17/12/2010
Petite explication sur mon vote concernant le SCoT
Les explications de la presse étant un peu courtes sur mon vote concernant le ScoT (Schéma de Cohérence Territoriale) lors du dernier conseil municipal de mercredi dernier, je vais donc les compléter ici.
Je m’intéresse depuis pas mal de temps aux ScoT. Ils existent depuis la loi SRU du 13 décembre 2000 et ils bénéficient maintenant des petits progrès engendrés par les lois Grenelle 1 et 2 de 2009 et 2010.
J’étais de plus la semaine passée au conseil régional à Toulouse à une conférence sur les ScoT où un guide méthodologique nous a été présenté.
Qu’est-ce qu’un ScoT ?
Ce schéma vise à répondre à des menaces importantes qui pèsent globalement sur notre planète mais également sur nos territoires : étalement urbain, surconsommation d’espaces, dépérissement de certains quartiers, ségrégation sociale et inégalités écologiques, surcoût des infrastructures, déploiement des transports individuels, réchauffement climatique…
Le danger de l’étalement urbain et de la surconsommation d’espaces sont hélas bien réels. L’artificialisation des espaces gagne en France la superficie d’un département tous les dix ans, une surface comme l’Italie tous les ans au niveau mondial. Même en Midi-Pyrénées ce grignotage des terres agricoles se réalise au rythme de 3 % par an comme l’a souligné M. Malvy lors de cette conférence. L’Aveyron et le Bassin de Decazeville ne sont bien sûr pas épargnés.
Outre les problèmes alimentaires que cela pourrait poser à plus ou moins longue échéance, c’est également une perte abondante et continue de la biodiversité qu’il en résulte à travers le recul de la nature mais aussi à cause des fortes coupures des espaces naturels dues aux espaces artificialisés nouveaux (lotissements, zones d’activités diverses, zones commerciales…) et aux infrastructures de transports qui les accompagnent.
Les ScoT sont des documents de planification qui visent donc à la protection et à la mise ne valeur des espaces naturels, agricoles et forestiers, et des paysages, à la préservation des ressources naturelles, à la lutte contre l’étalement urbain, à la préservation et à la remise en état des continuités écologiques. Mais pas seulement.
L’habitat, les transports collectifs, les implantations commerciales, le développement économique, touristique et culturel, les communications électroniques (comme alternatives aux déplacements individuels notamment)… tout cela est intégré dans les ScoT.
De plus, ces ScoT s’inspirent des schémas de collectivités de rangs supérieurs et s’imposent aux documents inférieurs (PLU, cartes communales…). C’est aussi ce qui fait peur à certains de mes collègues qui ont peur que les communes perdent leur pouvoir de décision en matière d’urbanisme, alors que ce pouvoir sera juste encadré pour des raisons évidentes expliquées plus haut.
Nous avons l’obligation d’intégrer un ScoT avant 2013 et donc, vu la longueur du processus, de déclarer un périmètre sur lequel agirait ce schéma avant le 31 mars 2011.
Le périmètre proposé pour notre conseil municipal était celui de l’actuel Pays Rouergue Occidental.
Je ne reviendrais pas sur la création de ce Pays, dû à l’autoritarisme de l’ancien président du conseil général avec la complicité de l’ancien conseiller général de Decazeville, alors que le bon sens aurait voulu un Pays Quercy-Rouergue (Decazeville - Figeac - Villefranche). Pour ces deux personnages, l’histoire a depuis heureusement tranché, mais le mal est fait. Et les dix ans de perdus ne seront jamais rattrapés et auront peut-être des conséquences désastreuses.
Mais le Pays Rouergue Occidental est actuellement le seul territoire assez vaste sur lequel nous pouvons nous appuyer pour l’élaboration d’un SCoT.
Les ScoT ont maintenant presque dix ans d’existence et on commence à avoir des retours d’expériences intéressants. Beaucoup regrettent le sous dimensionnement des périmètres et s’apprêtent à les modifier et tous notent que les enjeux environnementaux ne connaissent pas de frontières.
Le Scot de la grande agglomération toulousaine, actuellement en enquête publique, intègre d’entrée une charte Interscot avec les trois autres ScoT de l’aire urbaine de Toulouse.
Pourquoi ne pas s’inspirer de cette expérience en créant d’entrée une charte Interscot avec d’autres territoires voisins comme le Pays de Figeac par exemple ?
Le périmètre du Pays Rouergue Occidental me paraissait donc le plus pertinent et le décider mercredi dernier lors du conseil municipal aurait permis de nous lancer rapidement dans la construction de ce ScoT. Voilà pourquoi je me suis abstenu lorsque M le Maire à proposé de surseoir à cette décision. Je regrette donc que mes collègues du conseil municipal, droite et gauche confondus, n’aient pas compris l’enjeu de cette décision.
On ne peut malheureusement pas exclure qu’il y ait eu aussi des pensées bassement politiciennes, peut-être pas pour les mêmes raisons selon que l’on est de droite ou de gauche.
Mais je ne vois pas quel nouveau périmètre pourrait proposer la « commission spéciale urbanisme » decazevilloise proposée pour résoudre ce problème alors que la plupart des communes ont décidé de suivre le périmètre du Pays Rouergue Occidental. Va-t-elle proposer un périmètre où Decazeville serait le centre ?
Je ne suis pas sûr que tout le monde suive
Téléchargez la présentation que j’ai réalisée pour ce conseil municipal (552 Ko) : SCoT - CM du 151210-web.pdf
Voir l’article de Midi Libre : Les élus réservés sur le ScoT
Voir l’article de La Dépêche du Midi : ScoT : Decazeville veut réfléchir
17:33 Publié dans Climat, Développement durable, Environnement, Politique locale, Transports et mobilité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : decazeville, scot |
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Record de consommation d’électricité : pas de quoi être fier
Une nouvelle fois, la France vient de battre un record de consommation d’électricité le 15 décembre dernier.
Voici la réaction d’Isabelle AUTISSIER, présidente du WWF-France; Serge ORRU, directeur du WWF-France; Sandrine MATHY, présidente du Réseau Action Climat (RAC-France) et Thierry SALOMON, président de l’association négaWatt.
Réaction que je partage entièrement.
« Electricité : les vrais gagnants de la pointe
96,4 milliards de watts ce 15 décembre à 19 h !
Comme chaque année le record de puissance électrique est battu. Et cette fois-ci avant même l’arrivée officielle de l’hiver.
Un « record » dont on se passerait volontiers car à chaque fois que la bise fut venue, la fée Electricité se retrouve fort dépourvue. A tel point qu’elle est obligée d’importer au prix fort du courant et de construire de nouvelles centrales au gaz afin de subvenir aux usages de pointe : à la production, en amont de nos appareils de chauffage électrique, il y a de plus en plus de gaz russe ou de lignite allemande.
Les perdants de ce « record » sont innombrables :
* la planète par accroissement des émissions de gaz à effet de serre,
* la collectivité qui finance le surdimensionnement des infrastructures,
* les consommateurs qui paient au prix fort cette électricité de pointe,
* les contribuables qui couvrent le coût social de la précarité énergétique qui en découle.
Et même les producteurs, à commencer par le premier d’entre eux avec un parc nucléaire dont la productivité est faible, conséquence de cette curieuse exception française sur un parc très majoritairement nucléaire (adapté à la base) et un très fort taux d’équipement en chauffage électrique (utilisé en pointe).
Alors, qui sont les vrais gagnants de la pointe ?
Les traders qui jouent et spéculent sur l’électricité, les promoteurs de logements tout électrique (les occupants paieront la note plus tard) et les pays producteurs qui nous vendent du gaz. Des producteurs stupéfaits mais ravis de nous le vendre pour produire avec un médiocre rendement (40 % au mieux) de l’électricité pour chauffer nos logements. Alors qu’en utilisant directement ce même gaz pour se chauffer on diviserait par 2,5 les importations et les émissions correspondantes de CO2 !
Chaque nouveau « record » de la pointe électrique est donc une très mauvaise nouvelle pour la France, conséquence structurelle du développement sans frein du chauffage électrique : 75 % des constructions neuves en sont équipées. Une mauvaise nouvelle qui nous éloigne un peu plus du trio gagnant de la démarche négaWatt « sobriété, efficacité, renouvelables ».
Et qui nous rappelle qu’en matière de la pointe électrique, la France mérite … un zéro pointé ! »
Isabelle AUTISSIER, présidente du WWF-France
Serge ORRU, directeur du WWF-France
Sandrine MATHY, présidente du Réseau Action Climat (RAC-France)
Thierry SALOMON, président de l’association négaWatt
16:55 Publié dans Climat, Energie, Environnement | Lien permanent | Commentaires (5) |
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