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05/11/2017

Essor du vélo dans nos villes et sécurité routière

Sens interdit, sauf cycliste-A4.jpg

Le Cerema, Centre d’Etudes et d’expertise sur les Risques, l’Environnement, la Mobilité et l’Aménagement, est un établissement public à caractère administratif (EPA) sous la tutelle conjointe du ministère de la Cohésion des Territoires et du ministère de la Transition Ecologique et Solidaire.

Il est un centre de ressource indispensable pour les collectivités locales et leurs élus. Il participe également à la formation des professionnels, des élus, des associations dans les nombreux domaines dont il s’occupe. C’est notamment le cas pour tout ce qui touche à la mobilité tant des personnes que des marchandises.

Je participe régulièrement depuis des années aux journées d’échanges que le Cerema organise dans tout le grand sud-ouest dans le cadre de « Une voirie pour tous ». Ces journées sont très riches. Elles permettent de faire un point sur la législation qui évolue en permanence dans ce domaine et sur les pratiques qui évoluent également, suivant notamment cette législation, mais allant parfois au delà, la loi mettant parfois du temps à rejoindre la pratique.  

Le Cerema vient d’éditer une série de fiches téléchargeables concernant l’évolution du code de la route en faveur des piétons et des cyclistes.

Certaines me semblent importantes pour nos petites villes et bourgs aveyronnais. Faciliter les déplacements des piétons et des cyclistes devrait être au cœur des politiques de mobilité de nos territoires.

D’autant plus que certains aménagements pour un meilleur partage de la voirie et des espaces publics entre tous les usagers ne demandent pas beaucoup d’investissements financiers.

Les fiches sur le double sens cyclable, la zone de rencontre, la zone 30 ont retenu toute mon attention, parce que ces aménagements constituent le minimum pour une circulation apaisée dans nos centres villes et centres bourgs et peuvent éviter de nombreux accidents.

Ces aménagements ont aussi bien sûr un impact positif sur la qualité de vie en matière notamment d’environnement sonore et de qualité de l’air.

La révision du Plan Global de Déplacements et du Schéma des Modes Actifs sur le territoire de Decazeville Communauté est une chance pour intégrer ces nouvelles recommandations du code de la route.

Alors, on s’y lance sur le Bassin ?

 

Plus de villes cyclables :

barometre-villes-cyclables.jpg

Amis cyclistes du Bassin, vous pouvez toujours répondre à ce questionnaire sur le baromètre des villes cyclables pour exprimer votre avis sur la cyclabilité de nos villes, notamment Decazeville. Déjà cinq personnes du Bassin ont répondu à ce questionnaire. Rejoignez-les en répondant à votre tour à ce questionnaire.

 

Rue Cayrade : toujours la vitesse !

Encore une sortie de route rue Cayrade.jpeg

Une nouvelle sortie de route s’est déroulée avant hier dans la rue Cayrade, au même endroit que les deux précédentes. Sans vouloir remettre en cause la bonne volonté des services de l’Etat et de la police nationale qui ont fait dernièrement une opération de sensibilisation par des contrôles de vitesse, la solution ne viendra que par des aménagements obligeant à réduire la vitesse et dans un meilleur partage de la voirie par tous les usagers de cette rue. Le code de la route le recommande : la voirie sur cette zone doit être aménagée de façon cohérente avec la limitation de vitesse applicable.

Cette rue mise en double sens cyclable éviterait des grands détours aux cyclistes et obligerait les voitures à adopter un comportement prudent et respectueux des autres usagers, notamment les plus vulnérables, piétons et cyclistes. Son aménagement en zone de rencontre me semble aussi indispensable tant pour la sécurité routière que pour l’essor de la fréquentation commerciale et la qualité de vie dans cette rue.

Zone de rencontre - Piétons d'abord-A4.jpg

Zones 30,  - des rues plus sûres et un cadre de vie plus agréables.jpg

Photos :

- 3 fiches du Cerema

- Article de La Dépêche du Midi du 4 novembre 2017

- Baromètre des villes cyclables - ©FUB

21/09/2017

Le vélo n’est vraiment pas le bienvenu à Decazeville

vélo accroché.jpgLors du conseil municipal d’hier soir, un point me concernant figurait dans les décisions prises en délégation par M. le maire. Il s’agissait de défendre les intérêts de la commune d’ester en justice contre moi-même.

J’ai donc pris la parole pour apporter des précisions sur ce point, mais j’ai malheureusement été fréquemment interrompu par le maire lui-même qui souhaitait que je cesse. J’ai pu mesurer que la méconnaissance des élus majoritaires sur la réglementation et les usages de la bicyclette en ville était abyssale. Pour tout dire, elle est avant tout dogmatique, la plupart des élus considérant le vélo tout juste comme une activité de loisir et souhaitant laisser à la bagnole toute la place de l’espace public de notre ville. Ils ont juste 30 ans de retard !

 

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DSC courbe cerema.jpgLa loi a fortement évolué depuis 2014 en faveur des mobilités actives (que l’on appelait “mobilités douces“ il y a peu) et plus généralement en faveur d’un partage des espaces publics par tous les usagers : 

  • Plan d’Actions pour les Mobilités Actives (PAMA) en avril 2014
    • Partager l’espace public et sécuriser les modes actifs
    • Valoriser les enjeux économiques et sanitaires de la pratique du vélo
  • Décret 2015/808 du 15 juillet 2015:
    • Application réglementaire des mesures du PAMA avec de nombreuses mesures visant notamment l’amélioration des cheminements piétons et cyclistes, l’extension des ZCA (Zones de Circulations Apaisées)…
    • Ce décret pose le principe du double-sens cyclable pour les cyclistes comme étant la règle sur les voies à sens unique limitées à 30 Km/h, et moins. Certes, une dérogation à cette règle peut être appliquée, mais elle doit être dûment circonstanciée par l’autorité investie du pouvoir de police
  • L’Arrêté du 23 septembre 2015 relatif à la modification de la signalisation routière en vue de favoriser les mobilités actives vient compléter les mesures du décret 2015/808.

 

Depuis 2016, ces mesures ont eu un réel effet positif sur la fréquentation des cyclistes dans les villes qui ont mis en place des aménagements pour satisfaire ces mesures réglementaires. Elles ont également eu un effet positif dans l’apaisement de la circulation et l’amélioration de la sécurité routière.

J’étais encore la semaine passée à Tarbes pour une rencontre organisée par le Cerema dont le thème était : petits bourgs, villes moyennes, écoquartiers, comment apaiser la circulation et favoriser le partage de la voirie. J’ai pu apprécier par les réalisations concrètes en Midi-Pyrénées présentées ce jour là, les bienfaits d’une telle politique de mobilité, tant pour la sécurité routière, que pour l’activité des commerces ou l’amélioration du cadre de vie des riverains.

Madame la Ministre des Transports a encore redit hier lors du lancement des Assises de la Mobilité qu’il fallait encourager les mobilités actives.

 

Concernant cette procédure, j’ai pour ma part tout fait pour l’éviter :

Depuis la publication du Décret 2015/808 du 8 juillet 2015, j’ai informé plusieurs fois la commission urbanisme de la commune sur l’obligation de s’y conformer, notamment pour la généralisation des doubles sens cyclables dans les rues à sens unique à 30 Km/h et moins.

 

J’ai envoyé le 12 janvier 2016 un courrier à M. le Maire détaillant ce décret applicable le 1er janvier 2016 et ses conséquences pratiques sur certaines rues de Decazeville. Dans ce courrier, je proposais également mes services pour étudier avec M. le maire, ses adjoints et les services techniques de la ville les conditions pour appliquer concrètement ce décret sur ces rues.

 

arrete dkz.jpgLe 18 février 2016 vous avez pris un arrêté municipal d’interdiction de circulation des vélos en double sens dans les rues Cayrade (de la place Wilson et la rue du Maréchal Foch) et dans la rue du 4 Septembre (pourtant proposé dans le Schéma des Modes Doux du Bassin en 2010).

 

Ayant épuisé les méthodes gracieuses pour vous inviter à appliquer ce décret, j’ai donc saisi en tant que cycliste decazevillois le Tribunal Administratif de Toulouse le 11 avril 2016.

commerces et vélos.jpgMon but n’était bien sûr pas de me lancer dans une procédure, mais de vous démontrer avec ma requête, que l’application de ce Décret dans ces rues ne pénalisait absolument personne, n’était absolument pas dangereuse et qu’elle contribuait au contraire à favoriser une circulation apaisée dans ces rues, à améliorer la sécurité routière et à participer à l’essor des commerces en centre ville comme le démontre de nombreux exemples maintenant. Je précise que cela fait maintenant neuf ans que les doubles sens cyclables sont la règle dans les rues à sens unique en zones 30 avec la satisfaction de tout le monde et que l’accidentologie générale est plutôt en baisse dans ces rues, y compris pour les cyclistes alors que la circulation de ceux-ci a très fortement augmenté.

 

Un accident récent rue Cayrade basse, qui aurait pu avoir des conséquences graves, a soulevé le problème de la vitesse excessive des véhicules motorisés dans cette rue, notamment la nuit.

Je rappellerai juste que l’article R110-2 du Code de la Route précise que “ pour les zones à 30 Km/h, l’ensemble de la zone est aménagé de façon cohérente avec la limitation de vitesse applicable “.

Un radar pédagogique ne sert pas directement à ralentir la vitesse. C'est juste un élément d'information et de prévention.

Les commerçants demandent que l’on réduise la vitesse sur cette portion de rue par des aménagements. Ils ont tout à fait raison. Il faut des aménagements pour ralentir la vitesse des véhicules : coussins berlinois, surélévation, rétrécissement ponctuel… Mais un double sens cyclable contribuerait en plus à un meilleur apaisement de la circulation. Toutes les études vont dans ce sens.

 

Je ne fais bien sûr pas une affaire personnelle de cette procédure, bien que je vais la supporter financièrement tout seul, sans argent public. Je souhaite avant tout faire connaître et faire appliquer les droits des usagers du vélo et l’obligation qu’ont les collectivités à les considérer, notamment la ville de Decazeville.

 

rue cayrade - détour obligé de 600 à 800 mètres.jpgVous prétendez défendre les intérêts de notre commune. Je ne suis pas sûr que votre arrêté d’interdiction des cyclistes dans certaines rues de Decazeville contribue au rayonnement, au dynamisme et la modernité de notre ville.

Bien au contraire.

 

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A la suite de mon intervention, M. Le maire s'est vanté d'avoir déjà gagné au Tribunal Administratif.

Il a certes gagné une première partie, mais pas glorieusement puisque c'est mon intérêt à agir qu'il a contesté par l'intermédiaire de son avocat.

Il n'y a donc pas eu encore un jugement sur le fond, c’est à dire sur le fait de savoir si les doubles sens cyclables sont réglementaires et souhaitables à Decazeville.

Le fait de contester mon intérêt à agir vise évidemment à éviter un avis du Tribunal Administratif qui me serait favorable sur le fond, mais aussi à me décourager de poursuivre cette affaire par fatigue ou par manque de moyens financier car j'engage mes ressources personnelles pendant que lui se sert de l'argent des contribuables decazevillois.

DSC - Schéma certu - Guide pour la mise en place de double sens cyclable.jpgMalheureusement pour lui, je suis avant tout un militant écologiste et un militant de la cause cyclable et j'ai bien sûr fait une requête en appel auprès de la Cour Administrative d'appel de Bordeaux à l'encontre de l'ordonnance du Tribunal Administratif de Toulouse.

 

Et puis il y a eu aussi la phrase habituelle du maire pour essayer de me déstabiliser : pourquoi ne l'avez-vous pas fait lorsque vous étiez aux affaires ? Et il y a bien sûr ma réponse habituelle : vous devez tout de même vous souvenir que je n'ai jamais été maire de Decazeville. J'avais maintes fois insisté en réunions préparatoires pour l'aménagement de cette rue sur la prise en  compte de la protection des usagers vulnérables, piétons, cyclistes et PMR. J'avais même déjà proposé la création d'une zone de rencontre sur ce tronçon de rue. Malheureusement, je n'ai pas été suivi. J'ai tenu également à préciser que les évolutions réglementaires pour faciliter le partage de la voirie datent de 2014, année où M. le Maire est entré en responsabilité. 

Un collègue de la majorité est revenu sur la dangerosité de créer un double sens cyclable sur une voirie si “étroite“. J'ai répondu que 3,50 m n'est pas une voirie étroite et que dans beaucoup de villes où ces aménagements sont en place, la voirie est beaucoup moins large et tout se passe très bien. Il faut juste sortir un peu de Decazeville pour voir ce qui se passe ailleurs sans problèmes.

En fait, ceux qui ne veulent pas ces aménagements, ce sont les conducteurs de bagnoles qui n'ont jamais fait de vélo ou si peu, et qui ne veulent pas céder un pouce de leurs privilèges.

Et bien non ! La voirie appartient à tout le monde !

 

M. le Maire a toujours la possibilité de stopper la procédure au Tribunal Administratif quand il le veut en prenant un autre Arrêté autorisant les doubles sens cyclables et en créant les aménagements nécessaires pour les cyclistes à Decazeville.

Quoi qu’il en soit, il ne sortira pas grandi de cette procédure. Il restera de toute façon celui qui a tout fait pour gêner les mobilités actives à Decazeville, celui qui fait une politique de mobilité (et pas seulement) digne des années Pompidou.

 

Rue Cayrade - Plan de coupe.jpgJe tiens à rappeler que je bénéficie heureusement du soutien moral de mes collègues de la minorité du conseil municipal, mais aussi de nombreuses personnes du Bassin et d’associations régionales et départementales de défenses des cyclistes.

Dans un courrier au maire de Decazeville à la suite de l’Arrêté pris par celui-ci, le président de l'Association pour la Défense et la Sécurité des Cyclistes en Aveyron écrivait :

Vous justifiez votre décision d'Arrêté par un manque de sécurité pour les cyclistes.

Je vous remercie, au nom de l'association, par l'intérêt que vous portez à la sécurité des cyclistes. Le problème, c'est que, jusqu'à maintenant, dans la commune, cette sécurité est essentiellement permise par des interdictions de circulation pour les cyclistes. C'est sûrement efficace mais pas très encourageant pour favoriser ce mode de déplacement “.

Tout est dit.

 

Enfin, comme si les mauvaises nouvelles pour les usagers du vélo sur le Bassin ne suffisaient déjà pas, il semble que la véloroute de la Vallée du Lot sur notre territoire ait du plomb dans l’aile. Les élus urbains de Decazeville-Communauté ne veulent plus investir un centime d’euro sur cette infrastructure pourtant de plus en plus fréquentée, notamment cet été avec une explosion du passage de cyclotouristes qui dure d’ailleurs encore. Elle est également utile pour les déplacements quotidiens des habitants des communes rurales le long du Lot et même au delà.

Il n’y aurait donc pas un centime pour réaliser les accès aux passerelles du Pont de Bourran et de celle de Boisse-Penchot. Déplorable ! A suivre.

 

Le vélo, cet oublié du Bassin decazevillois -CP-130616.jpg

En cliquant ici, toutes mes notes concernant la mobilité, notamment à Decazeville et sur le Bassin.

Addendum du 26 septembre :

La presse locale a fait un court récit de ce débat 

L'article de La Dépêche du Midi en cliquant ici 

L'article de Centre-Presse ci-dessous (cliquez dessus pour l'agrandir) :

Transports - Mots presques durs pour modes doux.jpg

Ces articles sont un peu réducteurs et incomplets, mais vu le format, difficile de faire mieux. Ma note a le mérite d'apporter des précisions nécessaires.

En attendant les aménagements pour ralentir la vitesse rue Cayrade, notamment la mise en place de coussins berlinois, d'une zone de circulation apaisée et d'un double sens cyclable, les accidents continuent. Voir l'article de Centre-Presse d'aujourd'hui ci dessous :

Nouvelle embardée automobile rue Cayrade.jpg

Photos : cliquez sur les photos pour les agrandir

Photo 1 : Decazeville : un vélo accroché à une barrière sur le trottoir car le stationnement vélo à l’arrière n’est pas protégé et ne comporte aucun arceau pour accrocher le vélo – photo jlc

Photo 2 : Double sens cyclable dans une courbe dans les mêmes conditions que la rue Cayrade à Decazeville. Photo : présentation Cerema

Photo 3 : l’arrêté de la ville de Decazeville pour interdire les doubles sens cyclables

Photo 4 : Les associations de commerçants travaillent volontiers avec les associations de cyclistes car le client venant à vélo ou à pied revient plus souvent, même si ses achats sont moins conséquents par passage. – Photos : diverses animation commerciales en direction des clients cyclistes.

Photo 5 : Les cyclistes decazevillois sont obligés de faire un détour de 600 à 800 mètres pour accéder aux commerces du bas de la rue Cayrade – OpenStreetMap et jlc

Photo 6 : L’arrêté a été pris en raison des aménagements et de la faible largeur de voirie. Le Certu, devenu Cerema, recommande dans le Guide pour la mise à double-sens cyclable un voirie de 2,70 m minimum de largeur. Or la voirie rue Cayrade est de 3,50 m de largeur et même beaucoup plus si l’on rajoute le caniveau pratiquement à fleur de la voirie, l’espace entre les voitures en stationnement très large (2,50 m au lieu de 2,00 recommandé) et la voirie et celui entre le caniveau et les barrières protégeant les piétons. Schéma : Certu

Photo 7 : Plan de coupe de la rue Cayrade – Photo : mairie de Decazeville

Photo 8 : Article de Centre-Presse du 13 juin 2016

Photos 9 et 10 : Articles de Centre-Presse du 26 septembre 2017

22/08/2017

La vitesse, encore et toujours à Decazeville !

Decazeville - Rue Cayrade - barrières renversée.jpg

Il y a vraisemblablement un problème de vitesse des véhicules motorisés dans la partie déjà réaménagée de la rue Cayrade. Les barrières devant le New Bar en ont fait les frais récemment. Heureusement, c’était la nuit et la vitesse ne serait peut-être pas seule en cause. Mais ce n’est pas le premier accident de ce genre.

Si la vitesse est limitée à 30 km/h sur cette rue, aucun aménagement n’incite réellement à respecter cette vitesse. Or l’Article R110-2 du Code de la Route précise que “ pour les zones à 30 Km/h, l’ensemble de la zone est aménagé de façon cohérente avec la limitation de vitesse applicable “.

Certes, nous ne sommes pas à proprement parlé dans une « zone 30 », mais la législation n’interdit pas d’appliquer la réglementation spécifique aux « zones 30 » dans une rue limitée à 30 Km/h. C’est même plus que recommandé.

Il n’y a malheureusement pas d’aménagements spécifiques pour inciter les véhicules motorisés à respecter la vitesse de 30 Km/h dans ce tronçon de la rue Cayrade à sens unique relativement large, pas de surélévation, de ralentisseur, de chicane… Seul, un radar pédagogique situé à l’entrée de ce tronçon informe les conducteurs des véhicules motorisés sur la vitesse de leurs véhicules à l’entrée de cette rue mais ne décourage pas réellement d’être à une vitesse supérieure. Beaucoup de véhicules sont largement au dessus quand la circulation est faible, la nuit notamment.

 

Il faut donc ralentir la vitesse de circulation des véhicules motorisés sur ce tronçon de rue. Plusieurs solutions existent, solutions qui sont même cumulables.

Il y a d’abord des solutions d’aménagements. Installer des coussins berlinois, des surélévations ou des chicanes décourage de rouler vite. Le coussin berlinois de l’avenue du 10 août en face de la maison de santé semble efficace pour ralentir la vitesse par exemple. Ces aménagements sont indispensables sur ce tronçon de la rue Cayrade. Ils auraient du être même prévus lors de la réhabilitation de cette rue. J’ai fais ce que j’ai pu, mais malheureusement, je n’ai pas été entendu.

Il est à noter que des aménagements obligeant à réduire la vitesse contribueraient de plus à sécuriser cette rue contre une éventuelle attaque de voiture bélier. Lire à ce sujet l’excellent article d’Olivier Razemon : Le bloc béton, nouveau venu dans le paysage urbain.

 

Comme autre moyen de réduire la vitesse sur ce tronçon, il y a le partage de la voirie entre tous les usagers par la création notamment sur ce tronçon commerçant d’une “ zone de rencontre “.

Qu’est-ce qu’une “ zone de rencontre “ ? L’article R 110-2 du Code de la Route le précise : « Une zone de rencontre est une section ou ensemble de sections de voies en agglomération constituant une zone affectée à la circulation de tous les usagers. Dans cette zone, les piétons sont autorisés à circuler sur la chaussée sans y stationner et bénéficient de la priorité sur les véhicules. La vitesse des véhicules y est limitée à 20 km/h. Toutes les chaussées sont à double sens pour les cyclistes, sauf dispositions différentes prises par l’autorité investie du pouvoir de police. Les entrées et sorties de cette zone sont annoncées par une signalisation et l’ensemble de la zone est aménagé de façon cohérente avec la limitation de vitesse applicable

L’article R 412-6 du Code de la Route précise que : « tout véhicule en mouvement ou tout ensemble de véhicules en mouvement doit avoir un conducteur. Celui-ci doit, à tout moment, adopter un comportement prudent et respectueux envers les autres usagers des voies ouvertes à la circulation. Il doit notamment faire preuve d'une prudence accrue à l'égard des usagers les plus vulnérables. »

Les zones de circulation apaisées, notamment les zones rencontre, développent les réflexes des conducteurs des véhicules motorisés à modérer leur vitesse notamment au niveau des intersections et à faire preuve de plus d’attention vis à vis des autres usagers de la voirie, notamment les plus vulnérables, piétons, cyclistes...

 

Ce n’est pas la première fois que je demande la création d’une zone de rencontre sur ce tronçon de rue avec bien sûr un double sens cyclable.

Le Décret 2015-808 du 15 juillet 2015 pose le principe du double-sens cyclable pour les cyclistes comme étant la règle sur les voies à sens unique limitées à 30 Km/h, et moins. Une dérogation à cette règle doit être dûment circonstanciée par l’autorité investie du pouvoir de police

En étendant le principe de généralisation des doubles sens cyclables sur les voies où la vitesse est limitée à 30 Km/h ou moins, le décret 2015/808 vise à simplifier la compréhension de la règle par tous les usagers.

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, les enquêtes démontrent qu’il n’y a pas d’accidents supplémentaires lors de la mise en place de doubles sens cyclables ; le nombre d’accident et leur gravité auraient même tendance à diminuer du fait d’une vitesse réduite et d’une attention redoublée de tous les usagers.

 

Addendum du 26 août 2017 :

Centre-Presse a consacré aujourd'hui un article à l'accident rue Cayrade mentionné en début de note.

decazeville,circulation,rue cayrade,double sens cyclable,sécurité routière

Les commerçants réclament, comme je l'ai également demandé dans cette note, un ralentisseur dans cette rue.

La réponse du maire est sidérante et démontre son incompétence en matière de mobilité , d'aménagement de voirie et sur la législation concernant la circulation.

C'est au maire, en tant que responsable de la sécurité dans sa ville, qu'il incombe de prendre des mesures techniques et réglementaires afin de modérer la circulation sur la voirie de la ville. Un panneau "30“ ne suffit bien sûr pas. Comme indiqué plus haut, la rue doit être aménagée en cohérence avec la limitation de vitesse. Faire des rues où l'on peut rouler à 80 km et les limiter à 30 kmh est déjà irresponsable. Persister dans l'erreur est tout aussi irresponsable. Se satisfaire de la situation parce que le propriétaire de l'accident est venu faire un constat à la mairie me laisse sans voix.

08/07/2017

Decazeville : des passages piétons sécurisés… pour les bagnoles !

J'avais déjà eu l'occasion de me pencher sur cette mesure dans une note précédente.

A Decazeville, on est revenu aux années Pompidou qui voulait adapter la ville à la voiture. Plutôt que de faciliter les déplacements à pied (et à vélo) dans le centre ville, la mairie préfère rallonger et compliquer les déplacements des piétons pour que les véhicules motorisés continuent à rouler aussi vite ! Le partage de la voirie entre tous les usagers et la priorité donnée aux usagers les plus vulnérables, c’est pas encore arrivé aux oreilles des élus de Decazeville.

Article de La Dépêche du Midi du 6 juillet 2017.

Place Wilson - Des passages sécurisés... pour les autos -DDM-060717.jpeg

29/06/2017

Quel centre-ville de Decazeville pour les cinquante prochaines années ?

Nous avons donc eu le lundi 12 juin un conseil municipal privé (pourquoi privé ?) dont l’ordre du jour portait uniquement sur la validation du choix du jury du concours intercommunal concernant le projet d’urbanisme et d’architecture pour la revitalisation du centre bourg.

Quelques frustrations :

percée urbaine -cl architecture.jpgJe ne vous cache pas que j’aurais aimé voir les projets des deux autres candidats non retenus, d’abord parce que je m'intéresse depuis longtemps à tout ce qui touche à l'urbanisme et aux aménagements urbains. Ensuite pour savoir si le jury avait choisi le meilleur projet pour notre ville, et enfin pour y trouver peut-être des bonnes idées. Malheureusement, une fois de plus, nous ne saurons rien des deux autres projets. Tout a été fait dans le plus grand secret. Il ne faut surtout pas remettre en question le choix du jury. Dommage car ce n’était peut-être pas le projet que nous aurions préféré.

J’ai tout de même pu voir quelques images d’un autre projet. Je trouve par exemple l’arcade qui surplombe la percée entre la rue Cayrade et la place du 10 Août présentée par CL Architecture plutôt réussie (voir photo au dessus). Elle invite vraiment à venir rue Cayrade. Mais je ne connais malheureusement pas ce projet en totalité. Quant au troisième projet, je n’ai rien trouvé sur internet, car c’est la seule source pour nous renseigner.

Nous n’avons eu aucun rapport écrit sur le déroulement de cette consultation et sur les critères qui ont prévalus pour le choix du candidat et donc le rejet des deux autres bureaux d’étude. 

Le programme qui avait été donné aux candidats ne me semblait pas du tout ouvert.

Lorsque l’on refait une rue importante à Decazeville, c’est au moins pour 50 ans. Pour la rue Gambetta refaite entièrement en 2005-2006, cela faisait 70 ans que les réseaux et la surface de cette rue n’avaient pas été rénovés.

Pour ce concours d’architectes il aurait donc été souhaitable de demander aux concurrents d’établir un projet qui convienne à la foi à la vie des toutes prochaines années et de celle des 50 à 70 prochaines années.

En cela, il aurait été intéressant d’organiser des ateliers de prospective avec la population.

rue cayrade - stationnement épi.jpgMais c’est une autre solution qu’avait choisi la majorité municipale.

Tout le monde se souvient des essais de circulation et de stationnement pour le moins hasardeux et des enquêtes-sondages approximatifs et maladroits où il n’a pas été suffisamment pris en compte la parole aux riverains et des usagers quotidiens de cette rue. Le résultat de ces opérations s’est malheureusement soldé par le choix de la mise à double sens de circulation du haut de la rue Cayrade, contrairement au bas de cette rue qui est en sens unique montant.

Bien sûr la méthode était mauvaise. Si vous interrogez des riverains et des chalands de cette rue, ils souhaitent avant tout moins de circulation motorisée et des trottoirs plus larges, moins de bruit et de pollutions et plus de place pour les piétons.

Même avec la meilleure volonté des candidats, même avec un programme qui demandait pourtant “ un objectif de réduction du transit de véhicules dans la rue Cayrade pour favoriser les commerces et les résidents “, assurer deux voies de circulation pour les véhicules motorisés plus du stationnement sur cette rue, était extrêmement pénalisant pour réaliser un projet cohérent à même de répondre aux exigence du futur et même du présent.

On aurait pu demander aux candidats la présentation d’une proposition variante avec une circulation motorisée à sens unique et plus de place laissée aux modes actifs de mobilité (vélo et marche), aux riverains, aux chalands, aux animations, à la vie de cette rue… Il suffisait d’augmenter un tout petit peu l’enveloppe financière pour ce concours. Mais nous aurions pu réaliser des économies par la suite.

On a manqué là la dernière occasion de pouvoir présenter à la population une autre vision de cette rue, plus moderne, plus ouverte vers l’avenir, avec des esquisses qui aurait pu éventuellement faire accepter un projet plus attrayant.

rue cayrade-dessein de ville.jpgOn a aussi mis à mal la possibilité de pouvoir revenir si nous le souhaitions à l’avenir, à une circulation à sens unique. Dans le projet présenté, les trottoirs seront surélevés ce qui rend la largeur des voies de circulation et de stationnement fixe. Ce sont des problèmes d’écoulement d’eau de pluie lors de grands orages qui ne permettraient pas de réaliser la rue sur un seul niveau.

cayrade-foch-clarchitecture.jpgPeut-être là aussi nous aurions pu trouver des solutions techniques permettant de réaliser des trottoirs surélevés uniquement sur le bas de cette rue avec sa rencontre avec la rue du Maréchal Foch.

Je note tout de même que CL Architecture a réalisé la rue Cayrade sur un seul niveau, sans trottoirs surélevés.

rue cayrade-urbane.jpgL’étude URBANE réalisée en 2012 prévoyait la rue Cayrade sur un seul niveau et avec un seul sens de circulation, mais avec la possibilité de revenir temporairement ou définitivement au double sens de circulation en empruntant une partie des zones piétonnes pour le stationnement.

Voir les esquisses ci-dessus

 

Quoi qu’il en soit, c’est pour moi une erreur de laisser cette rue commerçante et où l’on souhaite que les gens reviennent y habiter, à double sens.

J’ai maintes fois développé sur ce blog mes propositions pour aménager cette rue de manière à ce que clients fréquentent les commerces et pour donner l’envie de venir y habiter tout en y maintenant une circulation motorisée (à sens unique et en invitant la circulation de transit à passer ailleurs), du stationnement et en permettant aux piétons, chalands et cyclistes de pourvoir y circuler en toute sécurité, tranquillité et plaisir.

 

L’origine de ce projet :

schéma-urbane-cover.jpgLors de sa restitution en conseil municipal privé le 12 juin dernier, j’ai été plus que ravi d’entendre le responsable du projet Dessein de Ville dire que le schéma de secteur de Decazeville (Etude URBANE) que nous avions réalisé en 2012 tenait encore très bien la route.

Parce que, que n’a t’on pas entendu dire de cette étude par l’actuelle majorité ! Qu’elle n’était pas bonne, qu’elle n’était pas à l’origine du dossier AMI, que d’ailleurs le projet AMI, c’était uniquement la majorité qui en était le géniteur.

Encore lors du conseil municipal du 29 mai dernier l'adjoint à l'urbanisme déclarait même : « Comment l’opposition peut, au conseil municipal du 23 février oser dire à demi-mot, qu’elle est à l’origine de l’AMI centre bourg alors que le concours national à débuté en juin 2014 et que vous n’étiez plus aux commandes depuis avril 2014

La ville existait avant lui et elle existera après lui. Oui le projet de revitalisation du centre-bourg est né il y a plus de six ou sept ans (et même bien avant pour la réflexion globale), avec la précédente majorité qui l’a développé jusqu’en 2014. L’étude d’architecture et d’aménagement URBANE en était le plan pour les années futures. Tout ce que nous voyons dans les projets au concours d’architecte de 2017 figurait déjà dans l’étude URBANE, de la percée urbaine entre la rue Cayrade et la place du Dix Août au réaménagement de la rue Cayrade en passant par la rénovation de l’habitat de la rue Cayrade et Ilot Lassale à travers le PLH. C’est d’ailleurs pour cela que l’étude URBANE a servi de référence pour ce concours d’architecte.

L’actuelle majorité n’a eu qu’à reprendre ce qui avait été réalisé. D’ailleurs, heureusement que ce projet existait, parce que la majorité actuelle arrivée en avril 2014 avec des conseillers municipaux pour la plupart novices n’aurait jamais pu préparer un bon dossier pour la candidature AMI !

Et c’est tant mieux. Il faut une logique de continuité dans les projets urbains d’une ville même avec les changements de majorité dans le conseil municipal.

Quant au fait que Decazeville ait été retenu pour le concours national AMI, je suis au regret de dire qu’on le doit beaucoup plus à notre ancienne députée et aux relations amicales qu’elle entretenait avec la Ministre du Logement Sylvia Pinel qu’au maire de Decazeville et à sa majorité fraichement élus.

Le seul travail de la majorité actuelle (avec l’indispensable aide technique des services Urbanisme de la communauté de commune et de la commune) a été de mettre à jour le dossier que nous avions pratiquement finalisé pour le PLH afin qu’il réponde aux demandes précises de ce concours national AMI et ensuite de le mettre à la boite à lettre.

Je me permets ce coup de gueule car je viens de lire le communiqué de la mairie sur sa page Facebook suite à la présentation à la presse du projet de Dessein de Ville. Un court communiqué à la gloire du maire et de la “municipalité Marty“.

Je le répète : ce n’est pas à la “ municipalité Marty “ que l’on doit ce projet, mais au long travail des “ municipalités de Decazeville “ qui se sont succédé ces dernières années, à tous les maires et conseillers municipaux de Decazeville depuis plus de dix-quinze ans.

Le maire de Decazeville se serait honoré d’avoir reconnu l’apport de ces anciens collègues à ce projet au lieu de cautionner ce communiqué partial d'une autre époque paru sur la page Facebook de la “ municipalité Marty “.

 

Concernant plus spécialement le projet de Dessein de Ville :

(Ce qui est en italique est ce qui est noté sur l’étude)

  • Atténuation de la vitesse en ville, la circulation piétonne doit être privilégiée à une circulation automobile (30 km/h). Pour ma part, je préfèrerai la création d’une “zone de rencontre“ du carrefour Foch à la percée vers l’avenue du 10 Août (avec intégration à cette zone de rencontre de la partie déjà réalisée de la rue Cayrade). La zone de rencontre est une zone où la vitesse est limitée à 20 KM /h et où la priorité est donnée aux modes actifs (piétons, cyclistes, personnes à mobilité réduite).

 

  • Maintien du double sens de circulation sur l’avenue Foch. Je peux être d’accord, mais le retour du double sens de circulation de l’avenue Cabrol me semble indispensable pour dévier la circulation de transit trop nombreuse rue Cayrade, pour le passage des bus, avec peut-être un arrêt à l’intersection avec l’avenue Foch (devant le Family par exemple) pour remplacer l’arrêt “Cayrade“. Je pense aussi que la remise en double de cette avenue sera bénéfique pour la circulation en ville durant la longue période de travaux de la rue Cayrade. Ce retour au double sens de l’avenue Cabrol a d’ailleurs fait l’objet d’une discussion intéressante lors de ce conseil municipal privé. Il nous a été dit que le sens unique de l’avenue Cabrol a été décidé pour « augmenter le nombre de place de stationnement ». Tous les bureau d’études sont d’accord pour dire qu’il y assez de places de stationnement dans le centre-ville de Decazeville. C’est la rotation des véhicules qui n’est pas assez rapide parce que notamment la zone bleue n'est pas respectée et surtout assez contrôlée.

 

  • Privilégier et diversifier le réseau de déplacements actifs existant en l’imposant sur les circuits routiers. D’accord en mettant le centre de Decazeville en Zone 30, sauf le tronçon en zone de Rencontre (20 Km/h), en généralisant les double-sens cyclables...

 

  • Mettre en valeur la structure paysagère

jardin-montagne-urbane-dessein.jpg

  • Création d’ouvertures visuelles, accessibilité. Tout à fait d’accord d’autant plus que ces ouvertures créeraient une ventilation des rues pour lutter contre le phénomène d’ilot de chaleur.

 

  • Patrimoine industriel qui a créé une entité paysagère remarquable en lien avec la ville en terrasse avec une multitude de petits jardins privés. OK

 

 

  • Jardin - Rue de la Montagne.jpgPréserver les jardins potagers. Oui bien sûr car ils peuvent aussi aboutir à une réflexion intéressante sur l’alimentation des urbains (résilience, jardins partagés, incroyables comestibles …), éducation et sensibilisation des enfants et jeunes…

 

  • Création d’un parc/belvédère en partie haute : pourquoi pas.

 

  • Percée rue Cayrade – Place du 10 Août

Globalement OK, puisque c’était notre projet lors des dernières élections municipales de 2014, projet que nous avions muri avec l’étude Urbane

Percée-urbaine - prog-vaur.jpg

    • Espaces de pause et d’observation
    • Ascenseur
    • Belvédère en partie haute 

percée urbaine - urbane-dessein de ville.jpg

 

  • Rue Cayrade :

 

rue cayrade 1983-2015.jpg

  • Usages piétons favorisés: d’accord, mais ce sera difficile avec la circulation à double sens plus le stationnement.
  • Bande roulante rééquilibrée (5,50 m)
  • Stationnement bilatéral en alternance et même des deux côtés en haut, vers la place Decazes : Je suis réservé sur le stationnement des deux côtés du haut de la rue Cayrade. il y a assez de places de stationnement à Decazeville. Il faut avant tout faire respecter la zone bleue.
  • rue cayrade-profil.jpgTrottoirs « confortables » : Avec la bande roulante à 5,50m, le stationnement, le mobilier urbain, les arbres, les panneaux des commerces… il ne va pas rester grande place aux piétons et chalands. On voit d’ailleurs bien sur les esquisses et le profil de la rue de Dessein de Ville que les trottoirs seront très étroits, notamment au niveau des stationnements.
  • Traversées piétonnes sécurisées : plateaux. J’aurais préféré une zone de rencontre avec des plateaux ou autres obstacles pour réduire la vitesse.
  • L’introduction du végétal : indispensable pour éviter les température trop fortes l’été
  • Projet lumière adapté: j’ai eu confirmation qu’il serait aussi modulable et que l’on pourra donc baisser l’intensité de l’éclairage à certains horaires où il n’y a personne afin de réaliser des économies.
  • Rien n’est malheureusement prévu pour la circulation des cyclistes rue Cayrade. Il aurait été indispensable de laisser une bande cyclable dans le sens de la montée comme le prévoyait le Schéma Modes Doux. La faute encore au choix du double sens des circulations motorisées qui prend toute la place.

 

  • Qualité environnementale du projet :

ilot chaleur urbain -schéma Invs.jpg

Schéma INVS

  • Confort climatique,
  • Imperméabilisation des sols limitée,
  • Concertation des habitants. Alors là, tout reste à faire. Des sondages bidon et des expérimentations hasardeuses ne font pas une concertation.

 

  • Ilot Lassale :

lassale-urabane-dessein.jpg

  • Ilot en centre ville intéressant à aménager
  • Mettre ces terrains à disposition de constructeurs immobiliers publics et privés
  • Intégration architectural et paysagère au quartier
  • C’est le scénario alternatif 4 de jardin qui me semble le plus intéressant. D’ailleurs, cet aménagement de parc me semble plus réussi que celui déjà réalisé. Mais ce n’est peut-être que provisoire.

Jardin Lassale - Dessein de Ville.jpg

Conclusion :

Globalement, le projet de Dessein de Ville est assez bien pensé et réussi compte tenu des contraintes qui ont été imposées par le maitre d’ouvrage du projet (Mairie et Communauté de Communes). C’est pour cela qu’il m’aurait été difficile de voter contre ce projet.

Néanmoins, je persiste à penser que ce n’est pas un projet pour le XXIème siècle et pour l’avenir de Decazeville.

Je suis persuadé que si on avait laissé un peu plus de libertés aux bureaux d’études, notamment en matière de circulation, de mobilité, d’aménagement urbain et commercial, nous aurions eu des projets beaucoup plus intéressants et à même de répondre aux défis de la fin de ce siècle : réchauffement climatique, protection de l’environnement, habitat, vie sociale urbaine, convivialité, économie résidentielle, commerces et services de proximité…

 

Photos : CL Architecture, Dessein de Ville, Urbane, InVS, Bulletin de campagne électorale “Réussir Decazeville“, Midi-Libre, jlc,

 

Addendum du 11 octobre 2017 :

Rue Cayrade - De nombreux dégâts après l'orage - La colère du ciel -DDM-260999.jpg

J'ai retrouvé dans mes archives personnelles cet article de La Dépêche du Midi du 26 septembre 1999 faisant état de fortes détériorations de la voirie communale, notamment celle de la rue Cayrade, suite à des orages violents.

Effectivement, la circulation des eaux pluviales lors de grands orages doit être traitée dans la réfection de cette rue. Avec peut être plus de points de captation de ces eaux de pluies en surface et un diamètre du réseau qui permette une meilleure circulation de ces eaux.

26/05/2017

Après les vélos, les piétons à leur tour indésirables à Decazeville

passage piéton -église.jpgA l’inverse des politiques nationales et des réalisations et actions de la plupart des villes dynamiques qui favorisent les circulations apaisées et les mobilités actives (marche et vélo) en ville pour les déplacements, Decazeville choisit de rester dans le vieux monde, celui qui favorise la bagnole, le bruit, la pollution, l’insécurité routière...

Après avoir interdit la circulation des cyclistes dans les deux sens dans les rues à sens unique limitées à 30 km/h alors que c’est la règle générale depuis le 1er janvier 2016, voilà que la municipalité barre maintenant les passages aux piétons ! 

La pose d’une barrière pour interdire aux piétons de traverser la rue allant de l’avenue Cabrol à l’église et vice versa est incompréhensible. Celui qui a ordonné cela ne doit pas souvent faire ses courses à pied à Decazeville ou se garer au parking Jean-Macé. On complique et on décourage un peu plus la circulation des piétons qui vont devoir choisir entre, soit continuer à traverser tout de même à cet endroit, soit devoir rallonger leur trajet en faisant le tour de l’église (en suivant la flèche).

Pour quelles raisons a-t-on posé une barrière pour interdire aux piétons de traverser à cet endroit.

Est-ce pour des questions de sécurité des piétons ? Balivernes !

église - marquage voirie.JPGDes tas de solutions existent alors. Il suffit de ralentir la vitesse des voitures par la réglementation (zone 30, zone de rencontre, pose de panneaux stop ou balise de priorité…) et par des aménagements adéquats : ralentisseurs, rétrécissement des voies, chicanes, rehausseurs… et pas d’interdire aux piétons de circuler.

En vertu de l’article R 412-6 du Code de la Route, c’est aux voitures de s’adapter aux usagers vulnérables (piétons et cyclistes) : Tout véhicule en mouvement ou tout ensemble de véhicules en mouvement doit avoir un conducteur. Celui-ci doit, à tout moment, adopter un comportement prudent et respectueux envers les autres usagers des voies ouvertes à la circulation. Il doit notamment faire preuve d'une prudence accrue à l'égard des usagers les plus vulnérables.

C’est donc à la mairie de faire en sorte que les piétons puissent traverser en toute sécurité à cet endroit en l’aménageant de manière à ce que les voitures roulent plus lentement et pour offrir une meilleure visibilité du passage piéton. Par les traçages actuels sur la voirie, la mairie a fait tout le contraire. Toute priorité est donnée aux véhicules motorisés.

Il existe pourtant des possibilités. Ralentir les véhicules arrivant de l’avenue Cabrol par une balise de perte de priorité ou un stop. Rétrécir la voie devant l’église en traçant par exemple des larges places de stationnement devant l’entrée de l’église réservées aux obsèques. Mieux visualiser le passage piéton par une signalétique horizontale ou verticale invitant les véhicules motorisés à plus d’attention. Installer un sur-éclairage la nuit…

De très nombreux points de notre ville mériteraient un peu plus d’attention de la mairie pour les piétons, les cyclistes et les personnes à mobilité réduite. 

Il faut adapter notre ville aux mobilités actives.

A moins que l’on souhaite revenir aux années Pompidou qui voulait adapter la ville à la voiture. Malheureusement, il semble que certains soient encore scotchés à cette époque à Decazeville.

Photos : jlc - Licence Créative Commons

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20/04/2017

Le chemin de Saint-Jacques (GR 65) à Decazeville

Lors du dernier conseil municipal, le budget était à l’ordre du jour. Nous avons appris qu’une ligne budgétaire de 3 201,60 € était prévue pour l’aménagement d’une aire de repos sur la route de Nantuech pour les marcheurs du Chemin de Saint-Jacques (GR 65).

Decazeville,chemin de Saint-Jacques,GR 65,véloroute, Vallée du Lot,

Decazeville,chemin de Saint-Jacques,GR 65,véloroute, Vallée du Lot,Je suis pour ma part étonné de la création d’une nouvelle aire de repos, quelques centaines de mètres seulement après une aire de repos déjà existante. Cette agréable aire de repos, située à l’intersection de l’avenue Laromiguière et de la route de Nantuech, est équipée de sanitaires, d’un point d’eau, d’une table et de bancs abrités par une jolie gloriette et d'un panneau d'informations. Tous les marcheurs reconnaissent la pertinence et la réussite de cet équipement et je peux témoigner que sa fréquentation est forte durant la saison.

Il existe également un point d’eau et des bancs pour se reposer à Saint-Roch.

Je ne vois donc pas l’utilité de dépenser 3 200 € pour une aire de repos intermédiaire.

 

Decazeville,chemin de Saint-Jacques,GR 65,véloroute, Vallée du Lot,Il serait par contre justifié, comme je le demande depuis des années, de s’occuper de ce chemin de Saint-Jacques, le GR 65, dans sa portion comprise entre Pomeyrols et le Pont de Livinhac, commune de Decazeville.

De nombreux marcheurs arpentant ce chemin se plaignent en arrivant à Livinhac (ou sur internet) du mauvais état de ce chemin.

Decazeville,chemin de Saint-Jacques,GR 65,véloroute, Vallée du Lot,Il serait d’abord indispensable de faire un passage avec une débrousailleuse et une tronçonneuse avant chaque début de saison afin d’enlever les arbustes, branches, ronces qui gênent le passage des nombreux marcheurs de ce chemin.

Ensuite il faudrait rénover ce chemin dégradé par des ornières dues au passage de motos (pourtant interdites) et à des sources et circulations d’eau de pluie mal canalisées.

Il existe de nombreuses aides pour rénover ce chemin très fréquenté.

Decazeville,chemin de Saint-Jacques,GR 65,véloroute, Vallée du Lot,J’ai de plus redressé un panneau qui gisait par terre à l’abandon depuis quelques mois. Il demanderait à être solidement fixé au sol… et à être respecté.

 

Il semble que le quartier decazevillois du Pont de Livinhac soit ignoré par les actuels élus. Le chemin de Bouquiès et le GR 65 dégradés, la pile de l’ancien pont et ses alentours pas du tout entretenus, tout cela ne donne pas une image favorable de notre ville alors que c’est une entrée (ou une sortie) importante de notre commune.

Il serait peut-être temps de s’y intéresser un peu. Un aménagement paysager et des aménagements favorables aux marcheurs du GR65 et aux cyclistes de la véloroute en partenariat avec le Département me semblent indispensables.

Ce serait plus justifié qu’une aire de repos supplémentaire sur la route de Nantuech.

Photos : cliquez sur les photos pour les agrandir

Photo 1 : extrait du budget d'investissement lors du conseil municipal du 12 avril 2017

Photos 2, 3 ,4 et 5 : jlc, licence Creative Commons

16/04/2017

Il est temps de remettre la voiture à sa place

les-transports-la-planete-et-le-citoyen.jpg.pngTel était le thème de la rubrique Social Lab de Valère Corréard ce matin sur France Inter avec l’intervention de Ludovic Bu, spécialiste des mobilités et co-auteur avec Olivier Razemon et Marc Fontanès de l’ouvrage : Les transports, la planète et le citoyen, en finir avec la galère, découvrir la mobilité durable.

 

D’abord la voiture a un coût pour chacun qui en possède une (ou plusieurs). L’Automobile Club chiffre ce coût annuel à 5 883 € pour une Clio essence. Ce n’est donc déjà pas un coût accessible à tout le monde.

par des ménages ayant au moins une voiture à Decazeville.jpgD’ailleurs, on estime entre 10 et 30 %, le pourcentage de foyers qui ne possèdent pas de voiture particulière, souvent par manque de moyen, mais heureusement aussi de plus en plus par choix. A Decazeville, ce pourcentage de foyers sans automobile atteint même à 35 %.

Ensuite, le choix de la mobilité automobile de masse a un énorme coût pour les budgets de l’Etat et des collectivités locales.

Ce choix contribue aussi à favoriser l’extension des zones péri-urbaines et la délocalisation des commerces en périphérie des villes.

Enfin, ce choix a aussi un impact sanitaire important puisqu'il provoque de nombreuses maladies respiratoires et on estime à 48 000, le nombre de décès dus à la pollution de l'air.

 

Alors que faire ?

D’abord, rééquilibrer spatialement les usages de mobilités sur la voirie, c’est à dire, laisser plus de place aux modes actifs de mobilité : marche à pied et vélo, et développer les modes de transport collectifs.

Ensuite, créer des aménagements et réglementer l’usage de la voirie pour favoriser la cohabitation des modes actifs de mobilité avec les véhicules motorisés.

Et enfin, faire de l’information et de la formation sur les modes actifs de mobilité.

 

Un atelier de conduite avec le CCAS.jpgJe dois vous avouer que lorsque j’ai lu l’article de Centre-Presse d’aujourd’hui ci-contre (cliquez dessus pour l'agrandir) après avoir écouté la rubrique de Valère Corréard sur France Inter, je me suis dit que décidemment, la mairie de Decazeville est une nouvelle fois à côté de la plaque. Bien sûr que l'on doit faire de l’éducation pour la conduite automobile, mais pas uniquement et ce ne doit pas être la priorité.

La priorité est dans les actions et les aménagements que j’ai décrits plus haut.

Ensuite certes réaliser des mises à niveau du code de la route, mais surtout du « code de la rue », et pas spécialement pour les personnes âgées d’ailleurs.

 

Mais c’est aussi et surtout sensibiliser et former à l’usage des mobilités actives. D’abord pour que les personnes conduisant une automobile apprennent à respecter les cyclistes et les piétons, puis pour qu’elles apprennent pratiquement à utiliser ces modes actifs.

Toutes ces actions seraient bénéfiques tant pour la sécurité routière que pour la santé des habitants.

 

Il y a maintenant quelques mois que je réfléchi à la création d’une association pour favoriser l’usage des mobilités actives sur le Bassin de Decazeville.

velo-ecole.jpegUne association qui pourrait conseiller les collectivités dans les aménagements de voirie, qui pourrait créer un atelier de conseil à la réparation et participer au recyclage des vélos (plutôt que de les jeter directement dans les bennes de la déchetterie) et organiser des bourses aux vélos d’occasion. Mais aussi créer en partenariat avec La Maison du Vélo de Toulouse, une “vélo école“ qui sensibiliserait et formerait les personnes de tous âges désirant se mettre ou se remettre au vélo. Les enfants des écoles doivent être une priorité.

J’en ai parlé avec quelques personnes intéressées, mais c’est le temps qui manque à tous pour mettre en place pratiquement cette association.

Mais vu l’ignorance des collectivités et les obstacles qu’elles mettent en place pour l’usage des mobilités actives sur le Bassin, je crois qu’il va falloir rapidement créer cette association.

Si vous êtes intéressés, n’hésitez pas à me contacter.

 

Photos : cliquez sur les photos pour les agrandir

1 - Les transports, la planète et le citoyen, en finir avec la galère, découvrir la mobilité durable - Edition de l'Echiquier

2 - Part des ménages ayant au moins une voiture à Decazeville - Source : Plateforme ouverte des données publiques françaises

3 - Article de Centre-Presse Aveyron du 16 avril 2017

4 - Vélo école : France vélo tourisme

13/04/2017

Budget et environnement

Le vote du budget hier soir en conseil municipal de Decazeville a été l’occasion de pointer du doigt le peu d’intérêt de la majorité pour les questions d’environnement, de mobilité et de santé. C’est le quatrième budget que présente la majorité de M. Marty et toujours pratiquement pas de mesures et d’investissements concernant divers domaines important touchant à la biodiversité, aux mobilités douces et aux énergies renouvelables. Il ne reste maintenant à la majorité municipale que deux budgets (2018 et 2019) pour redresser la barre. Mais visiblement, ce n’est pas encore à l’ordre du jour.

Ci-dessous, mon intervention :

 

“C’est en tant qu’élu écologiste que je souhaiterai porter un commentaire à ce budget.

 

1 – Arbres abattus non remplacés :

biodiversité, arbres,énergies renouvelables, modes actifs, vélos,piétons,zones de circulation apaisées,Je suis tout d’abord très inquiet par les coupes d’arbres qui se multiplient sur notre ville. On assiste à un véritable massacre à la tronçonneuse.

Les coupes les plus visibles sont les chênes rouges de la RD 840 et les peupliers sur cette même RD 840 réalisée par le département, mais aussi sur une multitude d’autres endroits de notre ville (cour de l’ancienne école Laromiguière, divers platanes sur la ville…). Je pourrai encore citer les nombreux hectares de la jeune forêt du plateau de Nauquières détruits pour laisser de la place au parc photovoltaïque dont j’ai déjà parlé ici.

biodiversité, arbres,énergies renouvelables, modes actifs, vélos,piétons,zones de circulation apaisées,Or les arbres sont indispensables pour le maintien de la biodiversité floristique et faunistique. Ils contribuent aussi à améliorer la qualité de l’air, à lutter contre le réchauffement climatique et à réduire les pics de température l’été en atténuant le phénomène d’ilot de chaleur urbain.

biodiversité, arbres,énergies renouvelables, modes actifs, vélos,piétons,zones de circulation apaisées,S’il fallait réaliser certaines de ces coupes pour des questions de sécurité, et je le comprends très bien, il est par contre indispensable de replanter. Si certaines plantations sont prévues, notamment rue Lassale, elles ne compenseront en rien ce qui a été détruit dernièrement. Or, je ne vois pas dans le budget une ligne pour des replantations importantes sur notre commune, pour compenser au moins les arbres abattus ces dernières mois.

 

2 – Absence de prise en compte des mobilités actives (vélo, marche) :

biodiversité, arbres,énergies renouvelables, modes actifs, vélos,piétons,zones de circulation apaisées,L’Observatoire des mobilités actives dans son récent rapport 2016 note que le budget consacré au vélo dans les collectivités locales est en moyenne de 7,70 € par habitant et par an. En sachant que ce sont surtout les grandes villes qui font monter ce budget, 3 € par habitant et par an me semblerait raisonnable pour Decazeville. Nous aurions donc du investir 18 000 € pour le vélo par an, soit environ 54 000 € dans vos trois premières années de mandat. Je ne crois pas me tromper en disant que cet investissement a été nul depuis trois ans.

biodiversité, arbres,énergies renouvelables, modes actifs, vélos,piétons,zones de circulation apaisées,Je vous concède que la précédente municipalité n’avait pas non plus été des plus audacieuses à mon souhait dans ce domaine, mais elle a tout de même eu le mérite d’avoir permis aux vélos d’emprunter la voie piétonne parallèle à la RD 840, d’avoir réalisé le schéma intercommunal pour les mobilités actives et d’avoir mis en place deux doubles sens cyclables à Decazeville : rue Camille Douls et rue Hector Berlioz. Depuis trois ans : rien ! Pire même, vous prenez des arrêtés pour interdire la circulation des vélos sur certaines rues.

 

biodiversité, arbres,énergies renouvelables, modes actifs, vélos,piétons,zones de circulation apaisées,Dans le programme d’investissement de la voirie pour 2017, rien n’est donc prévu pour les mobilités actives et je ne vois pas non plus la nécessaire rénovation du chemin de Bouquiès dans sa partie comprise entre le Pont de Livinhac et la cité de Bouquiès. Ce chemin, variante de la véloroute de la Vallée du Lot est actuellement difficilement praticable même à VTT. Je le signale d’ailleurs depuis plus d’un an en commission des travaux.

biodiversité, arbres,énergies renouvelables, modes actifs, vélos,piétons,zones de circulation apaisées,Cette variante de la véloroute de la Vallée du Lot par Bouquiès est maintenant signalée sur des cartes et balisée à l’entrée du chemin au Pont de Livinhac, commune de Decazeville. Ce serait dommage de donner une image de Decazeville à ce point dégradée surtout si les deux passerelles cyclables du Pont de Bourran sont posées.

 

 

Dans le domaine de la mobilité vous semblez malheureusement scootché au XXème siècle. Vos errements en matière d’expériences de circulation l’ont malheureusement démontré. La tendance depuis une dizaine d’année est de soutenir les mobilités actives par des mesures simples et des investissements modérés. Il s’agit avant tout de favoriser la cohabitation de tous les modes de mobilité, notamment en apaisant la vitesse des véhicules motorisés pour la sécurité de tous : voitures, piétons et cyclistes.

Il s’est vendu en 2016 un peu plus de 3 millions de vélos contre 2 millions de voitures. On assiste à un boum des ventes de VAE (vélos à assistance électrique). Il s’est vendu l’an passé plus de VAE que de cyclomoteurs. Et cet essor va encore s’accentuer puisque l’Etat a récemment décidé de donner une prime pour l’achat de tout VAE.

biodiversité, arbres,énergies renouvelables, modes actifs, vélos,piétons,zones de circulation apaisées,Quand allez vous prendre la mesure de ces changements importants en matière de mobilité et investir un minimum pour faciliter l’usage des modes actifs à Decazeville et à minima ne pas l’entraver ?

 

biodiversité, arbres,énergies renouvelables, modes actifs, vélos,piétons,zones de circulation apaisées,Concernant les véhicules communaux, j’aurai préféré que l’on remplace le petit véhicule électrique du service propreté pour un triporteur à assistance électrique dont s’équipent maintenant de très nombreuses collectivités plutôt que par un véhicule thermique. Les coûts d’investissement et de fonctionnement auraient été considérablement réduits, et vous auriez réalisé en plus une bonne action en faveur de la transition écologique et de la santé des agents. 

Je note à la lecture du budget que deux camions sont prévus à l’achat cette année. Connaissant maintenant les nuisances sur l’environnement et la santé du diesel, j’espère que vous avez opté pour une autre énergie pour ces deux véhicules. Vous me le confirmerez… ou pas.

 

3 - Les énergies renouvelables oubliées :

biodiversité, arbres,énergies renouvelables, modes actifs, vélos,piétons,zones de circulation apaisées,Si des efforts sont réalisés depuis une quinzaine d’années pour baisser les consommations d’énergies notamment par l’isolation des locaux communaux, je note depuis que vous êtes aux commandes de la ville, qu’aucune installation d’équipements en faveur des énergies renouvelables n’a été réalisé, hormis la chaufferie bois dont le dossier était déjà très largement engagé avant votre arrivée et que vous avez terminé. Ce projet a malheureusement été pénalisé au niveau de son bilan environnemental par l’ajout d’une cogénération gaz. 

biodiversité, arbres,énergies renouvelables, modes actifs, vélos,piétons,zones de circulation apaisées,Nous avions par exemple réalisé aux précédents mandats le chauffage solaire de l’eau de la piscine municipale qui permet de réaliser d’importantes économies tant de gaz que financières et nous avions installé une centrale solaire photovoltaïque et thermique au restaurant municipal. Depuis trois ans, alors que le coût d’installation des énergies renouvelables a considérablement baissé et qu’il est de plus en plus rentable de les utiliser, je constate qu’il n’y a plus aucun projet dans ce domaine.

Pourtant, les toitures de bâtiments communaux bien orientées pour installer du photovoltaïque ne manquent pas. Une étude avait été réalisée dans ce sens il y a quelques années. Il serait sûrement intéressant de la réactiver. 

J’en profite pour renouveler ma proposition d’extinction de l’éclairage public à certaines heures de la nuit qui permettrait de réaliser d’importantes économies dans le budget de la commune sans nuire pour autant à la sécurité de nos routes et de nos rues. Des communes aveyronnaises sont de plus en plus nombreuses à mettre cette mesure de bon sens en place.

 

Je n’ai développé ici que les points touchant au budget communal, mais j’aurais pu citer d’autres exemple pour démontrer plus généralement votre peu d’intérêt pour les questions d’écologie et d’environnement et de son corollaire sanitaire. Ce sont pourtant des domaines vitaux pour l’avenir de notre ville et de ses habitants et bien sûr de notre planète. Cette inaction aura aussi un coût financier important pour les années futures ainsi que pour l’attractivité de Decazeville.

J’aurais sûrement l’occasion d’y revenir dans des prochains conseils municipaux.“

 

La réponse de M. le Maire ne laisse pas beaucoup d’espoir que ce message ait été entendu.

Concernant les mobilités douces, je n’ai pas eu réponse.

Sur les futurs achats de camions. M. le Maire a demandé à ce que soit étudié d’autres énergies et concernant l’achat d’un triporteur à assistance électrique plutôt qu’une voiture thermique, on m’a opposé que le personnel ne serait peut-être pas d’accord. Je pense que le personnel de la ville de Decazeville aurait la même attitude que celui d'autres collectivités qui choisissent des triporteurs à assistance électrique pour leur service propreté ?

On m’a même reproché, à moi qui suis depuis presque 10 ans à Enercoop, que l’énergie pour alimenter ce triporteur serait nucléaire. Certes oui pour l’instant. Mais Decazeville peut s’abonner à Enercoop au lieu d’EDF comme vient par exemple de faire dernièrement Mérignac en Gironde.

M. le Maire a précisé avoir fait réaliser une étude pour l’installation d’énergies renouvelables photovoltaïques sur la commune, mais que cela revenait trop cher. Sans doute a-t-il demandé conseil à ses amis d’EDF !

 

biodiversité, arbres,énergies renouvelables, modes actifs, vélos,piétons,zones de circulation apaisées,J’aurais pu terminer en énumérant les nombreuses atteintes à l’environnement dans les décisions ou les déclarations de M. le Maire : soutien aux compteurs communicants polluants qui portent atteinte à la vie privée, soutien au projet privé de mega-centre de traitement et de stockage des déchets de Viviez, soutien aux sports mécaniques sur le site de La Découverte (4 000 € de subvention tout de même !), accueil de spectacles maltraitant les animaux, etc…

Non seulement, les actions de la majorité en faveur de la protection de l’environnement sont pratiquement inexistantes, mais de plus, par certaines de leurs décisions et actions, ils contribuent à le dégrader.

Mais je ne désespère pas. Je suis d’un naturel optimiste. Il reste trois ans pour inverser cette tendance.

 

Addendum du 14 avril 2017 - 14h40) : M. Alonso, premier adjoint au maire de Decazeville, a répondu le lendemain de ce conseil municipal à l'AF3V Sud (Association Française pour le développement des Véloroutes et Voies Vertes) concernant le chemin de Bouquiès : “Nous avons bien reçu en mairie de Decazeville votre courrier, co-signé par M. Siffray président de l’ADDSCA (Rodez), concernant votre demande de travaux sur la chaussée du chemin de Bouquiès (véloroute de la vallée du Lot).

Nous en avons pris bonne note et dans la mesure de nos moyens budgétaires (qui demandent encore quelques ajustements en raison de nouvelles baisses de dotations de l’Etat) et financiers nous essaierons d’y accéder au plus tôt en relation avec Decazeville Communauté et sa nouvelle gouvernance.“

Vous pouvez retrouver ces échanges  de mails et plus généralement les dossiers des véloroutes et voies vertes de l'Aveyron sur le site de l'AF3V Sud en cliquant ici

Je suivrai donc avec attention l'évolution de la voirie de Bouquiès.

 

Photos : cliquez sur les photos pour les agrandir :  jlc - Licence Creative Commons

Sauf graphique sur les investissements des collectivités en matière d'équipements pour les vélos - ©Observatoire des Mobilités actives - Club des Villes et Territoires Cyclables

04/04/2017

La rue Cayrade en 60 ans

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Ci-dessus, deux photos du bas de la rue Cayrade à Decazeville (cliquez sur la photo pour l’agrandir).

La première photo est une carte postale récupérée sur la page Facebook de “ Tu sais que tu es de Decazeville qu… “. Elle me semble datée de la moitié des années 50, mais je n’en suis pas totalement sûr. Je me base sur les véhicules : les deux Renault 4CV qui ont l’air relativement en bon état (1947-1961), la Simca 5 fourgonnette (1936-1948) et la Citroën Traction Avant (1934-1957). La présence des Economats du Centre dans cette rue et quelques autres enseignes connues à cette époque me renforcent dans cette datation.

La photo doit dater de septembre, mois de la fête locale (2ème dimanche de septembre), car des guirlandes sont accrochées en travers de la rue.

La deuxième photo, bien qu’en noir et blanc, est récente. J’ai choisi le noir et blanc pour mieux comparer les deux photos. Elles ont été prises toutes les deux à peu près du même endroit et quelques soixante années environ les séparent. 

Sur la photo des années 50 à gauche, chalands et riverains n’hésitent pas à s’arrêter pour parler entre eux sur les trottoirs un peu étroits. Mais la rue est aussi occupée par des piétons en marche ou à l’arrêt et par des vélos. Un deuxième vélo est d’ailleurs stationné à gauche derrière la première 4CV. Il n’y a pas de voitures en circulation et seulement quelques unes en stationnement. Malgré une large place attribuée aux véhicules motorisés dans cette rue, les piétons et les vélos semblaient relativement majoritaires et n’étaient visiblement pas gênés par les voitures. En tout cas, la cohabitation semblait bien se passer. Les commerces à cette époque d’après guerre retrouvaient un regain d’activité.

Sur la photo actuelle, les trottoirs ont certes été un peu élargis, mais des barrières gênent régulièrement la déambulation des piétons. La circulation n’est que dans un sens, mais dense car c’est malheureusement le passage obligé pour traverser la ville depuis la mise en sens unique de l’avenue Cabrol. Si les vélos peuvent aller dans le sens de la circulation, ils ne peuvent malheureusement pas redescendre cette rue malgré un décret datant de plusieurs mois autorisant maintenant les vélos à circuler dans les deux sens dans les rues à sens unique limitées à 30 km/h. Le stationnement des vélos est inexistant (pas d’arceaux pour accrocher son vélo) alors que le stationnement pour les véhicules motorisé est pléthorique et souvent mal utilisé et surtout mal surveillé. Nous avons donc une rue commerçante bruyante, polluée et dangereuse. Certains véhicules ne respectent pas la limitation de vitesse car aucun obstacle sur la chaussée (coussin, rehausseur, chicane) n’invite à respecter la vitesse. Beaucoup ne respectent pas non plus le stationnement, empiétant sur des espaces piétons ou ne respectant pas la zone bleue.

Malgré sa réfection récente, cette rue n’incite pas vraiment à venir fréquenter les commerces, à y déambuler, à s’y arrêter ou à y habiter.

A venir faire des achats en voiture, les gens préfèreront toujours aller en centre commercial.

Je crois l’avoir dit plusieurs fois sur ce blog, si l’on veut que les gens reviennent habiter et fréquenter les centres villes et ses commerces, il faut les rendre attractifs.

Limiter la place, la circulation et la vitesse des voitures, favoriser les autres modes de mobilité : marche, vélo, et l’accessibilité proche aux transports collectifs.

Il me semblerait pertinent d’aménager ce tronçon de la rue Cayrade en zone de rencontre, redonner de la place aux piétons, laisser circuler les vélos dans les deux sens et installer des arceaux pour leur stationnement.

Mais il faut aussi faire vivre les rues commerçantes par des animations ponctuelles, de la musique, des jeux…

On aura beau mettre des millions dans un plan de réhabilitation du centre ville, sans des aménagements et des actions pour modérer et apaiser la circulation motorisée tout en facilitant les autres modes de mobilité pour rendre ainsi des rues moins bruyantes, moins polluées, moins dangereuses et plus agréables, ce sera difficile de faire habiter et venir des gens en centre ville.

 

Photos : cliquez sur les photos pour les agrandir

A gauche : carte postale Cim (Combier Imprimeur Mâcon)

A droite : jlc - Licence Creative Commons

08/02/2017

Zones commerciales en Aveyron, la fuite en avant continue

On ne compte plus les projets de zones commerciales en Aveyron.

estreniol-eldorado -googleearth.jpgAprès l’énorme réalisation de l’Estréniol à Rodez qui s’agrandit encore, le projet de la zone de Savignac à Villefranche, le projet de la zone du Centre à Decazeville, la future zone de Prignolles à Millau, voilà que l’on nous annonce un projet au sud de Rodez, à Malan.

On connaît maintenant très bien les impacts de la grande distribution sur les commerces des centres villes.

Comment la france z tué ses villes.jpgLecteur assidu du blog d’Olivier Razemon et également lecteur de ses nombreux ouvrages écrits seul ou en collaboration avec d’autres spécialistes de la mobilité et de l’aménagement urbain, j’attendais avec impatience la sortie de son dernier livre : “Comment la France a tué ses villes“.

L’auteur s’est promené dans toute la France et a fait le constat amer de la désolation qui règne dans les villes moyennes et petites villes de notre pays. La fermeture des commerces (le phénomène des vitrines vides) et le nombre de logements vacants de longue durée atteignent des sommets alarmants. Cela entraine l’appauvrissement de ces villes et une dégradation de leur environnement et de leur cadre de vie.

Commerces abandonnés - 39 rue Gambetta.jpgL’Aveyron est bien sûr touché par ce phénomène, à divers degré selon la ville bien sûr.

Pour Olivier Razemon, “une foule de coupables sont désignés : l’e-commerce, les loyers commerciaux trop élevés, la crise, les métropoles… Ces facteurs ont bien un impact mais cela reste un impact limité sur d’autres. Internet ne nuit pas aux boulangeries. Pourtant, ces dernières ferment. La crise n’explique pas tout non plus : quand on regarde les chiffres, les gens sont plus riches qu’avant, car oui, le niveau de vie continue à croitre en France. Ce paradoxe est très visible à Aurillac, Vitré, Rodez : ce sont des villes où le chômage reste plutôt faible mais les commerces ferment quand même…

Figeac - Rue d'Aujou -Commerces.jpgIl faut arrêter de croire que la création d’une activité économique crée des emplois nets. C’est sur la base de cet argument de l’emploi que les élus acceptent la construction de centres commerciaux. Or, si des emplois sont bien créés, davantage encore sont détruits dans les centres-villes !

Il n’y a pas de grand complot… Il s’agit juste d’une pensée à court terme d’hommes et de femmes élus pour 5 ans, de représentants de la grande distribution mais aussi de nous tous, collectivement. Si tous les Français décidaient d’aller dans les commerces de proximité plutôt que d’aller faire leurs courses uniquement au centre commercial, cela aurait un réel impact positif. La qualité de vie, c’est aussi de pouvoir aller acheter son pain à pied… “.

Mais pour Olivier Razemon il y a une autre cause à cet exode vers les centres commerciaux. “L’un des aspects de l’urbanisme commercial réside dans l’aménagement purement routier du territoire. On a installé les centres commerciaux en dehors des villes et on a multiplié les infrastructures routières pour y accéder : voies d’accès, rocades, parkings…

 

Une zone commerciale au sud de Rodez

Jean-Philippe Sadoul, maire de Luc-Primaube et vice président de Rodez Agglo souhaite accueillir sur la zone de Malan une zone commerciale « pour procéder à un rééquilibrage naturel, nord et sud ».

Pour expliquer la création de cette zone commerciale au sud de Rodez, Jean-Philippe Sadoul invoque la concurrence d’Albi qui avec la RN 88 à 2x2 voies se rapproche de Rodez à grande vitesse.

Il est pour le moins étonnant que les élus, après avoir réclamé à corps et à cris ce doublement de la RN 88 pour soit disant « désenclaver » l’Aveyron, s’aperçoivent maintenant que le désenclavement se fait dans les deux sens.

Cela fait plus de dix ans que je le dis et que nous le disons avec les Verts de l’Aveyron. Nous avions même édité un document sur les conséquences du doublement intégral de la RN 88 en 2009.

Que disions nous dans ce document concernant les conséquences du doublement intégral de la RN 88, axe européen Séville-Varsovie, projet du siècle dernier appelé plus communément « la diagonale des fous » sur l’attractivité commerciale ?

D’abord que l’attractivité commerciale va toujours dans le sens province-métropole et rarement à l’inverse et donc, qu’avec cet axe routier en 2x2 voies, l’attractivité commerciale de Toulouse et d’Albi serait importante.

Nous précisions que si le doublement intégral de la RN 88 voyait le jour, le taux d’évasion commerciale de la zone de Rodez vers Albi et Toulouse ne fera que progresser avec des conséquenses fortes sur l’emploi local.

Et bien nous y voilà !

Et que proposent les élus pour contrer cette évasion commerciale vers Albi et Toulouse ? Tout simplement de créer une zone commerciale de plus au sud de Rodez. On tombe sur la tête !

Quand allons-nous arrêter cette fuite en avant ! Il est bien évident que ce projet va avoir une fois de plus un impact négatif sur les commerces du centre-ville de Rodez, mais aussi sur les petits commerces des villages aux alentours et sur ceux des territoires voisins. 

Il est temps que le SCOT Centre-Ouest Aveyron, dont M. Sadoul est le président, se penche sur ce grave problème.

Ce projet à Malan, tout comme celui de Savignac à Villefranche sont les projets de trop pour le centre-ouest Aveyron.

Je nuancerai mon propos pour le projet de la zone du Centre à Decazeville, car il est de beaucoup moindre importance et qu’il se trouve pratiquement en centre-ville. En cela, il peut au contraire créer une dynamique avec les commerces du centre-ville si on favorise notamment des liaisons piétonnes sécurisées (voire mécanisée avec un escalator place du 10 août par exemple) entre la zone du Centre et la rue Cayrade.

On voit de plus en plus de centres commerciaux tomber en désuétude, certains même ferment. Allons-nous nous retrouver dans quelques années avec des friches commerciales qui coûteront cher aux contribuables aveyronnais, comme va aussi coûter très cher la nécessaire rénovation des centres villes de nos petites villes aveyronnaises abandonnés par les commerces et la population ?

 

La priorité reste de favoriser la fréquentation des commerces des centres villes 

Mais comment ?

Cahors - Rue Clémenceau -Google Earth.jpgOlivier Razemon donne quelques pistes : « Dès lors, en centre-ville, à Agen, à Tourcoing, à Bourg-en-Bresse ou à Loches (Indre-et-Loire), les commerçants, interrogés par les élus ou par la presse régionale, réclament des places de stationnement pour leurs clients, de préférence gratuites…Hélas, cela ne fonctionne pas. A tout prendre, lorsqu’il est motorisé, le consommateur préfère « aller » à l’hyper plutôt que de chercher une place, même gratuite, en ville. Quant au citadin, celui qui vit à quelques centaines de mètres des commerces, il irait bien faire ses courses dans le centre. Mais voilà, on a transformé sa ville et ses trottoirs en parkings, pénibles à arpenter à pied. »

Car oui, les clients des commerces des centres villes veulent de l’espace plus que des places de stationnement.

L’idée selon laquelle la vitalité des commerces dépend de sa capacité à y accéder en voiture a la vie dure. Mais elle ne résiste pas à l’épreuve des faits. Des études prouvent le contraire. Les clients qui recourent à la marche, au vélo et aux transports collectifs sont meilleurs clients que ceux qui viennent en voiture. S’ils consomment et achètent moins par visite, ils reviennent plus souvent.

Olivier Razemon cite le cas de Rouen :

“ A la demande de la métropole de Rouen, le cabinet Bfluid a demandé aux commerçants rouennais (ici, pages 70-71) quels étaient les principaux freins au shopping. 50% à 78% d’entre eux ont répondu : « pas assez de stationnement ».

Puis on a posé la même question à leurs clients. Entre 20 et 22% ont répondu, comme les commerçants, que le manque de stationnement constituait le principal frein. Les autres ont évoqué le bruit et la circulation, les obstacles sur les trottoirs, le manque d’espace pour marcher…

commerces,grande distribution,centres-villes,voiture,vélos,piétonsCette enquête est à rapprocher d'un récent sondage réalisé à Thionville où la mairie a décidé d'ouvrir trois rues piétonnes aux voitures. 74% des personnes ayant répondu à ce sondage par internet désapprouvent cette expérimentation et 22% l'approuvent. Certes, c'est un sondage par internet et il convient de prendre toutes les précautions d'usage. Mais les résultats sont à rapprocher de l'enquête de Rouen.

D’ailleurs certaines associations de commerçants l’ont très bien compris et travaillent de concert avec les associations faisant la promotion du vélo et de la marche, offrent des bons d’achats aux cyclistes, mettent des vélos à gagner lors d’animations commerciales...

Faites vos courses à vélo.jpgIl suffirait donc dans un premier temps d’améliorer l’espace public des centres villes en favorisant l’apaisement de la circulation et en facilitant l’accès et le déplacement des piétons et cyclistes pour avoir une première réponse à cet exode vers les centres commerciaux des périphéries.

Il faut rendre les centres villes agréables à arpenter et à vivre. Et cela ne demande pas beaucoup d’argent. Il faut avant tout de la volonté.

On retrouverait de plus une ville moins bruyante, moins polluée, plus conviviale, avec une meilleure sécurité routière, et donc plus apte à accueillir de nouveaux résidents dans les projets de rénovation de l’habitat.

Il n’est pas encore trop tard, mais il faut faire vite.

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A lire également :

Chronique du cycliste et du piéton (1) : notamment pour les chapitres consacré aux mobilités actives, commerces et centres villes.

Modes actifs de déplacement sur le Bassin, où en est-on ?

 

Interview d'Olivier Razemon au Nouvel Observateur : 

Les centres-villes meurent - Comment peut-on les sauver ?

 

Photos : Cliquez sur les photos pour les agrandir

1 – Zones de l’Estréniol et Eldorado à Rodez

2 – Comment la France a tué ses villes - Olivier Razemon

3 - Commerces abandonnés rue Gambetta à Decazeville

4 – Commerce rue d’Aujou à Figeac. Il y a encore peu de temps, cette rue était très commerçante. En quelques mois, la moitié des commerces a mis la clé sous la porte et les locaux sont à vendre ou à louer.

5 - Rue Clémenceau à Cahors. Toutes les rues dans le centre commerçant et historique de Cahors sont en zones de rencontre : limitées à 20 Kmh et les cyclistes peuvent rouler dans les deux sens dans les rues à sens unique. Un exemple à suivre.

6 - Thionville - Sondage - Le Républicain Lorrain

7 - Animations commerciales pour favoriser la venue de clients à vélo

06/02/2017

Chronique du cycliste et du piéton (1)

Je vais essayer de tenir régulièrement sur ce blog une petite chronique concernant les modes actifs (marche et vélo) et les entraves que ces modes de mobilité subissent de la part des collectivités ou d’autres acteurs décisionnels. Mais je noterai aussi les actions et aménagements que des collectivités plus éclairées et audacieuses mettent en place pour les favoriser.

 

Une voie de plus fermée aux cyclistes du Bassin

accès rue A. Grange de la RD 840.jpgLe Conseil Départemental a décidé de fermer l’accès à la rue des Granges à Viviez depuis la RD 840 sans prendre réellement une fois de plus en compte les conséquences pour les cyclistes.

En effet, cette rue représentait une alternative sécuritaire au passage resserré dangereux du pont sur le Riou-Mort de la RD 840 pour les cyclistes arrivant de Boisse-Penchot et une voie naturelle pour rejoindre la RD 5 vers Aubin en évitant ainsi le giratoire de Laubarède.

Pourquoi ne pas fermer cette voie aux seuls véhicules motorisés par des plots mais laisser l’accès aux cyclistes venant de Boisse-Penchot.

La véloroute de la Vallée du Lot sera opérationnelle dès cet été. Une liaison cyclable allant de la gare de Boisse-Penchot à Viviez, entrée du Bassin, est indispensable. Le Département et Decazeville-Communauté feraient bien de se pencher sur cette liaison courte (moins de 3 km) qui permettrait de relier la Vallée du Lot au Bassin urbain de Decazeville. Il existe seulement deux à trois points sensibles à régler pour que cette liaison soit opérationnelle rapidement. Avec de la volonté, il est donc possible de réaliser rapidement cette liaison.

Mais en attendant (le moins possible) il me semble important de garder l’accès à la rue des Grange aux cyclistes arrivant de Boisse-Penchot.

Centre-Presse du 13 février apporte des précisions concernant la fermeture de la rue des Grange.

La rue des Granges ne sera pas fermée aux cyclistes.jpg

Cette rue ne sera donc pas fermée aux cyclistes.

Voila une bonne nouvelle. Il n'en demeure pas moins qu'une voie cyclable entre le pont de Boisse-Penchot et la rue des Granges semble souhaitable tant pour la sécurité des cyclistes que pour le développement du tourisme cyclable sur le Bassin.

 

Le retour de la voiture en ville :

Bourges - Faites vos courses à vélo.jpgLes commerçant de Bourges ont bien compris que favoriser l’usage du vélo en ville peut leur être bénéfique et ils n’hésitent pas à donner quelques petits avantages à ceux qui viennent leur rendre visite à vélo dans le centre ville.

La municipalité de Bourges n’a visiblement pas la même approche sur l’usage du vélo et de la marche. L’aménagement de ce tronçon de la rue Emile Martin est une caricature de cette politique du retour de la voiture en ville que tentent de mettre en place certaines municipalités, principalement à droite, mais pas seulement.

Bourges - Configuration de la rue Emile Martin.jpgTout ce qu'il ne faut pas faire est dans cette image : circulation à double sens sans prévoir des voies pour les vélos et le pire, empiètement du stationnement des véhicules motorisés sur les trottoirs, laissant peu de place aux piétons et aux personnes à mobilité réduite. Tout simplement honteux !

 

A Thionville, depuis 2014 et l’arrivée d’une municipalité de droite, la voiture revient en force dans le centre ville. C’est à la demande des commerçants que certaines rues piétonnes seront ouvertes aux voitures de 17h à 19h après les avoir ouvertes de 9h à 12h. La piétonisation va donc devenir l’exception dans ces rues. Visiblement, les commerçant de Thionville n’ont pas la même vision qu’à Bourges.

 

Rappelons cette enquête réalisée à Rouen que rapporte Olivier Razemon sur son blog : « le cabinet Bfluid a demandé aux commerçants rouennais (ici, pages 70-71) quels étaient les principaux freins au shopping. 50% à 78% d’entre eux ont répondu : « pas assez de stationnement ».

Puis on a posé la même question à leurs clients. Entre 20 et 22% ont répondu, comme les commerçants, que le manque de stationnement constituait le principal frein. Les autres ont évoqué le bruit et la circulation, les obstacles sur les trottoirs, le manque d’espace pour marcher… »

 

Si la possibilité donnée aux vélos de circuler librement dans les rues est primordiale, leur stationnement est tout aussi important. Il faut donc des stationnements nombreux et adéquats avec de vrais arceaux qui permettent de placer son antivol correctement. Il faut arrêter d’installer des pinces-roues inefficaces qui de plus, voilent les roues des vélos.

vélo cargo - emplacement stationnement.jpgComme les commerçants de Bourges, les grandes enseignes ont aussi bien compris les avantages qu’il y avait à favoriser les modes actifs pour accéder à leurs commerces situés en centre ville. Sur la photo ci-contre, cet emplacement sécurisé pour un vélo cargo devant la vitrine de la Fnac de la place Kléber à Strasbourg est un exemple dont peuvent aussi s’inspirer les collectivités et les petits commerces des centres villes.

 

Une enquête récente sur le classement des villes les plus dynamiques d’un point de vue commercial en France a été réalisée par Procos.

De manière générale, Procos retrouve un élément commun entre tous ces territoires. Ils mènent tous «une politique concertée entre les acteurs, maîtrisée sur le plan de l'urbanisme commercial, multidimensionnelle en intégrant logements, transports, vie économique et sociale, activités culturelles et touristiques».

Retrouvez le dossier de presse de Procos en cliquant ici.

Pour Olivier Razemon, ce n’est pas un hasard si ces villes dynamiques d’un point de vue commercial sont aussi celles qui favorisent le plus la circulation des vélos.

 

Accidents de cyclistes

2016, la terrible année pour les cyclos aveyronnais -DDM-251216.jpegL’année 2016 a été terrible pour les cyclistes aveyronnais, principalement les cyclotouristes et les cyclosportifs. Les causes de ces accidents sont multiples et elles sont énumérées dans cet article de La Dépêche du Midi.

Une des principales causes de ces accidents est le non respect par les automobilistes de la distance de 1,50 mètre lors du dépassement des vélos.


Dernièrement, une cycliste en a fait les frais lors d’un dépassement du côté de Saint-Affrique. Elle a été touchée par le rétroviseur d’un véhicule qui l’a renversée.

Millau - Le vélo, un luxe vulnérable en ville.jpgMais des accidents arrivent aussi en ville. Ce témoignage d’une cycliste millavoise victime elle aussi de la violence routière d’une voiture en dit long sur la méconnaissance des règles et le mépris de certains automobilistes vis à vis des cyclistes.

Les collectivités ont une carte importante à jouer dans les aménagements, l’enseignement et l’application des règles du code de la route tant par les cyclistes que par les automobilistes. Pour les aménagements, c’est leur rôle direct. Elles doivent réaliser des aménagements en faveur des modes actifs en lien étroit avec les associations de défense des cyclistes locales (commune ou département).

Pour l’application des règles, c’est aussi leur rôle de verbaliser les automobilistes imprudents que ce se soit en circulation ou en stationnement.

La formation des cyclistes peut être dispensée par les associations locales soutenues par les collectivités.

 

Piétons

Rodez Agglo est en train de comptabiliser sur certaines rues du centre ville de Rodez le nombre de passage de piétons. Si cette action n’a pas directement vocation à favoriser le passage de piétons sur ces axes, elle permettra de répondre aux commerçants et futurs commerçants qui souhaitent s’installer à Rodez. Mais il serait souhaitable que les élus et urbanistes de l’Agglo mettent également en place une politique favorable aux piétons et aux cyclistes sur leur territoire.

Il serait peut-être aussi urgent que Rodez et l’Agglo se penchent sur l’accidentologie des piétons sur son territoire. Cela devient inquiétant, notamment dans la traversée des giratoires de la RN 88 et en centre ville de Rodez. Des aménagements pour réduire la vulnérabilité des piétons doivent rapidement être mis en place, notamment en réduisant la vitesse des véhicules motorisés.

ligne-désir-Stg-282-768x576.jpgOlivier Razemon (encore lui) consacre une note à la “ligne de désir“. Sous ce titre poétique, il s’agit ni plus ni moins que des cheminements inventés par les piétons et parfois les cyclistes qui ont créé leurs propres chemins, préférant “couper“ parce que ça fait gagner du temps et que c’est plus pratique, notamment pour leurs trajets quotidiens.

Il serait intéressant que les aménageurs tiennent compte de ces usages et que la “ligne de désir“ ne soit plus ignorée, mais au contraire préférée lors des aménagements.

 

Aller au travail à vélo

Si en Occitanie la voiture représente le moyen le plus répandu pour se rendre à son travail à près de 80 %, le vélo reste marginal mais prend de plus en plus de place comme mode de déplacement principal. Les cyclistes allant à leur travail à vélo vivent plutôt dans les centres villes des grands pôles urbains où les aménagement sont plus nombreux et sécurisés et leur distance est généralement moins de cinq kilomètres. Les hommes ont davantage recours au vélo, les cadres et professions intellectuelles supérieures plus que les employés et ouvriers. En revanche, l’usage du vélo varie peu selon l’âge.

Retrouvez cette enquête de l’Insee en cliquant ici.

 

Vélo et tourisme

La véloroute de la Vallée du Lot avance rapidement entre Bouillac et Grand-Vabre. J’y consacrerai une note à part 

A noter cette initiative intelligente de Najac qui vient d’acheter 20 vélos à assistance électrique pour 60 000 € avec des aides possibles à hauteur de 80 %. Ces vélos seront gérés par la base de pleine nature de Najac (AAGAC). Le but de ces achats de VAE est de créer une liaison interbastides dans le cadre du développement touristique de l’ouest aveyronnais.

Un exemple à suivre pour Decazeville Communauté. Encore faut-il qu’il y ait une volonté de favoriser l’usage du vélo. Ce qui est loin d’être le cas, du moins pour les communes urbaines. J’y reviendrai là aussi dans une prochaine note.

 

Photos (cliquez sur les photos pour les agrandir) :

1 - Rue des Granges - GoogleEarth

2 - Association des commerçant de Bourges

3 - Mairie de Bourges

4 - Vélo cargo - Grégory Delattre à Strasbourg

5 - Article de La Dépêche du Midi

6 - Article de Centre-Presse

7 - Ligne de désir - Olivier Razemon

16/08/2016

La sécurité routière à Decazeville

accident rue cayrade.jpgPour avoir une situation précise de l’accidentologie sur notre ville, il conviendrait de se baser sur les données établies par les procès-verbaux de la police nationale. Données que je n’ai malheureusement pas. C’est donc à la lecture d’articles de ces dernières années tirés de la presse quotidienne régionale dont vous avez quelques extraits ci-dessous et des points presse annuels de la zone de police, que je vais essayer de tirer quelques enseignements de l’accidentologie sur la voirie sur notre ville et voir quelles mesures il serait intéressant de prendre pour y améliorer la sécurité routière.

Accidents Decazeville.jpegLes accidents touchent tous les modes de mobilité, mais je note tout de même une proportion significative d’accidents impliquant des piétons ou des deux roues motorisés. Les causes de tous ces accidents semblent diverses : moment d’inattention, imprudence, alcoolisme… mais la vitesse excessive semble être une des causes importantes.

accident - giratoire sous mairie.jpg

 

Il est important de rappeler que plus la vitesse d'un véhicule est rapide, plus le champ de vision de son conducteur est réduit et plus la distance de réaction et de freinage est longue. La vitesse a également une forte responsabilité dans la gravité des blessures, surtout pour les accidents impliquant des piétons.

Risques choc piéton.jpgRappelons que le risque d’un piéton d’être tué dans une collision avec une voiture est fonction de la vitesse de l’impact. En cas d’accident, les chances de survie d’un piéton sont huit fois plus élevées à 30 Km/h qu’à 50 Km/h et deux fois plus élevées à 20 Km/h qu’à 30 Km/h (Voir graphique ci-contre – Source Certu).

 

La sécurité routière est un des domaines touchant à la mobilité qui me préoccupe depuis longtemps. Le problème de la sécurité routière sur Decazeville avait déjà été soulevé lors de l’élaboration du Plan Global de Déplacements du Bassin en 2006.

rue cayrade - 1983-2015.jpg

Les véhicules motorisés sont de plus en plus puissants, la population locale est vieillissante et donc plus vulnérable, les modes actifs (vélo, marche à pied) se développent, la physionomie des rues de la ville a très peu évoluée si ce n’est la rue Gambetta et une partie de la rue Cayrade, et la circulation motorisée à Decazeville est parfois aussi anarchique que dans les années 80 ou la RN 140 traversait la ville.

Les modes de mobilités ont fortement évolué partout en France et les règlements et aménagements urbains se sont adaptés à cette évolution. Malheureusement, à part la mise en service du TUB en 2008, cette évolution n’a semble-t-il pas encore touché Decazeville et le Bassin en général.

Le Plan Global de Déplacements du Bassin de 2006 esquissait pourtant les grandes lignes pour “ Maîtriser la circulation automobile par un meilleur fonctionnement de la voirie et de la sécurité routière sur le Bassin

hierachisation voirie -pgd.jpg

 Cela passait par deux actions principales : établir une hiérarchisation de la voirie sur le Bassin et aménager une zone 30 dans le centre-ville de Decazeville, mais aussi par la création d’un réseau pour les vélos et enfin par des actions vers les piétons et les personnes à mobilité réduite.

Le Plan Global de Déplacement du Bassin prévoyait de réaliser rapidement une étude concrète et les réalisations financées par la commune devaient débuter dès 2008.

A mon grand regret, pas grand chose n’a bougé depuis 2006.

Seul un Schéma Modes Doux a été réalisé en 2010… qui n’a été suivi que par très peu de réalisations.

 

Hiérarchisation de la voirie :

La hiérarchisation de la voirie est un moyen de représenter un réseau de voies à partir de plusieurs critères préalablement définis. Ces critères sont multiples. Ils peuvent être :

  • par catégories de maitres d’ouvrage de ces routes : route nationale, départementale ou communale,
  • par fonction : classe de trafic, de vitesse, type de liaison…

Cette hiérarchisation servira ensuite lors de la programmation des aménagements à laquelle elle sert de référence.

Elle permet ainsi d’obtenir des gains en termes de sécurité, par une plus grande cohérence entre classes de voies et donc par une meilleure lisibilité du réseau pour les usagers.

 

Les Zones de Circulation Apaisées :

ZCA.jpg

La législation, les règlements, les aménagements et les pratiques évoluent vers une cohabitation de tous les modes de mobilités en ville. Pour cela le Code de la route évolue en zone urbaine vers la démarche Code de la rue, démarche qui vient de Belgique et qui été étendue en France grâce au Décret 2008-754 du 30 juillet 2008. Le principe de prudence des conducteurs à l’égard des usagers les plus vulnérables y est acté (Article R412-6 du Code de la route).

J’ai évoqué dans une récente note l’évolution de la législation et des règlement concernant les modes actifs, vélo et marche à pied, étape importante pour favoriser ces modes de mobilité économiques que tout le monde peut pratiquer.

 

DSC dans une courbe.jpgIl existe trois modèles de ZCA (Zone de Circulation Apaisée) : la zone 30, la zone de rencontre et l’aire piétonne.

Les Zones de Circulation Apaisées entendent donc favoriser la cohabitation de tous les modes de mobilité pour une meilleure sécurité de tous, notamment des usagers de la voirie les plus vulnérables (cyclistes et piétons).

Il est à noter que cette cohabitation de tous les modes de mobilités fait également économiser de l’argent aux collectivités lors des aménagements de voiries. Plus besoin de faire de gros aménagements pour les piétons et les cyclistes. Une signalétique verticale et horizontale ainsi que quelques légers aménagements appropriés pour apaiser la vitesse des véhicules motorisés (ralentisseurs, chicanes…) suffisent maintenant pour avoir des villes accessibles à ces usagers en toute sécurité, pour peu que l’on en ait la volonté.

Il reste bien sûr à réaliser sur la voirie et l’espace public les indispensables aménagements pour permettre les déplacements des personnes à mobilité réduite.

 

Zone 30 :

 Il convient d’abord de faire une différence entre « zone 30 » et « voie limitée à 30 Km/h ». Le tableau ci-dessous extrait d’un guide du Cerema (ex Certu) l’explique très bien.

Zone 30 : Rue limitée à 30 Km:h.jpg

 

zone 30.jpgLa zone 30 est un espace public affecté à la circulation de tous les usagers où on cherche à instaurer un équilibre entre les pratiques de la vie locale et la fonction de circulation. Les doubles-sens cyclables y sont généralisés comme pour les rues à sens unique à 30 Km/h depuis le 1er janvier 2016. Des études démontrent que les doubles-sens cyclables contribuent à une modération de la vitesse des usagers motorisés et donc à une meilleure sécurité routière. La mise en place des doubles sens cyclables sur 215 Km de rues à sens unique à Paris depuis 2008 n’a pas augmenté le nombre d’accidents impliquant notamment des cyclistes ou des piétons.

Les piétons ne sont pas prioritaires en zone 30.

Des aménagements modérateurs de vitesse et de traversée des piétons sont généralement combinés.

La signalisation y est minimale, juste des panneaux aux entrées et sorties de cette zone et éventuellement une signalisation au sol (voir ci-dessous le schéma d’une rue à sens unique en fin de zone 30).

Zone 30 rue à sens unique.jpg

 

La zone de rencontre :

zone de rencontre.jpgDans les zones de rencontre, la priorité est donnée aux piétons, mais la circulation automobile n’y est pas interdite. Elle est limitée à 20 Km/h. La circulation est à double sens pour les cyclistes. Le stationnement y est autorisé uniquement sur des emplacements matérialisés. Afin d’améliorer la perception de la fonction de la voie, il est possible d’ajouter à la signalisation réglementaire un marquage d’animation sur la voirie.

zone de rencontre -viviez.jpgIl faut noter que des zones de rencontre existent déjà sur notre territoire. La commune de Viviez en a instaurée une devant l’école de Viviez-Pont sur l’avenue Adam Grange. Cette rue est à double sens.

 

 

 

Zone de rencontre - Flagnac -300716.jpgLa commune de Flagnac a également instaurée une zone de rencontre dans la traversée du bourg. La rue est en grande partie en sens unique et les vélos ont donc la possibilité de circuler dans les deux sens.

 

 

Ci-dessous, le schéma montre le principe de fonctionnement d’une zone de rencontre. A noter le marquage d’animation (ici cercles colorés) pour bien marquer la fonction de cette voirie et inciter les véhicules motorisés à la prudence.

Zone de rencontre - Marquage d'animation.jpg 

L’aire piétonne :

aire piétonne.jpgLa priorité est au piéton qui circule sur la chaussée. L’accès aux véhicules motorisés est limité sur autorisation liée à la desserte et en circulant au pas. Les vélos y sont admis dans les deux sens, sans gêner les piétons. Le stationnement est interdit aux véhicules motorisés.

 

Zone 30 - Prenons le temps de vivre - Metz.jpgToutes les Zones de Circulation Apaisée doivent bien sûr faire l’objet d’une communication importante des collectivités qui les mettent en place, notamment pour les rues commerçantes. Il est d’ailleurs important d’impliquer les commerçants pour la réussite de ces aménagements dont ils seront les premiers bénéficiaires avec les riverains qui habitent ces rues : sécurité routière améliorée, accessibilité aux commerces facilitée, plus de chalands, plus de convivialité, moins de bruit, meilleure qualité de l’air…

 

Quelle pourrait être la configuration à Decazeville :

La priorité serait de mettre en place les mesures préconisées dans le Plan Global de Déplacement du Bassin de 2006 : établir une hiérarchisation de la voirie et créer une zone 30 dans le centre-ville de Decazeville.

Vous avez sur la carte ci-dessous les rues qui pourraient éventuellement bénéficier de cette zone 30 (en bleu foncé). On peut noter que certaines rues ou tronçons de rue de cette zone sont déjà limités à 30 Km/h.

DECAZEVILLE - Zone 30 - Zone de rencontre.jpg

Cette zone 30 pourrait être complétée par une zone de rencontre sur le tronçon de la rue Cayrade récemment rénové (en orange sur la carte) afin d’y favoriser notamment la fréquentation et la sécurité des clients des commerces.

Enfin, pourquoi ne pas établir par la suite une deuxième zone 30 au nord de la RD 840 afin de sécuriser les voies venant du lycée de l’hôpital et de la cité de Trépalou. Beaucoup de rues sont d’ailleurs là aussi déjà limitées à 30 Km/h sur ce secteur.

 

Lors de la dernière réunion de la commission “ Transport et mobilité “ de la Communauté de communes en mai dernier, il a été évoqué la réactualisation du Plan Global de Déplacements grâce à un appel à projet de l’ADEME qui financerait 50 % des études. Le périmètre de cette étude serait élargi aux communes de la Vallée du Lot afin d’anticiper la future communauté de communes. Voilà une bonne initiative… à condition que cette future étude ne finisse pas au fond d’un tiroir comme l’a été en partie celle de 2006.

 

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Photos : 1, 4 (avec Midi Libre), 12, 13, 17 (avec OpenStreetMap) - jlc – Licence Créative Commons

Photo 2 : extraits d'articles de La Dépêche du Midi et Centre-Presse

Photos : 3, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 14, 15, 16 – Cerema – Certu

Photo 5 : Communauté de communes du Bassin Decazeville-Aubin (PGD)

08/07/2016

Decazeville : le Tour est passé, et après…

Ça faisait longtemps que l’on avait pas vu autant de vélo dans la rue Cayrade. Il faut dire que tout est fait pour décourager les cyclistes ordinaires d’y venir.

Quoi qu’il en soit, ne boudons pas notre plaisir.

Si le public était plutôt restreint lors du passage de la caravane, le monde est arrivé en masse pour le passage des coureurs.

Beaucoup d’applaudissements et d’encouragements lors de la montée de la rue Cayrade des deux échappés et du peloton. S’en est suivi le défilé des journalistes en moto, des voitures suiveuses des équipes… avant que le calme ne revienne et que chacun regagne son domicile avec le souvenir de cette journée historique.

Espérons que ce passage réussi du Tour de France décidera nos élus à enfin s’intéresser à la circulation des cyclistes dans notre ville.

 

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Toutes les photos : jlc – Licence Créative Commons

 

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30/05/2016

Modes actifs de déplacement sur le Bassin, où en est-on ?

vélo-dkz-église.jpgModes actifs de déplacement : qu’est-ce que c’est ?

Qu’ils soient « actifs » ou « doux », il s’agit en fait de modes de déplacement dans la rue ou sur route sans apport d’énergie autre qu’humaine comme la marche, le vélo, les rollers...

52% de nos déplacements en voiture font moins de 3 km. C’est en priorité dans ces déplacements que les modes actifs doivent prendre toute leur place.

 

FETE VELO 2016.jpgLa Fête du Vélo se déroulera le week-end prochain (4 et 5 juin 2016) dans toute la France. En Aveyron, seule, la ville de Millau organise comme chaque année depuis sept ans une manifestation dans ce cadre.

C’est l’occasion de faire à nouveau le point sur ce mode de mobilité sur le Bassin.

 

En 2015, la vente de cycles a progressé de 0,7% en France pour un peu plus de 3 millions de cycles neufs vendus. La forte progression de la vente de vélos à assistance électrique (VAE) enregistré en 2014 se poursuit en 2015 où les 100 000 exemplaires sont atteints. Nous sommes certes encore loin des chiffres de l’Allemagne ou d’autres pays, mais cette hausse continue est encourageante.

 

subvention-vae-ccda.jpgQu’en est-il localement ?

Sans point de vente spécifique de cycles sur le Bassin, difficile de donner des chiffres de ventes.

Ce que l’on sait, c’est que la subvention de la Communauté de communes pour aider à l’achat d’un VAE concerne bon an mal an, environ 8 vélos/an. Mais d’autres VAE sont vraisemblablement achetés sans subventions par des habitants de notre territoire. Les VAE représentant 3 % du marché du cycle, on peut estimer en restant prudent entre 250 et 300 vélos neufs achetés en 2015 par les habitants des cinq communes urbaines du Bassin.

velos vide-grenier.jpgCes vélos sont malheureusement achetés pour la plupart hors de notre territoire, chez des revendeurs, en grande distribution (spécialisée ou pas) et par internet. Le marché de l’occasion semble aussi important sur le Bassin. Il n’y a qu’à voir le nombre de vélos à céder sur le Bon Coin et dans les vide-greniers locaux.

 

avec pompidou concorde et progrès -1969.jpgConcernant l’usage pratique du vélo sur notre territoire, c’est malheureusement catastrophique. Une seule cause à cela : le manque de considération des élus locaux pour ce mode de mobilité et par conséquences le manque d’aménagements et d’infrastructures pour utiliser son vélo en toute sécurité et rendre ce mode de déplacement attractif. La plupart des élus en charge des affaires sur notre Bassin ont grandi dans les années « bagnole » (De Gaulle, Pompidou, Giscard), où le vélo était ringardisé et leur vision ne semble pas avoir évolué depuis. Plus grave, les « jeunes » élus locaux ont malheureusement acquis la même culture motorisée que leurs aînés.

 

Part des ménages disposant d'une voiture en centre-ville de Decazeville.jpgPourtant, le vélo est une réponse écologique pour nos déplacements, mais aussi une réponse sociale puisque Decazeville, notamment le centre-ville et les quartiers nord, a la population la moins motorisée du Bassin, 15% en dessous de la moyenne française.

 

Il n’y a pas de secret. Les villes où l’usage du vélo connaît une forte progression sont les villes (grandes ou petites) où les élus ont mis en place un programme de sensibilisation et d’aménagements important après une réflexion globale sur la circulation, le stationnement et la mobilité en général dans leur ville, notamment en centre-ville.

 

Cette réflexion globale, nous l’avons pourtant bien eu sur notre territoire.

Dès 2005, dans le cadre de l’Agenda 21 du Bassin, la Communauté de Communes du Bassin Decazeville-Aubin s’est dotée Plan Global de Déplacements voulant favoriser les alternatives à la voiture et favoriser les transports collectifs et les déplacements piétons et cyclables

En 2010 la Communauté de communes du Bassin Decazeville-Aubin s’est même dotée d’un « Schéma Modes Doux ».

 

Et depuis ? Rien… ou très peu.

dsc-bonnieres.jpgA Decazeville, seuls deux doubles sens cyclables ont été mis en place aux Bonnières (avec la mise en sens unique de la rue Hector Berlioz pour le passage du TUB) et dans la rue Camille Douls. Tout ça en 5 ans !

 

rue cayrade à 20 kmh-ddm.jpgPire, à l’opposé des préconisations actuelles de circulation qui recommandent de modérer les vitesses des véhicules motorisés en ville pour favoriser la cohabitation avec les modes actifs, la limitation à 20 kmh du tronçon rénové de la rue Cayrade est passée il y a quelques mois… à 30 kmh (voir photo ci-contre). Du jamais vu en France !

 

Pourtant, la législation française a évolué rapidement ces deux dernières années pour favoriser l’usage du vélo :

 

En mars 2014, le Plan d’Action Mobilités Actives (PAMA) délivrait une série de mesures pour encourager l’usage du vélo et de la marche à pied. Ces mesures visaient à un meilleur partage de l’espace public, à développer l’intermodalité entre les transports collectifs et les modes actifs, à prendre en compte les mobilités actives dans l’urbanisme, à développer des itinéraires de loisirs et le tourisme à vélo, etc…

Un PAMA 2, actuellement en phase de concertation, devrait voir le jour vers 2017-2018. D’où la nécessité de bien assimiler le PAMA 1 et de déjà mettre en place les mesures et actions qu’il préconise.

 

Les mesures de ce plan ont été inscrites dans la Loi avec le décret 2015/808 du 2 juillet 2015.

DOUBLE SENS CYCLABLE - TOULOUSE - RUE D'AUSTERLITZ.jpgDans la poursuite de la démarche « Code de la rue » et de l’introduction du principe de prudence à l’égard des usagers les plus vulnérables, ce décret vise à sécuriser et favoriser les cheminements piétons et cyclistes.

Lorsque la séparation entre les différents modes de transport n’est pas possible, le partage de l’espace public doit être une préoccupation constante en cherchant en particulier à réduire le différentiel de vitesse entre usagers.

Parmi ces mesures :

  • Favoriser l’extension de ZCA (Zone de Circulation Apaisée)
  • Généraliser les doubles sens cyclables dans les rues à sens unique ou la vitesse est limitée à 30 Kmh
  • Favoriser un meilleur positionnement sur la chaussée…

 

La Loi relative à la Transition Énergétique Pour la Croissance Verte, qui dans sont troisième titre entend développer les transports propres, a entre autre créé l’indemnité kilométrique vélo (IKV).

Malheureusement cette mesure a été détricotée par l’exécutif dans la loi de finances rectificative 2015. Cette indemnité est donc relativement basse, facultative, plafonnée et est de plus limitée seulement au secteur privé.

 

L’Arrêté du 23 septembre 2015 relatif à la modification de la signalisation routière en vue de favoriser les mobilités actives vient compléter les mesures du décret 2015/808.

La signalisation à destination des cyclistes est renforcée, en particulier les marquages. Cet arrêté règlemente également la signalisation des zones piétonnes, zones de rencontre, zones 30, zones de livraison…

Cet arrêté permet aussi d’ajouter une signalisation d’“animation“ à la signalisation conventionnelle.

 

Je veux bien en convenir, seuls ceux qui s’intéressent à la mobilité en général et aux mobilités actives en particulier arrivent à suivre cette évolution réglementaire. Mais n’est-ce pas justement le devoir des élus ?

 

C’est pour cela que la formation est indispensable. Formation des services techniques des communes, mais également des élus, notamment ceux en charge de l’urbanisme et de la voirie.

 

C’est ce que je fais personnellement depuis plus de vingt ans en participant régulièrement aux Journées techniques du CoTITA Sud-Ouest (Conférence Technique Interdépartementale des Transports et de l’Aménagement), mais aussi à de nombreuses formations, rencontres, séminaires, salons... sur le thème des transports et de la mobilité en général.

 
pama-bdx.jpgPour mieux assimiler l’évolution de la législation de ces deux dernières années, j’ai notamment participé en 2014 à un atelier dans le cadre des Journées d’Été d’EELV à Bordeaux qui m’a permis de mieux appréhender la législation concernant les modes actifs. L’intervenant n’était autre que Dominique Lebrun, coordonnateur interministériel pour le développement de l’usage du vélo qui s’est principalement appliqué à nous présenter le
PAMA annoncé quelques semaines plus tôt. Jean-Marie Darmian, maire de Créon et président du Club des Villes et Territoires Cyclables ainsi que Christophe Najdovski, adjoint en charge des transports à la ville de Paris participaient également à cet atelier.

 

Egalement en 2014, j’ai assisté à une Journée Technique du CoTITA au CNFPT de Toulouse sur les “ zones de rencontre “.

 

pama-formation cerema-120516.jpgEnfin, il y a quelques semaines, toujours dans le cadre des Journées techniques du CoTITA, j’ai suivi un après-midi d’information et d’échange sur le PAMA au CNFPT de Toulouse.

L’objectif de cette demi-journée était de présenter le contenu de toutes ces nouvelles règles, expliquer leur raison d’être et donner des indications de mise en œuvre possible.

Journée riche d’informations, qui m’a permis de mesurer le retard considérable que le Bassin accumule sur la législation, mais également par rapport aux réalisations concrètes de nombreuses autres collectivités, y compris de notre dimension. Je précise que d’autres villes sont dans le même cas en Aveyron, notamment Rodez. Seul Millau sort un peu du lot, surtout grâce à l’action de l’association EVE.

 

Alors que faire maintenant ?

Pour ma part, je continue à informer et à sensibiliser localement sur les mobilités actives toutes les personnes intéressées ou travaillant sur ce domaine. Je ne manque bien sûr pas d’informer mes collègues de la commune et de la communauté de communes.

J’ai publié régulièrement des notes sur ce thème sur ce blog, dont une note assez complète sur les mobilités actives et les transports collectifs sur le Bassin il y a environ un an.

 

Si on me le demande, je suis bien sûr prêt à participer à une réflexion locale pour la création d’aménagements et la mise en place d’actions concrètes.

 

Mais lorsque l’on voit que rien n’avance à cause principalement du désintérêt ou de la mauvaise volonté de certains décideurs, il faut envisager d’autres actions.

D’abord dénoncer ce désintérêt et cette mauvaise volonté. C’est le but de cette note.

 

Ensuite, faire en sorte que ces décideurs respectent au moins la législation actuelle, notamment les dernières évolutions. J’y travaille actuellement.

 

VÉLORUTION ! - logo.jpgEt enfin, pourquoi ne pas envisager une action pour montrer que beaucoup attendent d’avoir une ville ouverte à tous les modes de mobilité. C’est en réflexion.

 

En cette année du passage du Tour de France dans notre ville, il serait peut-être temps que les élus de Decazeville et du Bassin prennent en considération ce mode de mobilité écologique et accessible pratiquement à tous et en profitent pour annoncer un programme de mesures et d'aménagements important en faveur des modes actifs.

Il serait incompréhensible que la mairie se félicite et fasse la promotion du passage du Tour de France à vélo à Decazeville et s'oppose à des aménagements pour favoriser l'usage du vélo dans la ville !

VÉLOS - Avenues Léon Blum et Victor Hugo.jpgCertaines mesures demandent de plus peu d'investissements financiers : marquage au sol et panneaux de signalisation. Ce sont ces mesures et ces aménagements qui doivent être mis en place rapidement.

 

Plus de 50 % de la population active française travaille à moins de 8 km de leur domicile. Le vélo, notamment le VAE, est la solution pour ces déplacements. Les jeunes comme les moins jeunes aimeraient aussi pouvoir se déplacer à vélo sur le Bassin.

A condition d’avoir les aménagements nécessaires pour le faire en toute sécurité.

 

La véloroute de la Vallée du Lot :

veloroute-panneau travaux.jpgTout le monde peut voir maintenant l’avancée des travaux concernant cette véloroute sur la Communauté de communes de la Vallée du Lot. Le tronçon Bouillac – Pont de Boisse-Penchot est en cours de finition tandis que le tronçon sur Flagnac est en travaux.

chemin de bouquiès.jpgDecazeville est concerné par une variante du Pont de Bourran au Pont de Livinhac par Bouquiès. Il serait peut-être temps de s’intéresser à ce projet et dans l’urgence, de s’occuper au moins de la voirie entre le Pont de Livinhac et Bouquiès qui est dans un état déplorable et inaccessible aux vélos, sauf aux VTT.

La randonnée de soutien à la véloroute à fait étape à Livinhac.jpgLa randonnée cyclable que nous avions organisée avec l’AF3V en 2011 pour soutenir cette véloroute et qui s’était arrêté le 7 juillet à Livinhac, avait sensibilisé certains élus. Certes un peu tardivement, mais mieux vaut tard que jamais.

veloroute laroque.jpgUne liaison cyclable entre le Pont de Boisse-Penchot et Viviez doit être envisagée rapidement. Elle constituerait un atout touristique indéniable pour les communes urbaines du Bassin, à condition que ces communes créent elles aussi des aménagements cyclables sécurisés pour accéder à leurs centres villes et aux sites touristiques.

Le Bassin à vélo (rural et urbain) doit être le projet de demain, et le plus tôt sera le mieux.

Pour avoir une idée des retombées économiques du tourisme à vélo en France, vous pouvez télécharger ci-dessous le Baromètre 2015 :

Baromètre 2015 du Tourisme à Vélo en France

 
cayrade-parking vélo.jpgCet espace de stationnement vélo en plein centre ville de Decazeville en dit long sur l’intérêt de la municipalité pour les modes actifs. Non content de ne plus être protégé des voitures par des barrières, il ne comporte aucun arceau pour accrocher les vélos et éviter les vols. Il est bien sûr le plus souvent vide, ou occupé par des cyclos ou des motos et même parfois des voitures ! C’est toute une politique pour les modes actifs qu’il faut mettre en place.

 Ci-dessous, l'article de Centre-Presse du 13 juin 2016 relatif à cette réflexion sur les modes actifs sur le Bassin (cliquez sur l'article pour l'agrandir) : 

Le vélo, cet oublié du Bassin decazevillois.jpg

Photos : Cliquez sur les photos pour les agrandir

Toutes photos : jlc – Licence Créative Commons

Sauf :

- Le flyer pour la subvention VAE et le schéma des rues Victor Hugo et Léon Blum - Communauté de Communes

- Affiche Fête du Vélo

- Photo rue Cayrade à 20 kmh – La Dépêche du Midi - BHSP

- Logo Vélorution : ?

Ci dessous, une vidéo réalisée lors de l'animation organisée par la Communauté de communes pour la présentation du “ schéma modes doux “ en 2010 : bourse d'occasion de vélos, marquage vélos, essais de VAE, démonstration de BMX flat... Cette animation tombait en même temps que les Journées du Patrimoine. Ça a été l'occasion de faire une belle randonnée cyclable sur le Bassin à la découverte de certains sites emblématiques de nos communes.

Téléchargez ci-dessous le programme de ces deux journées d'animation :

Animation Vélo-Patrimoine - 18 et 19 septembre 2010 WEB.pdf

Beaucoup de participants à ces deux journées. Mais malheureusement, peu de suites à cette animation et au “ schéma modes doux “.


ANIMATIONS VÉLO - DECAZEVILLE - 18 ET 19 09-2010 par calmettes

07/04/2016

La ruralité sur CFM Radio

TO160329-300x169.jpgJ’étais invité pour Europe Écologie - Les Verts le 29 mars dernier à l’émission « Table ovale sans Ellipse » animée par Claude de Vesins sur CFM Radio à Villefranche.

Je n’étais bien sûr pas seul. Jean-Sébastien Orcibal, pour le Parti Radical de Gauche et Bernard Morre, pour l’Union des Démocrates et Indépendants étaient les autres intervenants.

Le thème de cette émission politique proposé par Claude de Vesins était :

Quelles sont les opportunités que notre ruralité, qui dispose désormais d’un ministre issu de la région (aménagement du territoire, ruralité et collectivités territoriales), doit absolument saisir pour résoudre ou atténuer les problèmes qu’elle connait en agriculture, scolarité et dessertes aérienne et ferroviaire ?

Nous avons donc parlé agriculture, circuits courts, artificialisation des terres agricoles, commerces des centres villes, TGV, TER, aéroport, internet haut-débit, services publics…

On peut écouter et télécharger cette émission en cliquant ICI

16/10/2015

La rue Jean Moulin à double sens : un fiasco annoncé !

rue cayrade - zone 20 devenue 30.jpgJ’avais évoqué il y a peu les graves problèmes de circulation et de mobilité à Decazeville depuis l’arrivée de la nouvelle majorité et la volonté de ces nouveaux élus de favoriser le tout voiture.

Le résultat était malheureusement prévisible : la rue Cayrade est devenu un couloir à voitures, ce qui est pour le moins néfaste à l’activité des commerces. Flâner dans cette rue et y faire des achats au milieu d’une circulation incessante de véhicules motorisés n’est pas du tout attractif.

La partie déjà aménagée aurait pu être le cœur de l’activité commerciale de la ville en y aménageant une zone de rencontre et en déviant la circulation de transit vers l’avenue Cabrol. Elle est devenue au contraire le lieu d’un passage incessant et bruyant de véhicules où il est difficile de traverser sans danger. Comble de la bêtise, cette portion de rue limitée il y a encore peu à 20 km/h est maintenant limitée à 30 km/h.

 

La rue Jean Moulin à double sens - Facebook.jpgMais c’était sans compter sur la persévérance des élus dans leur dogmatisme tout bagnole. Après le sens unique de l’avenue Cabrol et le double sens de l’avenue Foch dont l’efficacité ne saute pas aux yeux, bien au contraire, c’était au tour cette semaine de passer la rue Jean Moulin à double sens. Sauf qu’une fois de plus cette mesure a été prise sans concertation aucune avec les usagers particuliers et professionnels, notamment avec la communauté de communes intéressée pour le passage du TUB. Bien entendu cette mise en double sens de la rue Jean Moulin a été “reportée“, pour ne pas dire enterrée. Il n’y a pas besoin d’être un grand urbaniste pour comprendre que le petit giratoire à l’intersection des rues Jean Moulin et Alexandre Bos poserait des problèmes, notamment à certains horaires. Je l’avais d’ailleurs évoqué dans une réunion de la commission Urbanisme.

Report de la mise en double sens de la rue Jean Moulin -131015.jpg

Il semblerait que ces changements de circulation commencent à irriter pas mal de monde à Decazeville, notamment chez les commerçants.

19/08/2015

Tout voiture, no future *

rue cayrade - 1983-2015.jpg

Trente deux ans séparent ces deux photos de la rue Cayrade à Decazeville. Quels points communs à ces deux photos ? La place envahissante donnée aux voitures sur cette rue commerçante et l’usage anarchique qu’elles en font. 

On peut comprendre cet encombrement en 1983 car cette rue en plein centre-ville était alors une route nationale, la RN 140 ou l’axe Brive-Méditerranée.

Le dossier de la circulation à Decazeville figurait au menu du bulletin municipal de 1983 (que vous pouvez télécharger en bas de note). On y apprend que la municipalité Rouquette (1959 – 1971) avait mis en place le stationnement limité par zone bleue alterné par quinzaine et une réglementation des poids lourds pour les trajets et les horaires de livraisons.

On pointait déjà l’exode des Decazevillois habitant en centre-ville vers les quartiers périphériques ou plus loin dans les communes rurales, qui arrivaient tous les matins en même temps avec leurs voitures en ville et occasionnaient déjà des bouchons portant préjudice au commerce riverain.

La circulation sur la RN 140 amenait un flux important de véhicules qui traversaient notre ville. Un comptage a permis de noter que 80 % des véhicules étaient immatriculés hors du département de l’Aveyron certains jours de chassé-croisé de vacances d’été. La rue Gambetta voyait alors des pointes de 1 000 véhicules/heure et la rue Cayrade 800 véhicules/heure ces jours là.

Le moindre véhicule en stationnement en double file provoquait un bouchon important.

Personne ne respectait les horaires de livraison et dès 1978, la municipalité avait pris la décision avec la Chambre de Commerce de créer une “gare routière“ (entrepôt de marchandise) où tous les livreurs devraient déposer leurs colis qui seraient ensuite distribués par un seul camion en ville. Ce projet précurseur de ce qui se fait maintenant dans les grandes villes n’a jamais véritablement fonctionné, la Chambre de Commerce ne s’y étant pas vraiment investie. 

En 1975, la municipalité Roques (1971 – 1977) avait lancé une étude sur la circulation à Decazeville et l’actualisation des propositions de cette étude sera réalisée par la municipalité Delpech (1977 – 1994) en 1978.

La première proposition était de régler les problèmes de circulation au carrefour du Broual (carrefour où se situent actuellement les bureaux de l’OPH), rue Maruejouls et les accès aux quartiers nord de la ville.

C’est aussi à cette période qu’ont débuté les travaux de la déviation de la RN 140, d’abord de Saint-Michel à la gare de Fontvernhes.

Il était prévu un dédoublement de la rue Gambetta par une « traversée » de la rue Jean-Moulin à la Vitarelle. Ce projet n’a jamais vu le jour.

Il était également prévu l’aménagement (au moins à sens unique) d’une voie pénétrante des Estaques au Sailhenc afin de soulager la circulation à la Vitarelle. Cette voie devait être au départ le Chemin du Sailhenc, l'avenue du 8 mai 1945 a été aménagée plus tard.

Il était même prévu d’étudier l’ouverture d’une nouvelle bretelle entre la Côte des Estaques et le quartier du Broual Trépalou (peut-être le chemin entre l’Envol et Trépalou ?).

Concernant la circulation rue Gambetta, il était proposé trois solutions, la troisième étant préférée :

1 – Mettre la rue Gambetta en sens unique

2 – Interdire tout stationnement rue Gambetta

3 - Matérialiser les emplacements de stationnement des véhicules de tourisme (avec parcmètres si nécessaire) sur un seul côté, toujours le même. Matérialiser les créneaux réservés aux livraisons. “L’application stricte de ces mesures serait nécessaire, sans aucune tolérance pour ceux qui ne la respecteraient pas. Sinon, elle serait sans effet réel“.

“Ces mesures peuvent être étendues rue Cayrade en fonction des résultats.

Il faut faire respecter les trottoirs. Notre appel du dernier bulletin municipal sur la sécurité des piétons, la gène de la circulation, le coût de détérioration des bordures, a été sans effet. Il faut donc en arriver aux sanctions (comme dans les autres villes)“.

 

rue cayrade -seguy.jpg

Les diverses municipalités qui se sont donc succédées ont réglementé le stationnement, d’abord par zone bleue alternée par quinzaine, puis par des parcmètres qui étaient souvent en panne et qui ont été supprimés, et maintenant avec le retour de la zone bleue.

Malheureusement, la surveillance du respect des horaires des parcmètres ou de la zone bleue n’a jamais réellement été mise en place. Et c’est bien là le problème.

 

Pourtant, la route nationale ne traverse plus le centre-ville. La déviation mise en place, devenue depuis quelques années route départementale 840, draine toute la circulation de transit, notamment de poids lourds, avec une moyenne de 8 000 véhicules jour et des pointes de 10 000 véhicules/jour l’été.

 

Contrairement à ce que pense la municipalité actuelle, un flux important de véhicules dans des rues commerçantes ne favorise pas pour autant l’activité de ses commerces. Ce serait même le contraire. 

Vouloir favoriser le commerce en augmentant à tout prix la circulation de voitures dans le centre ville sans penser aux autres modes de mobilité, notamment les modes actifs (vélos et piétons), est tout simplement contre-productif. C’est la politique d’un autre temps dont on voit partout l’échec où elle est mise en place, tant en terme économique (pour les commerces notamment), qu’environnemental (qualité des espaces urbains, qualité de l’air, bruit…) et social (mixité urbaine mise à mal…).

J’ai maintes fois eu l’occasion dans ce blog de revenir sur ce qui me semble les solutions les mieux adaptées à notre ville et à notre territoire où plus de 30 % des foyers n’ont pas de moyens personnels pour se déplacer. Chiffre qui est appelé à augmenter pour des raisons économiques mais aussi par le choix que font de plus en plus de personnes, notamment les jeunes, pour qui la voiture n’est pas la priorité.

Il faut améliorer les transports collectifs, notamment par un cadencement sur l’axe Viviez-Decazeville-Firmi (un bus toute les demi-heures par exemple), créer des aménagements pour les modes actifs (vélos et piétons), apaiser la circulation en ville par la création d’une zone 30 et d’une zone de rencontre sur le tronçon aménagé de la rue Cayrade…

Il faut réellement lancer notre ville dans une mobilité d’avenir en lien avec l’urbanisme, l’habitat et le commerce. Pour faire revenir les habitants et maintenir les commerces en centre-ville, il faut rendre notre centre-ville agréable à habiter et à arpenter. Et ce n’est pas au milieu des voitures et du bruit que l’on y arrivera.

  

decazeville,circulation,mobilité* Tout voiture, no future est le titre d’un livre datant de 2007 écrit par Denis Baupin aux éditions de l’Archipel que je vous encourage à lire. Denis Baupin, actuel député EELV, dénonce dans ce livre les lobbies du tout bagnole, mais aussi le manque de vision à long terme des hommes et femmes politiques dans le domaine de la mobilité. Il donne bien sûr ses solutions pour sortir du “tout voiture“.

 

La circulation à Decazeville - Bulletin Municipal 1983.pdf

 

Photos (cliquez sur les photos pour les agrandir) :

-       - Cartes postales anciennes de Decazeville

-       - Rue Cayrade de 1983 tirée du bulletin municipal de 1983 : Midi Libre

-       - Rue Cayrade de 2015 : jlc - ©créative commons

Sale temps pour les vélos !

vélo roues volées - gare de viviez-decazeville.jpgLes vélos bénéficient à la gare de Viviez-Decazeville d’un superbe double arceau pour stationner.

Sauf que cette gare est fermée de 21h45 à 5h00 du matin. Cela a donc laissé du temps à des petits voleurs pour subtiliser les deux roues de ce vélo resté lui accroché à l’arceau par un antivol pourtant dérisoire.

De nombreuses gares sont maintenant équipées de box à vélos fermés.

box à vélos.jpgEn août 2011, j’avais moi-même préparé un courrier à la direction des infrastructures et transports du conseil régional Midi-Pyrénées pour demander l’installation de box à vélos fermés comme elle le fait dans de nombreuses gares de Midi-Pyrénées.

Le schéma des Modes doux de la Communauté de communes adopté aussi par les communes prévoyait 5 box sécurisées à la gare de Viviez. La Communauté de Communes du Bassin Decazeville-Aubin pourrait donc prendre en partie ou en totalité cet investissement à sa charge afin que de tels incidents ne se reproduisent plus et que les habitants du Bassin n’aient plus peur de laisser leurs vélos à la gare de Viviez pour prendre le train ou le TUB.

Photos : jlc ©créative commons

07/08/2015

VM Zinc, fidèle au fret ferroviaire

train umicore.jpgAutant je suis parfois assez prompt à dénoncer les possibles atteintes à l’environnement de certaines entreprises locales, autant je suis sensible aux efforts que font ces mêmes entreprises pour diminuer les impacts de leurs activités sur l’environnement.

C’est le cas du groupe Umicore, qui depuis des années, choisit de transporter par rail les bobines ou les plaques de zinc brut de son unité de fabrication VM Zinc d’Auby dans le Nord à l’usine de transformation et de finition de produits finis VM Zinc de Viviez. Un train par semaine arrive à Viviez, généralement le week-end, et il repart le lundi après avoir été déchargé.

Un premier appel d’offre en 2009 avait attribué ce marché de transport au groupe Logways et les wagons étaient tractés par des motrices d’Euro Cargo Rail.

motrices etf.jpgDébit 2015, un deuxième appel d’offre a attribué le marché à l’entreprise ETF, filiale d’Eurovia (groupe Vinci), spécialisée dans la construction et la maintenance d’installation ferroviaires, qui s’est lancée depuis peu dans le fret ferroviaire à travers sa filiales ETF Services.

Ces opérateurs ferroviaires de proximité ont malheureusement supplanté la SNCF sur de nombreux marchés, notamment pour les wagons isolés.

Il n’y a pas beaucoup d’entreprises du Bassin ou de l’Aveyron qui utilisent le rail pour leur logistique. Et c’est bien dommage. Il faut dire que l’Etat après avoir abandonné l'entretien des infrastructures ferroviaires, a pratiquement abandonné l’entreprise historique qui était chargée du fret. Comme il abandonne petit à petit le transport des voyageurs, notamment dans nos zones reculées. Tout cela pour mettre encore plus de camions et de cars sur les routes, avec les conséquences néfastes pour le climat, l’environnement et la sécurité de tous les usagers de la route.

Concernant l’usine VM Zinc de Viviez, il semble malheureusement que les produits finis repartent par la route.

Mais il y a une certaine dose d'incertitude concernant le mode de transport de marchandises à l'avenir puisque Umicore souhaite se débarrasser de VM Zinc.

En espérant que cela n'aura pas de conséquences fâcheuses sur le mode de transport.

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