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11/09/2009

Taxe carbone : une occasion ratée

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« J’ai observé la sombre réalité du changement du climat de mes propres yeux… L’Arctique se réchauffe plus rapidement que n’importe quel autre endroit sur Terre… Nous avons le pied sur l’accélérateur et nous nous dirigeons vers un abîme » . Ce n’est pas un dangereux écologiste qui a dit cela il y a quelques jours, mais le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon.

 

A 100 jours du sommet de Copenhague, Nicolas Sarkozy avait les moyens de montrer aux yeux du monde la volonté de la France de s’engager dans un processus responsable de baisse des émissions de gaz à effet de serre. Raté !

Ce qui aurait pu constituer le début d’une fiscalité écologique juste est devenu un brouet indigeste qui ne conviendra à personne, si ce n’est à ces amis les riches.

 

Pourquoi ?

-       Parce que le coût de la tonne de CO2 à 17 euros n’incitera pas à changer ses comportements.

-       Ensuite parce que l’assiette de la contribution climat énergie n’est pas assez large car elle exclut l’électricité, également émettrice de CO2 notamment en hiver pour le chauffage.

-       Parce qu’elle est injuste puisqu’elle va toucher uniformément tout le monde sans prendre en compte les revenus de chacun et qu’elle va être compensé à tout le monde, y compris aux plus riches.

-       Parce que rien n’est prévu pour aider les plus pauvres à s’équiper pour économiser l’énergie et pour changer leurs modes de chauffage ou de déplacement.

-       Parce que rien n’est prévu pour aider les collectivités à mettre en place des transports collectifs efficaces en ville comme en zone rurale (bus, TAD, covoiturage, circulations douces…)

-       Parce qu’elle n’est pas claire pour la contribution de certaines professions fortement carbonées comme l’agriculture et les transports

-       Parce qu’il y a un flou sur la progressivité de cette contribution dans les années futures.

 

Nous avons eu droit à un discours grandiloquent de Nicolas Sarkozy avec des indignations feintes mais aussi beaucoup d’inexactitudes, pour un résultat qui est loin des efforts qu’il nous faudrait réaliser si nous voulons réellement assurer un avenir serein à nos enfants et nos petits-enfants.

Le fait que cette annonce ait eu lieu chez un fabricant de pompes à chaleur, qui n’est en fait que du chauffage électrique amélioré, en dit long sur la volonté de Sarkozy de favoriser l’industrie nucléaire, toute comme sa volonté de favoriser, comme certains malheureusement à gauche, la voiture électrique, véritable piège financier et écologique.

Enfin, n’oublions pas que la capacité à polluer et à produire des gaz à effet de serre est  proportionnelle aux moyens financiers dont nous disposons chacun et que donc, les plus gros pollueurs sont en général les plus riches. Il suffit pour s’en convaincre de lire le livre d’Hervé Kempf qui sera le 2 octobre à Sébazac à l’invitation d’Attac 12 : « Comment les riches détruisent la planète ». J ‘en conclus que la meilleure taxe carbone serait sans aucun doute une forte augmentation des tranches supérieures de l’impôt sur le revenu ainsi que de l'ISF. Sauf que là aussi, avec le bouclier fiscal et les niches fiscales, Sarkozy a choisi de faire le contraire.

 

Des avis sur cette taxe carbone :

 

Libération : Taxe carbone:«révolution des comportements» ou «rendez-vous raté»?

Yves Cochet : Taxe carbone : la trahison d’une bonne idée

Dominique VoynetTout cela ressemble à de l'écologie, mais ça n'est que du spectacle

Les eurodéputés Europe ÉcologieTaxe carbone : la fiscalité écologique fait pschitt !

Photo : jlc

03/09/2009

Petite mise au point sur la Contribution Climat Energie

Autant je veux bien soutenir Martine Perez dans sa quête à l’abandon des financements régionaux pour le doublement de la RN 88 (voir note précédente), autant, lorsqu’elle aborde avec André Perez la problématique de la Contribution Climat énergie, je suis en total désaccord, sur le fond et sur la forme.

Je dois dire que le ton du billet d’André Perez dans la presse le 19 août dernier (voir en bas de note) assimilant Cohn-Bendit à Sarkozy m’a passablement irrité, tout comme m’a  également irrité la démagogie de Ségolène Royal, grande défenseuse de la voiture nucléaire, sur ce sujet.

 

Comme réponse, en appelant M. Perez à plus de modération, je vais juste reproduire ici le texte de Cécile Duflot et de Jean-Paul Besset paru dans La Tribune d’aujourd’hui.

 

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Taxe carbone : ce que nous dirons au président de la république

La Tribune.fr - 02/09/2009 | 23:46

Nicolas Sarkozy doit rendre les derniers arbitrages sur la création de la taxe carbone d'ici ce week-end. Cécile Duflot, secrétaire nationale des Verts, et Jean-Paul Besset, député européen, qui seront reçus aujourd'hui à l'Elysée, réitèrent leur demande d'une restitution intégrale de la taxe sous forme de "chèques verts", en prenant en compte les disparités de revenus et de transports, d'éloignements domicile-travail.

 

Le dérèglement climatique n'est pas une menace lointaine. Dès aujourd'hui, à coups de sécheresses, inondations, tempêtes, incendies, il frappe des millions de personnes, pour la plupart les plus fragiles. En cause : nos consommations d'énergie, émettrices de gaz à effet de serre (GES). Voilà pourquoi l'instauration d'une contribution climat-énergie est nécessaire en France, en Europe et à l'échelle de la planète. La fiscalité peut être un outil puissant de réorientation écologique de l'économie ; la contribution climat-énergie - ou "taxe carbone" - en est l'un des éléments fondamentaux. Pour être socialement juste et écologiquement efficace, elle doit remplir plusieurs conditions.

D'abord, son taux doit être élevé et sa hausse progressive annoncée, pour inciter les ménages et les entreprises à adopter progressivement des modes de production et de consommation plus économes en énergie. Le rapport Rocard avait retenu 32 euros par tonne de CO2 en 2010, pour parvenir à 100 euros en 2030. Ce chiffre de 32 euros était déjà le fruit d'un compromis mais le gouvernement propose aujourd'hui d'abaisser ce prix à 15 euros la tonne. A ce niveau, la contribution perd toute efficacité : elle alourdit la facture des plus modestes sans dissuader les comportements les plus énergivores de ceux qui en ont les moyens.

En outre, même si le produit de la taxe est intégralement reversé - et reste à savoir sous quelles forme -, le volume à redistribuer sera moins important. Pour que la taxe carbone soit - aussi - un instrument de justice fiscale, son montant doit être élevé : on collecte davantage, donc on peut redistribuer davantage à ceux qui en ont le plus besoin.

Ensuite, la contribution climat-énergie doit porter sur l'ensemble des gaz à effet de serre (GES), et pas seulement sur le CO2. Il s'agit de prendre en compte notamment le méthane (18% des émissions de GES) ou le protoxyde d'azote (9% des émissions). L'agriculture et l'élevage, particulièrement concernés, doivent être partie prenante dans la lutte contre le changement climatique. De même, l'industrie ne doit pas échapper à la taxe tant qu'elle bénéficie d'un système de quotas gratuits : le principe du pollueur-payeur, qui seul permet d'encourager les changements, doit s'appliquer intégralement.

Il est par ailleurs crucial d'intégrer les consommations d'électricité dans l'assiette de la contribution. Une taxe strictement assise sur les rejets de carbone risquerait de reporter mécaniquement les consommations vers l'électricité, au risque d'augmenter encore la production d'électricité à base de charbon ou le recours au chauffage électrique, aberration énergétique et trappe à endettement pour les ménages modestes vivant dans des logements mal isolés.

Enfin, il est indispensable que le produit de la collecte soit orienté vers la lutte contre le dérèglement climatique. La contribution climat-énergie ne peut pas être le moyen de remplir des caisses de l'Etat vidées par le bouclier fiscal et les politiques de relance à l'aveugle. Le produit de la contribution climat-énergie doit donc être intégralement reversé sous forme de "chèques verts", en prenant en compte les disparités de revenus, d'infrastructures de transport, d'éloignement domicile-travail... Il ne s'agit pas, pour nous, de "plus d'impôts", et encore moins sur les plus fragiles, mais de "mieux d'impôt", afin de changer à la fois nos modes de vie et de redistribuer du pouvoir d'achat à celles et ceux pour lesquels la situation est aujourd'hui la plus difficile, et qui sera plus difficile encore si l'on ne fait rien.

La contribution climat-énergie n'est bien sûr pas une solution miracle. Elle n'est qu'un des éléments d'une politique globale de lutte contre le changement climatique, qui suppose d'autres choix que ceux portés par l'actuelle majorité. Mais face à la menace climatique, nous préférons les pas en avant aux plus belles des promesses. Il est trop tard pour esquiver nos responsabilités, trop tard pour reporter une fois encore les décisions douloureuses sur celles et ceux qui viendront après nous. Il faut des actes, maintenant.

Cécile Duflot et Jean-Paul Besset

 

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MILLAU - Édition du mercredi 19 août 2009


« Même peinte en vert, la taxe carbone est une escroquerie »

« L'avenir de la planète est une chose trop sérieuse pour le laisser dans les mains du gouvernement Sarkozy et de ses VRP issus de la fausse gauche, Michel Rocard et Daniel Cohn Bendit. On aurait pu penser que pour lutter contre l'effet de serre et le réchauffement climatique, une mobilisation de moyens humains et financiers serait décrétée, par exemple pour rééquilibrer les moyens de transports en développant le ferroutage, pour exiger des industriels de l'automobile que l'argent octroyé récemment par Sarkozy soit utilisé dans la recherche pour une voiture propre non polluante ! Des moyens pour développer la recherche en direction d'une agriculture respectueuse de l'environnement, pour une autre gestion des déchets. Des moyens pour imposer aux entreprises polluantes des normes contraignantes en matière environnementale.

« Au lieu de cela, monsieur Rocard qui avait déjà créé l'injuste CSG, invente la taxe carbone, qui n'est rien d'autre qu'un vol manifeste destiné à compenser la suppression de la taxe professionnelle, les cadeaux fiscaux aux financiers et aux banquiers, en utilisant comme prétexte, l'urgence d'agir pour la préservation de la planète.

« En clair, cette taxe carbone coûtera 300 euros par an de plus par famille pour le seul chauffage, 8 centimes d'augmentation sur le litre de gasoil, 15 % d'augmentation sur la facture de gaz ! (...) Une nouvelle fois, Michel Rocard joue les Robin des bois à l'envers. Il vole dans la poche des travailleurs, des retraités ou des chômeurs pour donner aux nantis. Et comme si cela ne suffisait pas, Cohn Bendit exige de Sarkozy, qu'il tienne bon et ne recule pas. C'est tout simplement honteux.

A l'opposé de cette nouvelle escroquerie qui éloignera le peuple de l'écologie, le PCF préconise un vrai débat sur les moyens de changer les modes et les rapports de production, afin d'harmoniser progrès social, progrès démocratique et progrès écologique. »

 

André PEREZ, section de Millau du PCF

Le Parti Communiste contre le doublement de la RN 88 ?

martine-soutient-le-rail-e.jpgBonne nouvelle. Nous ne serions donc plus les seuls à demander l’abandon du financement du doublement de la RN 88 par le Conseil Régional.

Martine Perez, conseillère régionale de la Région Midi-Pyrénées annonce ce matin dans la presse (voir en bas de note) qu'elle va proposer au président du conseil régional de surseoir à la participation de la région au financement de la mise en 2X2 voies de la RN88, tant que l'Etat n'assurera pas la pérennité de la ligne SNCF Beziers-Neussargues et n'engagera pas les travaux nécessaires à sa modernisation et à la maintenance des voies.

Bien sûr que nous soutenons cette initiative.

L’abandon de la ligne SNCF Beziers-Neussargues est catastrophique pour le transport des voyageurs et des marchandises. Nous étions d’ailleurs le 18 juillet dernier avec José Bové à la gare de Millau pour soutenir le maintien et l’amélioration de cette ligne.

Malheureusement, il ne s’agit pas pour le PC, d’une demande d’abandon définitif du financement du doublement de la RN 88 comme nous le demandons.

Le PC continue de soutenir et le rail et la route. Ce qui revient, compte tenue des investissements énormes sur les infrastructures routières et sur l’abandon du rail ces trente dernières années, à donner encore l’avantage aux transports routiers des personnes et des marchandises.

Non ! Il faut réaménager la RN 88 pour la tranquillité et la sécurité des riverains, pas pour augmenter le flux des véhicules. Seuls les financements de l’Etat (140 M€) destinés initialement au doublement doivent servir à ces aménagements.

Mais il faut des investissements massifs vers le rail si nous voulons avoir un report modal de la route vers le rail des passagers et des marchandises et lutter efficacement contre le réchauffement climatique.

 

J’avais dénoncé dans des précédentes notes l’abandon du transport des marchandises par la SNCF, premier transporteur routier avec Geodis, et notamment en premier lieu celui des « wagons isolés ». le problème se pose en Aveyron pour certaines entreprises, notamment pour Umicore à Viviez.

La commission « Transports, déplacements » des Verts avait travaillé lors des dernières Journées d’Eté de Nîmes sur la problématique du fret ferroviaire en recevant notamment Pierre Blayau, directeur général Fret et Logistique à la SNCF et Roland Le Bris, économiste, spécialiste du fret ferroviaire.

La Commission a rendu un avis qui a fait l’objet hier d’un communiqué de presse des Verts.

 

Communiqué de presse des Verts du 2 septembre 2009

Les Verts s'opposent à l'abandon du trafic ferroviaire de "wagons isolés"

fretcapdenac.jpgDans un contexte de baisse sensible du trafic de marchandises, la SNCF s'apprête à annoncer l'abandon d'une bonne partie du transport de wagons dits isolés, accusés de coûter plus à la SNCF qu'ils ne lui rapportent.

Le manque à gagner lié à ces transports serait, pour l'entreprise publique, d'environ 400 M€ par an, quand plusieurs dizaines de milliards sont dépensées annuellement par elle-même, par Réseau Ferré de France, par l'Etat et par les collectivités territoriales pour les infrastructures et le transport de voyageurs.

Cette annonce, qui mettrait 150 000 camions supplémentaires par an sur les routes françaises (dont ceux de Géodis, groupe SNCF), intervient quelques années après la réalisation de nouveaux raccordements d'industriels au réseau ferroviaire et la rénovation de nombreuses gares pour le bois notamment. Elle contredit surtout la nécessité de réduire le trafic de camions, source de nombreux accidents graves quotidiennement, et de diviser par 4 nos émissions de gaz à effet de serre.

La SNCF annonce être opposée à la généralisation de l'augmentation du gabarit des camions. Elle se dit favorable à une redevance poids lourds, au développement des autoroutes ferroviaires, des TGV fret et des opérateurs ferroviaires de proximité (OFP). Pourtant toutes ces alternatives, si elles voient le jour, ne se substitueront que très partiellement au transport des wagons isolés. Les entreprises n'auront d'autre choix, d'ici là, que de se tourner vers la route.

Comme les associations de protection de l'environnement, les Verts considèrent que les calculs économiques sur lesquels s'appuie l'analyse de la SNCF (coût de la tonne de CO2 économisée ...) ne prennent pas en compte la taxe poids lourds, une autre répartition possible des péages ferroviaires, les autres polluants et les risques pour le santé et la sécurité liés à l'augmentation du trafic de camions.

Les Verts appellent l'Etat, avec la SNCF, à travailler avec les collectivités territoriales et les industriels, à la relance du fret ferroviaire et à la mise en place, dans les 5 ans, des opérateurs ferroviaires de proximité (OFP) et à assumer ses obligations de service public en matière de fret ferroviaire.

Les Verts demandent à l'Etat, propriétaire du réseau ferré, d'améliorer considérablement le rapport qualité / prix des sillons ferroviaires (1) et à amplifier la politique de rénovation de l'infrastructure afin d'améliorer le volume et la qualité de l'offre de transport. La concrétisation des dispositions du Grenelle de l'environnement doit passer obligatoirement par un report modal de la route vers le rail.

Les Verts

(1) Sillon ferroviaire : capacité d'infrastructure requise pour faire circuler un train donné entre deux points d'un réseau ferré pendant une période de temps donnée. Il existe des sillons-catalogue, des sillons sur mesure, des sillons spot. 

 

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SNCF - M. Pérez : « La Région doit entrer en résistance »

« Une étude orientée selon les souhaits du gouvernement, dite " Transports, communications, déplacements pour le Massif Central ", conclut à la nécessité de fermer notre ligne SNCF. Ce sont plus de 300 000 voyageurs par an qui sont concernés et qui utiliseront la route. Ce sont des centaines de camions supplémentaires sur nos routes, mais aussi 150 emplois supprimés entre Saint-Chély et Millau.

Une telle décision est bien sûr en contradiction totale avec le Grenelle de l'Environnement, dont on mesure à sa juste valeur le degré d'honnêteté et de sincérité. Elle est à mettre en parallèle avec l'arnaque de la "taxe carbone", nouvelle trouvaille de l'ancien premier Ministre socialiste Michel Rocard. Le comité pluraliste qui, depuis 1995, lutte avec acharnement pour le maintien et le développement de cette ligne, a sollicité les élus afin qu'ils s'engagent à défendre la ligne. Ayant été de tous les combats, je n'ai aucune difficulté à répondre présente. C'est pourquoi, je souhaite que le soutien des élus ne soit pas un soutien de façade, mais qu'il repose, au contraire, sur des actes et des engagements concrets.

Précisément, la région Midi-pyrénées, présidée par Martin Malvy, a beaucoup fait en faveur du rail et du développement des transports régionaux par voie ferrée.

Elle a aujourd'hui l'occasion de s'affirmer comme un pôle de résistance efficace à la politique de casse de Sarkozy. Je vais donc proposer au président du conseil régional de surseoir à la participation de la région au financement de la mise en 2X2 voies de la RN88, tant que l'Etat n'assurera pas la pérennité de notre ligne SNCF et n'engagera pas les travaux nécessaires à sa modernisation et à la maintenance des voies. Je propose que, dans la foulée, nous sollicitions le soutien de tous les élus concernés aussi bien par la ligne que par la RN88 en leur demandant d'avoir la même démarche dans leurs collectivités. »

Martine PÉREZ, conseillère régionale PCF

11/08/2009

Visitez l’Aveyron, ses camions, sa pollution

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En lisant le compte-rendu de la dernière commission permanente du Conseil Général de l’Aveyron dans la presse locale, je me suis demandé si je ne rêvais pas.

Le Conseil général a décidé le 27 juillet dernier d’octroyer 100 000 euros à l'Association Transports Routiers Aveyron Services pour une « campagne de promotion du département à afficher sur des poids-lourds ».

Oui, vous avez bien lu, l’Aveyron, département que l’on veut vert et encore protégé de toute pollution, va faire sa promotion sur des camions, responsables dans une part importante du réchauffement climatique, de la pollution de notre planète et de milliers d’accidents mortels.

Apparemment, les élus et les stratèges de la communication départementale n’ont vu aucune incompatibilité à la promotion d’un Aveyron « Terre de sensations et pays d’exception aux grandes régions naturelles » (comme écrit dans les dépliants touristiques du CDT), sur des camions pétaradants et polluants dans toute l’Europe.

Cela démontre une fois de plus la schizophrénie et l’obsession maladive pour le goudron et le béton de nos conseillers généraux, qui va jusqu’à financer des routes dont ils n’ont pas la compétence.

Car ne nous y trompons pas, au-delà de la promotion de l’Aveyron, cette subvention constitue une aide déguisée au transport de marchandises par la route et vise donc aussi à promotionner le doublement de la RN 88 et son financement par le département

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Heureusement, il y a des départements qui, par des mesures sociales et écologiques efficaces, préfèrent avant tout contribuer à aider en priorité leurs concitoyens et à soutenir l'économie locale.

Il y a ceux qui ont mis en place des transports interurbains nombreux et peu chers afin de faciliter leurs déplacements.

Il y a les départements qui ont basé leur politique de déplacements et leur politique touristique sur les déplacements et le tourisme doux en aménageant des véloroutes et voies vertes et des sentiers de randonnée.

Et il y a aussi les départements qui aident les particuliers à améliorer les performances énergétiques et environnementales de leurs logements, avec un objectif de réduction des gaz à effet de serre. C’est le cas du Lot-et-Garonne qui a décidé dans sa commission permanente de 24 juillet dernier d’attribuer des subventions aux particuliers pour des travaux touchant le chauffage et l’eau chaude sanitaire (bois, pompe à chaleur, production d'eau chaude sanitaire solaire avec des capteurs intégrés en toiture…), mais aussi pour l'isolation thermique et la ventilation des habitations.

Bravo à toutes ces initiatives.

L’Aveyron est à l’inverse de ces départements, préfère utiliser une grande partie de son budget pour des projets polluants et onéreux, favorisant encore la « vieille économie », celle qui nous a conduit dans la grave crise économique, sociale et écologique que nous connaissons.

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La semaine passée a été marquée en Loire-Atlantique, par des manifestations pour s’opposer à la construction d’un nouvel aéroport à Notre-Dame-des-Landes. L’UMP et PS, main dans la main, soutiennent ce projet.

Promotion d’un mode de transport fortement producteur de gaz à effet de serre, destruction de terres agricoles, artificialisation des sols, bruit, étalement urbain, coût sous-estimé… tout est néfaste dans ce projet.

Les alternatives à ce projet ne manquent pas comme la construction d’une piste perpendiculaire à la piste existante sur l’ancien aéroport. Mais les élus locaux (droite et gauche confondus, sauf les Verts) et la Chambre locale de Commerce et d’Industrie veulent à tout prix la construction d’un nouvel aéroport.

rn88-borne.jpgOn retrouve la même coalition pour défendre le doublement de la RN 88 en Aveyron : élus locaux de droite et de gauche associés à la très libérale Chambre de Commerce et d’Industrie, dirigé par le très libéral patron « OGM » de la RAGT, ainsi que le Conseil Economique et Social de Midi-Pyrénées mené par le très libéral et anti-écolo Jean-Louis Chauzy. Si l’on rajoute le soutien de certains titres de la presse locale qui ne manquent pas une courbette pour le président du Conseil Régional Martin Malvy, lui aussi grand défenseur de ce projet, vous avez le même panorama qu’à Notre-Dame-des-Landes et dans beaucoup de projets de routes, d’autoroutes, de rocades, d’aéroports, actuellement lancés en France : ces projets sont soutenus seulement par une poignée d’élus de l’UMP et du PS, de notables et de lobbies favorables à cette économie ultralibérale (BTP, transporteurs routiers et aériens, CCI, Medef…), la population étant pour une grand part indifférente quant elle n’est pas franchement hostile.

On atteint là les limites de la démocratie et on peut vraiment dire que le « Grenelle de l’Environnement » est mort-né car ce ne sont pas quelques petites mesurettes qui vont contrecarrer tous ces projets polluants et la logique libérale et productiviste qui les porte.

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La manière dont réagit le PS face à ces dossiers touchant des infrastructures de transports devient même pathétique. Prenons le cas de la LGV Sud-Europe-Atlantique. Dans un courrier adressé à François Fillon, Ségolène Royal s’insurge contre le gouvernement qui veut obliger les Régions à cofinancer la future LGV SEA. Elle parle fort justement de «chantage immoral» et d’«irresponsabilité». Tout ça pour finir par dire qu’elle participera tout de même à son financement,  tout comme les autres Régions concernées et détenues pourtant par la gauche. Il serait si simple que ces présidents de Régions de gauche disent au gouvernement qu’il n’y aura pas un seul centime des Régions pour la LGV, qui relève de la seule compétence de l’Etat. Certes, c’est peut-être reculer la construction de cette ligne, mais cela aurait le mérite d’être clair et cohérent.

La seule question que doivent se poser les présidents de régions sur ce projet est : la priorité des investissements régionaux en matière de déplacements de nos concitoyens doit-elle être dans la construction de la LGV ? L’urgence n’est-elle pas dans la restructuration des réseaux ferrés régionaux  et des dessertes locales en train et en bus : réaménagement des voies, multiplication des lignes, achat de rames supplémentaires, amélioration des horaires et des temps de trajets, embauche de personnel… ? C’est d’ailleurs ce que commence à faire la Région Midi-Pyrénées avec le Plan Rail lancé dernièrement pour restructurer le réseau ferré. Mais les efforts dans ce sens seront malheureusement anéantis par les aides en parallèle à la route.

Le véritable progrès pour un habitant de l’Aveyron serait de pouvoir aller en train de Rodez, de Capdenac ou de Millau à Toulouse en 1 h ½ voire en 1 h ¼ et sûrement moins de pouvoir aller à Paris en 4 ou 5 h. Nos échanges avec la capitale régionale sont tout de même bien plus nombreux que nos échanges avec Paris.

Le progrès serait aussi de voir toutes les marchandises voyager par rail dans la traversée est-ouest de l’Aveyron de Tanus à Séverac et dans le sens nord-sud, par la ligne Beziers-Neussagues que certains voudraient condamner.

Voilà quelques idées qui seront sûrement d’actualité dans les prochains mois, notamment à l’occasion des prochaines élections régionales

27/07/2009

A vélo sur nos routes

cyclo-livinhac.jpg

Les cyclos-randonneurs sont de plus en plus nombreux dans la vallée du Lot. Cyclistes isolés ou en groupe, ils traversent les villages et s’aventurent même à Decazeville où ils étaient une dizaine la semaine dernière à faire une pause sous les platanes du monument aux morts.

L’aménagement pour les cyclistes de la Vallée du Lot devient une réalité dans le Lot-et-Garonne qui était déjà précurseur en aménageant la véloroute sur 80 kilomètres. Il semblerait que le département du Lot ait la volonté de faire de même. Seul, l’Aveyron n’a toujours pas compris l’intérêt de s’engager fortement vers ce tourisme durable mais aussi lucratif, les cyclo-randonneurs consommant sur leur trajet pour se nourrir et se loger. C’est le même tourisme que celui du GR 65 dont nous connaissons maintenant bien toutes les retombées.

Vélo couché Lot Penchot.web.jpg

Des circuits commencent à se développer tel cette randonnée cyclable de 5 jours / 4 nuits, d'hôtel en hôtel, en 1/2 pension à partir de Villefranche-de-Rouergue et passant par Capdenac et Cajarc.

Mais la cinquantaine de cyclo-randonneurs traversant notre territoire tous les jours le font sur des circuits beaucoup plus longs, d’Aiguillon à Mende et même parfois beaucoup plus

L’aménagement de la véloroute de la Vallée du Lot doit maintenant être une priorité, tant pour les cyclos-randonneurs que pour les touristes et les habitants de nos villes et villages pour leurs déplacements quotidiens et de loisirs.

Sur les photos, un groupe de cyclos-randonneurs traversant Livinhac et un cyclo-randonneur sur un vélo couché sur la RD 627 longeant le Lot entre Livinhac et Penchot (cliquez sur les photos pour les agrandir).

 

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La route départementale 21 dans la « Côte de Montredon » entre Livinhac et le croisement de Bagnac va-t-elle être transformée en voie ferrée ? C’est ce que l’on pourrait croire en regardant les bas-côtés jonchés de pierres de ballast venant de la carrière de Bagnac.

 

Non. Ce ne sont que des pierres tombant des 4 000 camions qui sont en train de faire la navette entre la carrière et les travaux de rénovation de la ligne Rodez-Toulouse entre Rodez et Albi (voir note sur ce sujet). 


routedégradée.jpgCette route est d’ailleurs fortement dégradée par le passage  de ces poids lourds, la chaleur faisant fondre le goudron n’arrangeant rien.

Les cyclistes sont là aussi les premiers en danger. Certes des panneaux annoncent la « projection de gravillons », mais les gravillons qu’ils risquent de trouver font environ 7 centimètres d’arête et pèsent 250 grammes. Des gravillons de gros calibre !

21/06/2009

Vous avez dit écologie ?

Que devient le Grenelle de l’Environnement ?

Ce qui était au départ une expérience intéressante et avait permis à de nombreuses structures de notre société de se parler, fini malheureusement bien mal.

La loi de programmation Grenelle 1, en discussion depuis deux ans maintenant, a été voté mardi dernier à l’Assemblée nationale après avoir été pratiquement vidé de son contenu.

Lire le communiqué des Verts.

On continue comme avant. Voilà qui ne présage rien de bon pour le Grenelle 2, qui sera en fait l’application du Grenelle 1 et qui devrait voir le jour on ne sait pas quant. Il y a des lois qui sont plus urgentes pour la droite.

 

Question écologie, un autre fait est pratiquement passé inaperçu avant les élections européennes et il en dit long sur la conscience écologique de nos députés.

Le 2 juin dernier, les députés ont eu à se prononcer sur une proposition de loi portant sur la transformation écologique de l'économie présentée par les 4 députés Verts.

Cette proposition de loi n’avait rien d’excessif. Elle correspondait exactement à la réponse que doivent donner nos gouvernants s’ils veulent réellement assurer un avenir à notre planète et aux générations futures.

Le premier Titre proposait la création d’une contribution climat-énergie qui inciterait les particuliers et les entreprises à se tourner vers les économies d’énergie, l’efficacité énergétique et vers les énergies propres et renouvelables.

Le deuxième Titre portait sur un changement profond de priorités dans le secteur des transports en réorientant profondément ce secteur en réduisant les investissements publics pour la route, en développant le secteur des transports en commun et en continuant à réorienter les choix de consommateurs en faveur des véhicules individuels économes et peu polluants.

Le troisième Titre portait sur la réduction des consommations d’énergie dans les bâtiments à usage de bureaux, de commerce ou de logements ainsi que sur le développement des énergies renouvelables.

Le quatrième Titre visait à développer des outils concrets facilitant la conversion écologique de l’économie dans le domaine plus spécifique de l’industrie automobile et à développer l’économie sociale et solidaire, nouveau type d’économie ancrée dans les territoires et permettant la participation directe des salariés à la vie des entreprises.

 

Qu’avait donc de si révolutionnaire cette proposition de loi ? Si elle allait certes beaucoup plus loin que le Grenelle 1, et c’était facile, elle était surtout beaucoup plus concrète et efficace et pour beaucoup de députés de droite comme de gauche, elle remettait en cause leur soutien historique à de nombreux lobbies : autoroutier et routier, BTP, industries pétrolière, nucléaire, automobile

 

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Résultat du vote : les députés Verts ont été les seuls à voter pour cette proposition de loi et François de Rugy a souhaité réagir sur ce vote qui révèle bien que la conversion écologique des autres partis est loin d'être une réalité !

« Sur la proposition de loi de « transformation écologique de l'économie » présentée par les députés Verts, l'UMP et le Nouveau Centre ont voté contre, rejoints en cela par plusieurs députés de gauche : Maxime Gremetz du Parti Communiste, Christian Bataille, Jean-Michel Boucheron, Pierre Moscovici et Plilippe Plisson du Parti Socialiste.

Plus étonnante est l'abstention de l'ensemble du groupe socialiste qui a pourtant salué l'intérêt d'un grand nombre de propositions. L'explication du vote socialiste est pour ainsi dire la même que celle du groupe UMP : le temps n'est pas encore venu de prendre des décisions ou de faire des choix clairs, notamment tout ce qui pourrait empêcher la construction des autoroutes et des aéroports ou la poursuite des subventions publiques à la filière électro-nucléaire.

Par leur vote, les députés de l'UMP, du Nouveau Centre, du PS et du PC ont clairement décidé d'en rester aux vaines paroles pour tout ce qui touche à l'écologie.

Ainsi, pour la proposition de loi de transformation écologique de l’économie dont je suis le rapporteur, les ministres concernés n’étaient même pas présents lors de la discussion générale ; le groupe UMP n’a pas utilisé la totalité de son temps de parole et il n’a déposé aucun amendement, »


Voilà qui me semble extrêmement grave. Alors que la population entend maintenant le message des écologistes, le résultat des élections européennes le montre, nos députés, droite et gauche confondus, continuent à soutenir les lobbies les plus polluants.

Téléchargez en cliquant ici, la proposition de loi en pdf.

20/06/2009

Moins de fret par le rail, c’est plus de camions sur les routes !

camions balast.jpg

Je soulignais dans une précédente note l’aberration de transporter les pierres pour le ballast de la rénovation de la voie ferrée entre Rodez et Albi par la route.

Alors que la carrière de Bagnac dans le Lot, d’où proviennent ces pierres, est équipée d’une voie ferrée rénovée jusqu’à Figeac, On va envoyer sur la route plus de 4 000 camions. Le bilan environnemental de cette opération est catastrophique, sans parler de la dégradation rapide des routes, des risques accrus d’accidents…

Que la SNCF, qui devrait montrer l’exemple, se comporte de telle sorte en dit long sur le désir de développer le fret ferroviaire en France. Le plan « Haut débit ferroviaire » a bien prévu des « autoroutes ferroviaires » mais a complètement oublié les « nationales et départementales » ferroviaires pourtant fort utiles et même indispensables pour nos territoires.

La plateforme de fret de Viviez va fermer et des dizaines de milliers de tonnes de marchandises, notamment de l’usine Umicore , vont partir par la route. Quelle bétise !

 

C’est sûrement pour favoriser cette politique absurde et dangereuse que les politiques aveyronnais, au lieu de favoriser le fret ferroviaire ou des transports interurbains peu chers et nombreux, se battent pour un doublement de la RN 88.

Dernière entourloupe sur ce dossier, l’Etat, à qui revient normalement la totalité du financement de cette route, veut que le département de l’Aveyron et la région Midi-Pyrénées  avancent, en plus de leurs quotes-parts, les 140 millions qu’il doit payer, sans préciser les modalités de remboursement de cette somme. Lorsque l’on voit le déficit abyssal de l’Etat, on peut conclure que ces collectivités ne seront jamais remboursées et la totalité des travaux pour cette route nationale serait alors payée par des collectivités qui n’avaient pas à la financer.

 

Mais, comme je l’ai précisé dans une précédente note, le financement des routes nationales par les départements fait réagir l’Assemblée des Départements de France présidée par le socialiste Claudy Lebreton qui, dans un communiqué du 9 juin, se déclare défavorable au financement des routes nationales par les départements. Le département de l’Aveyron, lui, continue droit dans ses bottes à vouloir faire financer une route nationale par les contribuables aveyronnais. Les élus de gauche n’y voient pas d’inconvénients.

Il en est de même à la Région Midi-Pyrénées.

 

J’ai reçu confirmation de Pierre Pommarel, président du groupe Vert au Conseil Régional d’Auvergne, que la RN 88 ne recevrait aucun financement de leur région dont le président, René Souchon, est socialiste comme Martin Malvy. Comme quoi, lorsqu’il y a des conseillers régionaux Verts dans une région, l’environnement est mieux pris en compte. A méditer.


podcast

15/06/2009

L’ADF opposée au financement des routes nationales par les départements

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Dans un communiqué paru le 9 juin dernier et repris par le Courrier des Maires, l’ADF (Assemblée des Départements de France) s’étonne de voir le gouvernement demander aux préfets de contacter les élus locaux pour cofinancer le réseau routier national alors que la réforme de l’organisation territoriale prévoit la fin des financements croisés.

Ce qui me semblait tout à fait normal.

Mais de voir l’ADF, dont le président est le socialiste Claudy Lebreton, président du Conseil Général des Côtes d’Armor, l’écrire noir sur blanc me rassure.

Les élus de droite et de gauche du Conseil Général de l’Aveyron n’ont apparemment pas le même état d’âme, puisqu’ils demandent aux contribuables aveyronnais de participer au financement du doublement d’une route nationale de la compétence de l’Etat, la RN 88.

Les élus socialistes de l’Aveyron vont-ils désavouer le président socialiste de l’ADF en votant pour la participation du Conseil Général de l'Aveyron au financement de la RN 88 ?

Les arguments de l’ADF rejoignent en partie ceux que les Verts Aveyron avaient soutenus récemment dans un communiqué et que j’avais développés dans une précédente note.

L’ADF demande instamment au gouvernement, à un moment ou les conseils généraux sont dans une situation financière très tendue, d’assumer totalement ses responsabilités juridiques et financières sans faire appel aux financements des départements.

Et je rajouterais : des régions aussi.

 

01/06/2009

Pas un centime de la Région et du Département pour la RN 88 en Aveyron

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Ca y est ! On y est arrivé ! Les cris de joie poussés par les grands élus et notables locaux à l’annonce de l’entente entre la Région Midi-Pyrénées et l’Etat pour le financement du doublement de la RN 88, devraient tous nous réjouir.

He bien non ! Au contraire.

 

Qu’il y a-t-il de réjouissant à voir que les contribuables Aveyronnais sont condamnés dans ce dossier à la triple peine : en tant que contribuables nationaux, régionaux et départementaux.

He bien oui ! Ils vont financer sur trois niveaux pour un projet qui est seulement de la compétence de l’Etat. Oui, une route nationale est de la compétence de l’Etat seul. Merci Mrs Malvy et Luche.

 

Qu’il y a-t-il de réjouissant à voir un projet qui va dégrader un peu plus l’environnement de l'Aveyron. Après la balafre verticale de la A 75, c’est une balafre horizontale que nous allons infliger à notre département. Balafre qui partage en deux un même territoire avec des conséquences importantes pour la faune, la flore, les paysages, la qualité de l'air, les sols, l'eau...

Mais, plus globalement, ce projet est extrêmement préjudiciable pour le climat. Comment peut-on encore lancer des projets routiers lorsque l’on connaît maintenant les conséquences désastreuses sur le réchauffement climatique de la consommation accrue de pétrole ? Mais aussi comment peut-on lancer des projets routiers alors que les réserves de pétrole s’amenuisent et que l’on sait  que le prix du baril va subir d’énormes fluctuations à la hausse dans un futur proche ?

 

Il faut en finir avec le mythe du désenclavement routier ! Il y a des grands axes routiers sans développement et du développement sans grands axes routiers ! De nombreuses études le démontrent maintenant. Les grands axes routiers se développement souvent au détriment des territoires voisins proches. Demandez aux habitants du Vigan (30) ce qu’ils pensent de la A75, eux qui ont vu une entreprise de 60 personnes déménager à La Cavalerie ! La dynamique d'un territoire tient souvent à l'esprit d'innovation, d'écoute et de bon sens de ses élus locaux.

 

Bien sûr, il faut des aménagements sur cet axe, d’abord pour la sécurité et la tranquillité des riverains. Pas pour augmenter le flux de véhicules, des poids lourds notamment.

 

Oui, il faut au contraire tout miser sur le rail, tant pour le transport des personnes que pour celui des marchandises. Et le moindre centime mis sur le réseau routier anéanti tous les efforts que l’on peut faire dans ce sens.

Restructurer le transport du fret ferroviaire, c'est d'abord recréer un réseau solide et ensuite réorganiser le transport sur ce réseau en ayant une véritable volonté d'enlever des camions sur les routes. Il faut bien sûr beaucoup plus de motrices et de wagons et du personnel. Le contraire de ce qua fait la SNCF actuellement avec le plan Haut Débit Ferroviaire. Il est par exemple inadmissible que les 100 000 tonnes de ballast nécessaires aux travaux de la voie ferrée entre Rodez et Tessionière venant de Bagnac dans le Lot transitent par la route en passant par la RD 840 et la RN 88.

Pour les passagers, il serait également intéressant que la Région augmente le nombre de trajets des TER Rodez-Toulouse et Figeac-Toulouse.

Oui, il faut favoriser les transports interurbains départementaux avec des bus-navettes fréquentes aux heures de pointe comme le font avec succès d’autres départements dont le Tarn, les Pyrénées-Orientales…

 

Oui, pour les trajets plus courts, il faut favoriser les transports collectifs dans les petites villes aveyronnaises et le transport à la demande dans les zones rurales.

rn88-cyclistes.jpg

 

Oui, pour les trajets courts, les loisirs et le tourisme, il faut créer des réseaux de pistes et voies cyclables sécurisés partout, tant en zones urbaines que rurales (il y a aussi des cyclistes sur la RN 88 - Voir la photo ci-contre !), ainsi que des aménagements sécurisés pour les piétons et les personnes à mobilité réduite.

Et surtout, il faut prévoir l’intermodalité de tous ces modes de transport. Il faut par exemple, pouvoir laisser son vélo dans un lieu sécurisé pour prendre le bus ou le train (ou pouvoir l’installer dans le bus ou le train si on ne peut pas faire autrement), planifier les horaires de bus et de trains pour les rendre complémentaires…

L’avenir de notre département et de notre planète est dans ces solutions, pas dans une course effrénée à plus de goudron, de voitures et de camions.

Enfin, si sur ce dossier, l’attitude du Conseil Général a été claire dès le début, et je le déplore, on ne peut que regretter l’attitude de M Malvy.

Après la mise en place du Plan Rail, on pouvait penser que le président du Conseil Régional ne donnerait pas un centime pour les routes, surtout si elles ne sont pas de sa compétence et rentrent en concurrence directe avec le rail.

C’est d’ailleurs ce que fait son collègue président du Conseil Régional d’Auvergne, M René Souchon. Il ne donnera pas un centime pour la RN 88 en Haute-Loire, même pour la déviation du Puy dont le maire est le ministre Laurent Vauquiez.

Il est vrai que la position de M Souchon est fortement appuyée par les élus Verts au Conseil Régional Auvergne qui ont veillé à ce que le Contrat de Projet Etat-Région Auvergne 2007-2013 ne comporte aucun investissement routier dans ce sens.

M Malvy et les élus de gauche au Conseil Général de l’Aveyron et au Conseil Régional Midi-Pyrénées feraient bien de s’inspirer de leurs collègues auvergnats.


La FNAUT (Fédération Nationales des Usagers des Transports) n'est pas en reste pour dénoncer l'incompétence de certains élus en matière de transports.

Dans une récente conférence de presse intitulé : Les défis de la politique des transports : réponses des partis, de l’Etat et des élus, elle dénonce certains exemples particulièrement affligeants dont le soutien de Martin Malvy à la RN 88.

"Les élus locaux continuent à beaucoup dépenser pour les routes et exercent de fortes pressions sur l’Etat pour la poursuite des travaux autoroutiers et aéroportuaires, tout en réclamant plus d’argent à l’Etat pour les transports collectifs.
L'objectif de fond des élus n'est pas de sauvegarder la planète mais de doter leur région d'un maximum d'infrastructures, synonyme à leurs yeux d'implantations d’entreprises nouvelles, donc d'emploi et de succès auprès de leurs électeurs (le lien entre infrastructures et emploi reste d’ailleurs à démontrer). Ils utilisent les arguments qui les arrangent pour y arriver : argument écologique pour les transports publics, arguments sociaux et économiques pour les routes. Leur attitude “attrape tout” ne repose sur aucune vision de la politique des transports : la notion de concurrence entre routes et transports publics n'a pas de sens pour eux. Ils n’ont pas compris que le réseau routier est déjà très dense, que le renforcer est devenu absurde car le trafic routier n’a pas de perspective de croissance à long terme, et qu’il faut aujourd’hui concentrer l’effort financier sur le réseau ferré. Quand on programme et du routier et du rail, l’expérience montre que c’est la route qui l’emporte. Le résultat de cette dispersion des projets et de ce refus de faire des choix est évidemment un saupoudrage inefficace sur les plans écologique et économique, et un gaspillage d’argent public.

Mais le plus irritant est le discours facile des élus territoriaux qui réclament de l’argent à l’Etat pour leurs transports publics tout en faisant pression sur lui pour obtenir ici une rocade, là une autoroute ou une 2*2 voies ou un aéroport qui concurrenceront ces transports publics.

Martin Malvy, président PS de la région Midi-Pyrénées, vient d’en donner un exemple particulièrement affligeant. Après avoir emprunté 500 millions d’euros pour financer la régénération du réseau ferré, ce qui lui a valu un Ticket Vert de la FNAUT, il se plaint du manque de moyens financiers des régions et déplore que l’Etat s’appuie sur elles pour arriver à financer les nouvelles lignes à grande vitesse. Mais il vient de proposer à l’Etat de l’aider à financer la modernisation des routes nationales de sa région et se dit prêt à y mettre une centaine de millions d’euros.
Plus lucide, René Souchon, président PS de la région Auvergne, résiste aux pressions des élus locaux et refuse à l’Etat tout cofinancement des routes nationales et du contournement du Puy.
"

 

Voir d’autres notes sur la RN 88 :

Le goudron n’intéresse pas les Aveyronnais

Quand réaliser une route en deux fois deux voies procède du « développement durable »

Foncer vers le mur en se réjouissant

 

Lire le communiqué des Verts de l'Aveyron :

 

Il ne faut pas un centime de la Région et du Département pour la RN 88 en Aveyron

 

Décidemment, le Grenelle de l’Environnement tourne à la farce, même en Midi-Pyrénées. Farce tragique certes, car elle se fait sur le dos de notre environnement, de notre planète et des générations futures.

Lire la suite

31/03/2009

Et si on changeait tout !

altereco278-032009.jpgC’est le titre du dernier numéro du mensuel Alternatives Economiques.
Et c’est le thème de la conférence qu’animera Guillaume DUVAL, rédacteur en chef de cette revue économique, le jeudi 2 avril à 21 h, salle Henri Agel au cinéma La Strada à Decazeville. Cette conférence sera suivie d’un débat avec la salle.
C’est dans le cadre de la semaine du développement durable que cette conférence est donnée, semaine qui comporte localement de nombreuses animations.

03_26_09_duval.gifGuillaume Duval était l’invité d’Isabelle Giordano le 27 février dernier dans l’émission « Service public » sur France Inter pour parler justement du dernier numéro de son journal.

Quelles sont les causes réelles de ce déséquilibre économique entre nord et sud qui ont conduit à la crise que nous connaissons ?

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La crise, occasion de changer ?

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Le business vert peut-il nous sauver de cette crise ?

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Faut-il créer de nouveaux indicateurs à la place du PIB ?

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Question d'actualité. A la place de ce décret très insufisant qu'est en train de mettre en place François Fillon, faut-il plutôt instaurer un salaire maximum ?

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Voilà qui donne le ton de la conférence de jeudi prochain.
Venez nombreux ! Et c’est gratuit.

27/03/2009

A la découverte de la flore et de la faune sauvages de Decazeville

Alcea_rosea.JPGLa semaine sans pesticides va se terminer, celle du développement durable va débuter.
Le lien entre ces deux thèmes est facile. Surtout avec les animations prévues à Decazeville dans le cadre de cette dernière opération, organisée localement par la ville de Decazeville et la communauté de communes du Bassin Decazeville-Aubin.
Decazeville a choisi de sensibiliser sur la biodiversité, plus précisément sur la vie sauvage dans les milieux urbains.

La vraie nature urbaine se développe ailleurs que dans les jardins publics. Elle est entre les pavés, entre béton et bitume, au pied des murs, autour des arbres d’alignement, dans les friches et les terrains vagues, le long des cours d’eau, des voies ferrées, etc.
Bien que peu spectaculaires, de véritables écosystèmes adaptés à ces conditions extrêmes se développent. La liste des plantes susceptibles de se reproduire et de se diffuser sans intervention humaine en ville est assez impressionnante, et inclut d’ailleurs de nombreuses espèces exotiques bénéficiant du microclimat particulier des villes.
La petite faune sauvage des villes est composée d’oiseaux, assez nombreux, de quelques rares mammifères, batraciens et reptiles, et de très nombreux invertébrés, essentiellement des insectes. Cette petite faune utilise les plantes sauvages et cultivées comme aliment (feuillage, graines, nectar, pollen), pour s’abriter ou comme réservoir de proies potentielles (les insectivores). Plus les endroits où prospèrent et ou se maintiennent des plantes sauvages sont nombreux, mieux la petite faune sauvage des villes vit.

Cymbalaria_muralis.jpgMais à la ville comme à la campagne, cette nature sauvage est en danger. Les plantes les plus communes aujourd’hui seront peut-être rares demain. Un subtil équilibre, où chaque maillon dépend du précédent, est détruit par une pulsion culturelle, le désir d’une nature propre et domestiquée. Il en résulte un environnement aseptisé, pollué, dépourvu de spontanéité, de surprise et tout simplement de vie.

La conférence animée par Boris PRESSEQ à 14 h le 1er avril à la salle N° 6 de la Maison des Sociétés va nous permettre de faire plus amplement connaissance avec cette nature sauvage urbaine et pourquoi nous devons la conserver et la protéger.
Cela nécessitera de nouvelles pratiques d’entretien et d’utilisation de l’espace urbain, tant par les services des espaces verts de la ville que par les particuliers dans leurs espaces privatifs, jardins, terrasses…
Pour protéger la qualité de nos eaux, la survie des espèces et la santé publique, nous devrons veiller à utiliser le moins possible des produits chimiques pour, à terme, les supprimer totalement. Il nous faudra donc parfois accepter à ce que la nature reprenne le dessus.

DSC_0008.JPGAprès la conférence, vers 15 h 45, nous partirons avec Boris PRESSEQ à la découverte de la flore et de la faune sauvage de Decazeville.
Nous irons vers le cinéma La Strada en traversant une friche bordée par une haie où des oiseaux ont élu domicile, pour nous rendre sur les anciens terrains de la Découverte ou une végétation artificielle plantée en 2001 au départ de Charbonnage de France, devient peu à peu naturelle en se mélangeant à d’autres espèces portées au gré des vents. Le retour se fera par Fontvergnes, la rue Emile Nègre où nous longerons le bord du Riou-Mort pour revenir à 17 h 45 devant la Maison des Sociétés.

Une autre animation est prévue à Decazeville dans le cadre de cette semaine du développement durable. Il s’agit d’une bourse d’échange de graines et de semences organisée par l'association Biodiva le samedi 4 avril. J’y reviendrai dans une prochaine note.

equipe.jpgBoris PRESSEQ est botaniste au Muséum d'Histoire Naturelle de Toulouse, responsable des collections de botanique (herbier, carpothèque, xylothèque ).
Il participe à de nombreuses revues spécialisées avec notamment des articles sur la mangrove et la flore.
Il a participé à de nombreuses expéditions botaniques, seul ou à plusieurs : Bornéo (2 fois), Thaïlande (2 fois), Chili, Mexique, Canaries, Venezuela, Argentine, Congo, Maroc, Croatie, Russie.
Boris PRESSEQ a participé en 2007 à l’Expédition de Candole : sur les traces d’Augustin Pyramus de Candolle, qui a consisté à refaire 200 ans après l’itinéraire parcouru par ce botaniste dans les Pyrénées. Les membres de cette expédition ont tenu à suivre pas à pas, accompagné des seuls chevaux de Mérens, l'itinéraire du botaniste lors de sa traversée de la Méditerranée à l'Océan Atlantique durant 70 jours.
Cette mission va permettre d'effectuer un état des lieux de la flore pyrénéenne pour ensuite avoir un suivi régulier et de sensibiliser le grand public à la protection du patrimoine végétal.

Sur la photo, Boris PRESSEQ est au centre

Téléchargez ci-dessous le programme de la semaine du développement durable sur le Bassin Decazeville-Aubin :
semainedd-ccdecazevilleaubin-prog.pdf

Téléchargez ci-dessous le programme des animations de Decazeville dans le cadre de la semaine du développement durable :
semainedd decazeville.pdf

Lisez, en cliquant ci-dessous, l'article de Midi Libre du 29 mars 2009 sur cette animation :
Faune et flore sauvages decazevilloises se dévoilent.pdf

L'animation annoncée sur le site de la ville de Decazeville

Photos 1, 2 et 3 : Boris Presseq
Photo 4 : Terranoos

22/03/2009

Véloroutes et voies vertes : l’Ariège plus fort que l’Aveyron

inaugurationvvv09-train.jpgL’Ariège n’est pas un territoire des plus plats, les dénivelés y sont nombreux. Et pourtant, ce département qui n’est pas un des plus riches de Midi-Pyrénées, à une volonté d’implanter des véloroutes et des voies vertes afin de développer le cyclisme de loisir et de randonnée, vecteur d’un tourisme durable.

L’inauguration hier d’un nouveau tronçon entre Labouiche et La Bastide-de-Sérou a été l’occasion pour Julien Savary, de la délégation régionale de l’AF3V Midi-Pyrénées et Languedoc de s’enthousiasmer devant la réalisation.
« Ce fut une belle matinée sur la Voie Verte, avec un petit train pour les habitants, de nombreux contacts avec les techniciens du Conseil Général, et des discours passionnants où ces techniciens et l’architecte ont expliqué au public ce qu’est une voie verte, et les choix techniques faits pour réaliser une piste bien intégrée au paysage...
Et ils ont réussi, la voie verte est “belle”, et ressemble à un chemin rural, avec peu de barrières, peu de panneaux, des ouvrages d’art réhabilités à l’ancienne, ... tout en étant techniquement excellente (bien roulante).
Techniciens et élus nous ont aussi publiquement annoncé que fin 2009 aura lieu l’ouverture d’un second tronçon de la Voie Verte entre Saint-Girons et Rimont (13km), et qu’en 2010 le dernier tronçon sera ouvert entre La Bastide-de-Sérou et Rimont (13km).
Fin 2010 la Voie Verte offrira donc 42km en continu entre Labouiche et Saint-Girons.
ecolecyclo-vv09.jpgQuel plaisir pour nous qui avons fait ces demandes de voies vertes il y a presque dix ans, de voir que tout ce que nous demandions va être réalisé ! Et même plus!
Alors que plusieurs départements du sud ne font encore rien pour les véloroutes et voies vertes (Gers, Aude, Lozère, Aveyron,...), l’Ariège, petit département à faibles moyens, se lance dans une politique volontariste »


C’est vrai, une telle réalisation me laisse rêveur.
Que de temps et que d’argent perdus en Aveyron ! Pour un département qui se vante d’avoir une politique touristique dynamique, pas un seul kilomètre de véloroute et de voie verte. Pas même d’aménagements cyclables lors de construction ou de réhabilitation de voies départementales en agglomération comme le demande pourtant la loi LAURE. Ne parlons même pas des routes départementales hors agglomération.
L’Ariège a profité de l’installation du réseau de fibre optique pour le THD (Très Haut Débit) pour aménager les voies vertes. L’Aveyron installe le THD sans aménager de voies vertes, même pas de bande cyclable.
Pauvres cyclistes aveyronnais.

Alors que de nouveaux crédits semblent arriver pour l’aménagement de la navigabilité du Lot, pas un mot et pas un centime pour la véloroute de la Vallée du Lot qui coûterait quatre fois moins cher pour aménager 210 kilomètres en Aveyron que les 17 kilomètres de navigabilité loin de tout réseau navigable entre Bouillac et Port-d’Agrès.
Quel gaspillage d’argent public, surtout en ces périodes de crises !

Voir la fiche de la voie verte Labouiche – La Bastide-de-Sérou sur le site de l’AF3V en cliquant ici

Photos 1 et 2 : Julien Savary

21/03/2009

13 000 à Rodez

rodez manif 2 - 20090319.jpgNous étions donc 13 000 jeudi à arpenter les rues de Rodez de Bourran à la place d’Armes. Plus qu’à la manifestation du 29 janvier dernier à laquelle j’étais absent puisque j’étais à Grenoble.
Beaucoup de jeunes et de plus en plus de retraités, beaucoup de banderoles, celles des syndicats bien sûr mais de plus en plus de banderoles individuelles avec des slogans originaux, preuve que de plus en plus de personnes ne se reconnaissent pas tout à fait dans les demandes officielles des syndicats et des partis politiques classiques : « La résignation est un suicide quotidien », « Pensons le changement et non changeons le pansement »…

Pour ceux-là et pour nous tous, il ne serait pas raisonnable de programmer une manifestation seulement le 1er mai. Il est indispensable que ce mouvement soit amplifié et que des manifestations soient programmées dans les prochains jours.
Lorsque l’on voit l’arrogance de notre président et de son gouvernement, faisant semblant de reculer en ajournant certaines mesures afin de diviser, mais qui maintient droit dans ses bottes le « bouclier fiscal » qui ne profite qu’à une petite minorité, lorsque l’on voit l’arrogance de ces grands patrons qui continuent à se verser des dividendes avec l’argent public, il est indispensable de poursuivre la lutte en l’intensifiant.

Au delà des problèmes de ralentissement de l’activité que pose cette crise, il y a une catégorie de personnes dont on ne parle jamais et qui sont touchés de plein fouet : les quatre millions de personnes privées actuellement d’emplois en France, qui voient tous les mois des dizaines de milliers de chômeurs les rejoindre et reculer ainsi leurs chances d’en retrouver. Pour eux, pas un mot des médias et encore moins du gouvernement qui préfère comme à son habitude les stigmatiser en les traitant de fainéants.

ensemble-toutdevientamoi.jpgNon, on ne sortira pas de cette crise en appliquant les mêmes recettes qui nous y ont conduit : croissance du PIB, subventions aux plus riches, heures supplémentaires, endettement …
C’est notre société et nos modes de vie qu’il faut changer en profondeur et cette crise nous en offre l’opportunité. Il y a assez de travail et d’argent pour que nous ayons chacun un emploi, un revenu et une retraite décents. Mais, nous devons aussi être responsable dans nos modes de vie, nous comporter en citoyen plutôt qu’en consommateur. Il faut réinventer une société solidaire et écologique.
La reconversion de pans entiers de notre économie doit débuter : l’automobile, l’aviation, l'agriculture, la chimie.. tous ces secteurs très présent en Midi-Pyrénées. Est-il encore raisonnable de vouloir fabriquer des grosses voitures ou des carters de V6, de plus en plus d’avions, des autoroutes ou voies rapides, toutes ces activités dont on sait qu’elles participent fortement au réchauffement climatique ?
Est-il raisonnable de poursuivre cette production agricole qui détruit nos sols et fournit des produits dont on a de plus en plus de doutes sur les qualités sanitaires et nutritives ?

antimanueldecologie.jpgNe devrions-nous pas plutôt nous tourner vers des activités d’avenir comme la rénovation de l’habitat et la construction écologique, les énergies renouvelables, les transports propres, l’agriculture paysanne et biologique, les services à la personne, la protection des écosystèmes et de l’environnement, le recyclage…
Ne devrions-nous pas plutôt repenser nos modes de travail : travailler moins, travailler mieux et travailler tous.
Les solutions sont là, à moins de vouloir continuer à faire comme l’autruche de la couverture du dernier livre captivant d’Yves Cochet : Antimanuel d’écologie.

Ecoutez l'interview audio d'Yves Cochet par Laure Noualhat de Libération en cliquant ici

Photo 1 : jlc
Photo 2 : Les Verts
Photo 3 : Editions Bréal

15/03/2009

Et si le Bassin était maintenant en avance

agenda21locaux-meeddat-20090312.jpgEn matière de protection de l'environnement, nous avions beaucoup à nous faire pardonner. Après 170 ans de développement non durable, la prise de conscience a eu lieu avec la préparation du CIADT de mai 2000 qui a vu la participation active des forces vives de la cité et de la population.
Cette dynamique s’est poursuivie et a abouti en 2007 à l’élaboration de l’Agenda 21 de la Communauté de Communes du Bassin Decazeville-Aubin qui a été l’un des premiers Agenda 21 en France labellisé « Agenda 21 local de France » par le Ministère de l’Ecologie dans le cadre de la stratégie nationale de développement durable. Avec 31 autres collectivités, nous faisions partie de la première session des collectivités récompensées. Depuis, 70 collectivités nous ont rejoint lors des sessions de 2008 et de 2009.
C’est pour marquer cette reconnaissance que nous étions invité jeudi dernier au Ministère.
Jean-Louis Borloo retenu à Berlin pour un conseil européen, c’est Chantal Jouanno, Secrétaire d’Etat chargée de l’écologie et Michèle Pappalardo, Déléguée interministérielle au développement durable qui étaient chargées de récompenser ces collectivités en présence des représentants des associations concernées et d’élus.

C’est bien sûr une satisfaction de voir ainsi notre travail reconnu nationalement alors que, dans le Bassin, certains se complaisent en permanence à le dénigrer, noircissant le tableau à outrance.
Mais il reste beaucoup à faire, et le fait de voir notre territoire reconnu dans les plus hautes instances françaises et européennes pour ses efforts en matière de protection de l’environnement, de développement économique maîtrisé, de bonne gouvernance et de création de lien social et culturel peut nous ouvrir certaines portes.

Téléchargez ci-dessous, l'article de Midi Libre du 18 mars 2009 :
DECAZEVILLE - Environnement - l'action du Bassin reconnue.pdf

planetegagnante-tub.jpgReconnaissance encore dans la dernière lettre de janvier du « Club Planète Gagnante ». Une page entière est consacrée aux actions en matière de développement durable réalisée par la Communauté de Communes Decazeville-Aubin, notamment la mise en place du TUB.
Le Club Planète Gagnante de l’ADEME est une plate-forme d’excellence, d’innovation et d’échanges en matière de réduction des impacts environnementaux. Son rôle est de relayer les messages des campagnes de communication et de sensibilisation de l’ADEME, mais également d’encourager la mise en œuvre dans les organisations membres de plans d’action visant à réduire leur impact environnemental.

semainedd-cover.jpgDans cette même thématique, la communauté de communes du Bassin Decazeville-Aubin organise de nombreuses animation dans le cadre de la semaine du développement durable qui se déroulera cette année du 1 au 7 avril.
Aubin sensibilisera sur les économies d’eau et d’énergies à travers la réhabilitation de leur gymnase, Cransac sur l’énergie avec la nouvelle chaufferie biomasse aux noyaux de fruits et son réseau de chaleur qui alimente entre autre des bâtiments tertiaires et un futur lotissement HQE et Firmi sur la protection des milieux aquatiques.
Quand à Decazeville nous avons choisi de sensibiliser sur la biodiversité avec la découverte de la faune et de la flore sauvage en milieu urbain à travers une conférence débat et une promenade pédagogique avec Boris Presseq, botaniste au Muséum d’Histoires Naturelles de Toulouse.
Points forts de cette semaine, la conférence sur l’innovation territoriale à Cransac et la conférence-débat animée par Guillaume Duval, rédacteur en chef d’Alternatives Economiques dont le thème sera l’intitulé du dernier numéro de la revue : « Et si on changeait tout.
Nous allons nous régaler. J’y reviendrai bien sûr dans d’autres notes
Programme détaillé à télécharger ci-dessous (680 ko).
semainedd-ccdecazevilleaubin-prog.pdf

Malgré cela, je passe encore malheureusement aux yeux de certains de mes collègues pour un martien lorsque je dénote la schizophrénie qui nous anime quand nous votons des subventions.
Alors que nous sommes donc engagés dans un Agenda 21 et que cet agenda comporte notamment un Plan Climat local destiné à réduire nos consommations énergétiques et nos productions de gaz à effet de serre, nous devions voter jeudi soir en conseil communautaire une subvention pour un rallye automobile.
Il m’est bien sûr impossible de voter une aide pour une activité qui constitue une incitation, ou tout au moins une banalisation, à la consommation de carburants et à l’accroissement de gaz à effet de serre. Sans parler du mauvais exemple en matière de violence routière.
Une fois de plus, bien que certains m'ont dit par la suite que j’avais raison, je me suis retrouvé tout seul à voter contre cette subvention.
Alors que des experts scientifiques du climat réunis à Copenhague la semaine dernière annoncent qu’il est probable que c’est le scénario le plus noir (+ 6,4 °C à la fin du siècle) qui se profile, nous en sommes encore à donner des subventions à des activités polluantes. Désolant.

Photo 1 : jlc
Photos 2 et 3 : CCDA

22/02/2009

Cormorans et cirques avec des animaux sauvages

cormorans.jpgLa guerre est déclarée aux grands cormorans
Comme chaque année à pareille époque, les articles de presse se font l’écho d’une recrudescence des cormorans sur la rivière Lot.
La Dépêche du Midi y a consacré plusieurs articles , entre autre le 10 mars 2000, le 4 février 2008 et dernièrement le 18 février 2009.
Des pétitions pour demander l’élimination des cormorans circulent actuellement.

Il faut dire que l’exemple vient d’en haut.
Le député Charles de Courson déclarait, lors de la séance du 12 octobre 2004 à l’Assemblée Nationale « Une attaque de cormorans, c'est pire qu'un bombardement allemand en piqué ! J'ai vu des poissons, des milliers de tanches, terrorisés ! (Rires sur les bancs du groupe UMP et du groupe UDF) Ceux qui ont vu la scène n'en plaisantent pas ! Il est intolérable que les ministres successifs protègent ces cormorans-nazis ! Si vous ne prenez pas un engagement ferme, les choses se passeront très mal la prochaine fois. »
Déjà en janvier 2004, il demandait à la ministre de l’Ecologie des carabines 22 long rifle à lunette pour éradiquer ces bandes de « cormorans nazis » : « Certes, vous avez augmenté le quota de chasse, mais insuffisamment. Cependant, vous allez dans la bonne direction. Le problème, comme vous l'avez dit, c'est de le réaliser. Pourquoi est-ce si difficile ? Pour une raison technique, mes chers collègues. Comme vous le savez, les cormorans chassent en bande et certains d'entre eux sont des guetteurs. Sans une carabine 22 long rifle à lunette, vous n'arriverez pas à les tuer. Or cette arme est proscrite et vous serez donc sanctionnés si vous l'utilisez. Pour réaliser les quotas, il faudrait, madame la ministre, que vous autorisiez la possibilité d'utiliser des armes adaptées. »

Qu’en est-il exactement ?
Menacé à l’échelle européenne le cormoran est protégé au titre de la directive Oiseaux depuis 1979. L’augmentation des effectifs dans les pays d’Europe du Nord a provoqué une expansion des populations hivernantes dans le sud de l’Europe, notamment en France. Mais la progression du nombre d’oiseaux hivernants, d’abord exponentielle jusqu’en 1992 a commencé à ralentir depuis, tendant vers une stabilisation (1).
La LPO de l’Aveyron explique fort justement que c'est la quantité de nourriture qui détermine le nombre des oiseaux. En clair, on peut bien abattre quelques individus, mais ils seront systématiquement remplacés si le garde-manger le justifie. Bref, les tirs sont inutiles et n'ont guère qu'une utilité : calmer l'exaspération des pêcheurs.
La LPO tient d'autre part à relativiser le rôle du prédateur dans la raréfaction du poisson. Samuel Talhoet estime que les bouleversements physiques (rectifications et canalisations de cours d'eau, multiplication des drainages, etc.) et les agressions chimiques (engrais, pesticides, rejets d'effluents, etc.) font bien plus de ravages que le grand cormoran. Ce dernier ne serait donc que l'arbre qui cache la forêt.
Il semble donc qu’il ne soit pas utile d’armer la population avec des 22 long rifle à lunette pour réduire la population de cet oiseau.

Vous pouvez voir ci-dessous le reportage à Cajarc de France 3 Quercy-Rouergue le 26 février dernier, sur la "prolifération" des cormorans dans la Vallée du Lot. Ce reportage est bien sûr incomplet, voire caricatural, car il ne propose que la position des pêcheurs et des pisciculteurs et pas celles des associations de protection de la faune sauvage comme la LPO par exemple.
Reportage caricatural car tous les pêcheurs ne sont heureusement pas comme ceux montrés dans ce reportage. En Aveyron par exemple, la politique d'alevinage de la Fédération de pêche est plutôt en déclin. Elle préfère favoriser une reproduction naturelle des poissons, notamment des truites, en réalisant des travaux de protection et d'entretien des cours d'eau. Aleviner revient à donner de la nourriture supplémentaire aux cormorans et donc à augmenter leur nombre.

Cormorans-Vallée du Lot
Vidéo envoyée par calmettes



OISEAU MORT FOSSÉ.jpgRappelons que les plus grands destructeurs de la faune sauvage ne sont pas les cormorans et les éoliennes, mais bien les hommes et leurs activités polluantes (chimie, agriculture, énergie…), le réchauffement climatique (également dû aux activités humaines) et les transports. Il n’y a qu’à regarder les routes et leurs fossés pour comprendre que les calandres et les roues de nos voitures et camions font une hécatombe.

(1) Faune sauvage de l’Aveyron – Atlas des vertébrés – Editions du Rouergue - 2008

tigre zoo.jpgJ’ai toujours été très réticent, pour ne pas dire hostile, à l’accueil de cirques traditionnels avec des animaux sauvages sur notre commune. Déjà, dans les années 90, je m’étais fortement impliqué avec "Causse en Liberté" contre la venue des lions du vicomte de la Panouse sur le magnifique causse de Mondalazac.
Il y a quelque chose de dégradant à enfermer des animaux sauvages toute leur vie dans des cages, loin de leurs territoire d’origine et à les voir exécuter des numéros grotesques pour quelques frissons malsains. Il n’y a surtout rien de pédagogique à les voir ainsi et il est navrant de voir des instituteurs amener leurs élèves ou des parents amener leurs enfants dans ce genre de spectacle.
Après avoir vu un reportage sur les animaux de cirque dans l’émission « 30 millions d’amis », j’ai donc signé la pétition « pour des cirques sans animaux sauvages ».

L’Article L 214-1 du Code rural qui précise que : tout animal étant un être sensible doit être placé par son propriétaire dans des conditions compatibles avec les impératifs biologiques de son espèce.

Cet au nom de cet article que des communes ont pris des arrêtes pour interdire sur leurs territoires les cirques avec animaux sauvages.
C’est le cas notamment de Montreuil où Dominique Voynet est Maire

J’aime le cirque, mais le cirque qui respecte l’humanité et la nature, qui divertit, qui cultive et qui fait rêver sans pour autant faire souffrir un animal sauvage ou pas. Il y a suffisamment de cirques et de spectacles qui rentrent dans ces critères.

Photos : 1 et 2 : jlc - 3 : 30 millions d'amis

12/01/2009

Dernier ouvrage d’Hervé Kempf

pour-sauver-la-planete-sort.jpg« Pour sauver la planète, sortez du capitalisme » paraît en janvier 2009, aux éditions du Seuil. 
 « Comment les riches détruisent la planète », l’ouvrage précédent qu’Hervé Kempf était venu présenter aux dernières Journées d’Eté des Verts à Toulouse, a rencontré un grand succès en France et dans le monde entier, avec des traductions en anglais, espagnol, italien et grec. Il est maintenant publié en poche (collection Points).

Un autre monde est possible, il est indispensable, il est à notre portée. Le capitalisme, après un règne de deux cents ans, est entré dans une phase mortifère : il génère tout à la fois une crise économique majeure et une crise écologique d’ampleur historique. Pour sauver la planète, il faut sortir du capitalisme, en recontruisant une société où l’économie n’est pas reine mais outil, où la coopération l’emporte sur la compétition, où le bien commun est plus important que le profit. Hervé Kempf explique comment le capitalisme a changé de régime depuis les années 1980 et a réussi à imposer son modèle individualiste de comportement, marginalisant les logiques collectives. Pour sortir du capitalisme, il faut prioritairement se défaire de ce conditionnement psychique. L’oligarchie cherche à détourner l’attention d’un public de plus en plus conscient du désastre imminent en lui faisant croire que la technologie pourrait surmonter l’obstacle. Cette illusion ne vise qu’à perpétuer le système de domination en vigueur. L’avenir n’est pas dans la technologie, mais dans un nouvel agencement des relations sociales. Ce qui fera pencher la balance, c’est la force et la vitesse avec lesquelles nous saurons retrouver l’exigence de la solidarité.
Hervé Kempf ménage encore moins ses lecteurs. Pour lui, les fameuses technologies vertes dont on nous rebat les oreilles, nous promettant grâce à elles le retour de la croissance (verte, la croissance!), sont plus dangereuses qu’utiles à la bonne santé de la planète.

hervé-kempf.jpgHervé Kempf était samedi dernier l’invité de Ruth Stégassy pour l’émission "Terre à Terre" sur France-Culture.
Quelques extraits :
« Le capitalisme est une philosophie qui considère que l’individu ne doit chercher avant tout que son propre intérêt et qui d’autre part estime que l’échange entre humains se déroule essentiellement par la marchandisation et par l’extension du règne de la marchandise à l’ensemble des rapports humains et à l’ensemble des biens sur terre. »…
« La force des tenants de ce capitalisme, c’est d’avoir transformé notre psychologie collective, notamment par l’aliénation individualiste et publicitaire. »…

« Depuis 30 ans, le capitalisme a changé de régime.
Il y a eu une très forte progression des inégalités. Quelqu’un de très riche gagnait dans les années 60-70, 40 fois plus que le salaire moyen, maintenant on en est 300, 400, 500 fois plus. On a crevé les plafonds de l’inégalité et donc de l’injustice.
Deuxième point, le capitalisme avait une certaine moralité. Depuis trente ans, on assiste à une généralisation d’un système de corruption tout à fait extraordinaire. Ceux que l’on appelle les élites que moi j’appelle oligarchie, que vous pourriez appeler les classes dominantes, sont maintenant arrivée à un degré de corruption du système extrêmement important, aussi bien pécuniairement par cette avidité et cette cupidité sans freins, que par une sorte de corruption morale d’oubli du soucis du bien commun, d’oubli du soucis de l’avenir, d’oubli du soucis des générations futures.
Troisième point, ce changement de régime du capitalisme a réussi de généraliser la philosophie individualiste à l’ensemble du corps social.
Avant, l’individu était tempéré par des solidarités collectives. Ce qu’a réussi le capitalisme ces trente dernières années, c’est à faire exploser ce sens de la coopération, de la solidarité, du bien commun, pour ne plus conserver que l’idée que les individus ne peuvent se réaliser que par eux-mêmes, en oubliant les autres. »

« Nous nous en sortirons en changeant notre façon d’être ensemble
Sortir du capitalisme c’est dire nous sommes des humains, être humain c’est parler, parler c’est échanger, et nous voulons moins de biens, plus de liens, moins de choses, plus d’esprit. »


Les solutions ? Pour Hervé Kempf, elles tiennent en trois ou quatre points : mettre l’économie au service de l’homme et de la planète, favoriser l’économie coopérative, sociale et solidaire, se réapproprier les moyens de production sans tomber dans un marxisme intégriste (repenser Fourrier, Proudhon…), remettre en question les inégalités, opérer des transferts de revenus vers les plus pauvres par une fiscalisation accrue des hauts revenus, instaurer un Revenu Maximum Admissible (comme l’avait déjà instauré Roosevelt,le père du New Deal, en 1942)…
Dans toutes ces politiques, la protection de l’environnement doit être une priorité et nous devrons obligatoirement repenser la question de la production agriculture.

Ces quelques points qu’a développé Hervé Kempf sur France-Culture (radio publique) me donnent envie d’en savoir un peu plus.

Hervé Kempf anime le site internet Reporterre
Vous pouvez réécouter ou podcaster l'émission "Terre à Terre"
Hervé Kempf sera l'invité de "La bas si j'y suis", l'émission de Daniel Mermet sur France Inter le mercredi 14 janvier à 15 h. Vous pourrez écouter ou podcaster l'émission sur : http://www.radiofrance.fr/franceinter/em/labassijysuis

Photo d'Hervé Kempf : jlc

04/01/2009

Bulletin municipal

fleurissement.jpg
Vous avez dû recevoir cette semaine le bulletin municipal dans votre boite à lettres. C’est en vélo et par un soleil magnifique que j’ai effectué vendredi dernier la distribution du quartier qui m’était dévolu, le nord de notre ville : le Pont de Livinhac, Bouquies, route de Flagnac, Thels, Fayet, Cahuac, le Sailhenc-Haut, le chemin de Bouquies, le Thaur, la route de Livinhac. C’est ce que l’on peut appeler Decazeville-sur-Lot.

Bien que cela fasse maintenant plusieurs années que je porte le bulletin sur ce secteur, il est possible que j'ai oublié une boite à lettres. Si vous êtes dans ce cas, n’hésitez pas à passer chercher un exemplaire à la mairie ou à me laisser un message pour que je passe vous le porter.

Téléchargez ci-dessous les pages « Environnement » de ce bulletin municipal (2,5 Mo) :
bulletin municipal decazeville -12:08 Environnement.pdf

Téléchargez ci-dessous l'article de Midi Libre du 9 janvier 2009 relatif à la gestion des espaces verts :
DECAZEVILLE - Espaces verts - la mairie s'engage dans une gestion plus écologique.pdf

25/12/2008

Plan climat territorial et transports collectifs sur le Bassin

La presse locale a fait écho dernièrement de deux domaines où je suis fortement impliqué au sein de la communauté de communes Decazeville-Aubin.

agirpourleclimat-cover.jpgLe premier concerne le Plan Climat Territorial.
Nous avons été la première collectivité en Midi-Pyrénées à nous préoccuper des conséquences du réchauffement climatique et des possibilités qu’ont les collectivités pour en atténuer les effets.
Dès 2005, les domaines de l’énergie et du climat faisaient l’objet de préoccupations des groupes de travail chargés de mener à bien l’Agenda 21 local du Bassin
Notre Agenda 21, labellisé « Agenda 21 local de France » par le délégué Interministériel au Développement Durable, comporte donc un Plan Climat Local.
Un plan en cinq points :
- Réalisation d’un bilan des consommations énergétiques et des émissions de CO2 sur le patrimoine communal (éclairage public compris) et intercommunal afin de cibler les sites sur lesquels agir. Sur cette action, Decazeville est en avance, puisque depuis 2003 nous réalisons ce diagnostic.
- La formation d’un binôme agent technique/élu au niveau des communes à la gestion du suivi des consommations énergétiques. Une première formation a eu lieu dernièrement. Elle a été réalisée avec l’ARPE (l’Agence Régionale pour l’Environnement)
- L’éclairage public. Il s’agit d’abord de réaliser un diagnostic des points lumineux de chaque commune et de créer une base de donnée sur le SIG. Cette base de données permettra de proposer des pistes d’actions à entreprendre. L’adhésion de Decazeville au SIEDA devrait faciliter la mise en place rapide de travaux.
- Les bâtiments de l’OPH de Decazeville. L’ARPE a réalisé des visites conseils sur certains sites afin d’identifier les points noirs et les pistes d’amélioration.
- Et enfin, l’édition d’un guide de sensibilisation « Agir pour le climat », destiné à tous les habitants du Bassin dont j’avais déjà parlé.

Afin de diminuer les rejets de CO2, les collectivités et les particuliers peuvent être producteurs et consommateurs d’énergies renouvelables.
En terme de consommation d’énergie, je ne saurais trop vous rappeler qu’il existe des sociétés qui fournissent de l’électricité 100% renouvelable. Je suis moi-même usager et sociétaire du fournisseur Enercoop. Les collectivités peuvent également se fournir en électricité renouvelable en totalité ou en partie.
Mais on peut également être producteur d’énergies renouvelables : solaire thermique et photovoltaïque, bois énergie, hydraulique, éolien…
La commune de Cransac est en train de terminer l’installation d’une chaufferie bois qui alimentera un réseau de chaleur.

Ce Plan Climat est bien sûr appelé à évoluer car l’objectif d’un tel outil au niveau local est de pouvoir fédérer tous les acteurs d’un territoire en faveur d’une diminution des gaz à effet de serre sur celui-ci.


tub-placedecazes.jpgLe deuxième point sur lequel je suis intervenu dans la presse locale concerne les transports sur le Bassin.

Ca été l’occasion de faire un point sur le TUB et son évolution, sur le nouveau service que nous allons mettre en place : le TAD, le transport à la demande et sur les déplacements cyclables.

Concernant le TUB, les chiffres parlent : 48 000 passagers en 9 mois alors que l’étude n’en prévoyait que 12 300 (certes à 1 euro). Dès le mois de févier, suite aux deux enquêtes de juin dernier, les horaires vont être réaménagés et trois arrêts supplémentaires seront créés.
Le changement du bus pour un bus ayant une capacité bien supérieure devrait intervenir vers la fin du premier semestre avant d’envisager dans les années futures la création d’une deuxième ligne.

La mise en place du TAD (Transport à la demande) devrait intervenir vers la fin février.
Le TAD permettra de compléter l’offre actuelle dans les zones non desservies par le TUB et d’offrir aux personnes à mobilité réduite un moyen de transport facile et au plus près de leurs attentes.
Par un simple appel, vous réservez le TAD, au plus tard la veille de votre départ, en indiquant votre arrêt de départ et d’arrivée, ainsi que l’horaire et le jour du déplacement. Le TAD vient vous chercher à l’heure et à l’arrêt convenus. Vous vous acquittez du paiement de votre voyage auprès du conducteur. Mobilité pratique, écologique et intelligente car les véhicules ne se déplacent qui si les usagers en formulent la demande à certains jours et horaires prédéterminés.

randovelo-ccda.jpgTroisième volet du Plan Global de Déplacement du Bassin, les déplacements cyclables.
La Communauté de Communes va lancer en 2009 un « Schéma de référence d’Itinéraires Cyclables ».
D’or et déjà, nous devons favoriser la création d’un traversante cyclable de Viviez jusqu’à Firmi. Actuellement, la seule voie accessible aux vélos est le chemin piétons/vélos parallèle à la RD 840 entre les giratoires de la Vitarelle et de la gendarmerie.
Il est primordial qu’un aménagement en piste ou voies cyclables soit prévu en même temps que l’ouverture de la déviation de Decazeville-Viviez dans l’avenue Léon Blum, entre le rond-point de la Vitarelle et le stade. Il est également indispensable que le rond-point de la Vitarelle comporte une voie matérialisée pour les cyclistes.
C’est une obligation de la loi LAURE (Loi sur l’Air et l’Utilisation Rationnelle de l’Energie) pour toute nouvelle création de voie, mais c’est aussi le souhait de tous les cyclistes qui ont participé en septembre dernier à la semaine européenne de la mobilité.

Cet aménagement minime en terme technique et financier ne devrait pas poser de problèmes si il y a réellement une volonté politique d'œuvrer pour un développement soutenable.

Avant la création d’autres aménagement pour les cyclistes, l’installation d’une vingtaine d’arceaux de stationnement est prévu en 2009 à Decazeville.

Téléchargez ci-dessous, l’article de presse de Midi Libre sur le Plan Climat :
Le Bassin lance son « Plan climat local » Midi Libre.pdf

Téléchargez ci-dessous, les articles de presse de Midi Libre et La Dépêche du Midi sur les transports collectifs sur le Bassin :
Après le Tub, le transport à la demande (Tad).pdf




Decazeville adhère au SIEDA

sieda-logo.gifC’est avec un peu de retard, que les trois dernières communes aveyronnaises (Rodez, Decazeville et Millau) qui n’avaient pas encore délégué la compétence électricité au SIEDA (Syndicat Intercommunal d'Énergies du Département de l'Aveyron) ont signé une convention d’élargissement de la concession électrique.
J’avais il y a un peu plus de deux ans exprimé en conseil municipal mon souhait que Decazeville adhère et participe à cette structure qui constituait un vrai service public pour les collectivités. Deux ans après, nous y adhérons. Certes, la part de gâteau en terme financier est plus alléchante aujourd’hui, mais que de temps perdu pour une collectivité qui a un réseau d’éclairage public obsolète et donc grandement surconsommateur.
Guy Durand, le maire de Millau a souligné fort justement qu’avec cette convention, « la solidarité départementale avec un bon équilibre entre urbain et rural est réelle ». Solidarité que nous avons tendance parfois à oublier.
Il reste maintenant à mettre rapidement en place avec les techniciens du SIEDA, un programme pluriannuel sur trois ans de remise à niveau de notre éclairage public qui en a grandement besoin. Un programme qui devra avoir comme devise : éclairer mieux et consommer beaucoup moins.

Téléchargez ci-dessous, l’article de Midi Libre du 23 décembre 2008 :
Rodez, Decazeville, Millau rejoignent le Sieda.pdf

03/11/2008

New Green Deal

europe-ecologie.jpgCa y est ! Les écologistes ont décidé de se réunir autour d'un manifeste et de listes pour les élections européennes de 2009 au sein d'"Europe Ecologie".
Les dernières journées d’été des Verts à Toulouse avaient vu les retrouvailles des Verts avec José Bové, avec les amis de Nicolas Hulot ainsi qu’avec Régions et Peuples Solidaires. Depuis, ce manifeste a reçu l’accord de nombreuses personnes venant du milieu associatif environnemental.

La principale question posée, surtout avec la période difficile que nous sommes en train de vivre, est de savoir si le devenir de notre planète et des générations futures est compatible avec cette société ultralibérale que s’obstinent à vouloir sauver à coups de centaines de milliards Nicolas Sarkozy et les principaux responsables mondiaux.
Faut-il donner tous les moyens financiers à la poursuite de ce système économique dont nous voyons chaque jour un peu plus qu’il nous amène vers le néant ? Le dogme de la « croissance » infini du PIB, censé arroser toutes les couches de nos sociétés est-il souhaitable, réaliste et compatible avec les limites physiques de notre planète ?
Une croissance « verte » comme proposent le tenants de cette société ultralibérale est-elle possible ou bien faut-il changer carrément de système économique ?

A toutes ces questions, Jean-Paul Besset, proche de Nicolas Hulot et membre du comité de pilotage d'"Europe Ecologie", vient de répondre clairement dans un courrier à Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d'Etat à l'écologie et secrétaire nationale de l'UMP :

j-p-besset.jpgLettre à NKM

Le 27 oct. 2008 à 11:46 par Jean-Paul Besset

Chère Nathalie Kosciusko-Morizet, 



Après votre tribune parue dans Le Monde du 24 octobre, on serait tenté de vous dire : "Bienvenue au club, Madame la secrétaire d'Etat !"
Dans une belle envolée, n'appelez-vous pas à "changer les horloges" puisque, dites-vous, "nous avons changé de monde" ? Vos mots clés sont les nôtres: "équilibres naturels", "vrais besoins", "justice sociale", "régulation"... Vos rejets rejoignent nos refus : "surproduction", "surconsommation", "gains excessifs", "éphémère", "gagner", "amasser"... "Il faut voir loin" concluez-vous pour appeler à la révolution écologique. Permettez-nous d'y regarder d'abord d'un peu plus près.
Comment parvenir au lointain désiré dont nous partageons semble-t-il les valeurs ? Comment faire, par quelles voies ? Car c'est bien ce qui compte. Sauf à tracer un chemin accessible, les horizons radieux resteront dans la brume. Vous affichez, Madame, les résultats du Grenelle de l'environnement comme démarche probante. Nous ne vous chercherons pas querelle d'apothicaire là dessus. Ce Grenelle, dont vous avez été un acteur actif et convaincu, constitue sans doute le meilleur compromis possible au regard du rapport de force actuel dans la société, un morceau du chemin.

Mais pour aller où ? Pour "additionner écologie et économie" répondez-vous, espérant ainsi embarquer l'humanité sur les ailes de la "croissance verte". Patatras ! Nous voici revenus au point de départ. En reconvoquant "l'économie" sans nous dire de laquelle il s'agit, sans préciser en quoi celle-ci aura dû faire une reconversion copernicienne et en rabattre dans sa prétention à dominer l'humain et la nature, vous reprenez de facto la même : la productiviste, la polluante, l'inégalitaire, la précarisante. Vous réintroduisez en majesté la mécanique - car ce n'est qu'une mécanique - responsable du désastre. Lui ajouter un partenaire "raisonnable" - l'écologie - n'y change rien, sinon aux marges. D'autres, dans l'histoire, l'ont essayé avec le social et l'immense foule des exploités en paye toujours le prix. Si on n'en conteste pas la prééminence, l'économie continuera de tout ordonner autour de son axe, par essence insensible aux hommes et à la nature.
A preuve : vous fixez toujours, Madame, l'augmentation de la croissance - fut elle mâtinée de vert - comme objectif central. C'est toujours cette abstraction comptable qui vous obsède alors qu'on sait aujourd'hui qu'elle débouche sur... la récession.
Comment alors, dans cet esprit, l'écologie et son projet de civilisation deviendraient-ils autre chose qu'une pelletée de charbon d'appoint pour la locomotive, un truc sympa pour seulement relancer la machine économique ?

Nous, c'est l'inverse. Nous voulons changer la locomotive et faire en sorte que la mécanique économique s'y adapte. Pas pour tuer celle-ci car l'économie reste un mode incontournable d'administration des richesses et des activités entre les hommes. Mais en la mettant en quelque sorte sous tutelle. La tutelle des hommes et de la nature. Tout le monde aujourd'hui évoque une nécessaire régulation de l'économie mondiale mais beaucoup, en particulier chez vos amis politiques Madame, entretiennent un flou prudent sur les critères de cette régulation.
Pour nous, la bonne question est : qui doit réguler ? Ce qui revient à se demander qui doit dominer. Notre réponse est sans ambiguïté : nous revendiquons le primat de l'écologie - et de son indissociable compagnon de route, le social - sur l'économique. C'est çà le fond de notre New Green Deal, notre proposition de nouvelle donne à l'échelle européenne qui ne se confond pas avec votre projet de croissance verte.
Encore un effort, Madame, pour changer d'heure avant d'imaginer changer d'horloge.



Rejoignez les 2000 signataires du manifeste « Europe Ecologie »