencontrant plusieurs fois les porteurs de projet dans diverses manifestations dans le Lot.

brengues2.jpgJe ne pourrai malheureusement pas être à Brengues pour cette inauguration car je serai à ce moment là à une manifestation à Rodez contre l’installation des compteurs Linky.

Mais j’ai tenu à passer voir l’installation le week-end dernier sur les hauteurs de Brengues, sur le causse.

brengues3.jpgCette installation produit déjà ses premiers kWh qu’elle injecte dans le réseau. Cette production est vendue à Enercoop dont je suis client et aussi sociétaire. La boucle est bouclée.

Voilà un financement participatif auquel je suis fier d’avoir modestement participé.

 

Photos : jlc - Licence Creative Commons - Cliquez sur les photos pour les agrandir

05/06/2018

Les gros tuyaux du numérique en Aveyron

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Visiblement, le numérique est une affaire d’hommes en Aveyron. Une centaine de personnes assistait à la Rencontre des Territoires Innovants Occitanie le 16 mai dernier aux Archives départementales de l’Aveyron à Rodez. 90 % de l’assistance était masculine et sur les seize intervenants de la matinée, il n’y avait que deux femmes.

Et les interventions ont été à la hauteur de cette assemblée : viriles, techniques voire technicistes, laissant peu de place à l’écologie, à l’imagination et à l’épanouissement des êtres humains si ce n’est tout à la fin, dans la présentation du « Jardin D’Arvieu » comme par hasard présenté par une femme. 

Il faut dire qu’en matière de numérique, le département a décidé d’y mettre le paquet ! L’Aveyron a préféré les gros tuyaux en voulant installer la fibre optique partout et rapidement, alors que d’autres départements ont préféré un programme d’installation évolutif. Pas sûr que l’Aveyron soit gagnant. Déjà financièrement, le programme aveyronnais va coûter très très cher aux contribuables aveyronnais (environ 262 M€, dont 80 M€ financés par les collectivités locales, selon le conseiller départemental Sébastien David) et se fera donc au détriment d’autres domaines qui me semblent plus importants comme l’action sociale.

connexion.jpgEnsuite, avons nous tous besoin de la fibre optique ? 90 % des Aveyronnais se satisferaient d’une connexion comme la mienne en ADSL 2.

Mais voilà, les lobbies de l’industrie numérique ont visiblement l’écoute des conseillers départementaux et autres élus. Il faut dire que ces lobbies sont très actifs en Aveyron à l’image de SisMic et de son président que l’on voit partout (Sismic, EDF, Face 12…). Plus les tuyaux sont gros, plus on fera passer de choses et les marchands de données, d’équipements et de logiciels se frottent déjà les mains.

Sauf que les grands gagnants de ce numérique « hard tech » seront d’abord les GAFA et leurs amis. Il restera peut-être quelques miettes pour quelques start-up qui rêvent d’être racheté par un plus gros et de toucher ainsi le jackpot, mais beaucoup resteront aussi sur le tapis.

 

On fonce dans le mur

Cette course aux tuyaux plus gros, aux réseaux herziens toujours plus nombreux, au big data, aux appareils de plus en plus nombreux, puissants et sophistiqués, aux applications aussi nombreuses qu’inutiles, au web marchand où tout s’achète et se vend… pose des problèmes graves.

Le premier est celui de l’inégalité sociale d’accès aux technologies et services liée aux moyens financiers de chacun pour l’achat et l’entretien des appareils et des moyens de connexion, mais aussi liée aux compétences personnelles de chacun.

Et ces inégalités dans le domaine du numérique sont grandissantes.

 

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Le danger est aussi lié à la surconsommation de matières premières et de métaux rares pour fabriquer tous les appareils utilisés par ces technologies. De nombreux économistes tirent la sonnette d’alarme sans que malheureusement grand monde ne les écoute pour l’instant. On nous ressasse que « l’économie circulaire » sera la solution. Sauf que la complexité de ces appareils, la multiplicité des matériaux et leur mélange réduisent considérablement leur recyclage. Et les matières premières s’épuisent.

Que coutent nos smartphones ? - Socialter#HS-0518.jpeg

Mais les consommations d’énergies de tous ces appareils connectés ou pas, des data centers et des réseaux a de quoi également inquiéter, tout comme leur contribution au réchauffement climatique.

Le journal du CNRS s’y est penché :

« Si l’on considère la totalité de son cycle de vie, le simple envoi d’un mail d’1 mégaoctet (1 Mo) équivaut à l’utilisation d’une ampoule de 60 watts pendant 25 minutes, soit l’équivalent de 20 grammes de CO2 émis »

Les millions d’ordinateurs et de smartphones, les milliers de data centers et de kilomètres de réseaux utilisés pour traiter et acheminer ces données engloutissent des quantités considérables d’énergies. « Le secteur des nouvelles technologies représente à lui seul entre 6 et 10 % de la consommation mondiale d’électricité, selon les estimations – soit près de 4 % de nos émissions de gaz à effet de serre… Et la tendance est franchement à la hausse, à raison de 5 à 7 % d’augmentation tous les ans. »

Environ 30 % de cette consommation électrique est imputable aux équipements terminaux – ordinateurs, téléphones, objets connectés –, 30 % aux data centers qui hébergent nos données et, plus surprenant, 40 % de la consommation est liée aux réseaux, les fameuses « autoroutes de l‘information ». 

Orange - Greenwashing -Pub-CP-050618.jpgLes entreprises de ce secteur sont bien sûr conscientes de l’impact très important de leurs activités sur l’environnement et commencent à s’inquiéter de la prise de conscience d’une partie de leurs clients. Mais leur réponse consiste jusqu’à présent à quelques actions superficielles et à lancer des campagnes de pub qui s’apparentent plus à du « greenwashing ».

 

Développons plutôt un numérique « low tech » et bienveillant

En l’état actuel, la raison recommande donc une utilisation modérée du numérique et des équipements, y compris nos appareils personnels.

Des architectes renommés ont d’ailleurs rédigé dernièrement « un manifeste pour une frugalité heureuse » qui aborde notamment le volet technique :

« La frugalité en énergie, matières premières, entretien et maintenance induit des approches low tech. Cela ne signifie pas une absence de technologie, mais le recours en priorité à des techniques pertinentes, adaptées, non polluantes ni gaspilleuses, comme des appareils faciles à réparer, à recycler et à réemployer. En réalisation comme en conception, la frugalité demande de l’innovation, de l’invention et de l’intelligence collective. »

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C’est cette même frugalité que recommande l’ingénieur spécialiste des ressources non renouvelables Philippe Bihouix dans son ouvrage « L’Âge des low tech » sorti en 2014 et qu’il développe dans un interview récente parue dans Socialter.

Cette réflexion existe bien sûr aussi en Aveyron mais elle n’a malheureusement pas été abordée lors de ces Rencontres à Rodez.

Une expérience intéressante nous a tout de même été présentée sur la commune d’Arvieu en Aveyron, commune qui a obtenu le prix « Smart village 2017 » attribué par Ruralitic. Un smart village est un village qui contribue à la réalisation de la triple transition numérique, écologique et sociétale en vue de développer la qualité du vivre-ensemble sous le signe de la bienveillance sans préjugés. C’est un « espace d’opportunité pour vivre différemment, pour vivre mieux, en créant un équilibre entre ville et campagne. C’est un territoire connecté, sobre et durable, entreprenant, d’égalité devant les services publics ou on développe des espaces de démocratie participative, de médiation numérique notamment auprès des enfants…

jardin-d'arvieu.jpgArvieu a tout compris. Le projet de « Jardin d’Arvieu » est un tiers lieu qui regroupe plusieurs espaces conviviaux et propose une expérience locale de coworking, coliving, de séminaires et de formations. Il est soutenu par les élus, par la population et par les acteurs professionnels et culturels

darwin - espace coworking.jpgEn janvier dernier, j’avais visité l’écosystème Darwin à Bordeaux. Un site où l’écologie, les consommations énergétiques, la solidarité, le numérique… sont pris en compte en permanence. 600 personnes travaillent sur ce site. Il préfigure la société que nous devons mettre en place dès aujourd’hui, une société solidaire, frugale, écologique, joyeuse, curieuse, créative et résiliente. Une société qui visiblement ne plait pas à tout le monde et que certains voudraient voir disparaître à Bordeaux.

Les territoires ruraux comme l'Aveyron ne doivent pas être en reste et doivent comme à Darwin ou à Arvieu libérer ce désir de vivre ensemble, d'écologie et de vouloir créer dans un cadre de vie encore un peu protégé.

Pour cela, il n'y a pas besoin de gros tuyaux partout, juste de la bonne volonté et un peu d'imagination. 

Photos : 

1 - jlc © creative commons

2 - jlc : capture d'écran

3 - Téléphones portables - Matériaux - Socialter#28-0418 ©Socialter

4 - Téléphones portables - Socialter#HS Zéro déchet -0618

5 - Pub Orange - Centre-Presse Aveyron -050618

6 - Socialter#28-0418 - ©Socialter

7 - Jardin d'Arvieu ©Jardin d'Arvieu

8 - Darwin : jlc ©creative commons

18/02/2018

Decazeville - Conseil municipal - Tout dans la "com"

decazeville,mairie,conseil municipal

Cela semble une tendance depuis quelques mois, la majorité accentue sa "communication" vers l'extérieur. Entendons-nous bien, "communiquer" n'est pas informer. C'est même le contraire. Une "com" outrancière cache souvent l'inaction ou des actions inefficaces. La "com" de la majorité prépare aussi une autre étape : celle des prochaines élections municipales. Car ne nous y trompons pas, la majorité est déjà en campagne. 

Le site officiel et la page Facebook de la ville qui devraient pourtant être réservés à de l’information municipale à destination des citoyens de la ville et de visiteurs intéressés par notre ville, sont devenus au fil des dernières semaines des moyens de communication au service de la majorité municipale, dédiés à la gloire d’un grand homme, son maire, et de son équipe. C'est à minima un problème d'image et de crédibilité pour une ville de 5 600 habitants qui prétend être le centre d'un territoire de 20 000 habitants.

Et on a appris de plus jeudi soir l’organisation en juin d’un colloque qui pour le moins que l'on puisse dire est visiblement "orienté" et de plus onéreux. Retour sur le dernier conseil municipal.

 

Le débat d’orientation budgétaire :

Pas de surprise lors de ce point. La majorité défend son grand principe de réduction de la masse salariale alors que le travail à réaliser pour les Decazevillois reste le même. Bilan : des travaux et services qui ne sont plus totalement assurés, le personnel municipal qui est à bout et de plus en plus d’interventions d’entreprises extérieures.

Decazeville,mairie,conseil municipal,Pour justifier ces mesures, la majorité nous a sorti la rengaine de la baisse des dotations de l’Etat depuis quelques années. Si les dotations directes baissent, j’ai tenu à rappeler que l’Etat nous aidait tout de même beaucoup à travers des dotations à l'investissement, notamment pour la rénovation de bâtiments et de l’éclairage public à travers les aides prévues dans le cadre des TEP CV (Territoires à Energie Positive pour la Croissance Verte). Mais aussi pour d’autres aménagements importants. Concernant par exemple les aménagements prévus dans le cadre du programme AMI et de la rénovation de la rue Cayrade, la part du financement des diverses structures de l’Etat est importante. Le plan de financement que nous avons voté plus tard dans la soirée montre une part de 45 % d’aides de l’Etat (1 636 947 € sur 3 657 052 €). La part communale restant à financer au final n’est que de 31 % sur trois ans. Ce n’est certes qu’un plan de financement et il n’est pas sûr qu’à l’arrivée, ce pourcentage soit atteint. Mais nous n’en serons pas loin.

Sans vouloir défendre à tout prix l’Etat qui organise depuis des années la métropolisation de notre pays en délaissant les zones rurales comme la notre, convenons-en tout de même que toutes ses aides ne baissent pas.

Donc, baisser les dépenses de fonctionnement, notamment celles de personnel municipal, n'est pas justifié et est un choix de la majorité.

 

Un colloque en forme de communication, aux retombées incertaines, qui va coûter cher et dont on connaît par avance le résultat !

L’organisation d’un colloque en juin prochain intitulé : « Rencontre de Decazeville, nos idées sont notre futur » respire bien la vision dogmatique libérale qui anime la majorité. La note qui présentait ce colloque portait d'ailleurs une charge en règle contre ceux qui se sont battus et se battent encore contre l’abandon par l’Etat des territoires comme le notre, accusés de « marginaliser encore plus un bassin d’activités traditionnelles » et d’être dans une « posture passéiste ». La gauche et les syndicats sont visiblement dans l'œil de nos élus majoritaires.

decazeville,mairie,conseil municipal

Dans la note qui nous a été distribué, le coût de cette opération de communication, car il faut bien l'appeler ainsi, est très élevé, près de 90 000 €, pour un prévisionnel de 60 congressistes, soit 2 à 3 fois le budget du dernier Salon Eco-Energies que la communauté de commune et les élus majoritaires de Decazeville ont lamentablement abandonné et qui rassemblait pourtant 3 à 4 000 visiteurs. Malgré des précisions données le soir du conseil, ce colloque me semble un gaspillage inutile d’argent public. Il sonne plutôt le début de la campagne électorale pour les élections municipales de la majorité, aux frais des contribuables decazevillois et de partenaires publics.

D'autant plus que le thème de ce colloque a été largement évoqué ces derniers mois sur le Bassin.

Decazeville,mairie,conseil municipal,Le CGET Massif-Central et le CAUE Aveyron avaient organisé un colloque sur un thème similaire le 1er décembre dernier à Decazeville pour peu de frais (pour la commune du moins) qui était de haute tenue.

Je ne l’ai pas évoqué jeudi soir, mais je pense aussi à la rencontre organisée par l’ADEBA avec le journaliste et écrivain Philippe Gagnebet il y a environ un an à Viviez où 80 personnes étaient présentes, mais avec peu d'élus malheureusement. Decazeville,mairie,conseil municipal,Philippe Gagnebet est l’auteur de deux ouvrages, un sur l’ancienne ville minière Loos-en-Gohelle dans les Hauts de France qui a bien rebondi grâce à son maire écolo, l’autre sur l’écosystème Darwin à Bordeaux, un " lieu commun " où 600 personnes travaillent dans un environnement écologique et solidaire. Je connais bien les deux sites pour m'être rendu sur place et pour avoir rencontré les principaux  porteurs de ces deux exemples.

Decazeville,mairie,conseil municipal,Par ces témoignages, l’ADEBA entendait faire réfléchir sur l’avenir de notre territoire qui doit s’engager vers des activités plus écologiques et plus solidaires.

Le contraire de ce que fait la mairie de Decazeville en soutenant par exemple le projet Solena à Viviez et Aubin ou en ayant dernièrement modifié le PLU qui permet maintenant à des entreprises polluantes de venir s’installer à la zone du Centre, près du centre-ville. Un non sens !

Une enquête du CGET réalisée par IPSOS en juillet dernier, révélait pourtant que le souhait d’un meilleur cadre de vie est la demande prioritaire des populations de nos territoires en déprise, y compris chez les chômeurs et les personnes en grande précarité.

Car oui, nous sommes un territoire en déprise, nous faisons partie des « villes en décroissance » (Shrinking Cities) comme les nomme La Gazette des Communes. C’est un phénomène planétaire généré par ceux qui organisent la mondialisation libérale de l’économie depuis 30 à 40 ans.

Nous sommes en décroissance démographique, générationnelle (population vieillissante), économique, commerciale… et cela nous oblige à réagir. Mais les solutions doivent être totalement différentes de celles qui nous ont conduit à cet état de décroissance. Nous devons pratiquement repartir de zéro et profiter des opportunités que cela crée en repensant totalement nos rapports avec l’économie traditionnelle, avec les aménagements urbains, avec l'environnement, avec la participation de la population aux politiques publiques…

Et je dois dire que c’est plutôt mal parti avec nos actuels élus qui  sont incapable d’imaginer une autre société que celle dans laquelle nous vivons actuellement avec ses pollutions, ses inégalités, ses  violences... La nouvelle société doit au contraire être frugale, écologique, conviviale, solidaire et résiliente, avec d'autres aménagements urbains, d'autres services et un autre fonctionnement des rapports entre citoyens et élus.

 

Au fait, ne faudra-t-il pas faire entrer les dépenses occasionnées par ce colloque dans les dépenses de campagne de la " liste Marty " aux prochaines élections municipales de 2020 ?

 

Dix-huit panneaux publicitaires type "sucette" de plus, dont certains éclairés !

Vous avez ci-dessous mon intervention in-extenso :

Decazeville,mairie,conseil municipal,« J’aurais pu applaudir des deux mains cette délibération si elle s’était arrêtée aux premières phrases : la décision d’enlever les quelques panneaux existants (ceux du type " sucette ").

Ce n’était pas parce qu’ils étaient usagés que ces panneaux publicitaires dégradaient le paysage urbain et entachaient la notoriété de la ville comme indiqué dans la note qui nous a été remise, c’était du fait de leur simple présence.

En dénonçant fort justement le contrat avec Clear Chanel, vous aviez donc l’occasion de les enlever tous. Et cela aurait été très bien et j'aurais applaudi des deux mains.

Mais voilà qu’au lieu de rendre notre ville agréable en bannissant de ses rues ce mobilier publicitaire, vous en installez au contraire de nouveaux ! Et pas qu’un peu : 18 panneaux publicitaires dont certains, comble de la bêtise et du gaspillage énergétique, seront éclairés !

Comment ne pas voir une contradiction évidente entre le fait de demander des subventions pour réduire nos consommations énergétiques à travers notamment les aides prévues dans le cadre du TEP-CV, notamment pour l’éclairage public, et de proposer d’installer des panneaux publicitaires éclairés, de plus aux frais de la commune.

Nous sommes déjà envahis par la publicité à Decazeville.

Alors qu’il faudrait réaliser un vrai règlement intercommunal sur la publicité extérieure qui soit restrictif et pourquoi pas mettre en place la taxe locale sur la publicité extérieure, vous proposez de rajouter des panneaux publicitaires.

Les panneaux publicitaires sont une pollution, mais ils sont surtout une agression car on ne peut malheureusement s’y soustraire à moins d’avoir les yeux rivés au sol… et encore, ça risque de devenir impossible puisqu’on teste déjà la publicité sur les trottoirs. Les publicitaires savent très bien qu’avec ces panneaux, ils stimulent des pulsions d’achats irréfléchis qui conduisent à une surconsommation dangereuse pour l’endettement des ménages et pour notre planète en surchauffe.

La publicité, ce n’est absolument pas de l’information ! La publicité c’est du mensonge et de la manipulation.

L’information sur des produits ou des services, on l’a si on le souhaite dans des journaux spécialisés comme « Que choisir » ou « 60 millions de consommateurs », pas avec la publicité.

Ces panneaux gérés par le concessionnaire, seront surtout monopolisés par les grandes marques et les grandes enseignes pénalisant une fois de plus le petit commerce du centre ville… et sous leur nez. Les petits commerces, déjà à la peine et pressurisés par des demandes publicitaires, notamment émanant de la mairie pour son agenda et sa voiture publicitaire, ne pourront bien sûr pas suivre.

Decazeville,mairie,conseil municipal,Quant à utiliser une face par panneau pour la commune, si c’est pour la mettre au service de cirques avec animaux sauvages (comme on l’a déjà vu), de cascadeurs polluants et pétaradants ou toute autre « animation » de bas niveau qui donnent une image désolante de notre ville, je n’en vois pas l’utilité. 

Il y avait pour notre commune un projet de signalétique porté par la communauté de communes que l’on ne voit toujours pas venir. Cette signalétique serait beaucoup plus utile. Alors que des communes ont déjà été aménagés avec ces panneaux de signalétique, ou en est-on pour Decazeville ?

Il est évident que vos panneaux publicitaires réduiraient considérablement l’impact de cette signalétique pourtant indispensable.

Decazeville,mairie,conseil municipal,Où en est-on aussi des panneaux réservés à l’affichage d’opinion et des associations malheureusement utilisé parfois par l’affichage commercial (les cirques par exemple, mais pas seulement) ? Des panneaux ont été enlevés pour travaux et n’ont pas été remplacés. La surface d’affichage pour ce genre de communication est obligatoire et réglementé.

Enfin, dans cette convention dite « précaire » pour l’affichage publicitaire, la durée de l’Autorisation Temporaire d’Occupation est tout de même de neuf ans. C’est inacceptable !

 

Non Monsieur le maire, ces panneaux vont enlaidir et banaliser le paysage urbain de notre ville et ne vont pas être utiles aux Decazevillois et aux gens de passage. »

 

Durant mon intervention, j’ai bien sûr du faire face aux ricanements, voire aux rires francs de certains élus de la majorité, mais j’en ai l’habitude. Ils me galvanisent et me renforcent au contraire dans mes convictions.

La seule réponse positive reçue à l’issue de mon intervention est la confirmation que les panneaux de signalétique seront installés bientôt. Mais ces panneaux de signalétique seront bien sûr difficilement visibles car occultés par les panneaux publicitaires.

Les panneaux publicitaires risquent d'encombrer un peu plus des trottoirs étroits et de gêner les déplacements des piétons.

Nous devons combattre l’agression publicitaire omniprésente et promouvoir des modes de consommation plus sobres. Je ne saurais trop vous conseiller de vous abonner ou d’acheter chez votre libraire le journal « La Décroissance », qui invite à une réflexion sur nos comportements parfois skysophrènes, souvent avec humour, dérision (autodérision même), cynisme, mais aussi avec sérieux, le tout agrémenté de dessins de Pierre Druilhe, bien connu sur le Bassin et dans le monde de la BD.

Decazeville,mairie,conseil municipal,Si vous le pouvez, procurez-vous son dernier ouvrage réalisé sur des scénarios de Domi (Vincent Cheynet) « Vive les décroissants » qui reprend les aventures décapantes et hilarantes d’une bande de décroissants, aventures publiées dans le journal « La Décroissance ». Peut-être le réseau des médiathèques du Bassin en a-t-il fait l'acquisition ? Sinon, il devrait le faire.

Car oui, il faut aller vers une décroissance de la consommation de biens, mais une décroissance qui soit joyeuse et solidaire. Il faut la réaliser ensemble et chacun d’entre nous doit prendre sa part selon son degré d’impact sur le climat, l’environnement et l’utilisation de matières premières non renouvelables. Il est évident que ce sont les plus riches et les plus pollueurs qui doivent montrer l'exemple et prendre la plus grande part de cette décroissance ( Lire : " Comment les riches détruisent la planète " - Hervé Kempf). C’est de toute façon obligatoire si on ne veut pas que la nature s’en charge elle même ou qu’une catastrophe arrive.

Je dois rajouter que, compte tenu de ma modeste pension de retraite, je n'ai aucun mérite à appliquer à moi-même les principes de décroissance que je défends ci-dessus.

Mais je pense aux millions de personnes qui sont elles plongées dans une décroissance subie et forcée qui touche à leur santé, à leur vie professionnelle, familiale et sociale et parfois à leur équilibre psychique. Tout cela pour qu'une poignée d'autres personnes accumulent légalement et illégalement des biens et des fortunes incommensurables dont ils se servent en partie pour saccager notre planète.

 

Vendre un immeuble pour rentrer de l’argent, être obligé d’en louer un et y réaliser des travaux onéreux :

Un point de ce conseil municipal concernait la convention d’occupation précaire entre la commune et la CPAM de l’Aveyron afin de loger l’association Familles Rurales.

Decazeville,mairie,conseil municipal,On se souvient que pour pouvoir installer l'association Familles Rurales, la majorité avait sabordé l’association 2KZ qui assurait jusqu’il y a encore peu l’animation des jeunes par convention avec la mairie.

Pour bien montrer que cela était terminé, la majorité avait même vendu le local ou résidait cette association et y menait ses activités pour un prix d’un peu plus de 60 000 €.

Mais il fallait bien des locaux pour loger l’association qui a pris le relais, association choisie par la majorité.

Decazeville,mairie,conseil municipal,Un local a été trouvé, loin de ces quartiers où résidaient la plupart des jeunes fréquentant 2KZ, mais proche d’autres jeunes, ceux de l’école Sainte-Foy, institution chouchoutée par la majorité municipale depuis le début du mandat. La majorité attribue chaque année une subvention importante pour les maternelles de cette institution, alors que cela n’est pas obligatoire. Des dépliants de cette institution sont même à disposition dans le hall de la mairie alors que l’école publique Jean-Moulin est en difficulté, et il semble y avoir une certaine tolérance pour la pose de panneaux d’affichage sauvage émanant de cette institution pour annoncer ses « portes ouvertes ».

Cette convention entre la CPAM et la mairie prévoit un loyer gratuit durant un an pour compenser les travaux de séparation des locaux entre la CPAM et le local réservé à Familles Rurales. Le loyer est également gratuit durant une autre année pour compenser les travaux à l’intérieur du local. Deux ans de loyer gratuit mais après ce sera plein pot !

Decazeville,mairie,conseil municipal,Le loyer étant de 15 000 €/an, c’est donc 30 000 € de travaux que la mairie va entreprendre sur un local loué ! Ces 30 000 € aurait été beaucoup mieux utilisés en rénovant le local existant s’il n’avait pas été vendu. Mais rester proche des quartiers HLM de la ville, proche du collège, du lycée, d’une école publique (Sailhenc) sans être éloigné de l’école publique du centre ville (Jean-Macé) n’intéressait visiblement pas la majorité.

Les contribuables decazevillois paieront donc un loyer pour un local, alors que la mairie en avait un à sa disposition qu’elle a préféré vendre. Une histoire de fous… ou d’incompétents.

 

Decazeville,mairie,conseil municipal,D’autres sujets ont été abordés lors de ce conseil municipal comme l’avenir du musée de géologie Pierre-Vetter fermé maintenant depuis de long mois. L’audit du bâtiment vient d’être rendu mais nous n’en savons pas plus. Tout se passe comme si les élus de la majorité préparaient quelque chose sans vouloir en parler et que notre insistance hier soir a bousculé un peu leurs plans de communication. J’ai tout de même tenu à rappeler que des travaux de protection de la toiture étaient budgétisés en 2014 et que ces travaux n’ont pas été réalisés. D’où sûrement la dégradation dangereuse du plafond du musée qui a suivi en 2016.

 

Photos : cliquez sur les photos pour les agrandir

Photo 1 : jlc - montage avec photos issues de la page Facebook Ville de Decazeville

Photo 2 : ©Dessein de Ville

Photo 3 : Tableau financement colloque - Document conseil municipal

Photos 4 à 9 : jlc - Licence Créative Commons

Photo 10 : Vive les décroissants © Pierre Druilhe

Photos 11 à 14 : jlc - Licence Créative Commons

30/11/2017

Decazeville et le Bassin ne doivent plus accueillir de cirques avec des animaux sauvages

Ce n’est pas la première fois que je demande que Decazeville n’accueille plus de cirques avec des animaux sauvages.

Je m’étais d’ailleurs exprimé sur ce sujet en conseil municipal il y a environ un an. 

Non admission des cirques avec animaux sauvages - J-L Calmettes.jpg

29 pays dans le monde interdisent les cirques avec animaux dont 19 dans la seule Union Européenne. En France, une soixantaine de communes ont pris des arrêtés pour interdire ces cirques, mais surtout, beaucoup refusent désormais l’accès aux cirques sur leurs espaces publics sous des prétextes futiles et divers, ne voulant hypocritement vexer personne.

Qu’attendent les communes du Bassin pour ne plus accueillir ces cirques et proposer au contraire des spectacles de qualité de cirque contemporain ? Certes, cela ne coûte pas cher aux collectivités d’accueillir des cirques avec animaux, mais ces communes montrent une image rétrograde, sans compassion pour les animaux.

cirques-millau-decazeville.png

Millau, qui n’accueillera pas le cirque Amar, propose par exemple un spectacle de cirque contemporain : Casus Circus. Des tas de compagnies de cirque contemporain ne demandent qu’à montrer leurs spectacles.

Mais il existe aussi des cirques traditionnels qui n’ont pas de numéros avec des animaux et qui n’ont pas de ménageries.

Soit les cirques évoluent en supprimant les spectacles avec animaux et les ménageries, et certains heureusement l’ont compris, soit ils mourront.

 

Mise à jour - 17h08

Decazeville n’existe plus, la ville est devenue Amarville !

 

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Treize jours avant la première représentation, les panneaux d’abribus et autres “sucettes“ municipaux ont été réquisitionnés. Réservés normalement à des animations culturelles de la ville, la mairie a semble-t-il décidé de tout laisser à Amar. Il faut aussi dire que depuis 2014, la programmation culturelle de la ville, puis de la communauté de communes, est réduite à peau de chagrin et que ces panneaux sont malheureusement souvent libres.

Les panneaux municipaux réservés normalement à l’affichage des associations et à l’affichage d’opinion sont aussi bariolés entièrement aux couleurs d’Amar.

Les kakémonos et autres matériels publicitaires ne vont pas tarder à envahir les mats d’éclairage public et autres lieux de la commune et des communes environnantes.

Encore treize jours à vivre ce cauchemar

Souhaitons qu’une prochaine municipalité courageuse arrête cet enfer pour les animaux et pour les habitants du Bassin.

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Photos : cliquez sur les photos pour les agrandir

Photos : ilc - Licence Creative Commons

Articles de presse de Centre-Presse

 

09/11/2017

Inauguration du parc photovoltaïque de la Découverte : opération de « greenwashing » de Decazeville Communauté

photovoltaique-decouverte2-160317.jpg

Depuis la genèse de ce projet de parc photovoltaïque jusqu’à sa réalisation, en passant par le choix de l’entreprise, l’enquête publique et les divers permis de construire ou de défrichement… on peut vraiment dire que ce projet a cumulé les atteintes à l’environnement et les entraves à la participation citoyenne.

Passons rapidement sur le fait d’avoir cédé ce projet à une entreprise privée au lieu de le gérer directement en créant une SCIC ou une SEM avec la participations des collectivités locales et des citoyens qui l’auraient souhaité, comme cela se fait maintenant de plus en plus. Nous aurions alors été la première collectivité de l’Aveyron a engager cette démarche innovante. La ville de Carmaux a choisi de créer une SCIC (Société Coopérative d’Intérêt Collectif) pour créer des projets d’énergies renouvelables. Rappelons que Carmaux a également repris le Salon Eco-Energies que la communauté de communes Decazeville-Aubin (CCDA) a lamentablement abandonné.

Cette possibilité de parc coopératif ou participatif a été évacuée rapidement à mon grand regret au sein de la commission créée pour travailler sur le projet du parc photovoltaïque.

Comme a été décidé, à l’initiative du président de la communauté de communes et contre l’avis de la commission et du bureau d’études chargé par la CCDA d’accompagner ce projet, le choix de l’entreprise retenue pour construire ce parc. Pourtant, la commission et le bureau d’études avaient choisi le mieux disant selon des critères bien définis dans l’appel d’offre. Les explications alambiquées du président de la communauté de communes ne m’ont bien sûr pas convaincu. L’entreprise évincée arbitrairement par le président de la communauté de communes, car elle ne lui semblait pas “assez solide“ financièrement, vient d’être rachetée par Direct Energie pour 344 millions d’euros.

Passons sur l’enquête publique qui n’a pas servi à grand chose puisque des permis de construire se sont succédés à la suite, modifiant complètement ce projet, le dernier datant de début 2017… une fois le projet pratiquement installé.

Photovoltaique-deboisement.jpgCertaines zones d’implantation qui ne gênaient personnes ont été supprimées (la zone sur le terril de Palayret par exemple) et d’autres ont été étendues, sacrifiant des forêts plantées il y a une vingtaine d’années et supprimant, à l’initiative de la communauté de communes, des chemins très fréquentés par les promeneurs et les randonneurs malgré mes interventions et celle de l’Association de Sauvegarde et de Gestion de l’Environnement d’Aubin.

Tout cela avec le désintérêt et l’atonie des élus decazevillois pourtant alertés en conseil municipal.

Disons le tout clair, le Parc intercommunal a été massacré par ce projet. 

Mais ce n’est pas tout.


photovoltaïque-ladecouverte-panneau-chantier.jpgOn peut également dire que le volet social et économique a été complètement oublié dans ce dossier. C’était pourtant un point important de ce projet. Alors que l’on nous avait promis lors de la phase du choix de l’entreprise retenue pour porter ce projet que certaines entreprises du Bassin pourraient participer à sa construction, cela n’a malheureusement pas été le cas. Il suffit de regarder le panneau de chantier. Pas une seule entreprise du Bassin. Non pas que nous n’ayons pas sur le Bassin d’entreprises à même de réaliser certains travaux, mais le choix de Valeco était visiblement de réaliser des économies, notamment sur la main d’œuvre, et de travailler avec des entreprises avec qui elle a sûrement l’habitude de travailler. Fussent-elles espagnoles, polonaises ou d’autres entreprises avec des travailleurs détachés payés au rabais.

Je ne vais épiloguer sur le volet pédagogique qu’aurait pu apporter ce parc. Il va être réduit un minimum.

Certains, lors de l’inauguration de ce parc, vont sûrement vanter les retombées économiques de ce parc. Mais elles seront minimes et il y avait surtout beaucoup mieux à faire.

Il faudra bien tirer un bilan de la conduite de ce projet par la communauté de communes, mais aussi par la mairie de Decazeville qui ne s’est pas montré des plus actives dans ce dossier. Visiblement, la mairie préfère le jet ski sur le lac ou les motos sur les pentes pour le parc intercommunal.

Malheureusement, les élus locaux semblent prendre les mêmes mauvaises méthodes pour imposer le projet Solena à Viviez et Aubin.

Sauf que là, la résistance des habitants s’organise. Comme elle s’organise contre la TEOM (taxe d’enlèvement des ordures ménagères)

agenda 21 -Cransac3.jpgIl serait peut-être temps pour ces élus de tout arrêter et de revenir à un vrai dialogue avec les habitants tel qu’il avait été par exemple installé pour la construction de l’Agenda 21 du Bassin. Il est vrai que c’était à une autre époque... et avec d’autres élus.

 

La nature, plus forte que la bêtise et la cupidité ?

serapias-nauquière-0517.jpgJe me suis rendu au printemps dernier sur le plateau de Nauquière pour voir si les orchidées que j’avais répertoriées avant la construction du parc photovoltaïque étaient encore là.

Certaines y étaient, malgré le trou réalisé pour la pose d’un poteau accrochant le grillage cernant le parc et le passage des engins de travaux publics. D’autres ont disparu.

 

Et les chemins ?

La communauté de communes avait demandé à Valeco d’englober des chemins dans son projet afin de “ ne plus avoir à les entretenir “.

Ces chemins étaient pourtant fréquentés par des randonneurs, mais aussi par les touristes et des promeneurs habitant notamment Combes. Le chemin venant de Combes permettaient de se rendre au belvédère au dessus de Decazeville et était facilement accessible pour les personnes à mobilité réduite.

Ce n’est malheureusement plus le cas.

chemin de contrebandier - la découverte .jpgLa communauté de communes semble prendre conscience de ce problème et est en train d’essayer de recréer des chemins pour palier à son erreur.

Nous verrons bien à la fin, mais pour l’instant, ce nouveau chemin ressemble plus à un chemin de « contrebandier » qu’à une véritable voie accessible à tous, notamment pour les personnes à mobilité réduite, tel qu’il était il y a encore quelques mois.

 

Heureusement, il existe des territoires où les élus ont tout compris et favorisent des projets citoyens :

Céléwatt -Créons ensemble une grappe de parcs solaires.jpgLors des Rencontres TEPOS à Figeac en septembre dernier, j’ai apporté ma petite pierre à un projet citoyen intéressant en prenant des parts sociales dans la SCIC Céléwatt. Cette société coopérative a pour projet l’installation d’un parc photovoltaïque citoyen dans la vallée du Célé à Brengues.

Brengues.jpgLa Région Occitanie aide ce projet. Lors du Salon Energaïa 2016 à Montpellier, sa vice présidente chargée de la transition écologique et énergétique, Agnès Langevine, appelait de ses vœux le développement d’une démocratie énergétique : « Nous allons passer d’une époque avec des grands opérateurs qui repéraient des gisements, venaient démarcher des élus avec une population qui souvent subissait ces grands projets, à l’inverse : des projets d’abord portés par les citoyens et les communes pour qu’elles retrouvent la main sur leur indépendance énergétique et que cela crée de l’emploi ».

Tout est dit.

Enercoop Midi-Pyrénées, dont je suis client et sociétaire est aussi partenaire de ce projet à Brengues, projet que vous pouvez vous aussi rejoindre en devenant sociétaire.

Voilà un projet dont j’irai avec plaisir à l’inauguration.

 

Photos : cliquez sur les photos pour les agrandir

Toutes les photos sont de jlc (licence creative commons), sauf Celéwat (site internet de l'association, et photo de Brengues (DDM)

05/11/2017

Essor du vélo dans nos villes et sécurité routière

Sens interdit, sauf cycliste-A4.jpg

Le Cerema, Centre d’Etudes et d’expertise sur les Risques, l’Environnement, la Mobilité et l’Aménagement, est un établissement public à caractère administratif (EPA) sous la tutelle conjointe du ministère de la Cohésion des Territoires et du ministère de la Transition Ecologique et Solidaire.

Il est un centre de ressource indispensable pour les collectivités locales et leurs élus. Il participe également à la formation des professionnels, des élus, des associations dans les nombreux domaines dont il s’occupe. C’est notamment le cas pour tout ce qui touche à la mobilité tant des personnes que des marchandises.

Je participe régulièrement depuis des années aux journées d’échanges que le Cerema organise dans tout le grand sud-ouest dans le cadre de « Une voirie pour tous ». Ces journées sont très riches. Elles permettent de faire un point sur la législation qui évolue en permanence dans ce domaine et sur les pratiques qui évoluent également, suivant notamment cette législation, mais allant parfois au delà, la loi mettant parfois du temps à rejoindre la pratique.  

Le Cerema vient d’éditer une série de fiches téléchargeables concernant l’évolution du code de la route en faveur des piétons et des cyclistes.

Certaines me semblent importantes pour nos petites villes et bourgs aveyronnais. Faciliter les déplacements des piétons et des cyclistes devrait être au cœur des politiques de mobilité de nos territoires.

D’autant plus que certains aménagements pour un meilleur partage de la voirie et des espaces publics entre tous les usagers ne demandent pas beaucoup d’investissements financiers.

Les fiches sur le double sens cyclable, la zone de rencontre, la zone 30 ont retenu toute mon attention, parce que ces aménagements constituent le minimum pour une circulation apaisée dans nos centres villes et centres bourgs et peuvent éviter de nombreux accidents.

Ces aménagements ont aussi bien sûr un impact positif sur la qualité de vie en matière notamment d’environnement sonore et de qualité de l’air.

La révision du Plan Global de Déplacements et du Schéma des Modes Actifs sur le territoire de Decazeville Communauté est une chance pour intégrer ces nouvelles recommandations du code de la route.

Alors, on s’y lance sur le Bassin ?

 

Plus de villes cyclables :

barometre-villes-cyclables.jpg

Amis cyclistes du Bassin, vous pouvez toujours répondre à ce questionnaire sur le baromètre des villes cyclables pour exprimer votre avis sur la cyclabilité de nos villes, notamment Decazeville. Déjà cinq personnes du Bassin ont répondu à ce questionnaire. Rejoignez-les en répondant à votre tour à ce questionnaire.

 

Rue Cayrade : toujours la vitesse !

Encore une sortie de route rue Cayrade.jpeg

Une nouvelle sortie de route s’est déroulée avant hier dans la rue Cayrade, au même endroit que les deux précédentes. Sans vouloir remettre en cause la bonne volonté des services de l’Etat et de la police nationale qui ont fait dernièrement une opération de sensibilisation par des contrôles de vitesse, la solution ne viendra que par des aménagements obligeant à réduire la vitesse et dans un meilleur partage de la voirie par tous les usagers de cette rue. Le code de la route le recommande : la voirie sur cette zone doit être aménagée de façon cohérente avec la limitation de vitesse applicable.

Cette rue mise en double sens cyclable éviterait des grands détours aux cyclistes et obligerait les voitures à adopter un comportement prudent et respectueux des autres usagers, notamment les plus vulnérables, piétons et cyclistes. Son aménagement en zone de rencontre me semble aussi indispensable tant pour la sécurité routière que pour l’essor de la fréquentation commerciale et la qualité de vie dans cette rue.

Zone de rencontre - Piétons d'abord-A4.jpg

Zones 30,  - des rues plus sûres et un cadre de vie plus agréables.jpg

Photos :

- 3 fiches du Cerema

- Article de La Dépêche du Midi du 4 novembre 2017

- Baromètre des villes cyclables - ©FUB

03/11/2017

Encore les déchets ménagers au conseil municipal hier soir

Le rapport annuel sur le prix et la qualité du service public de la gestion des déchets de la communauté de communes était à l'ordre du jour du conseil municipal d'hier soir.

Vous avez ci-dessous mon intervention :

 

Quels points importants ressortent de ce rapport ? :

  • Pas de réelle volonté pour aller vers une gestion responsable et dynamique d’une baisse de la production de déchets sur le territoire de la communauté de communes
  • C’est hélas malheureusement aussi le cas pour les élus aveyronnais délégués au SYDOM
  • Une politique de prévention des déchets sans moyens financiers (graphique p 27).

dépenses fonctionnement et prévention.jpg

  • On se contente donc d’une gestion purement comptable avec une vision à court terme.

 

Plus généralement, la communauté de communes n’a semble-t-il pas pris conscience des efforts que nous allons devoir accomplir pour répondre aux obligations qu’impose la Loi de Transition Energétique et Croissance Verte (TE&CV) en matière de déchets.

Malheureusement, et c’est encore plus grave, le SYDOM 12 ne semble pas attentif à ces obligations, s’entêtant dans un plan départemental aujourd’hui obsolète, à cause notamment de la Loi de TE&CV et de la Loi Notre qui lui a retiré la compétence de planification au profit de la Région, ou préférant s’entêter dans un projet qui ne fonctionne nulle part (projet Solena).

LOI TE&CV - OBJECTIFS DÉCHETS.jpg

Je vous rappelle les objectifs de la Loi de TE&CV, parce qu’ils sont importants et que le temps qui nous est laissé pour y arriver est très court :

  • Baisse de 10% de la production de déchets en 2020 par rapport à 2010
  • Recyclage de 55% des déchets en 2020, de 65% en 2025 par rapport à 2010
  • Réduction de 30% des quantités de déchets mis en décharge en 2020, de 50% en 2025 par rapport à 2010

Le graphique présenté ci-dessous permet de voir l’état où nous en sommes actuellement sur la communauté de communes et les objectifs que nous devons atteindre au regard de la Loi de TE&CV. Ce graphique a été réalisé grâce aux données contenues dans le rapport de la communauté de communes et comprend les deux anciennes communautés de communes (CCDA et Vallée du Lot) aujourd'hui réunies.

Graphique DC - Loi TE&CV.png

Nous sommes donc encore très loin d’y arriver, tant sur la communauté de communes qu’en Aveyron.

Pire, la communauté de communes donne un mauvais signe.

Le passage de REOM (Redevance d'Enlèvement des Ordures Ménagères) en TEOM (Taxe d'Enlèvement des Ordures Ménagères) au premier janvier de cette année est incompréhensible et injuste.

Il fallait au contraire aller vers la redevance incitative. D’ailleurs, c’était la stratégie choisie jusqu’en 2016 avant que la communauté de communes y renonce, prétextant le coût financier pour la mettre en place.

Autant dire de suite que je ne suis pas sûr que le document de la communauté de communes distribué dernièrement dans les boites à lettres calme les protestations des personnes qui critiquent à juste titre le passage en TEOM.

 

La redevance incitative permet de responsabiliser les habitants, de réduire considérablement le volume et le poids des déchets à collecter et à traiter, et produit en conséquence une baisse de la facture des foyers.

De plus en plus de collectivités optent pour ce financement, et les résultats sont au rendez-vous.

L’Etat des lieux réalisé en région Nouvelle Aquitaine dans le cadre de la réalisation de son futur plan régional donne les résultats chiffrés pour les collectivités ayant instauré la redevance incitative :

  • La redevance incitative concerne en Nouvelle Aquitaine une population de 191 298 personnes, soit une population un peu en dessous du département de l’Aveyron.
  • Les performances de collecte avant et après la mise en place de la redevance incitative font apparaître une baisse moyenne de 36% des OMR.
  • Cela a bien sûr une répercussion sur le coût de financement par habitant qui est inférieur entre 20 et 30% par rapport aux financements classiques.

 

Redevance incitative nouvelle aquitaine.jpg

La Région Occitanie et l’ADEME ont lancé il y a quelques mois un Appel à Projet pour la mise en place de la redevance incitative. Les aides sont importantes :

  • Aide forfaire de l’ADEME sur 4 ans pour aider à la mise en place
  • Aide importante à l’investissement
  • Aide supplémentaire si la collectivité y souscrit avant mai 2018

Ces aides n’existeront plus par la suite et la redevance incitative sera obligatoire dans quelques années.

 

Que faire pour la gestion de nos déchets afin d’atteindre le objectifs de la Loi de TE&CV ? :

  • Instaurer la redevance incitative sur notre territoire dès le 1er janvier 2019. Cela nous laisse plus d’une année pour préparer le dossier, choisir le matériel, l’installer dans les foyers du Bassin, réorganiser les collectes, informer, sensibiliser les habitants…
  • Engager notre territoire dans une dynamique réellement « zéro déchet, zéro gaspillage », comme de nombreuses autres collectivités s’y sont engagées.
  • Mettre en place, en même temps si cela est possible, la collecte des biodéchets dans les centres villes des communes urbaines et augmenter l’usage du compostage individuel et collectif ailleurs,
  • favoriser l’essor de petites entreprises (secteur Économie Sociale et Solidaire ou privés) pour le recyclage, la réparation, la remise sur le marché d’objets… (Regain à Figeac, depuis leur déménagement, c’est maintenant une trentaine emplois, de plus en plus qualifiés)
  • Sensibiliser sur de nouvelles pratiques d’achat produisant moins de déchets, sur le gaspillage alimentaire…

 

Enfin pour terminer, je dois rajouter que je suis excédé par les pressions sur les élus du président de la communauté de communes pour imposer le projet Solena.

Si on peut comprendre que les responsables de cette entreprise ait été invités à présenter leur projet en commission « économie » de la CCDA il y a quelques mois, il est inadmissible qu’il impose ces mêmes personnes en commission environnement prochainement… ou dans d’autres collectivités. Il devrait plutôt rencontrer la population qui lui dirait ce qu’elle pense de ce projet. S’il ne le fait pas, qu’il ne s’étonne pas que la population vienne le rencontrer là ou il se trouvera.

Avec le SYDOM 12, il ferait mieux à minima de geler ce projet inscrit dans un plan départemental qui est totalement obsolète et d’attendre le rendu du futur plan régional qui devrait voir le jour fin 2018 ou début 2019

D’autant plus que l’état des lieux de ce plan régional présenté publiquement le 27 avril dernier laisse apparaître une suffisance dans les moyens stockage des déchets en Occitanie jusqu’en 2025.

Il n’y a donc pas le feu, d’autant plus que les objectifs fixés par la Loi de TE&CV vont considérablement réduire la quantité de déchets à collecter et à traiter dans les années à venir... pour peu que les collectivités y mettent de la bonne volonté.

21/09/2017

Le vélo n’est vraiment pas le bienvenu à Decazeville

vélo accroché.jpgLors du conseil municipal d’hier soir, un point me concernant figurait dans les décisions prises en délégation par M. le maire. Il s’agissait de défendre les intérêts de la commune d’ester en justice contre moi-même.

J’ai donc pris la parole pour apporter des précisions sur ce point, mais j’ai malheureusement été fréquemment interrompu par le maire lui-même qui souhaitait que je cesse. J’ai pu mesurer que la méconnaissance des élus majoritaires sur la réglementation et les usages de la bicyclette en ville était abyssale. Pour tout dire, elle est avant tout dogmatique, la plupart des élus considérant le vélo tout juste comme une activité de loisir et souhaitant laisser à la bagnole toute la place de l’espace public de notre ville. Ils ont juste 30 ans de retard !

 

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DSC courbe cerema.jpgLa loi a fortement évolué depuis 2014 en faveur des mobilités actives (que l’on appelait “mobilités douces“ il y a peu) et plus généralement en faveur d’un partage des espaces publics par tous les usagers : 

  • Plan d’Actions pour les Mobilités Actives (PAMA) en avril 2014
    • Partager l’espace public et sécuriser les modes actifs
    • Valoriser les enjeux économiques et sanitaires de la pratique du vélo
  • Décret 2015/808 du 15 juillet 2015:
    • Application réglementaire des mesures du PAMA avec de nombreuses mesures visant notamment l’amélioration des cheminements piétons et cyclistes, l’extension des ZCA (Zones de Circulations Apaisées)…
    • Ce décret pose le principe du double-sens cyclable pour les cyclistes comme étant la règle sur les voies à sens unique limitées à 30 Km/h, et moins. Certes, une dérogation à cette règle peut être appliquée, mais elle doit être dûment circonstanciée par l’autorité investie du pouvoir de police
  • L’Arrêté du 23 septembre 2015 relatif à la modification de la signalisation routière en vue de favoriser les mobilités actives vient compléter les mesures du décret 2015/808.

 

Depuis 2016, ces mesures ont eu un réel effet positif sur la fréquentation des cyclistes dans les villes qui ont mis en place des aménagements pour satisfaire ces mesures réglementaires. Elles ont également eu un effet positif dans l’apaisement de la circulation et l’amélioration de la sécurité routière.

J’étais encore la semaine passée à Tarbes pour une rencontre organisée par le Cerema dont le thème était : petits bourgs, villes moyennes, écoquartiers, comment apaiser la circulation et favoriser le partage de la voirie. J’ai pu apprécier par les réalisations concrètes en Midi-Pyrénées présentées ce jour là, les bienfaits d’une telle politique de mobilité, tant pour la sécurité routière, que pour l’activité des commerces ou l’amélioration du cadre de vie des riverains.

Madame la Ministre des Transports a encore redit hier lors du lancement des Assises de la Mobilité qu’il fallait encourager les mobilités actives.

 

Concernant cette procédure, j’ai pour ma part tout fait pour l’éviter :

Depuis la publication du Décret 2015/808 du 8 juillet 2015, j’ai informé plusieurs fois la commission urbanisme de la commune sur l’obligation de s’y conformer, notamment pour la généralisation des doubles sens cyclables dans les rues à sens unique à 30 Km/h et moins.

 

J’ai envoyé le 12 janvier 2016 un courrier à M. le Maire détaillant ce décret applicable le 1er janvier 2016 et ses conséquences pratiques sur certaines rues de Decazeville. Dans ce courrier, je proposais également mes services pour étudier avec M. le maire, ses adjoints et les services techniques de la ville les conditions pour appliquer concrètement ce décret sur ces rues.

 

arrete dkz.jpgLe 18 février 2016 vous avez pris un arrêté municipal d’interdiction de circulation des vélos en double sens dans les rues Cayrade (de la place Wilson et la rue du Maréchal Foch) et dans la rue du 4 Septembre (pourtant proposé dans le Schéma des Modes Doux du Bassin en 2010).

 

Ayant épuisé les méthodes gracieuses pour vous inviter à appliquer ce décret, j’ai donc saisi en tant que cycliste decazevillois le Tribunal Administratif de Toulouse le 11 avril 2016.

commerces et vélos.jpgMon but n’était bien sûr pas de me lancer dans une procédure, mais de vous démontrer avec ma requête, que l’application de ce Décret dans ces rues ne pénalisait absolument personne, n’était absolument pas dangereuse et qu’elle contribuait au contraire à favoriser une circulation apaisée dans ces rues, à améliorer la sécurité routière et à participer à l’essor des commerces en centre ville comme le démontre de nombreux exemples maintenant. Je précise que cela fait maintenant neuf ans que les doubles sens cyclables sont la règle dans les rues à sens unique en zones 30 avec la satisfaction de tout le monde et que l’accidentologie générale est plutôt en baisse dans ces rues, y compris pour les cyclistes alors que la circulation de ceux-ci a très fortement augmenté.

 

Un accident récent rue Cayrade basse, qui aurait pu avoir des conséquences graves, a soulevé le problème de la vitesse excessive des véhicules motorisés dans cette rue, notamment la nuit.

Je rappellerai juste que l’article R110-2 du Code de la Route précise que “ pour les zones à 30 Km/h, l’ensemble de la zone est aménagé de façon cohérente avec la limitation de vitesse applicable “.

Un radar pédagogique ne sert pas directement à ralentir la vitesse. C'est juste un élément d'information et de prévention.

Les commerçants demandent que l’on réduise la vitesse sur cette portion de rue par des aménagements. Ils ont tout à fait raison. Il faut des aménagements pour ralentir la vitesse des véhicules : coussins berlinois, surélévation, rétrécissement ponctuel… Mais un double sens cyclable contribuerait en plus à un meilleur apaisement de la circulation. Toutes les études vont dans ce sens.

 

Je ne fais bien sûr pas une affaire personnelle de cette procédure, bien que je vais la supporter financièrement tout seul, sans argent public. Je souhaite avant tout faire connaître et faire appliquer les droits des usagers du vélo et l’obligation qu’ont les collectivités à les considérer, notamment la ville de Decazeville.

 

rue cayrade - détour obligé de 600 à 800 mètres.jpgVous prétendez défendre les intérêts de notre commune. Je ne suis pas sûr que votre arrêté d’interdiction des cyclistes dans certaines rues de Decazeville contribue au rayonnement, au dynamisme et la modernité de notre ville.

Bien au contraire.

 

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A la suite de mon intervention, M. Le maire s'est vanté d'avoir déjà gagné au Tribunal Administratif.

Il a certes gagné une première partie, mais pas glorieusement puisque c'est mon intérêt à agir qu'il a contesté par l'intermédiaire de son avocat.

Il n'y a donc pas eu encore un jugement sur le fond, c’est à dire sur le fait de savoir si les doubles sens cyclables sont réglementaires et souhaitables à Decazeville.

Le fait de contester mon intérêt à agir vise évidemment à éviter un avis du Tribunal Administratif qui me serait favorable sur le fond, mais aussi à me décourager de poursuivre cette affaire par fatigue ou par manque de moyens financier car j'engage mes ressources personnelles pendant que lui se sert de l'argent des contribuables decazevillois.

DSC - Schéma certu - Guide pour la mise en place de double sens cyclable.jpgMalheureusement pour lui, je suis avant tout un militant écologiste et un militant de la cause cyclable et j'ai bien sûr fait une requête en appel auprès de la Cour Administrative d'appel de Bordeaux à l'encontre de l'ordonnance du Tribunal Administratif de Toulouse.

 

Et puis il y a eu aussi la phrase habituelle du maire pour essayer de me déstabiliser : pourquoi ne l'avez-vous pas fait lorsque vous étiez aux affaires ? Et il y a bien sûr ma réponse habituelle : vous devez tout de même vous souvenir que je n'ai jamais été maire de Decazeville. J'avais maintes fois insisté en réunions préparatoires pour l'aménagement de cette rue sur la prise en  compte de la protection des usagers vulnérables, piétons, cyclistes et PMR. J'avais même déjà proposé la création d'une zone de rencontre sur ce tronçon de rue. Malheureusement, je n'ai pas été suivi. J'ai tenu également à préciser que les évolutions réglementaires pour faciliter le partage de la voirie datent de 2014, année où M. le Maire est entré en responsabilité. 

Un collègue de la majorité est revenu sur la dangerosité de créer un double sens cyclable sur une voirie si “étroite“. J'ai répondu que 3,50 m n'est pas une voirie étroite et que dans beaucoup de villes où ces aménagements sont en place, la voirie est beaucoup moins large et tout se passe très bien. Il faut juste sortir un peu de Decazeville pour voir ce qui se passe ailleurs sans problèmes.

En fait, ceux qui ne veulent pas ces aménagements, ce sont les conducteurs de bagnoles qui n'ont jamais fait de vélo ou si peu, et qui ne veulent pas céder un pouce de leurs privilèges.

Et bien non ! La voirie appartient à tout le monde !

 

M. le Maire a toujours la possibilité de stopper la procédure au Tribunal Administratif quand il le veut en prenant un autre Arrêté autorisant les doubles sens cyclables et en créant les aménagements nécessaires pour les cyclistes à Decazeville.

Quoi qu’il en soit, il ne sortira pas grandi de cette procédure. Il restera de toute façon celui qui a tout fait pour gêner les mobilités actives à Decazeville, celui qui fait une politique de mobilité (et pas seulement) digne des années Pompidou.

 

Rue Cayrade - Plan de coupe.jpgJe tiens à rappeler que je bénéficie heureusement du soutien moral de mes collègues de la minorité du conseil municipal, mais aussi de nombreuses personnes du Bassin et d’associations régionales et départementales de défenses des cyclistes.

Dans un courrier au maire de Decazeville à la suite de l’Arrêté pris par celui-ci, le président de l'Association pour la Défense et la Sécurité des Cyclistes en Aveyron écrivait :

Vous justifiez votre décision d'Arrêté par un manque de sécurité pour les cyclistes.

Je vous remercie, au nom de l'association, par l'intérêt que vous portez à la sécurité des cyclistes. Le problème, c'est que, jusqu'à maintenant, dans la commune, cette sécurité est essentiellement permise par des interdictions de circulation pour les cyclistes. C'est sûrement efficace mais pas très encourageant pour favoriser ce mode de déplacement “.

Tout est dit.

 

Enfin, comme si les mauvaises nouvelles pour les usagers du vélo sur le Bassin ne suffisaient déjà pas, il semble que la véloroute de la Vallée du Lot sur notre territoire ait du plomb dans l’aile. Les élus urbains de Decazeville-Communauté ne veulent plus investir un centime d’euro sur cette infrastructure pourtant de plus en plus fréquentée, notamment cet été avec une explosion du passage de cyclotouristes qui dure d’ailleurs encore. Elle est également utile pour les déplacements quotidiens des habitants des communes rurales le long du Lot et même au delà.

Il n’y aurait donc pas un centime pour réaliser les accès aux passerelles du Pont de Bourran et de celle de Boisse-Penchot. Déplorable ! A suivre.

 

Le vélo, cet oublié du Bassin decazevillois -CP-130616.jpg

En cliquant ici, toutes mes notes concernant la mobilité, notamment à Decazeville et sur le Bassin.

Addendum du 26 septembre :

La presse locale a fait un court récit de ce débat 

L'article de La Dépêche du Midi en cliquant ici 

L'article de Centre-Presse ci-dessous (cliquez dessus pour l'agrandir) :

Transports - Mots presques durs pour modes doux.jpg

Ces articles sont un peu réducteurs et incomplets, mais vu le format, difficile de faire mieux. Ma note a le mérite d'apporter des précisions nécessaires.

En attendant les aménagements pour ralentir la vitesse rue Cayrade, notamment la mise en place de coussins berlinois, d'une zone de circulation apaisée et d'un double sens cyclable, les accidents continuent. Voir l'article de Centre-Presse d'aujourd'hui ci dessous :

Nouvelle embardée automobile rue Cayrade.jpg

Photos : cliquez sur les photos pour les agrandir

Photo 1 : Decazeville : un vélo accroché à une barrière sur le trottoir car le stationnement vélo à l’arrière n’est pas protégé et ne comporte aucun arceau pour accrocher le vélo – photo jlc

Photo 2 : Double sens cyclable dans une courbe dans les mêmes conditions que la rue Cayrade à Decazeville. Photo : présentation Cerema

Photo 3 : l’arrêté de la ville de Decazeville pour interdire les doubles sens cyclables

Photo 4 : Les associations de commerçants travaillent volontiers avec les associations de cyclistes car le client venant à vélo ou à pied revient plus souvent, même si ses achats sont moins conséquents par passage. – Photos : diverses animation commerciales en direction des clients cyclistes.

Photo 5 : Les cyclistes decazevillois sont obligés de faire un détour de 600 à 800 mètres pour accéder aux commerces du bas de la rue Cayrade – OpenStreetMap et jlc

Photo 6 : L’arrêté a été pris en raison des aménagements et de la faible largeur de voirie. Le Certu, devenu Cerema, recommande dans le Guide pour la mise à double-sens cyclable un voirie de 2,70 m minimum de largeur. Or la voirie rue Cayrade est de 3,50 m de largeur et même beaucoup plus si l’on rajoute le caniveau pratiquement à fleur de la voirie, l’espace entre les voitures en stationnement très large (2,50 m au lieu de 2,00 recommandé) et la voirie et celui entre le caniveau et les barrières protégeant les piétons. Schéma : Certu

Photo 7 : Plan de coupe de la rue Cayrade – Photo : mairie de Decazeville

Photo 8 : Article de Centre-Presse du 13 juin 2016

Photos 9 et 10 : Articles de Centre-Presse du 26 septembre 2017

31/08/2017

Nous ne voulons pas être une “ réserve d’indiens “

hosto-sam-pprm-solena-afpa.jpg

Défendre bec et ongles notre maternité et donc notre hôpital, défendre avec acharnement nos emplois industriels, demander à revoir un PPRM (Plan de Prévention des Risques Miniers) qui pénalise particuliers, entreprises et collectivités, ne pas accepter la réduction de l’offre d’enseignement, notamment le retrait de l’AFPA du Bassin, s’opposer avec force à l’installation d’activités polluantes qui anéantiraient plus d’emplois qu’elles n’en créeraient, tout cela fait partie d’un même et juste combat pour notre Bassin : s’opposer à ceux qui veulent faire de notre territoire un no man’s land, une réserve d’indiens, un territoire sans services publics, sans activités innovantes et valorisantes, où la qualité du cadre de vie et la santé des habitants ne compteraient pour rien.

Comme d’autres territoires, le Bassin est victime d’une opération de déménagement du territoire au nom de “ réalités économiques “, enclenchée depuis environ une trentaine d’années, qui vise à recentrer toutes les activités économiques et les services publics et administratifs sur les grandes métropoles pendant que l’on abandonne le reste de la France profonde.

badge non a solena.jpgNous disons donc aux personnes qui veulent décider pour nous, qu‘elles soient à Montpellier, à Paris, en Belgique, en Bretagne, en Aveyron ou même sur le Bassin, que nous ne nous laisserons pas faire. En nous battant pour notre maternité et l’hôpital, pour le maintient de nos emplois industriels, pour une révision du PPRM, le centre AFPA, en nous opposant au projet dévastateur Solena, projet de Séché et Sévigné à Viviez et Aubin, nous nous battons aussi pour un Bassin vivant, actif, accueillant et solidaire.

affiche-marche-hopital-sam-020917.jpgTout est lié. Ce n’est pas un hasard si ces attaques arrivent en même temps. Elles font partie d’un même processus, elles n’ont qu’un but : achever le Bassin. Certains le font par pur dogmatisme, d’autres par cupidité et même une partie par vengeance. Cela fait des années que l’ARS veut fermer notre maternité et affaiblir notre hôpital, cela fait des années que les syndicats tirent la sonnette d’alarme à la SAM sur le manque d’un véritable projet d’entreprise et d’investissements et alertent sur la santé d’autres entreprises, cela fait des années que les locaux de l’AFPA ne sont plus entretenus, cela fait des années que UMICORE prépare son départ de Viviez et la cession de ses terrains « dépollués » à Séché à qui elle avait confié comme par hasard la « dépollution ».

C’est contre tous ces plans préparés ailleurs, avec malheureusement parfois des complicités locales, que nous devons lutter tous ensemble.

Et c’est tous ensemble que nous gagnerons.

Nous serons nombreux à le dire le 2 septembre 2017 lors de la marche entre l’hôpital de Decazeville et la SAM

01/08/2017

Aménagement ou déménagement du territoire ?

cget.jpg

« Soutenir les territoires en crise ou aider leurs habitants à s’installer ailleurs ? » Tel est le titre pour le moins provocateur de la dernière publication du CGET (Commissariat Général à l’Egalité des Territoires) : En bref #41

Provocateur, car les conclusions de cette enquête réalisée par le Credoc montrent que dans leur grande majorité, les Français préfèrent rester sur le territoire où ils habitent. Les trois quart des Français répondent qu’ils préfèrent une aide des pouvoirs publics pour réaliser leurs projets de vie dans les territoires dans lesquels ils vivent plutôt que des aides pour s’installer dans un autre territoire.

 

Cette enquête fait aussi ressortir un facteur primordial dans ce choix : " Le cadre de vie agit de façon importante dans le fait de vouloir déménager ou pas. L’amélioration du cadre de vie est, en France, la principale motivation de déménager (47 %). La possibilité de trouver de nouvelles opportunités professionnelles ne vient qu’en deuxième position (22 % en moyenne). Toutefois, ce taux s’élève à 33 % chez les chômeurs et 28 % chez les personnes ayant de bas revenus tout en restant inférieur à celui de l’amélioration du cadre de vie (respectivement 45 % et 52 %).

D'après cette enquête, ce sont d’ailleurs les personnes qui ne sont pas satisfaites de leur cadre de vie actuel qui sont le plus favorables aux aides à la mobilité.

Voilà qui devrait faire réfléchir nos élus avant de favoriser l’installation d’un centre de traitement et de stockage de déchets à Viviez et Aubin qui signerait à coup sûr un nouvel exode de la population du Bassin à l’extérieur et constituerait un frein définitif à l’installation de nouveaux arrivants.

 

La conclusion de cette enquête du CGET est intéressante :

« La mobilité géographique, quoique souhaitée, n’apparaît donc pas comme une solution réaliste. Cette situation trouve un exutoire dans une demande d’intervention publique dans les territoires en difficultés, particulièrement forte chez les personnes les plus fragiles (population à bas revenu, ruraux, jeunes).

Les personnes percevant leur territoire comme en crise ou délaissé, mettent alors en avant la nécessité de voir s’installer de nouvelles entreprises, s’améliorer l’offre de soins et la présence de services publics (mairie, Caisses d’allocations familiales, Pôle emploi...). Ces attentes viennent partiellement compenser un défaut de mobilité : les populations fragiles, ne voyant pas dans un déménagement une solution à leurs problèmes, notamment en termes d’emploi, demandent que les solutions et les emplois viennent sur leur territoire, par l’intervention des pouvoirs publics. »

 

decazeville - sam -terril -puy de wolf - copie.jpgInstallation d’entreprises, amélioration de l’offre de soins et des services publics, amélioration du cadre de vie, voilà qui correspond tout à fait aux attentes actuelles de la population du Bassin de Decazeville : maintien de la maternité et amélioration de tous les services de l’hôpital, développement des emplois industriels et tertiaires, révision totale du PPRM et aides pour d’éventuels travaux, rejet du projet Solena…

L’Etat doit donc écouter ces demandes fortes et faire en sorte d’aider notre territoire au lieu de l’enterrer comme il le fait actuellement.

Mais les élus locaux doivent aussi écouter l’ensemble de ces demandes car ils peuvent agir directement sur certaines d’entre elles. Je pense notamment au projet controversé de création d’un centre de traitement et de stockage de déchets à Viviez et Aubin, rejeté en grande majorité par la population du Bassin.

Ils doivent rapidement mettre un coup d’arrêt à ce projet et demander à Umicore de terminer la réhabilitation de leurs sites pollués, notamment le crassier de Dunet, comme cette entreprise s’y était d’ailleurs engagé.

Photos : 

1 - Extrait CGET - En bref #41

2 - jlc - Cliquez sur la photo pour l'agrandir - Licence Creative Commons

31/07/2017

Bonjour, il me faudrait le 8 à Decazeville

Central téléphonique 1 -Decazeville.jpeg

Le 8 à Decazeville, c’était le numéro de téléphone de la mairie avant la mise en service du téléphone automatique. Et pour correspondre de chez soi ou d’ailleurs avec ce numéro, il fallait passer par une opératrice du téléphone, les fameuses “demoiselles du téléphone“.

Certes, il n’y avait pratiquement plus depuis longtemps de “demoiselles du téléphone“ au sens premier du terme. La plupart des opératrices étaient mariées et mères de familles.

Et il y avait même quelques hommes. J’ai été de ceux là.

Tout fonctionnait selon un protocole bien défini. L’opératrice voyait un voyant lumineux s’éclairer sur le tableau en face d’elle au numéro d’un abonné ou d’une ligne extérieure, branchait une fiche, se présentait (Decazeville 37 pour moi), prenait la demande de l’abonné (ou d’une opératrice extérieure) et se connectait avec une autre fiche vers le numéro de l’abonné demandé ou vers d’autres circuits pour les numéros extérieurs. Dès que les abonnés raccrochaient, les voyant lumineux s’éteignaient et l’opératrice rentrait en ligne et prononçait la phrase magique : terminé… personne… je coupe, et enlevait alors les deux fiches. Tout était noté sur des petits cartons marron clair : numéro de l’opératrice, numéros et lieux de l’abonné demandeur et de l’abonné demandé, heure de début de la communication, heure de fin et temps de conversation. Les cartons partaient ensuite au service comptable, la "taxation".

J’ai donc été auxiliaire des Postes et Télécommunications (P&T) d’avril 1971 à janvier 1975. C’est environ à cette date que le central téléphonique manuel du premier étage du local de la rue Alexandre Bos s’est éteint pour laisser la place au central automatique de la place Decazes.

Plus besoin de personne pour relier les abonnés.

La Poste - Passage Latournerie -couleur.jpgCertaines opératrices titulaires ont bénéficié, selon leur ancienneté, de nouveaux emplois sur place ou autour de Decazeville dans d’autres services des P&T, mais d’autres ont du partir du Bassin. Les auxiliaires dont je faisais partie ont été licenciés avec la possibilité de passer des concours internes pour être titularisés. C’est d’ailleurs ce que j’ai fait quelques mois plus tard.


Télégraphe - Poste - Téléphone - Decazeville.jpgJ’ai visité il y a environ une dizaine d’années le lieu où étaient installés les postes où nous travaillions. Tout avait été bien sûr enlevé et j’ai eu un petit pincement au cœur en voyant cette salle désespérément vide. Je me suis souvenu de la période où les voix d’une quinzaine d’opératrices se mélangeaient bruyamment alors qu’un peu en retrait, se trouvaient les bureaux de la “surveillante“ chargé d’organiser le travail et de l’opératrice chargée des “renseignements“. La salle d'à-côté était destinée aux techniciens chargé de la maintenance du central et des lignes et des dépannages chez les abonnés.
 

Central téléphonique 2 - Decazeville - M Bos - S Albespy - P Clot - M-R A - S Bousquet - R Cantaloube - J Roméro-311266.jpegSur ces deux photos d’opératrices de Decazeville (celle ci-contre et celle en haut de la note), photos prêtées par ma mère qui a fait toute sa carrière dans ce central téléphonique (en débutant dans celui situé place Cabrol - photo 2) avant de prendre sa retraite lors de l’automatisation, vous pouvez voir cette salle avec les meubles sur lesquels nous travaillions. Peut-être reconnaîtrez-vous quelques personnes avec qui j’ai eu plaisir de travailler dans les premières années de ma vie active. 

Automatisation terminée sur le secteur - Les voix des téléphonistes se sont tues -DDM-220175.jpg

Roger Lajoie-Mazenc avait écrit un article sur ce passage du téléphone manuel à l’automatique à Decazeville dans l’édition du 22 janvier 1975 de La Dépêche du Midi, que j’ai bien sûr gardé. Il s’attarde à juste titre sur le reclassement des agents auxiliaires et titulaires après cette automatisation.

Pour ma part, j’ai rapidement trouvé un emploi local dans la vente de pièces détachées automobile (la CIAR, à l’arrière de l’école Jean-Moulin, à côté de la cantine municipale, sous la bibliothèque, bâtiment détruit par l'aménagement de l’actuelle RD 840) avant de rentrer à Charbonnage de France à la centrale de Penchot pour quelques années.

Photos : Cliquez sur les photos pour les agrandir :

Photos 1 et 4 : archives familiales. Malheureusement, pas de nom des auteurs.

Photos 2 et 3 : cartes postales anciennes

Photo 5 : article de La Dépêche du Midi© du 22 janvier 1975 

08/07/2017

Decazeville : des passages piétons sécurisés… pour les bagnoles !

J'avais déjà eu l'occasion de me pencher sur cette mesure dans une note précédente.

A Decazeville, on est revenu aux années Pompidou qui voulait adapter la ville à la voiture. Plutôt que de faciliter les déplacements à pied (et à vélo) dans le centre ville, la mairie préfère rallonger et compliquer les déplacements des piétons pour que les véhicules motorisés continuent à rouler aussi vite ! Le partage de la voirie entre tous les usagers et la priorité donnée aux usagers les plus vulnérables, c’est pas encore arrivé aux oreilles des élus de Decazeville.

Article de La Dépêche du Midi du 6 juillet 2017.

Place Wilson - Des passages sécurisés... pour les autos -DDM-060717.jpeg

29/06/2017

Quel centre-ville de Decazeville pour les cinquante prochaines années ?

Nous avons donc eu le lundi 12 juin un conseil municipal privé (pourquoi privé ?) dont l’ordre du jour portait uniquement sur la validation du choix du jury du concours intercommunal concernant le projet d’urbanisme et d’architecture pour la revitalisation du centre bourg.

Quelques frustrations :

percée urbaine -cl architecture.jpgJe ne vous cache pas que j’aurais aimé voir les projets des deux autres candidats non retenus, d’abord parce que je m'intéresse depuis longtemps à tout ce qui touche à l'urbanisme et aux aménagements urbains. Ensuite pour savoir si le jury avait choisi le meilleur projet pour notre ville, et enfin pour y trouver peut-être des bonnes idées. Malheureusement, une fois de plus, nous ne saurons rien des deux autres projets. Tout a été fait dans le plus grand secret. Il ne faut surtout pas remettre en question le choix du jury. Dommage car ce n’était peut-être pas le projet que nous aurions préféré.

J’ai tout de même pu voir quelques images d’un autre projet. Je trouve par exemple l’arcade qui surplombe la percée entre la rue Cayrade et la place du 10 Août présentée par CL Architecture plutôt réussie (voir photo au dessus). Elle invite vraiment à venir rue Cayrade. Mais je ne connais malheureusement pas ce projet en totalité. Quant au troisième projet, je n’ai rien trouvé sur internet, car c’est la seule source pour nous renseigner.

Nous n’avons eu aucun rapport écrit sur le déroulement de cette consultation et sur les critères qui ont prévalus pour le choix du candidat et donc le rejet des deux autres bureaux d’étude. 

Le programme qui avait été donné aux candidats ne me semblait pas du tout ouvert.

Lorsque l’on refait une rue importante à Decazeville, c’est au moins pour 50 ans. Pour la rue Gambetta refaite entièrement en 2005-2006, cela faisait 70 ans que les réseaux et la surface de cette rue n’avaient pas été rénovés.

Pour ce concours d’architectes il aurait donc été souhaitable de demander aux concurrents d’établir un projet qui convienne à la foi à la vie des toutes prochaines années et de celle des 50 à 70 prochaines années.

En cela, il aurait été intéressant d’organiser des ateliers de prospective avec la population.

rue cayrade - stationnement épi.jpgMais c’est une autre solution qu’avait choisi la majorité municipale.

Tout le monde se souvient des essais de circulation et de stationnement pour le moins hasardeux et des enquêtes-sondages approximatifs et maladroits où il n’a pas été suffisamment pris en compte la parole aux riverains et des usagers quotidiens de cette rue. Le résultat de ces opérations s’est malheureusement soldé par le choix de la mise à double sens de circulation du haut de la rue Cayrade, contrairement au bas de cette rue qui est en sens unique montant.

Bien sûr la méthode était mauvaise. Si vous interrogez des riverains et des chalands de cette rue, ils souhaitent avant tout moins de circulation motorisée et des trottoirs plus larges, moins de bruit et de pollutions et plus de place pour les piétons.

Même avec la meilleure volonté des candidats, même avec un programme qui demandait pourtant “ un objectif de réduction du transit de véhicules dans la rue Cayrade pour favoriser les commerces et les résidents “, assurer deux voies de circulation pour les véhicules motorisés plus du stationnement sur cette rue, était extrêmement pénalisant pour réaliser un projet cohérent à même de répondre aux exigence du futur et même du présent.

On aurait pu demander aux candidats la présentation d’une proposition variante avec une circulation motorisée à sens unique et plus de place laissée aux modes actifs de mobilité (vélo et marche), aux riverains, aux chalands, aux animations, à la vie de cette rue… Il suffisait d’augmenter un tout petit peu l’enveloppe financière pour ce concours. Mais nous aurions pu réaliser des économies par la suite.

On a manqué là la dernière occasion de pouvoir présenter à la population une autre vision de cette rue, plus moderne, plus ouverte vers l’avenir, avec des esquisses qui aurait pu éventuellement faire accepter un projet plus attrayant.

rue cayrade-dessein de ville.jpgOn a aussi mis à mal la possibilité de pouvoir revenir si nous le souhaitions à l’avenir, à une circulation à sens unique. Dans le projet présenté, les trottoirs seront surélevés ce qui rend la largeur des voies de circulation et de stationnement fixe. Ce sont des problèmes d’écoulement d’eau de pluie lors de grands orages qui ne permettraient pas de réaliser la rue sur un seul niveau.

cayrade-foch-clarchitecture.jpgPeut-être là aussi nous aurions pu trouver des solutions techniques permettant de réaliser des trottoirs surélevés uniquement sur le bas de cette rue avec sa rencontre avec la rue du Maréchal Foch.

Je note tout de même que CL Architecture a réalisé la rue Cayrade sur un seul niveau, sans trottoirs surélevés.

rue cayrade-urbane.jpgL’étude URBANE réalisée en 2012 prévoyait la rue Cayrade sur un seul niveau et avec un seul sens de circulation, mais avec la possibilité de revenir temporairement ou définitivement au double sens de circulation en empruntant une partie des zones piétonnes pour le stationnement.

Voir les esquisses ci-dessus

 

Quoi qu’il en soit, c’est pour moi une erreur de laisser cette rue commerçante et où l’on souhaite que les gens reviennent y habiter, à double sens.

J’ai maintes fois développé sur ce blog mes propositions pour aménager cette rue de manière à ce que clients fréquentent les commerces et pour donner l’envie de venir y habiter tout en y maintenant une circulation motorisée (à sens unique et en invitant la circulation de transit à passer ailleurs), du stationnement et en permettant aux piétons, chalands et cyclistes de pourvoir y circuler en toute sécurité, tranquillité et plaisir.

 

L’origine de ce projet :

schéma-urbane-cover.jpgLors de sa restitution en conseil municipal privé le 12 juin dernier, j’ai été plus que ravi d’entendre le responsable du projet Dessein de Ville dire que le schéma de secteur de Decazeville (Etude URBANE) que nous avions réalisé en 2012 tenait encore très bien la route.

Parce que, que n’a t’on pas entendu dire de cette étude par l’actuelle majorité ! Qu’elle n’était pas bonne, qu’elle n’était pas à l’origine du dossier AMI, que d’ailleurs le projet AMI, c’était uniquement la majorité qui en était le géniteur.

Encore lors du conseil municipal du 29 mai dernier l'adjoint à l'urbanisme déclarait même : « Comment l’opposition peut, au conseil municipal du 23 février oser dire à demi-mot, qu’elle est à l’origine de l’AMI centre bourg alors que le concours national à débuté en juin 2014 et que vous n’étiez plus aux commandes depuis avril 2014

La ville existait avant lui et elle existera après lui. Oui le projet de revitalisation du centre-bourg est né il y a plus de six ou sept ans (et même bien avant pour la réflexion globale), avec la précédente majorité qui l’a développé jusqu’en 2014. L’étude d’architecture et d’aménagement URBANE en était le plan pour les années futures. Tout ce que nous voyons dans les projets au concours d’architecte de 2017 figurait déjà dans l’étude URBANE, de la percée urbaine entre la rue Cayrade et la place du Dix Août au réaménagement de la rue Cayrade en passant par la rénovation de l’habitat de la rue Cayrade et Ilot Lassale à travers le PLH. C’est d’ailleurs pour cela que l’étude URBANE a servi de référence pour ce concours d’architecte.

L’actuelle majorité n’a eu qu’à reprendre ce qui avait été réalisé. D’ailleurs, heureusement que ce projet existait, parce que la majorité actuelle arrivée en avril 2014 avec des conseillers municipaux pour la plupart novices n’aurait jamais pu préparer un bon dossier pour la candidature AMI !

Et c’est tant mieux. Il faut une logique de continuité dans les projets urbains d’une ville même avec les changements de majorité dans le conseil municipal.

Quant au fait que Decazeville ait été retenu pour le concours national AMI, je suis au regret de dire qu’on le doit beaucoup plus à notre ancienne députée et aux relations amicales qu’elle entretenait avec la Ministre du Logement Sylvia Pinel qu’au maire de Decazeville et à sa majorité fraichement élus.

Le seul travail de la majorité actuelle (avec l’indispensable aide technique des services Urbanisme de la communauté de commune et de la commune) a été de mettre à jour le dossier que nous avions pratiquement finalisé pour le PLH afin qu’il réponde aux demandes précises de ce concours national AMI et ensuite de le mettre à la boite à lettre.

Je me permets ce coup de gueule car je viens de lire le communiqué de la mairie sur sa page Facebook suite à la présentation à la presse du projet de Dessein de Ville. Un court communiqué à la gloire du maire et de la “municipalité Marty“.

Je le répète : ce n’est pas à la “ municipalité Marty “ que l’on doit ce projet, mais au long travail des “ municipalités de Decazeville “ qui se sont succédé ces dernières années, à tous les maires et conseillers municipaux de Decazeville depuis plus de dix-quinze ans.

Le maire de Decazeville se serait honoré d’avoir reconnu l’apport de ces anciens collègues à ce projet au lieu de cautionner ce communiqué partial d'une autre époque paru sur la page Facebook de la “ municipalité Marty “.

 

Concernant plus spécialement le projet de Dessein de Ville :

(Ce qui est en italique est ce qui est noté sur l’étude)

  • Atténuation de la vitesse en ville, la circulation piétonne doit être privilégiée à une circulation automobile (30 km/h). Pour ma part, je préfèrerai la création d’une “zone de rencontre“ du carrefour Foch à la percée vers l’avenue du 10 Août (avec intégration à cette zone de rencontre de la partie déjà réalisée de la rue Cayrade). La zone de rencontre est une zone où la vitesse est limitée à 20 KM /h et où la priorité est donnée aux modes actifs (piétons, cyclistes, personnes à mobilité réduite).

 

  • Maintien du double sens de circulation sur l’avenue Foch. Je peux être d’accord, mais le retour du double sens de circulation de l’avenue Cabrol me semble indispensable pour dévier la circulation de transit trop nombreuse rue Cayrade, pour le passage des bus, avec peut-être un arrêt à l’intersection avec l’avenue Foch (devant le Family par exemple) pour remplacer l’arrêt “Cayrade“. Je pense aussi que la remise en double de cette avenue sera bénéfique pour la circulation en ville durant la longue période de travaux de la rue Cayrade. Ce retour au double sens de l’avenue Cabrol a d’ailleurs fait l’objet d’une discussion intéressante lors de ce conseil municipal privé. Il nous a été dit que le sens unique de l’avenue Cabrol a été décidé pour « augmenter le nombre de place de stationnement ». Tous les bureau d’études sont d’accord pour dire qu’il y assez de places de stationnement dans le centre-ville de Decazeville. C’est la rotation des véhicules qui n’est pas assez rapide parce que notamment la zone bleue n'est pas respectée et surtout assez contrôlée.

 

  • Privilégier et diversifier le réseau de déplacements actifs existant en l’imposant sur les circuits routiers. D’accord en mettant le centre de Decazeville en Zone 30, sauf le tronçon en zone de Rencontre (20 Km/h), en généralisant les double-sens cyclables...

 

  • Mettre en valeur la structure paysagère

jardin-montagne-urbane-dessein.jpg

  • Création d’ouvertures visuelles, accessibilité. Tout à fait d’accord d’autant plus que ces ouvertures créeraient une ventilation des rues pour lutter contre le phénomène d’ilot de chaleur.

 

  • Patrimoine industriel qui a créé une entité paysagère remarquable en lien avec la ville en terrasse avec une multitude de petits jardins privés. OK

 

 

  • Jardin - Rue de la Montagne.jpgPréserver les jardins potagers. Oui bien sûr car ils peuvent aussi aboutir à une réflexion intéressante sur l’alimentation des urbains (résilience, jardins partagés, incroyables comestibles …), éducation et sensibilisation des enfants et jeunes…

 

  • Création d’un parc/belvédère en partie haute : pourquoi pas.

 

  • Percée rue Cayrade – Place du 10 Août

Globalement OK, puisque c’était notre projet lors des dernières élections municipales de 2014, projet que nous avions muri avec l’étude Urbane

Percée-urbaine - prog-vaur.jpg

    • Espaces de pause et d’observation
    • Ascenseur
    • Belvédère en partie haute 

percée urbaine - urbane-dessein de ville.jpg

 

  • Rue Cayrade :

 

rue cayrade 1983-2015.jpg

  • Usages piétons favorisés: d’accord, mais ce sera difficile avec la circulation à double sens plus le stationnement.
  • Bande roulante rééquilibrée (5,50 m)
  • Stationnement bilatéral en alternance et même des deux côtés en haut, vers la place Decazes : Je suis réservé sur le stationnement des deux côtés du haut de la rue Cayrade. il y a assez de places de stationnement à Decazeville. Il faut avant tout faire respecter la zone bleue.
  • rue cayrade-profil.jpgTrottoirs « confortables » : Avec la bande roulante à 5,50m, le stationnement, le mobilier urbain, les arbres, les panneaux des commerces… il ne va pas rester grande place aux piétons et chalands. On voit d’ailleurs bien sur les esquisses et le profil de la rue de Dessein de Ville que les trottoirs seront très étroits, notamment au niveau des stationnements.
  • Traversées piétonnes sécurisées : plateaux. J’aurais préféré une zone de rencontre avec des plateaux ou autres obstacles pour réduire la vitesse.
  • L’introduction du végétal : indispensable pour éviter les température trop fortes l’été
  • Projet lumière adapté: j’ai eu confirmation qu’il serait aussi modulable et que l’on pourra donc baisser l’intensité de l’éclairage à certains horaires où il n’y a personne afin de réaliser des économies.
  • Rien n’est malheureusement prévu pour la circulation des cyclistes rue Cayrade. Il aurait été indispensable de laisser une bande cyclable dans le sens de la montée comme le prévoyait le Schéma Modes Doux. La faute encore au choix du double sens des circulations motorisées qui prend toute la place.

 

  • Qualité environnementale du projet :

ilot chaleur urbain -schéma Invs.jpg

Schéma INVS

  • Confort climatique,
  • Imperméabilisation des sols limitée,
  • Concertation des habitants. Alors là, tout reste à faire. Des sondages bidon et des expérimentations hasardeuses ne font pas une concertation.

 

  • Ilot Lassale :

lassale-urabane-dessein.jpg

  • Ilot en centre ville intéressant à aménager
  • Mettre ces terrains à disposition de constructeurs immobiliers publics et privés
  • Intégration architectural et paysagère au quartier
  • C’est le scénario alternatif 4 de jardin qui me semble le plus intéressant. D’ailleurs, cet aménagement de parc me semble plus réussi que celui déjà réalisé. Mais ce n’est peut-être que provisoire.

Jardin Lassale - Dessein de Ville.jpg

Conclusion :

Globalement, le projet de Dessein de Ville est assez bien pensé et réussi compte tenu des contraintes qui ont été imposées par le maitre d’ouvrage du projet (Mairie et Communauté de Communes). C’est pour cela qu’il m’aurait été difficile de voter contre ce projet.

Néanmoins, je persiste à penser que ce n’est pas un projet pour le XXIème siècle et pour l’avenir de Decazeville.

Je suis persuadé que si on avait laissé un peu plus de libertés aux bureaux d’études, notamment en matière de circulation, de mobilité, d’aménagement urbain et commercial, nous aurions eu des projets beaucoup plus intéressants et à même de répondre aux défis de la fin de ce siècle : réchauffement climatique, protection de l’environnement, habitat, vie sociale urbaine, convivialité, économie résidentielle, commerces et services de proximité…

 

Photos : CL Architecture, Dessein de Ville, Urbane, InVS, Bulletin de campagne électorale “Réussir Decazeville“, Midi-Libre, jlc,

 

Addendum du 11 octobre 2017 :

Rue Cayrade - De nombreux dégâts après l'orage - La colère du ciel -DDM-260999.jpg

J'ai retrouvé dans mes archives personnelles cet article de La Dépêche du Midi du 26 septembre 1999 faisant état de fortes détériorations de la voirie communale, notamment celle de la rue Cayrade, suite à des orages violents.

Effectivement, la circulation des eaux pluviales lors de grands orages doit être traitée dans la réfection de cette rue. Avec peut être plus de points de captation de ces eaux de pluies en surface et un diamètre du réseau qui permette une meilleure circulation de ces eaux.

16/04/2017

Il est temps de remettre la voiture à sa place

les-transports-la-planete-et-le-citoyen.jpg.pngTel était le thème de la rubrique Social Lab de Valère Corréard ce matin sur France Inter avec l’intervention de Ludovic Bu, spécialiste des mobilités et co-auteur avec Olivier Razemon et Marc Fontanès de l’ouvrage : Les transports, la planète et le citoyen, en finir avec la galère, découvrir la mobilité durable.

 

D’abord la voiture a un coût pour chacun qui en possède une (ou plusieurs). L’Automobile Club chiffre ce coût annuel à 5 883 € pour une Clio essence. Ce n’est donc déjà pas un coût accessible à tout le monde.

par des ménages ayant au moins une voiture à Decazeville.jpgD’ailleurs, on estime entre 10 et 30 %, le pourcentage de foyers qui ne possèdent pas de voiture particulière, souvent par manque de moyen, mais heureusement aussi de plus en plus par choix. A Decazeville, ce pourcentage de foyers sans automobile atteint même à 35 %.

Ensuite, le choix de la mobilité automobile de masse a un énorme coût pour les budgets de l’Etat et des collectivités locales.

Ce choix contribue aussi à favoriser l’extension des zones péri-urbaines et la délocalisation des commerces en périphérie des villes.

Enfin, ce choix a aussi un impact sanitaire important puisqu'il provoque de nombreuses maladies respiratoires et on estime à 48 000, le nombre de décès dus à la pollution de l'air.

 

Alors que faire ?

D’abord, rééquilibrer spatialement les usages de mobilités sur la voirie, c’est à dire, laisser plus de place aux modes actifs de mobilité : marche à pied et vélo, et développer les modes de transport collectifs.

Ensuite, créer des aménagements et réglementer l’usage de la voirie pour favoriser la cohabitation des modes actifs de mobilité avec les véhicules motorisés.

Et enfin, faire de l’information et de la formation sur les modes actifs de mobilité.

 

Un atelier de conduite avec le CCAS.jpgJe dois vous avouer que lorsque j’ai lu l’article de Centre-Presse d’aujourd’hui ci-contre (cliquez dessus pour l'agrandir) après avoir écouté la rubrique de Valère Corréard sur France Inter, je me suis dit que décidemment, la mairie de Decazeville est une nouvelle fois à côté de la plaque. Bien sûr que l'on doit faire de l’éducation pour la conduite automobile, mais pas uniquement et ce ne doit pas être la priorité.

La priorité est dans les actions et les aménagements que j’ai décrits plus haut.

Ensuite certes réaliser des mises à niveau du code de la route, mais surtout du « code de la rue », et pas spécialement pour les personnes âgées d’ailleurs.

 

Mais c’est aussi et surtout sensibiliser et former à l’usage des mobilités actives. D’abord pour que les personnes conduisant une automobile apprennent à respecter les cyclistes et les piétons, puis pour qu’elles apprennent pratiquement à utiliser ces modes actifs.

Toutes ces actions seraient bénéfiques tant pour la sécurité routière que pour la santé des habitants.

 

Il y a maintenant quelques mois que je réfléchi à la création d’une association pour favoriser l’usage des mobilités actives sur le Bassin de Decazeville.

velo-ecole.jpegUne association qui pourrait conseiller les collectivités dans les aménagements de voirie, qui pourrait créer un atelier de conseil à la réparation et participer au recyclage des vélos (plutôt que de les jeter directement dans les bennes de la déchetterie) et organiser des bourses aux vélos d’occasion. Mais aussi créer en partenariat avec La Maison du Vélo de Toulouse, une “vélo école“ qui sensibiliserait et formerait les personnes de tous âges désirant se mettre ou se remettre au vélo. Les enfants des écoles doivent être une priorité.

J’en ai parlé avec quelques personnes intéressées, mais c’est le temps qui manque à tous pour mettre en place pratiquement cette association.

Mais vu l’ignorance des collectivités et les obstacles qu’elles mettent en place pour l’usage des mobilités actives sur le Bassin, je crois qu’il va falloir rapidement créer cette association.

Si vous êtes intéressés, n’hésitez pas à me contacter.

 

Photos : cliquez sur les photos pour les agrandir

1 - Les transports, la planète et le citoyen, en finir avec la galère, découvrir la mobilité durable - Edition de l'Echiquier

2 - Part des ménages ayant au moins une voiture à Decazeville - Source : Plateforme ouverte des données publiques françaises

3 - Article de Centre-Presse Aveyron du 16 avril 2017

4 - Vélo école : France vélo tourisme

13/03/2017

Decazeville, presque 40 ans après

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decazeville vu de la baldinie.jpg

Ce dimanche, Daniel Bruel, ancien photographe à Centre-Presse et Midi-Libre et natif du Bassin a diffusé sur sa page Facebook une photo de Decazeville vraisemblablement prise des hauteurs de la Baldinie, qu'il a daté du début des années 80.

J'avais moi aussi réalisé une photo du même point en août 2015.

On peut donc apprécier les deux photos et surtout l'évolution de notre ville.

A chacun de les interpréter selon sa sensibilité.

Photos : Cliquez sur les photos pour les agrandir

1: Daniel Bruel©

2 : jlc : licence Creative Commons

12/02/2017

Une politique d’urbanisme illisible et inefficace qui menace l’avenir de notre commune

Dans le dernier bulletin municipal (N°2 - janvier 2017), la majorité s’auto-congratule de sa politique d’urbanisme.

Mais quelle est en fait la ligne de la majorité municipale de Decazeville en matière de politique d’urbanisme ? C'est celle indiquée sur le bulletin municipal : “ la mairie poursuit ses efforts pour vendre les biens communaux qui ont été sélectionnés comme inutiles à son patrimoine“. Pourquoi vendre ces biens de suite sans réflexion globale sur l'avenir de notre ville ? Sur quels critères ces biens communaux ont-ils été sélectionnés comme inutiles ? Rien n’est dit. La ligne politique de la majorité en matière d’urbanisme est malheureusement claire : vendre rapidement tout ce qu'il est possible de vendre, à n’importe quel prix, dans le seul but de récupérer de l’argent ! Aucune vision à long terme sur notre ville.

Faisons un point des opérations de vente et d’achat depuis trois ans.

ventes biens mairie.jpg

Sur les 26 opérations de vente engagées par la municipalité depuis mai 2014, beaucoup n’ont pas réellement abouties, certaines ont vu leur transaction remise en cause et d’autres posent de sérieux problèmes.

 

Ventes non abouties :

C’est le cas notamment de diverses parcelles situées sur les hauteurs de Decazeville, aux Bonnières notamment. Certaines parcelles sont certes difficile à vendre.

caserne pompiers.JPGLe grand immeuble de la caserne des pompiers reste sur les bras de la mairie après une vente à la découpe où les deux lots les plus intéressants ont été vendus (poste de commandement et garages en face). Il aurait fallu vendre tout ce patrimoine en un seul lot pour avoir l’assurance d’avoir un acquéreur.

 

Ventes qui annulent des projets d’urbanisme et d’aménagements :

garage miramont.jpgC’est le cas d’un grand garage avec terrain à Miramont vendu à une entreprise pour 31 000 €. On peut déjà se poser la question de savoir pourquoi laisser implanter une entreprise dans cette rue à dominante résidentielle alors qu’il reste de la place sur la Zone du Centre toute proche ? Ce garage et son terrain étaient prévus par l’ancienne municipalité pour réaliser un parking près du cimetière et d’Emmaüs. Il y a un énorme besoin de places de parking lors d’obsèques ou des jours de ventes d’Emmaüs.

impasse d'iena.jpgVente pour 6 770 € d’une longue parcelle prévue pour la réalisation d’une rue allant de l’impasse d’Iéna à la rue E. Vaillant qui permettait d’éviter une sortie difficile et parfois dangereuse de l’impasse d’Iéna à La Vitarelle.

terrain rue de la montagne.jpgVente d’une parcelle de 377 m2 rue de la Montagne au dessus d’un petit parking communal sans projet réel de construction alors que la construction d’une maison était possible sur cette parcelle et que le PLU demande justement de densifier le centre ville.

 

Vente annulée à l’initiative de l’acheteur :

C’est le cas pour un terrain route de l’Albrespic car la mairie n’a pas réussi à trouver un terrain d’entente avec l’acquéreur concernant le branchement électrique.

 

Rue Gambetta : que deviennent les “verrues“ vendues à des particuliers ?

27 rue Gambetta3.jpgUn premier immeuble a été vendu au 27 de cette rue. Mais l’acquéreur s’est retiré de la vente. Un deuxième acquéreur s’est présenté voulant selon M. le Maire, créer des appartements et un garage au rez-de-chaussée. Depuis, il semble que rien n’ait bougé.

Immeuble Puech.jpgUn deuxième immeuble appartenant à la municipalité a été vendu au 29 de la rue Gambetta. Il s’agit de l’immeuble “Puech“ que l’ancienne municipalité prévoyait de rénover en HLM comme a été rénové l’immeuble en face. L’immeuble “Puech“ a été vendu le 7 avril 2015 à un particulier pour 30 000 € sans avoir l’assurance qu’il serait rénové. Depuis rien n’a été fait. Pire, la mairie s’aperçoit qu’une cheminée menace de tomber sur les passants et a pris un arrêté de mise en demeure de réaliser des travaux de sécurisation. Cerise sur le gâteau, l’acquéreur a mis en vente ce bien sur le “Bon Coin pour 70 000 € !

Si l’OPH n’était plus intéressé par l'immeuble "Puech“, ce que l'on peut comprendre, cette maison aurait peut-être pu être détruite afin d’aérer cette rue étroite avec éventuellement la construction d’une maison de ville sur une partie des 1 675 m2 de superficie de cette parcelle.

Nous étions bien sûr opposés à ces ventes en conseil municipal.

 

Prix bradés :

soulacre.jpgC’est le cas pour la vente d’un terrain de 2,5 ha au Soulacre situé plein sud à quelques centaines de mètres du giratoire de Fontvergnes (vendu 4 500 €, soit 18 centimes € le m2 !)

 

 

gendarmerie.jpgLa vente de 9 logements de la gendarmerie pose des problèmes :

D'abord, l'incertitude sur l’avenir de la gendarmerie ? Va-t-elle partir ou au contraire s’agrandir ? Gardons ces logements en réserve. De plus, ces 9 logements vont entrer directement en concurrence avec le parc privé et social déjà en surnombre dans notre ville et même concurrencer le programme AMI.

 

Lotissements :

ALBRESPIC-PLU.jpgLorsqu’il était dans l’opposition M. le Maire réclamait à cors et à cris la création de lotissements. Sa position est semble-t-il maintenant le contraire puisque les lotissements prévus dans le PLU (L’Albrespic, Fontvergnes) ne seront semble-t-il pas repris dans le futur PLUi.

Pourtant 23 276 € ont été dépensés pour l’achat de terrains à l’Albrespic en décembre 2014.

 

Quel avenir pour le parc Tourtonde ?

tourtonde.jpgLa création d’une première tranche de logements dans le parc Tourtonde s'est fait pour le moins attendre. Il semble que le projet soit sur les rails. Mais est-il judicieux de construire du logement neuf à cet endroit de Decazeville ? Faut-il des commerces en rez-de-chaussée dans ce secteur où le commerce peine (un commerce a encore fermé dernièrement) ?

Rappelons que l’ancienne municipalité avait acheté cette propriété afin d'installer les résidants du foyer-logement de Bellevue en centre-ville, proche des services et commerces.

 

Un projet privé verra-t-il le jour rue Clémenceau à la place de l’ancien cinéma ?

Suite au sinistre de la salle Jean-Paul Sartre, un accord a semble-t-il été enfin trouvé avec les assurances. La mairie a également fini d’acheter les propriétés limitrophes. Ce espace en plein centre-ville est plus agréable et plus tranquille pour construire du logement neuf que le parc Tourtonde. Des constructeurs de logements seront-ils intéressés par cette parcelle attractive alors que des logements neufs dans le parc Tourtonde vont être proposées et que le programme AMI Centre-Bourg envisage de réhabiliter de nombreux logements sur son périmètre ?

 

Quant à l’Hôtel de France… On attend toujours des nouvelles.

 

On peut aussi regretter à l’inverse l’absence de préemption sur certains immeubles ou terrains.

Maison Tronc.JPGC’est le cas pour l’immeuble “Tronc“ situé rue Cayrade à côté de la boulangerie Alcouffe qui aurait peut-être mérité une intervention de la mairie pour acquérir cet immeuble vendu 15 000 euros seulement.

Le PLU de Decazeville recommande des “aérations“ dans cette rue. La démolition de cet immeuble très vétuste aurait permis d’ouvrir une vue côté sud (rue de la Montagne) et permis d’aménager un petit espace vert à disposition des chalands et riverains.

Espérons tout de même que l’acquéreur de cet immeuble réalisera rapidement une rénovation exemplaire grâce au programme AMI. Mais la mairie n’a pris aucune garantie.

 

Vente d’un terrain communal à Fontvergnes

Terrain communal à vendre à Fontvergnes.jpg

Tout le monde a pu voir ces derniers jours les panneaux de vente d’une parcelle communale au giratoire des Soufflantes.

Vente terrain et immeuble à Rodez.jpgDifficile d’ailleurs de voir qu’il s’agit de la mairie puisque le numéro de téléphone noté sur ce panneau est celui d’un téléphone portable. Nous avions demandé maintes fois en conseil municipal et en commission d'urbanisme de mettre en place une méthode claire pour la vente de terrains et bâtiments communaux : annonces dans la presse permettant d’identifier le vendeur et la parcelle avec un prix de vente comme le font d’autres collectivités (notamment Rodez ci-contre) et ensuite, examen des propositions d'achat par la commission urbanisme. Malheureusement, c’est toujours l’opacité qui règne dans les procédures de vente du patrimoine communal à Decazeville.

Cette parcelle mise en vente provient de la démolition de l’ancien ilot insalubre de Fontvergnes par la Communauté de Communes du Bassin Decazeville-Aubin dans le cadre de l’opération de résorption du bâti délabré.

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La municipalité qui avait récupéré la parcelle après les travaux de réhabilitation envisageait d’y créer un espace vert.
De la terre végétale devait être apportée afin de réaliser cet espace vert. Sauf qu’à la place de terre végétale, ce sont des boues venant du traitement de films plastiques notamment agricoles venant de la Sopave qui avaient été répandues sur ce terrain. Je m’étais en son temps inquiété de cette opération.

Est-il pertinent de vendre maintenant cette parcelle à l’entrée de notre ville, d'un quartier qu’il faudrait peut-être réaménager, du Parc Intercommunal et proche d’une zone du PPRM plutôt difficile ? Ne serait-il pas intéressant de raccorder directement la route de Lacaze (qu’il faudrait aussi peut-être élargir) au giratoire comme le prévoyait une étude ? Qui aura la charge d’enlever les boues industrielles répandues en 2015 ? Où les entreposer ? Ne vaut-il pas mieux garder cette parcelle pour en faire comme il était initialement prévu, un espace vert à l’entrée de notre ville, au moins provisoirement ? Voila les question à se poser avant de vendre cette parcelle.

 

Cette vision changeante et à courte vue de l’urbanisme communal est vraiment dommageable pour l’avenir de notre ville.

Comme est également préjudiciable la vision d’une autre époque concernant la mobilité des personnes et les conséquences que cela entraine sur la sécurité routière et l’aménagement des rues de Decazeville.

Travailler sur l’urbanisme communal demande une vision à long terme du devenir de notre ville, de son attractivité, de la qualité de vie de ses habitants. Elle ne peut se satisfaire d’achats ou de ventes compulsives pour des motifs essentiellement financiers. Certes, la mairie ne peut pas tout préempter. Mais ce n’est pas la peine d’engager un programme de rénovation de l’habitat à grande échelle quand on ne prend même pas la garantie d’une bonne réhabilitation des biens que l’on vend.

A mi-mandat, la majorité municipale n’a visiblement toujours pas cette vision à long terme. Tout juste les yeux rivés sur 2020... et encore.

Le programme AMI Centre-Bourg, amorcé par l’ancienne municipalité avec notamment le “Schéma de secteur du centre-ville“ en 2012 et l’achat des premières maisons à démolir, va rentrer dans sa phase active. Les élus d’opposition, qui ont pourtant dit à plusieurs reprises leur souhait de participer à cette opération, ne sont toujours pas invités dans les réunions techniques ou lors des rencontres sur le terrain. C’est regrettable de priver notre commune de leur expérience et de leur connaissance de la ville. J’ai cru lire sur le dernier bulletin municipal que l’avenir se construit avec tous les Decazevillois. Il reste à la majorité de le prouver.

Photos : cliquez sur les photos pour les agrandir

1, 2,3, 5, 6, 7, 8, 12, 13, 15 : jlc (©créative commons)

4 : cadastre.gouv.fr

9 : gendarmerie : GoogleEarth

10 : PLU Decazeville

11 : Propriété Tourtonde : GoogleEarth (périmètre approximatif réalisé par mes soins)

14 : Centre-Presse du 10 février 2017

Animaux errants à Decazeville : remercier l'association AAAB

chiens et chats abandonnés -bm2017.jpg

Le dernier bulletin municipal consacre une brève aux chiens et chats abandonnés et sur la nécessaire régulation de la population féline sur notre ville. Il aurait été juste de citer l’association Aide aux Animaux Abandonnés du Bassin et de remercier ses membres qui depuis des années consacrent leur temps (et leurs maigres moyens financiers et logistiques) à la capture et à la stérilisation des chats en plus d’autres nombreuses activités d'aide et de soutien à tous les animaux.

La construction d’un refuge-chenil intercommunal et des moyens pour le faire fonctionner sont indispensables pour que cette association puisse continuer à assurer ce travail dans des conditions d’hygiène et de sécurité optimum. Sans cette structure, les problèmes consécutifs à l'abandon et à la maltraitance des animaux ne feront que s’accroître sur notre communauté de communes, y compris sur les communes rurales.