Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

01/08/2017

Aménagement ou déménagement du territoire ?

cget.jpg

« Soutenir les territoires en crise ou aider leurs habitants à s’installer ailleurs ? » Tel est le titre pour le moins provocateur de la dernière publication du CGET (Commissariat Général à l’Egalité des Territoires) : En bref #41

Provocateur, car les conclusions de cette enquête réalisée par le Credoc montrent que dans leur grande majorité, les Français préfèrent rester sur le territoire où ils habitent. Les trois quart des Français répondent qu’ils préfèrent une aide des pouvoirs publics pour réaliser leurs projets de vie dans les territoires dans lesquels ils vivent plutôt que des aides pour s’installer dans un autre territoire.

 

Cette enquête fait aussi ressortir un facteur primordial dans ce choix : " Le cadre de vie agit de façon importante dans le fait de vouloir déménager ou pas. L’amélioration du cadre de vie est, en France, la principale motivation de déménager (47 %). La possibilité de trouver de nouvelles opportunités professionnelles ne vient qu’en deuxième position (22 % en moyenne). Toutefois, ce taux s’élève à 33 % chez les chômeurs et 28 % chez les personnes ayant de bas revenus tout en restant inférieur à celui de l’amélioration du cadre de vie (respectivement 45 % et 52 %).

D'après cette enquête, ce sont d’ailleurs les personnes qui ne sont pas satisfaites de leur cadre de vie actuel qui sont le plus favorables aux aides à la mobilité.

Voilà qui devrait faire réfléchir nos élus avant de favoriser l’installation d’un centre de traitement et de stockage de déchets à Viviez et Aubin qui signerait à coup sûr un nouvel exode de la population du Bassin à l’extérieur et constituerait un frein définitif à l’installation de nouveaux arrivants.

 

La conclusion de cette enquête du CGET est intéressante :

« La mobilité géographique, quoique souhaitée, n’apparaît donc pas comme une solution réaliste. Cette situation trouve un exutoire dans une demande d’intervention publique dans les territoires en difficultés, particulièrement forte chez les personnes les plus fragiles (population à bas revenu, ruraux, jeunes).

Les personnes percevant leur territoire comme en crise ou délaissé, mettent alors en avant la nécessité de voir s’installer de nouvelles entreprises, s’améliorer l’offre de soins et la présence de services publics (mairie, Caisses d’allocations familiales, Pôle emploi...). Ces attentes viennent partiellement compenser un défaut de mobilité : les populations fragiles, ne voyant pas dans un déménagement une solution à leurs problèmes, notamment en termes d’emploi, demandent que les solutions et les emplois viennent sur leur territoire, par l’intervention des pouvoirs publics. »

 

decazeville - sam -terril -puy de wolf - copie.jpgInstallation d’entreprises, amélioration de l’offre de soins et des services publics, amélioration du cadre de vie, voilà qui correspond tout à fait aux attentes actuelles de la population du Bassin de Decazeville : maintien de la maternité et amélioration de tous les services de l’hôpital, développement des emplois industriels et tertiaires, révision totale du PPRM et aides pour d’éventuels travaux, rejet du projet Solena…

L’Etat doit donc écouter ces demandes fortes et faire en sorte d’aider notre territoire au lieu de l’enterrer comme il le fait actuellement.

Mais les élus locaux doivent aussi écouter l’ensemble de ces demandes car ils peuvent agir directement sur certaines d’entre elles. Je pense notamment au projet controversé de création d’un centre de traitement et de stockage de déchets à Viviez et Aubin, rejeté en grande majorité par la population du Bassin.

Ils doivent rapidement mettre un coup d’arrêt à ce projet et demander à Umicore de terminer la réhabilitation de leurs sites pollués, notamment le crassier de Dunet, comme cette entreprise s’y était d’ailleurs engagé.

Photos : 

1 - Extrait CGET - En bref #41

2 - jlc - Cliquez sur la photo pour l'agrandir - Licence Creative Commons

11/05/2017

De Umicore à Solena : “confiner“ des déchets industriels sous une usine de déchets ménagers

Viviez vu de Gabriac -040517.jpg

Umicore l’avait claironné partout en 2008 : la dépollution sera exemplaire !

Et tout le monde avait avalé ces belles paroles, certains rivalisant même de superlatifs élogieux pour décrire ce projet et plus généralement la politique environnementale de cette “entreprise modèle“. 

Après 135 années de pollution de l’air, des sols et des eaux, 135 années d’atteintes au cadre de vie et à la santé des riverains et au delà, l’entreprise Umicore, anciennement Vieille-Montagne, se décidait enfin à effacer les conséquences environnementales de l’exploitation de son site de Viviez. Certes pas de gaité de cœur. Encore moins par conviction écologique. Non, juste parce que l’Etat mettait l’entreprise en obligation de le faire. Mais aussi parce que Umicore souhaitait céder son unité viviézoise. Sans une “dépollution“ de ses sites les plus pollués et leur revente à part, cela aurait été impossible.

Les pollutions chroniques de la rivière Lot par les métaux lourds issus des résidus de Vieille-Montagne entassés depuis des dizaines années sur divers sites du Bassin, principalement à Viviez et Aubin, et les très graves pollutions accidentelles occasionnées par cette même entreprise en 1983 et 1986, sont considérés comme une des plus grandes pollution industrielle sur une rivière en France, après la pollution du Rhône par les PCB. L’impact de ces pollutions est toujours vivace dans les mémoires des riverains de cette rivière jusqu’à l’embouchure de la Gironde et en Charente-Maritime.

viviez, aubin,umicore,solena,séché,déchets ménagers, déchets industriels,

Enfin bref, à Viviez, la “dépollution“ devait être exemplaire selon Umicore.

Il faut d’abord préciser que cette fameuse “dépollution“ dont s’émerveillaient certains n’a consisté en fait qu’à un déplacement des terres polluées. Les déchets de Laubarède, de Cérons, de l’Igue du Mas et une partie de ceux de Dunet ont atterris dans l’alvéole crée à Montplaisir après avoir été “stabilisés“, pas dépollués. Ces déchets sont encore à Viviez, dans une enveloppe certes étanche (on le souhaite du moins) suspendue au dessus du Laminoir et de Viviez-Pont et ils y resteront longtemps. C’est donc un lourd héritage que nous laissons aux générations futures. Et Umicore doit en assurer la responsabilité.

 

Dans le résumé non technique de l’enquête d’utilité publique concernant cette “dépollution“, certains déchets devaient rester in situ. C’est le cas pour un million de m3 de résidus thermiques du crassier de Dunet qui devaient “ rester sur place où ils seraient confinés après un remodelage du crassier, puis le site serait végétalisé “.

Rappelons que ces résidus thermiques contiennent du plomb, de l’arsenic, du zinc… et représentent des risques liés au contact direct avec les sols et aux envols de poussières

 Projet de réhabilitation du site UMICORE de Viviez - Résumé non technique.pdf

 

Lors du conseil municipal de Decazeville du 16 juillet 2008 concernant l'avis à donner sur la demande d'autorisation d'exploiter demandée par UMICORE, nous avions émis des réserves sur la réhabilitation du crassier de Dunet du fait de “ l'absence d'éléments technico-économiques justifiant la non reprise en milieu confiné de ce crassier, de l'absence de calcul de risque ainsi que l'absence de seuil de réhabilitation “. Nous étions donc déjà inquiets par le fait de laisser ces déchets industriels in situ.

 

L’Arrêté préfectoral complémentaire du 7 novembre 2016 précisait concernant le remodelage des résidus thermiques de Dunet :

“ Lors des travaux de remodelage et de confinement sur place des résidus thermiques localisés sur DUNET, des dispositions réduisant les impacts sur l’environnement et limitant les envols de poussières doivent être mises en œuvre.

Un fossé périphérique est réalisé en amont du crassier

Une couverture finale doit être mise en place sur cette zone pour empêcher l’infiltration d’eaux de ruissellement sur ces matériaux. Elle sera constituée : (du haut vers le bas)

  • d’une couche de terre arable d’au moins 20 centimètres d‘épaisseur destinée à la végétalisation de type prairie,
  • dans les zones à forte pente, d’un système d’accroche terre puis d’une végétalisation adaptée,
  • d’une couche de 50 centimètres schistes naturels de perméabilité voisine de 5.10-7 m/s. “

viviez, aubin,umicore,solena,séché,déchets ménagers, déchets industriels,

A la CSS (Commission de Suivi des Sites) anciennement appelée CLIS du 14 novembre 2016, Mr Farrenq d’UMICORE précisait que Dunet avait été nettoyé (sans préciser d'ailleurs qu'il restait sur place un million de m3) et les résidus stockés à Montplaisir. Il restait à remodeler le pourtour de l’usine et la station de traitement des eaux et le démontage des installations devenues inutiles… Cette fin de travaux sera géré par Séché, qui deviendra le gestionnaire du site. Il n’est déjà plus question de végétaliser ce site.

En aucun cas, il n’a pas été dit au cours de cette réunion que l’on installerait un centre de traitement de déchets sur ces résidus thermiques.

Pourtant, c’était déjà un projet bien avancé entre Umicore et Séché, mais malheureusement que récemment connu du public.

Les travaux n’ont toujours pas été réalisés depuis et tout le monde se moque des envols de poussière.

viviez, aubin,umicore,solena,séché,déchets ménagers, déchets industriels,

On comprend mieux pourquoi en lisant la fiche BASOL du 14 avril 2017 concernant le site et rédigée par la DREAL : Les travaux de réhabilitation n’ont pas été réalisés en totalité pour permettre une réutilisation éventuelle de cette zone dans le cadre du projet de reconversion du site porté par la société SÉCHÉ ÉCO-SERVICES, le nouvel exploitant. De même l’usine de stabilisation des déchets qui est arrêtée depuis décembre 2016 n’a pas été démantelée. Elle est maintenue en l’état dans l’attente d’une réutilisation éventuelle dans le cadre de ce projet “.

Cette fiche BASOL précise que 105 000 m3 du site de Dunet ont été évacués vers l’alvéole de Montplaisir, mais que un million de tonnes de résidus thermiques restent encore sur le site de Dunet. C’est sur ces résidus thermiques que Solena compte installer son centre de traitement des déchets.

L’usine de Solena serait donc construite sur un crassier contenant des déchets de plomb, d’arsenic, de zinc et autres joyeusetés. Mais ils seraient “confinés“.

Merci de “confiner“ ces déchets toxiques sous une usine de déchets ménagers. Quelle belle attention pour les riverains !

viviez, aubin,umicore,solena,séché,déchets ménagers, déchets industriels,

On est en droit de se poser de nombreuses questions, notamment sur le niveau de complicité entre Umicore et Séché dans le projet de centre de traitement et de stockage des déchets ?

L’entreprise Umicore a-t-elle justement choisi Séché pour la dépollution de ses sites en connaissance de cause, parce que notamment Séché rachèterait à la fin de cette opération les terrains dépollués à Umicore pour y construire son centre de traitement et de stockage de déchets ?

On peut aussi trouver pour le moins complaisant l’accompagnement des services de l’Etat tout au long des manœuvres menées par Umicore et Séché pour aboutir au projet Solena.

Et enfin et surtout, quelle complicité certains acteurs politiques locaux ont-ils eu avec tout ce petit monde, acteurs politiques qui se sont bien gardés d’en parler préalablement avec leurs administrés ?

 

Se posent aussi des questions techniques. L’enveloppe de “confinement“ minérale résistera-t-elle au poids des bâtiments et à la construction (fondations) même de ces bâtiments ? La stabilité des résidus thermiques et les pentes fortes, mêmes adoucies, permettent-elles une construction de bâtiments dessus ? Le passage de nombreux camions et le fonctionnement de gros outils pour traiter les déchets ne va-t-il pas dégrader la stabilité de ces résidus thermiques avec le temps et occasionner des affaissements ? Alors bien sûr, j’en suis persuadé, des études de sol vont confirmer la possibilité de ces constructions. Mais est-ce bien raisonnable ?

viviez, aubin,umicore,solena,séché,déchets ménagers, déchets industriels,

Se pose bien sûr, comme le note fort judicieusement l’ADEBA, l'association qui combat le projet Solena, le problème même de la disposition de cet équipement sur ce lieu proche du centre-bourg, pour la tranquillité et la santé des riverains, pour le cadre de vie et le paysage, à cause des nuisances de ce genre d’usine…

Je crois que nous jouons avec le feu !

Enlever les résidus thermiques de Dunet serait la meilleure solution.

Mais à minima, il me semble indispensable, que l’on s’en tienne au confinement et à la végétalisation du site de Dunet avec une surveillance permanente de ces déchets et des eaux de ruissellement comme il était préconisé.

viviez, aubin,umicore,solena,séché,déchets ménagers, déchets industriels,

Il est aussi aberrant de vouloir installer une décharge de déchets ménagers sur le lieu de la décharge de déchets industriels “dépolluée“ à l’Igue du Mas, décharge responsable de la grave pollution du Lot en 1986.

Là aussi, il faut que le bon sens revienne. Il faut revégétaliser ce site comme le préconisait Umicore lors de la présentation de son projet de “dépollution“ et comme le demandait le maire de Viviez en 2009.

Les élus doivent tout faire pour rendre impossible la création d’un site de stockage de déchets sur ce lieu, notamment lors de l’élaboration du règlement du PLUi.

 

Quoi qu’il en soit, Umicore est en train de préparer son départ de Viviez.

La dépollution des parcelles privées doit bien sûr se réaliser dès que possible. Mais ce ne doit pas être une compensation à l’acceptation du centre de traitement et de stockage de déchets.

Après plus de 135 années de pollution continue et d’atteinte au cadre de vie et à la santé des riverains, Umicore doit beaucoup plus que cela à Viviez et Aubin.

Umicore laisse encore de nombreux terrains contenant des déchets dus à son activité sur tout le Bassin urbain et rural. Il faudra être très attentif au devenir de ces déchets et de ces terrains. Umicore doit en rester responsable et ne doit pas s'en laver les mains comme à Saint-Félix-de-Pallières dans le Gard

viviez, aubin,umicore,solena,séché,déchets ménagers, déchets industriels,

Enfin, concernant le devenir des déchets ménagers aveyronnais, les élus locaux et les délégués du SYDOM doivent rapidement mettre un coup d’arrêt définitif à ce projet à Aubin et Viviez. Ils doivent réfléchir à des alternatives, sachant que l’ADEME dans un récent avis, préconise de mieux utiliser les capacités existantes et de travailler avec les collectivités voisines en attendant de meilleures techniques et surtout la mise en place de mesures indispensables permettant de réduire considérablement le poids et le volume de nos déchets.

Un appel à projet régional pour la mise en place de la tarification incitative est lancé. Qu’attend l’Aveyron pour y répondre ? A minima Decazeville-Communauté ?

 

Addendum du 31 mai 2017 :

 

L'ADEBA a rencontré le 22 mai dernier à la Préfecture de l'Aveyron, M. Christian Robbe-Grillet, sous-préfet de Villefranche-de-Rouergue qui était accompagné de M. Frédéric Berly, responsable de l'unité interdépartementale Tarn-Aveyron de la DREAL.

Une réunion cordiale et studieuse où l'ADEBA a développé ses arguments contre le projet Solena à Viviez, mais aussi ses inquiétudes concernant le crassier de Dunet et son devenir.

Visiblement, ces inquiétudes ont été entendues par M. le Sous-Préfet et M. Berly puisque la DREAL a établi le 31 mai une nouvelle fiche BASOL concernant le site UMICORE de Viviez.

Il est mentionne sur cette fiche que : “ ...Sur les autres sites de Dunet et Montplaisir, des mesures transitoires sont retenues dans l'attente de connaitre les projets retenus par le nouvel exploitant. Avec soit une adaptation des prescriptions si un projet se concrétise à court terme, soit un retour aux prescriptions initiales dans le cas contraire. "

Le tout est de savoir ce que l'on entend par “court terme“.

On ne peut plus laisser ce crassier contenant des éléments dangereux à l'air libre plus longtemps et le retour rapide aux prescription initiales (réhabilitation et végétalisation) est plus que souhaitable.

 

Photos : jlc, licence Créative Commons

Sauf article de La dépêche du Midi (Archives départementales du Lot)

18/07/2016

Traitement des déchets en Aveyron : circulez, il n’y a rien à voir !

Non aux poubelles de la région - Bord -060716.jpgUn peu d’histoire récente :

Quelle mouche a donc piqué les élus du Conseil Départemental de l’Aveyron et ceux du conseil syndical du Sydom Aveyron ?

Après la commission permanente du Conseil Départemental le 1er février dernier, c’était au tour du comité syndical du Sydom de rejeter fin mars l’offre de Trifyl, homologue du Sydom dans le Tarn et actuel gestionnaire des déchets ultimes aveyronnais, pour le traitement des déchets ménagers après 2020.

Pour justifier ce choix, les élus du conseil départemental ont prétexté de fortes contraintes budgétaires et l’obligation de rester sur le territoire aveyronnais notamment pour respecter les objectifs de la transition énergétique, favoriser la création d’emplois locaux et maîtriser la gouvernance d’une problématique aveyronnaise.

Certes, ces objectifs semblent respectables, mais qu’en est-il exactement ?

Les contraintes budgétaires sont réelles, mais on arrive bien par exemple à trouver des millions pour des projets qui ne sont pas directement de la compétence du conseil départemental comme pour la RN 88 ou d’autres projets.

Quant aux objectifs de la transition énergétique ils doivent être analysés finement pour les deux projets en concurrence.

 

decazeville,viviez,déchets ménagers,sydom,conseil départementalCertes le traitement des déchets ménagers pour Trifyl est situé dans le Tarn.

Mais le regroupement de deux départements peut procurer des avantages importants en matière d’économies d’échelles, que ce soit en termes financiers ou énergétiques, d’autant plus que le projet concurrent ; celui de Séché-Sévigné est lui situé à Viviez, au nord-ouest du département et aux limites de l’Aveyron, du Lot et du Cantal. 

Site de Peyrolières2 -Google Earth.jpgConcernant la santé humaine et la lutte contre l’effet de serre, il faut aussi analyser le mode de traitement de ces déchets. Pour Trifyl, ça passe par un nouveau centre de tri performant qui peut très bien être installé dans l’Aveyron et par une expérience de plus de 18 ans dans la récupération et le traitement des biogaz issus de la décomposition des déchets. Expérience dont nous avons déjà profité. Que savons-nous du projet privé de Séché-Sévigné à Viviez ? Pas grand chose pour le moment. On nous parle de « solutions techniques tournées vers l’avenir et inscrite dans une démarche d’économie circulaire qui permettront de valoriser plus de déchets sous forme de matières et d’énergies… C’est une projet ambitieux pour le territoire, c’est aussi une opportunité de reconversion vers l’économie verte pour les terrains dépollués et pour lesquels il n’y a pas de conflit d’usage avec des activités agricoles ou touristiques… » (La Dépêche du Midi du 26 novembre 2015). Ça sent bon la langue de bois.

Site de Peyrolières - Travaux -180813.jpgCe que l’on sait, c’est que ce projet a été refusé sur le Lévezou et que l’on aurait une peu tendance à prendre les habitants du Bassin pour des ploucs prêts à accepter le moindre projet pour quelques emplois. Il y a déjà sur Viviez un incinérateur installé récemment (appelé pompeusement oxydateur thermique) et une usine classée Sévéso seuil bas. Le fonctionnement de cette nouvelle unité de traitement de déchets et le passage de nombreux camions portant ces déchets aggraverait encore plus l’environnement et la santé des habitants de ce secteur qui ont déjà beaucoup donné.

 

Le mode de gestion :

Trifyl propose une gestion commune avec le Sydom en créant une SEM (Société d’Economie Mixte). C’est donc la poursuite d’un service public qui a fait ses preuves entre Aveyron et Tarn et dont les bénéfices serviront directement à baisser la facture des contribuables aveyronnais, pas à rémunérer des actionnaires comme pour le projet Séché-Sévigné.

Car enfin, qui paiera pour ce traitement des déchets ?

Tous les foyers aveyronnais assujettis à la taxe ou à la redevance des ordures ménagères. Les Aveyronnais ont donc leur mot à dire.

Ils n’ont malheureusement pas pour l’instant les informations pour se faire une opinion et on ne leur donne surtout pas les moyens de donner leur avis.

A la fin des années 1990, les élus départementaux aveyronnais avaient décidé d’incinérer les déchets aveyronnais. Heureusement, grâce à une circulaire de Dominique Voynet, alors ministre de l’aménagement du territoire et de l’environnement favorisant la prévention et la réduction des déchets et leur valorisation matière, mais aussi grâce à l’action de Bruno Berardi et des Verts aveyronnais qui n’ont pas hésité à saisir le tribunal administratif de Toulouse et la cour administrative d’Appel de Bordeaux, ce projet a fini à la poubelle. Mais il fallait tout de même trouver un mode de traitement et un lieu pour traiter ces déchets en Aveyron. Par manque réel d’intérêt et de courage, les élus aveyronnais se sont passés la patate chaude de mandat en mandat.

Heureusement que le Tarn avec Trifyl a proposé une solution technique acceptable et un mode de gestion en régie.

 

Un problème aveyronnais, mais aussi local :

Non aux poubelles de la région - Brammarigues -110716.jpgIl semble que le projet de Séché-Sévigné ne fasse pas que des heureux sur le Bassin. Des voix commencent à se faire entendre, une pétition est en cours et des panneaux commencent à fleurir dans la campagne aubinoise et viviezoise.

Les conseillers départementaux locaux qui poussent à la création de cette usine à Viviez feraient bien de s’intéresser à cette montée de colère.

Tout le monde se souvient de la proposition de créer une usine d’incinération de déchets ménagers à Boisse-Penchot à la place de la centrale électrique de la SNET. La levée de bouclier a été immédiate et forte, d’autant plus que le projet était plutôt bancal.

Déplacer les déchets industriels d’Umicore de la zone de Peyrolières vers une alvéole au dessus de Viviez a permis de retrouver un espace « propre » et une qualité des eaux de l’Enne améliorée.

decazeville,viviez,déchets ménagers,sydom,conseil départementalPas sûr que les habitants de Viviez et d’Aubin aient envie de retrouver une usine de traitement et de stockage de déchets ménagers à la place.

D’autant plus que les créations d’emplois prévues font plutôt figure de miroir aux alouettes.

Un centre de tri des déchets en Aveyron associé à la création de réseaux de chaleurs publics bois comme propose Trifyl créeraient sûrement plus d’emplois qu’une usine à Viviez.

Une telle usine à Viviez, à la croisée de trois départements inquiète localement aussi beaucoup de personnes qui ne veulent pas « être la poubelle de la région ».

En attendant, les terrains autours de cette « future » zone de traitement des déchets font l’objet d’un fort intérêt et les chemins existant autour de cette zone ne sont plus du tout accessibles. Tout semble fait pour ficeler sur le terrain une opération décidée en cercle restreint. Pas de quoi rassurer les riverains. Au contraire !

 

Photos : cliquez sur les photos pour les agrandir :

Photos 1, 4 et 5 : jlc, licence Créative Commons

Photos 2 (Trifyl à Labessières-candeil), 3 et 6 (Igue du Mas à Viviez) : A partir de Google Earth

08/12/2013

Le centre de la France sacrifiée sur l’autel des LGV

gare viviez 2.jpgIl y a maintenant longtemps que j’alerte sur l’incapacité des élites locales à défendre une vraie liaison ferroviaire entre notre territoire et Paris. Des chambres consulaires aux parlementaires en passant par le Département et la Région, tous ignorent le train et ne voient un « désenclavement » de l’Aveyron que par la route et les airs. Il faut dire qu’ils ne doivent pas être souvent dans un train et préfèrent prendre l’avion, qu’ils ne payent généralement  pas directement.

Précisons que ce point de vue ne vaut malheureusement que pour l’Aveyron. Car il faut bien le noter, les élus et notables des départements voisins concernés par la ligne POLT se battent bec et ongles pour conserver et améliorer cette liaison. Les parlementaires lotois sont par exemple en première ligne tant pour défendre les arrêts, que la fréquence des liaisons ou le temps de trajet. Les associations lotoises de défense des gares et des trains et l’association Urgence Ligne POLT qui regroupe des élus des collectivités situées le long de cette ligne sont très actives. Mais pas un élu aveyronnais pour y siéger. Certes, nous ne sommes pas directement riverain de cette ligne, mais elle constitue le maillon essentiel d’une liaison convenable vers Paris. Et ce d’autant plus que dans le cadre de son Plan Rail, la région Midi-Pyrénées a régénéré la ligne reliant Brive à Rodez.

Certes, la Région avait participé au financement des études pour l’amélioration de cette ligne par des travaux sur les voies pour y faire rouler des trains pendulaires. Mais on connaît malheureusement la suite.

Depuis, Decazeville a perdu son agence SNCF sans que la Région ou l’Etat s‘émeuve pour autant. Elle n’est certes pas la seule en Midi-Pyrénées. Mais là aussi, on ne peut pas dire que nos élus régionaux ou nationaux locaux se soient réellement bougés. On est pas dans le Lot.

On nous avait aussi promis mordicus pour nous endormir que l’on ne toucherait pas à la gare de Viviez. C’est pourtant malheureusement ce qui devrait se passer à partir du 15 décembre.

Nous avons donc adopté une motion au dernier conseil municipal de Decazeville :

« Une organisation syndicale des cheminots nous alerte au sujet du nouveau service horaire d’hiver que la SNCF veut mettre en place au 15 décembre 2013. Selon ce projet, la gare de Viviez-Decazeville verrait son ouverture réduite, ainsi que les services rendus aux usagers. Plus aucun service à la sécurité ne serait assuré le soir après 21h35, et plus aucune présence commerciale non plus. L’activité de la gare sera fortement réduite et sa pérennité compromise. En l’absence de croisement sur cette gare, la régularité des trains serait affectée. Ainsi, la liaison du soir Paris-Rodez resterait un quart d’heure supplémentaire en gare de Capdenac.

A peine quatre mois après la fermeture de la boutique SNCF de Decazeville centre, cette nouvelle réduction du service rendu est inadmissible.

Le conseil municipal demande à la SNCF le maintien des heures d’ouverture actuelles avec :

-  - La présence d’un agent assurant la sécurité des circulations et des voyageurs du premier train jusqu’en fin de soirée.

-    - La présence d’un agent commercial pour l’achat des billets et les informations.

Le conseil municipal souhaite également que le conseil régional Midi-Pyrénées, qui a compétence pour ce qui concerne le transport ferroviaire, intervienne fermement en ce sens auprès de la SNCF».

 

coradia-liner-alstom.jpgRéduire l’amplitude horaire d'ouverture de la gare et allonger la durée de trajet serait d’autant plus dommageable que le Ministre des Transports vient d’engager le renouvellement des Trains d’Equilibre du Territoire dont fait parti la ligne POLT. Les Coradia Liner d’Alstom devraient remplacer les vieux trains Corail à partir de 2015. Un début pour aller vers les Trains à Haut Niveau de Service que nous souhaitons sur ces lignes.

 

Mais sur le fond, la politique de la SNCF soutenue par l’État est malheureusement claire. D’abord les LGV et après… peut-être les autres lignes, s’il reste de l’argent. A ce sujet, le documentaire « Pièces à conviction » diffusé le 4 décembre 2013 sur France 3 après le Soir 3 était édifiant.

Comment est-on arrivé à cette TGVmania qui coûte cher aux contribuables, aux usagers, vampirise les moyens financiers du rail aux dépends des trains de tous les jours pour des trains principalement réservés à une élite qui la plupart du temps ne paye pas directement le billet. Ce sont les entreprises ou les collectivités qui rincent.

On apprend aussi dans ce document que la LGV Bordeaux-Toulouse coûtera 5 milliards de plus qu'un TGV roulant sur les voies existantes pour gagner seulement 6 minutes. Ce gaspillage financier partagé par l'Etat, la Région Midi-Pyrénées et d'autres collectivités locales est pour le moins honteux, surtout en période de crise.

C’est d’ailleurs ce que dénonce également Gilles Savary, député de la Gironde et spécialiste des transports au Parti Socialiste sur Facebook (cliquez sur la photo pour agrandir) :

Gilles savary - Le TGV rend fou.jpg
Je serai bien sûr le jeudi 12 décembre à 17h à la gare de Viviez pour défendre cette ligne et défendre la gare de Viviez.

Mais il faut bien comprendre que si les grands élus locaux ne bougent pas comme le font les élus du Lot, et bien non seulement notre gare ne sera vouée qu’à voir ses heures d’amplitude d’ouverture réduites et la ligne vers Paris déconsidérée.


28/04/2013

Un nouveau film sur l'univers pictural et cinématographique de Guy Brunet

Je viens de voir la première épreuve de ce film consacré à Guy Brunet. Magnifique tant par la rencontre avec l'artiste et tout son univers créatif, que par la démarche du réalisateur laissant son principal acteur et son œuvre déambuler librement dans ce film sans les manipuler. Il me tarde de voir le film définitif qui sera projeté à la Strada en septembre. Guy Brunet, dont j'avais vu l'exposition au MIAM de Sète il y a déjà 11 ans, mérite largement cet hommage d'un autre "enfant" talentueux de Decazeville, Lilian Bathelot.

guy brunet,decazeville,viviez,bassin,cinéma





















Article de presse de Joël Born paru dans l'édition aveyronnaise de Midi Libre le 28 avril 2013.

Cliquez dessus pour agrandir

Le même article en ligne en cliquant ici

20/09/2010

Succès du week-end vélo sur le Bassin

thermes2.jpgLa bourse aux vélos d'occasion organisée samedi 18 a connu un petit succès. Il faut dire que c'était une première sur le Bassin. Première qui appellerait sûrement une suite.
Avec un temps magnifique, les 25 à 30 cyclistes qui ont participé à la rando vélo du dimanche 19 ont vu les difficultés à rouler dans le Bassin, mais aussi les formidables opportunités en matière de déplacements à vélo qu'il serait possible de réaliser.
Cette rando vélo était jumelée avec les Journées du Patrimoine. Au vu des avis des participants, la découverte du Bassin à vélo pourrait faire l'objet d'une offre touristique intéressante.
Cette randonnée a aussi été l'occasion pour de nombreuses personnes de tester les vélos à assistance électrique prêtés gracieusement par divers marchands de cycles.
Vous pouvez voir quelques images de cette animations en feuilletant l'album photo
Ci-dessous, un petit film souvenir de ces deux jours d'animation autour du vélo
Cette animation était le moment choisi pour faire la présentation du "Schéma modes doux" du Bassin. Vous pouvez ci-dessous télécharger le document réalisé à cette occasion (1,3 Mo et 1,7 MO).