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20/04/2009

Les dérives des services publics

enercoop-logo.gifLorsque je vois comment se comporte EDF, et plus généralement l’industrie nucléaire en France, il y a des jours où je suis vraiment fier d’avoir changé de producteur d’électricité, et d’avoir choisi un fournisseur qui ne délivre que de l’électricité fabriqué à partir de ressources renouvelables : Enercoop.

jadot.JPGL’espionnage de Yannick Jadot à l'époque ancien directeur de campagne de « Greenpeace » et de Stéphane Lhomme du réseau « Sortir du nucléaire » par EDF est une honte. Est-ce cela que l’on attend d’un fournisseur d’énergie qui devrait être exemplaire ? La démission du PDG d’EDF, Pierre Gadonneix, doit être la première réponse à ce déni de démocratie et à la liberté de penser et d’agir selon ses convictions.
Mais s’il faut changer les hommes à la tête de cette entreprise, il faut également changer en profondeur la politique énergétique de notre pays. C’est l’opacité et la corruption qui règne depuis des décennies dans le secteur des industries pétrolières et nucléaires qui permet de telles dérives.

23-09-service-public.gifL’appel d’intérêt public pour une diversification urgente du bouquet électrique français lancé par des salariés d’EDF et soutenu par des associations (ATTAC, les Amis de la Terre, Global Chance…) est la preuve que même à l’intérieur de l’ex-entreprise publique, les choses bougent. Et ce n’est que le début puisqu’une étude réalisée pour EDF par le centre de recherche en gestion de l’École polytechnique révèle que « 92% des salariés du nucléaire souhaiteraient quitter le secteur.
Cet appel demande « une réduction rapide et volontariste de la part du nucléaire dans le bouquet électrique français. Cette part pourrait par exemple passer, en cinq ans, des actuels 80% à 60% de l’électricité consommée et ce : 
en fermant les réacteurs atomiques les plus anciens, les plus coûteux en maintenance, les plus générateurs de rejets et effluents radioactifs et chimiques, les plus irradiants, démotivants et anxiogènes pour les personnels qui y travaillent et les populations environnantes, tout en assurant le maintien sur site ou la reconversion des travailleurs ».
Comment ? « En leur substituant des moyens de production électrique moins centralisés, adaptés aux ressources locales (centrales à gaz en cogénération, susceptibles de fonctionner à terme avec du biogaz de méthanisation, et à coupler avec des réseaux de chaleur ; centrales à bois, ou centrales mixtes charbon/biomasse ; photovoltaïque ; éolien ; etc.) ».

L’avenir d’un service public de l’énergie décentralisé, démocratique et à partir de ressources propres, non dangereuses et renouvelables, ne semble malheureusement pas pour demain.
Au contraire.

erdf-vehicule.jpgLe démantèlement en cours de la filiale d’EDF, ERDF, chargé plus spécialement de l’entretien des réseaux locaux laisse craindre le pire.
L’externalisation des dépannages et des astreintes à des entreprises privées va aboutir à la dégradation des services aux usagers et à la fermeture totale d’antennes locales déjà fermées au public comme à Decazeville par exemple.
erdf-decazeville-service public.jpgEt je le dis d’autant plus que, si j’ai choisi par éthique un autre fournisseur d’énergie qu’EDF, c’est ERDF qui doit veiller au branchement de mon compteur et à l’entretien de ma ligne (c’est compris dans ma facture).
Je suis donc tout à fait solidaire des grèves tournantes des salariés d’ERDF et des actions qu’ils entreprennent dans toute la France et en Aveyron pour maintenir un service public proche des usagers.

Comme le dit le Maire de Rodez dans la presse locale, je pense qu’« il manque à Rodez, et en Aveyron, un point d'accueil du public et un point d'information sur les énergies renouvelables ». Mais ce n’est pas à EDF, comme le demande M. Teyssèdre, à créer cette structure. On ne peut pas être un conseiller indépendant en énergies et un marchand d’énergie en même temps. Il faut une structure totalement indépendante des entreprises et lobbies énergétiques.
Même s’il existe déjà un Espace Info Energie en Aveyron, il faut aller plus loin. C’est au conseil général de l’Aveyron, dont le Maire de Rodez est également élu, qu’il faut demander la création d’une Agence Locale de l’Energie.
La création d’une telle structure, que nous demandions déjà dans le cadre des dernières élections cantonales, est seule à même de renseigner correctement les particuliers, les collectivités, les agriculteurs et les entreprises sur les possibilités en matière d’économies d’énergies, d’efficacité énergétique et d’énergies renouvelables.
Le département voisin du Lot a depuis des années une Agence Locale de l’Energie, Quercy-Energies, qui fait un travail énorme et qui est devenue indispensable aux lotois.

maisonfons.pngPour info, Quercy-Energies vient de sortir son programme 2009 de visites de sites : énergies renouvelables et écoconstruction en Quercy.
Ces visites gratuites sont très enrichissantes pour ceux qui ont notamment des projets de construction ou de rénovation d’habitation ou qui s’intéressent plus généralement aux énergies renouvelables et à l’écoconstruction.
Certains sites à visiter sont proches de l’Aveyron.

chernobyl day.jpgDimanche prochain, cela fera 23 ans que la centrale de Tchernobyl a explosé faisant des dizaines de milliers de morts. Les conséquences sur les hommes et l'environnement sont encore importantes. Souvenons-nous qu'en France, les autorités compétentes du nucléaire et le gouvernement en place à l'époque ont soutenu mordicus que le nuage s'était arrêté à la frontière.
Pour ne pas oublier cette catastrophe nucléaire, le réseau Sortir du nucléaire et d'autres associations organisent les Journées Internationales de Mobilisation contre le nucléaire ou "Chernobyl Day".
De nombreuses manifestations sont prévues dans toute la France et en Aveyron : Millau, Saint-Affrique et Villefranche-de-Rouergue.
Je serai pour ma part à Villefranche dimanche à 11 h devant la stèle de l'association Serènes Sereines au jardin de la Mairie.


Photos :
1 : Enercoop
2 : Europe Ecologie
3 : Sortir du nucléaire
4 et 5 : jlc
6 : Quercy-Energies
7 : Sortir du nucléaire

27/03/2009

A la découverte de la flore et de la faune sauvages de Decazeville

Alcea_rosea.JPGLa semaine sans pesticides va se terminer, celle du développement durable va débuter.
Le lien entre ces deux thèmes est facile. Surtout avec les animations prévues à Decazeville dans le cadre de cette dernière opération, organisée localement par la ville de Decazeville et la communauté de communes du Bassin Decazeville-Aubin.
Decazeville a choisi de sensibiliser sur la biodiversité, plus précisément sur la vie sauvage dans les milieux urbains.

La vraie nature urbaine se développe ailleurs que dans les jardins publics. Elle est entre les pavés, entre béton et bitume, au pied des murs, autour des arbres d’alignement, dans les friches et les terrains vagues, le long des cours d’eau, des voies ferrées, etc.
Bien que peu spectaculaires, de véritables écosystèmes adaptés à ces conditions extrêmes se développent. La liste des plantes susceptibles de se reproduire et de se diffuser sans intervention humaine en ville est assez impressionnante, et inclut d’ailleurs de nombreuses espèces exotiques bénéficiant du microclimat particulier des villes.
La petite faune sauvage des villes est composée d’oiseaux, assez nombreux, de quelques rares mammifères, batraciens et reptiles, et de très nombreux invertébrés, essentiellement des insectes. Cette petite faune utilise les plantes sauvages et cultivées comme aliment (feuillage, graines, nectar, pollen), pour s’abriter ou comme réservoir de proies potentielles (les insectivores). Plus les endroits où prospèrent et ou se maintiennent des plantes sauvages sont nombreux, mieux la petite faune sauvage des villes vit.

Cymbalaria_muralis.jpgMais à la ville comme à la campagne, cette nature sauvage est en danger. Les plantes les plus communes aujourd’hui seront peut-être rares demain. Un subtil équilibre, où chaque maillon dépend du précédent, est détruit par une pulsion culturelle, le désir d’une nature propre et domestiquée. Il en résulte un environnement aseptisé, pollué, dépourvu de spontanéité, de surprise et tout simplement de vie.

La conférence animée par Boris PRESSEQ à 14 h le 1er avril à la salle N° 6 de la Maison des Sociétés va nous permettre de faire plus amplement connaissance avec cette nature sauvage urbaine et pourquoi nous devons la conserver et la protéger.
Cela nécessitera de nouvelles pratiques d’entretien et d’utilisation de l’espace urbain, tant par les services des espaces verts de la ville que par les particuliers dans leurs espaces privatifs, jardins, terrasses…
Pour protéger la qualité de nos eaux, la survie des espèces et la santé publique, nous devrons veiller à utiliser le moins possible des produits chimiques pour, à terme, les supprimer totalement. Il nous faudra donc parfois accepter à ce que la nature reprenne le dessus.

DSC_0008.JPGAprès la conférence, vers 15 h 45, nous partirons avec Boris PRESSEQ à la découverte de la flore et de la faune sauvage de Decazeville.
Nous irons vers le cinéma La Strada en traversant une friche bordée par une haie où des oiseaux ont élu domicile, pour nous rendre sur les anciens terrains de la Découverte ou une végétation artificielle plantée en 2001 au départ de Charbonnage de France, devient peu à peu naturelle en se mélangeant à d’autres espèces portées au gré des vents. Le retour se fera par Fontvergnes, la rue Emile Nègre où nous longerons le bord du Riou-Mort pour revenir à 17 h 45 devant la Maison des Sociétés.

Une autre animation est prévue à Decazeville dans le cadre de cette semaine du développement durable. Il s’agit d’une bourse d’échange de graines et de semences organisée par l'association Biodiva le samedi 4 avril. J’y reviendrai dans une prochaine note.

equipe.jpgBoris PRESSEQ est botaniste au Muséum d'Histoire Naturelle de Toulouse, responsable des collections de botanique (herbier, carpothèque, xylothèque ).
Il participe à de nombreuses revues spécialisées avec notamment des articles sur la mangrove et la flore.
Il a participé à de nombreuses expéditions botaniques, seul ou à plusieurs : Bornéo (2 fois), Thaïlande (2 fois), Chili, Mexique, Canaries, Venezuela, Argentine, Congo, Maroc, Croatie, Russie.
Boris PRESSEQ a participé en 2007 à l’Expédition de Candole : sur les traces d’Augustin Pyramus de Candolle, qui a consisté à refaire 200 ans après l’itinéraire parcouru par ce botaniste dans les Pyrénées. Les membres de cette expédition ont tenu à suivre pas à pas, accompagné des seuls chevaux de Mérens, l'itinéraire du botaniste lors de sa traversée de la Méditerranée à l'Océan Atlantique durant 70 jours.
Cette mission va permettre d'effectuer un état des lieux de la flore pyrénéenne pour ensuite avoir un suivi régulier et de sensibiliser le grand public à la protection du patrimoine végétal.

Sur la photo, Boris PRESSEQ est au centre

Téléchargez ci-dessous le programme de la semaine du développement durable sur le Bassin Decazeville-Aubin :
semainedd-ccdecazevilleaubin-prog.pdf

Téléchargez ci-dessous le programme des animations de Decazeville dans le cadre de la semaine du développement durable :
semainedd decazeville.pdf

Lisez, en cliquant ci-dessous, l'article de Midi Libre du 29 mars 2009 sur cette animation :
Faune et flore sauvages decazevilloises se dévoilent.pdf

L'animation annoncée sur le site de la ville de Decazeville

Photos 1, 2 et 3 : Boris Presseq
Photo 4 : Terranoos

15/03/2009

Et si le Bassin était maintenant en avance

agenda21locaux-meeddat-20090312.jpgEn matière de protection de l'environnement, nous avions beaucoup à nous faire pardonner. Après 170 ans de développement non durable, la prise de conscience a eu lieu avec la préparation du CIADT de mai 2000 qui a vu la participation active des forces vives de la cité et de la population.
Cette dynamique s’est poursuivie et a abouti en 2007 à l’élaboration de l’Agenda 21 de la Communauté de Communes du Bassin Decazeville-Aubin qui a été l’un des premiers Agenda 21 en France labellisé « Agenda 21 local de France » par le Ministère de l’Ecologie dans le cadre de la stratégie nationale de développement durable. Avec 31 autres collectivités, nous faisions partie de la première session des collectivités récompensées. Depuis, 70 collectivités nous ont rejoint lors des sessions de 2008 et de 2009.
C’est pour marquer cette reconnaissance que nous étions invité jeudi dernier au Ministère.
Jean-Louis Borloo retenu à Berlin pour un conseil européen, c’est Chantal Jouanno, Secrétaire d’Etat chargée de l’écologie et Michèle Pappalardo, Déléguée interministérielle au développement durable qui étaient chargées de récompenser ces collectivités en présence des représentants des associations concernées et d’élus.

C’est bien sûr une satisfaction de voir ainsi notre travail reconnu nationalement alors que, dans le Bassin, certains se complaisent en permanence à le dénigrer, noircissant le tableau à outrance.
Mais il reste beaucoup à faire, et le fait de voir notre territoire reconnu dans les plus hautes instances françaises et européennes pour ses efforts en matière de protection de l’environnement, de développement économique maîtrisé, de bonne gouvernance et de création de lien social et culturel peut nous ouvrir certaines portes.

Téléchargez ci-dessous, l'article de Midi Libre du 18 mars 2009 :
DECAZEVILLE - Environnement - l'action du Bassin reconnue.pdf

planetegagnante-tub.jpgReconnaissance encore dans la dernière lettre de janvier du « Club Planète Gagnante ». Une page entière est consacrée aux actions en matière de développement durable réalisée par la Communauté de Communes Decazeville-Aubin, notamment la mise en place du TUB.
Le Club Planète Gagnante de l’ADEME est une plate-forme d’excellence, d’innovation et d’échanges en matière de réduction des impacts environnementaux. Son rôle est de relayer les messages des campagnes de communication et de sensibilisation de l’ADEME, mais également d’encourager la mise en œuvre dans les organisations membres de plans d’action visant à réduire leur impact environnemental.

semainedd-cover.jpgDans cette même thématique, la communauté de communes du Bassin Decazeville-Aubin organise de nombreuses animation dans le cadre de la semaine du développement durable qui se déroulera cette année du 1 au 7 avril.
Aubin sensibilisera sur les économies d’eau et d’énergies à travers la réhabilitation de leur gymnase, Cransac sur l’énergie avec la nouvelle chaufferie biomasse aux noyaux de fruits et son réseau de chaleur qui alimente entre autre des bâtiments tertiaires et un futur lotissement HQE et Firmi sur la protection des milieux aquatiques.
Quand à Decazeville nous avons choisi de sensibiliser sur la biodiversité avec la découverte de la faune et de la flore sauvage en milieu urbain à travers une conférence débat et une promenade pédagogique avec Boris Presseq, botaniste au Muséum d’Histoires Naturelles de Toulouse.
Points forts de cette semaine, la conférence sur l’innovation territoriale à Cransac et la conférence-débat animée par Guillaume Duval, rédacteur en chef d’Alternatives Economiques dont le thème sera l’intitulé du dernier numéro de la revue : « Et si on changeait tout.
Nous allons nous régaler. J’y reviendrai bien sûr dans d’autres notes
Programme détaillé à télécharger ci-dessous (680 ko).
semainedd-ccdecazevilleaubin-prog.pdf

Malgré cela, je passe encore malheureusement aux yeux de certains de mes collègues pour un martien lorsque je dénote la schizophrénie qui nous anime quand nous votons des subventions.
Alors que nous sommes donc engagés dans un Agenda 21 et que cet agenda comporte notamment un Plan Climat local destiné à réduire nos consommations énergétiques et nos productions de gaz à effet de serre, nous devions voter jeudi soir en conseil communautaire une subvention pour un rallye automobile.
Il m’est bien sûr impossible de voter une aide pour une activité qui constitue une incitation, ou tout au moins une banalisation, à la consommation de carburants et à l’accroissement de gaz à effet de serre. Sans parler du mauvais exemple en matière de violence routière.
Une fois de plus, bien que certains m'ont dit par la suite que j’avais raison, je me suis retrouvé tout seul à voter contre cette subvention.
Alors que des experts scientifiques du climat réunis à Copenhague la semaine dernière annoncent qu’il est probable que c’est le scénario le plus noir (+ 6,4 °C à la fin du siècle) qui se profile, nous en sommes encore à donner des subventions à des activités polluantes. Désolant.

Photo 1 : jlc
Photos 2 et 3 : CCDA

22/02/2009

Cormorans et cirques avec des animaux sauvages

cormorans.jpgLa guerre est déclarée aux grands cormorans
Comme chaque année à pareille époque, les articles de presse se font l’écho d’une recrudescence des cormorans sur la rivière Lot.
La Dépêche du Midi y a consacré plusieurs articles , entre autre le 10 mars 2000, le 4 février 2008 et dernièrement le 18 février 2009.
Des pétitions pour demander l’élimination des cormorans circulent actuellement.

Il faut dire que l’exemple vient d’en haut.
Le député Charles de Courson déclarait, lors de la séance du 12 octobre 2004 à l’Assemblée Nationale « Une attaque de cormorans, c'est pire qu'un bombardement allemand en piqué ! J'ai vu des poissons, des milliers de tanches, terrorisés ! (Rires sur les bancs du groupe UMP et du groupe UDF) Ceux qui ont vu la scène n'en plaisantent pas ! Il est intolérable que les ministres successifs protègent ces cormorans-nazis ! Si vous ne prenez pas un engagement ferme, les choses se passeront très mal la prochaine fois. »
Déjà en janvier 2004, il demandait à la ministre de l’Ecologie des carabines 22 long rifle à lunette pour éradiquer ces bandes de « cormorans nazis » : « Certes, vous avez augmenté le quota de chasse, mais insuffisamment. Cependant, vous allez dans la bonne direction. Le problème, comme vous l'avez dit, c'est de le réaliser. Pourquoi est-ce si difficile ? Pour une raison technique, mes chers collègues. Comme vous le savez, les cormorans chassent en bande et certains d'entre eux sont des guetteurs. Sans une carabine 22 long rifle à lunette, vous n'arriverez pas à les tuer. Or cette arme est proscrite et vous serez donc sanctionnés si vous l'utilisez. Pour réaliser les quotas, il faudrait, madame la ministre, que vous autorisiez la possibilité d'utiliser des armes adaptées. »

Qu’en est-il exactement ?
Menacé à l’échelle européenne le cormoran est protégé au titre de la directive Oiseaux depuis 1979. L’augmentation des effectifs dans les pays d’Europe du Nord a provoqué une expansion des populations hivernantes dans le sud de l’Europe, notamment en France. Mais la progression du nombre d’oiseaux hivernants, d’abord exponentielle jusqu’en 1992 a commencé à ralentir depuis, tendant vers une stabilisation (1).
La LPO de l’Aveyron explique fort justement que c'est la quantité de nourriture qui détermine le nombre des oiseaux. En clair, on peut bien abattre quelques individus, mais ils seront systématiquement remplacés si le garde-manger le justifie. Bref, les tirs sont inutiles et n'ont guère qu'une utilité : calmer l'exaspération des pêcheurs.
La LPO tient d'autre part à relativiser le rôle du prédateur dans la raréfaction du poisson. Samuel Talhoet estime que les bouleversements physiques (rectifications et canalisations de cours d'eau, multiplication des drainages, etc.) et les agressions chimiques (engrais, pesticides, rejets d'effluents, etc.) font bien plus de ravages que le grand cormoran. Ce dernier ne serait donc que l'arbre qui cache la forêt.
Il semble donc qu’il ne soit pas utile d’armer la population avec des 22 long rifle à lunette pour réduire la population de cet oiseau.

Vous pouvez voir ci-dessous le reportage à Cajarc de France 3 Quercy-Rouergue le 26 février dernier, sur la "prolifération" des cormorans dans la Vallée du Lot. Ce reportage est bien sûr incomplet, voire caricatural, car il ne propose que la position des pêcheurs et des pisciculteurs et pas celles des associations de protection de la faune sauvage comme la LPO par exemple.
Reportage caricatural car tous les pêcheurs ne sont heureusement pas comme ceux montrés dans ce reportage. En Aveyron par exemple, la politique d'alevinage de la Fédération de pêche est plutôt en déclin. Elle préfère favoriser une reproduction naturelle des poissons, notamment des truites, en réalisant des travaux de protection et d'entretien des cours d'eau. Aleviner revient à donner de la nourriture supplémentaire aux cormorans et donc à augmenter leur nombre.

Cormorans-Vallée du Lot
Vidéo envoyée par calmettes



OISEAU MORT FOSSÉ.jpgRappelons que les plus grands destructeurs de la faune sauvage ne sont pas les cormorans et les éoliennes, mais bien les hommes et leurs activités polluantes (chimie, agriculture, énergie…), le réchauffement climatique (également dû aux activités humaines) et les transports. Il n’y a qu’à regarder les routes et leurs fossés pour comprendre que les calandres et les roues de nos voitures et camions font une hécatombe.

(1) Faune sauvage de l’Aveyron – Atlas des vertébrés – Editions du Rouergue - 2008

tigre zoo.jpgJ’ai toujours été très réticent, pour ne pas dire hostile, à l’accueil de cirques traditionnels avec des animaux sauvages sur notre commune. Déjà, dans les années 90, je m’étais fortement impliqué avec "Causse en Liberté" contre la venue des lions du vicomte de la Panouse sur le magnifique causse de Mondalazac.
Il y a quelque chose de dégradant à enfermer des animaux sauvages toute leur vie dans des cages, loin de leurs territoire d’origine et à les voir exécuter des numéros grotesques pour quelques frissons malsains. Il n’y a surtout rien de pédagogique à les voir ainsi et il est navrant de voir des instituteurs amener leurs élèves ou des parents amener leurs enfants dans ce genre de spectacle.
Après avoir vu un reportage sur les animaux de cirque dans l’émission « 30 millions d’amis », j’ai donc signé la pétition « pour des cirques sans animaux sauvages ».

L’Article L 214-1 du Code rural qui précise que : tout animal étant un être sensible doit être placé par son propriétaire dans des conditions compatibles avec les impératifs biologiques de son espèce.

Cet au nom de cet article que des communes ont pris des arrêtes pour interdire sur leurs territoires les cirques avec animaux sauvages.
C’est le cas notamment de Montreuil où Dominique Voynet est Maire

J’aime le cirque, mais le cirque qui respecte l’humanité et la nature, qui divertit, qui cultive et qui fait rêver sans pour autant faire souffrir un animal sauvage ou pas. Il y a suffisamment de cirques et de spectacles qui rentrent dans ces critères.

Photos : 1 et 2 : jlc - 3 : 30 millions d'amis

La relance en Aveyron

roquelongue.jpg
Au lendemain de l’annonce du plan de relance du gouvernement (vous savez les 1 000 projets), tous les élus locaux Aveyronnais et Midi-Pyrénéens criaient au scandale car ils avaient été oubliés.
« C'est scandaleux. Nous sommes abandonnés par l'État central » disait le conseiller général André At « Je hausse le ton, même si ce sont mes amis qui sont au gouvernement. Les territoires que je représente ne sont pas pris en compte. »
De son côté, Martin Malvy tempête : « Nous attendions des financements pour l’aménagement de la vallée du Lot à destination des départements du Lot et de l’Aveyron. Nous n’avons rien vu venir… Je note donc qu’aucune opération significative ne sera réalisée grâce au Plan de relance en Midi-Pyrénées. C’est une fois de plus un coup d’annonce du gouvernement qui ne sera suivi d’aucun effet »

Mais depuis, des tractations ont vraisemblablement eu lieu.
Le plan de relance annoncé par le gouvernement prévoit au niveau national une enveloppe de 5 M€ afin de soutenir des projets importants, prêts à démarrer très rapidement et réalisables en 2009-2010. C'est au titre de cette enveloppe que le premier ministre a annoncé dernièrement l'octroi d'une subvention de 500 000 € au conseil général du Lot pour l'extension de la navigabilité de la rivière Lot, en soulignant « la qualité et le caractère structurant » de ce projet.

Mais mieux encore.
Une subvention de 400 000 euros a été attribuée pour soutenir le chantier de l’aéroport Rodez-Marcillac sur les mêmes critères.

Dans ces conditions, on ne serait pas surpris que des financements arrivent pour les « projets enthousiasmants » poussés seulement par une poignée d ‘élus et de notables mais boudés par les Aveyronnais, comme le Musée Soulages ou la RN 88.

grrrrenelle de l'entouloupettement.jpg
Mais au fait, où est le Grenelle de l’Environnement lorsque l’on finance des projets polluants comme ceux favorisant le transport aérien ou le doublement d’une route ?

Photo 1 : jlc
Photo 2 : jlc
Grenelle de l'entourloupettement : 5 pétards diamètre 20 dont un explosé
Création de Jacques-Rémy Girerd, réalisateur (Mia et le Migou - La prophétie des grenouilles...) et fondateur de Folimage à Valence - Expo Peur bleue / colère verte - Grenoble 2009

18/02/2009

Nos enfants nous accuseront

nos enfants nous accuseront.jpgLa grande salle de La Strada était pleine à craquer lundi soir pour voir le film de Jean-Paul Jaud « Nos enfants nous accuseront ». Une centaine de personnes ont même malheureusement été refusé et les gestionnaires du cinéma leur ont promis une nouvelle venue rapide de ce film à Decazeville.
Même succès ailleurs dans les villes proches. Ce film affichait complet à Figeac, à Capdenac, à Rodez…
Lors de la venue d’Homo Toxicus à Decazeville et du débat qui a suivi avec la réalisatrice Carole Poliquin en novembre dernier, la salle était également pleine à craquer. Et ce film connaît également ce même succès dans les lieux où il est encore diffusé.
Que se passe t-il donc ? Y aurait-il donc une réelle prise de conscience de la population ?
Il me semble que oui. Car le public qui vient voir ces films n’est pas essentiellement un public d’initiés. Certes, ce public là est également présent et très heureux de voir qu’on les écoute enfin. Le bouche à oreille joue sûrement. Et surtout je pense que la crise que nous traversons, qui est également une grave crise écologique et sanitaire, provoque des interrogations et des remises en question de nos modes de vie.
Ces films, généralement suivis d’un débat, contribuent à nous éclairer.
Et le débat qui a suivi la projection du film, animé par Laurent Rémes de l’APABA, a montré par les questions et les témoignages, l’inquiétude de la population face notamment à recrudescence des maladies dues à la pollution de notre environnement et de nos assiettes.
Que ce soit sur l’utilisation de pesticides par les agriculteurs, les particuliers ou les collectivités locales, sur la pollution des rivières et des nappes phréatiques ou sur les repas servis dans la restauration collective, tout le monde était d’accord pour dire que nous ne pouvions plus continuer ainsi.

La réflexion menée actuellement par 5 villes de l’Aveyron (Capdenac, Decazeville, Millau, Rodez et Saint-Affrique) avec l’APABA et le Lycée de La Roque afin de créer un approvisionnement des restaurants collectifs en produits bio ou de qualité et favoriser au maximum les circuits courts, va dans ce sens.
Espérons que cette réflexion débouche sur un véritable projet et soit mis rapidement en place.
C’est indispensable pour une agriculture bio et de qualité en Aveyron et pour la santé des personnes utilisant les restaurants municipaux (scolaires, personnes âgées..).

Mais des petites communes aveyronnaises ont déjà mis en place dans leur cantine municipale une alimentation bio. C’est le cas de Nant dans le sud Aveyron.

Vous pouvez écouter Cécile Valex de l’association des parents d’élèves de Nant qui gère la cantine municipale et Josette Hart, première adjointe au maire de Millau qui met en place la même opération à Millau suite à la réflexion avec l’APABA et le lycée de La Roques, dans l’émission « Esprit du Causse » sur radio Larzac.
Très instructif.

12/01/2009

Dernier ouvrage d’Hervé Kempf

pour-sauver-la-planete-sort.jpg« Pour sauver la planète, sortez du capitalisme » paraît en janvier 2009, aux éditions du Seuil. 
 « Comment les riches détruisent la planète », l’ouvrage précédent qu’Hervé Kempf était venu présenter aux dernières Journées d’Eté des Verts à Toulouse, a rencontré un grand succès en France et dans le monde entier, avec des traductions en anglais, espagnol, italien et grec. Il est maintenant publié en poche (collection Points).

Un autre monde est possible, il est indispensable, il est à notre portée. Le capitalisme, après un règne de deux cents ans, est entré dans une phase mortifère : il génère tout à la fois une crise économique majeure et une crise écologique d’ampleur historique. Pour sauver la planète, il faut sortir du capitalisme, en recontruisant une société où l’économie n’est pas reine mais outil, où la coopération l’emporte sur la compétition, où le bien commun est plus important que le profit. Hervé Kempf explique comment le capitalisme a changé de régime depuis les années 1980 et a réussi à imposer son modèle individualiste de comportement, marginalisant les logiques collectives. Pour sortir du capitalisme, il faut prioritairement se défaire de ce conditionnement psychique. L’oligarchie cherche à détourner l’attention d’un public de plus en plus conscient du désastre imminent en lui faisant croire que la technologie pourrait surmonter l’obstacle. Cette illusion ne vise qu’à perpétuer le système de domination en vigueur. L’avenir n’est pas dans la technologie, mais dans un nouvel agencement des relations sociales. Ce qui fera pencher la balance, c’est la force et la vitesse avec lesquelles nous saurons retrouver l’exigence de la solidarité.
Hervé Kempf ménage encore moins ses lecteurs. Pour lui, les fameuses technologies vertes dont on nous rebat les oreilles, nous promettant grâce à elles le retour de la croissance (verte, la croissance!), sont plus dangereuses qu’utiles à la bonne santé de la planète.

hervé-kempf.jpgHervé Kempf était samedi dernier l’invité de Ruth Stégassy pour l’émission "Terre à Terre" sur France-Culture.
Quelques extraits :
« Le capitalisme est une philosophie qui considère que l’individu ne doit chercher avant tout que son propre intérêt et qui d’autre part estime que l’échange entre humains se déroule essentiellement par la marchandisation et par l’extension du règne de la marchandise à l’ensemble des rapports humains et à l’ensemble des biens sur terre. »…
« La force des tenants de ce capitalisme, c’est d’avoir transformé notre psychologie collective, notamment par l’aliénation individualiste et publicitaire. »…

« Depuis 30 ans, le capitalisme a changé de régime.
Il y a eu une très forte progression des inégalités. Quelqu’un de très riche gagnait dans les années 60-70, 40 fois plus que le salaire moyen, maintenant on en est 300, 400, 500 fois plus. On a crevé les plafonds de l’inégalité et donc de l’injustice.
Deuxième point, le capitalisme avait une certaine moralité. Depuis trente ans, on assiste à une généralisation d’un système de corruption tout à fait extraordinaire. Ceux que l’on appelle les élites que moi j’appelle oligarchie, que vous pourriez appeler les classes dominantes, sont maintenant arrivée à un degré de corruption du système extrêmement important, aussi bien pécuniairement par cette avidité et cette cupidité sans freins, que par une sorte de corruption morale d’oubli du soucis du bien commun, d’oubli du soucis de l’avenir, d’oubli du soucis des générations futures.
Troisième point, ce changement de régime du capitalisme a réussi de généraliser la philosophie individualiste à l’ensemble du corps social.
Avant, l’individu était tempéré par des solidarités collectives. Ce qu’a réussi le capitalisme ces trente dernières années, c’est à faire exploser ce sens de la coopération, de la solidarité, du bien commun, pour ne plus conserver que l’idée que les individus ne peuvent se réaliser que par eux-mêmes, en oubliant les autres. »

« Nous nous en sortirons en changeant notre façon d’être ensemble
Sortir du capitalisme c’est dire nous sommes des humains, être humain c’est parler, parler c’est échanger, et nous voulons moins de biens, plus de liens, moins de choses, plus d’esprit. »


Les solutions ? Pour Hervé Kempf, elles tiennent en trois ou quatre points : mettre l’économie au service de l’homme et de la planète, favoriser l’économie coopérative, sociale et solidaire, se réapproprier les moyens de production sans tomber dans un marxisme intégriste (repenser Fourrier, Proudhon…), remettre en question les inégalités, opérer des transferts de revenus vers les plus pauvres par une fiscalisation accrue des hauts revenus, instaurer un Revenu Maximum Admissible (comme l’avait déjà instauré Roosevelt,le père du New Deal, en 1942)…
Dans toutes ces politiques, la protection de l’environnement doit être une priorité et nous devrons obligatoirement repenser la question de la production agriculture.

Ces quelques points qu’a développé Hervé Kempf sur France-Culture (radio publique) me donnent envie d’en savoir un peu plus.

Hervé Kempf anime le site internet Reporterre
Vous pouvez réécouter ou podcaster l'émission "Terre à Terre"
Hervé Kempf sera l'invité de "La bas si j'y suis", l'émission de Daniel Mermet sur France Inter le mercredi 14 janvier à 15 h. Vous pourrez écouter ou podcaster l'émission sur : http://www.radiofrance.fr/franceinter/em/labassijysuis

Photo d'Hervé Kempf : jlc

05/01/2009

Le chauffage électrique : cher et polluant

radiateurelectrique.jpgJe suis régulièrement confronté aux aficionados d’EDF qui croient mordicus, par conviction politique, scientiste ou par mauvaise information (souvent les trois), que l’industrie nucléaire est propre, participe à notre indépendance énergétique (alors que nous n’avons plus aucune mine d'uranium en France) et est surtout indispensable à la survie de notre économie et à notre vie de tous les jours.
Qu’ils soient de droite ou bien de la gauche productiviste ou sociale démocrate, ils ont à peu près tous une vision idyllique de la construction du programme nucléaire français, préférant notamment fermer les yeux sur l’opacité des décisions concernant ce programme et sur les incidents à répétition des centrales en France (syndrome Tchernobyl). Pour eux, la fin justifie les moyens.
Mais justement, la fin risque d’être moins heureuse que nous le décrivent les tenants de cette industrie.

Le nucléaire est non seulement dangereux, secret et anti-démocratique, ça ont le sait depuis longtemps, mais il est de plus polluant et cher.

La petite vague de froid que connaît la France actuellement va être une nouvelle fois l’occasion pour celle-ci d’importer de l’électricité d’Allemagne, pays qui est engagé dans un plan de sortie du nucléaire.
En effet, si la France avec ses 58 centrales nucléaires est globalement exportatrice, la chose s’inverse au coeur de l’hiver. A ce moment-là, la consommation hebdomadaire moyenne est environ double de ce qu’elle est en été. La raison ? Tout simplement la politique unique au monde d’encouragement au recours au chauffage électrique qui est un non-sens énergétique et économique. Ce n’est pour le moment qu’un doublement, mais cela pourrait s’aggraver. Bien que plus développé qu’ailleurs, le chauffage électrique ne représente encore que de l’ordre de 11% du chauffage domestique, loin derrière le gaz naturel (35%), le fioul (25%) et même le bois (22%). Si l’on s’engage plus encore dans le chauffage électrique, jusqu’où grimpera le différentiel été - hiver ?

eclairage-noel.jpgOn peut également rajouter dans cette gabegie énergétique hivernale polluante, les éclairages de Noël (collectivités et particuliers), qui, sous prétexte que l’on utilise maintenant des Led (diodes électroluminescentes) sont beaucoup plus nombreux et durent plus longtemps (Je vais finir par adhérer au GROIN d'Yves Paccalet).

Pour faire face à ce besoin hivernal que les centrales nucléaires françaises ne peuvent satisfaire, la France importe donc. En 2007, l’Allemagne a acheté 8 TWh à la France, mais elle lui en a fourni, en hiver, 16,2 TWh venant principalement de ses centrales thermiques à flamme (gaz, fuel, charbon) . Dans un communiqué, le réseau Sortir du Nucléaire ne manque de souligner le résultat paradoxal de cet état de fait : l’utilisation du chauffage électrique, souvent présentée comme la "solution propre", entraîne « de fortes émissions de co2 qui, même si elles ont lieu en Allemagne, devraient être attribuées à la France et même au nucléaire français ».
A cette production polluante importée, on peut rajouter les 2 600 mégawatts de centrale au fuel qu’EDF vient de relancer en France.
Mycle Schneider, expert international en matière énergétique, estime dans Libération du 3 janvier 2009, le contenu en CO2 du kWh pour les besoins du chauffage électrique, entre 500 et 600 grammes, soit environ trois fois les émissions d’un chauffage central au gaz.

On peut également craindre une grosse panne électrique en cas de pic de consommation dû à une période de grand froid importante et longue, plus grave que celle que nous avons connu en 2006.
L’électricité est une énergie magnifique, mais ses applications thermiques sont catastrophiques.

tricastin.jpgMais de plus, EDF révèle officiellement ce que tous les experts savaient déjà, que le coût prévisionnel de l'électricité du réacteur nucléaire EPR en construction à Flamanville ne sera pas de 43 euros par MWh comme initialement affirmé en 2006 pour emporter la décision, mais de 55 euros, soit une augmentation de 28 %.
Il y a donc eu tricherie, car c’est sur l’estimation de ce bas prix que la décision a été prise de construire ce réacteur. De plus, ce prix de 55 euro est largement sous-estimé.
On comprend mieux pourquoi l’Afrique du Sud a renoncé à construire le réacteur nucléaire qu’Areva voulait lui fournir.

Mais le lobby nucléaire continu de tricher pour pouvoir imposer sa production.
Dans une tribune parue dans Les Echos du 24/12/08, Benjamin Dessus, président de Global Chance, s’alarme des conditions de préparation par le gouvernement de la Programmation pluriannuelle des investissements de production d’électricité (PPI), qui doit être présentée au Parlement début 2009.
« Sous le prétexte que les coûts de production de l’électricité sont « des informations commercialement sensibles dans des marchés concurrentiels tendus » on ne trouve plus, dans les « coûts de référence », d’indication sur les coûts en euros par MWh des différentes filières de production, mais seulement des valeurs indicielles comparatives de ces coûts par rapport à une énergie de référence, comme par hasard le nucléaire, de valeur arbitraire 1 » explique Benjamin Dessus.
Cette fois-ci, pour ce spécialiste de l’énergie, « le dogme nucléaire s’est substitué à la rationalité économique » et nous vivons dans une « bulle d’irréalité ».
« Il n’est pas trop tard pour reprendre l’exercice PPI sur des bases plus réalistes. Mais pour cela, il faudrait faire sortir le nucléaire du statut quasi religieux et secret qu’il connaît chez les décideurs de notre pays » conclut Benjamin Dessus.

La où le nucléaire se développe, la démocratie, la paix et l’environnement sont mis à mal.

Lire sur ce sujet, le communiqué de presse des Verts du 7 janvier 2009 :
Pic électrique : les failles du nucléaire

04/01/2009

Bulletin municipal

fleurissement.jpg
Vous avez dû recevoir cette semaine le bulletin municipal dans votre boite à lettres. C’est en vélo et par un soleil magnifique que j’ai effectué vendredi dernier la distribution du quartier qui m’était dévolu, le nord de notre ville : le Pont de Livinhac, Bouquies, route de Flagnac, Thels, Fayet, Cahuac, le Sailhenc-Haut, le chemin de Bouquies, le Thaur, la route de Livinhac. C’est ce que l’on peut appeler Decazeville-sur-Lot.

Bien que cela fasse maintenant plusieurs années que je porte le bulletin sur ce secteur, il est possible que j'ai oublié une boite à lettres. Si vous êtes dans ce cas, n’hésitez pas à passer chercher un exemplaire à la mairie ou à me laisser un message pour que je passe vous le porter.

Téléchargez ci-dessous les pages « Environnement » de ce bulletin municipal (2,5 Mo) :
bulletin municipal decazeville -12:08 Environnement.pdf

Téléchargez ci-dessous l'article de Midi Libre du 9 janvier 2009 relatif à la gestion des espaces verts :
DECAZEVILLE - Espaces verts - la mairie s'engage dans une gestion plus écologique.pdf

25/12/2008

Plan climat territorial et transports collectifs sur le Bassin

La presse locale a fait écho dernièrement de deux domaines où je suis fortement impliqué au sein de la communauté de communes Decazeville-Aubin.

agirpourleclimat-cover.jpgLe premier concerne le Plan Climat Territorial.
Nous avons été la première collectivité en Midi-Pyrénées à nous préoccuper des conséquences du réchauffement climatique et des possibilités qu’ont les collectivités pour en atténuer les effets.
Dès 2005, les domaines de l’énergie et du climat faisaient l’objet de préoccupations des groupes de travail chargés de mener à bien l’Agenda 21 local du Bassin
Notre Agenda 21, labellisé « Agenda 21 local de France » par le délégué Interministériel au Développement Durable, comporte donc un Plan Climat Local.
Un plan en cinq points :
- Réalisation d’un bilan des consommations énergétiques et des émissions de CO2 sur le patrimoine communal (éclairage public compris) et intercommunal afin de cibler les sites sur lesquels agir. Sur cette action, Decazeville est en avance, puisque depuis 2003 nous réalisons ce diagnostic.
- La formation d’un binôme agent technique/élu au niveau des communes à la gestion du suivi des consommations énergétiques. Une première formation a eu lieu dernièrement. Elle a été réalisée avec l’ARPE (l’Agence Régionale pour l’Environnement)
- L’éclairage public. Il s’agit d’abord de réaliser un diagnostic des points lumineux de chaque commune et de créer une base de donnée sur le SIG. Cette base de données permettra de proposer des pistes d’actions à entreprendre. L’adhésion de Decazeville au SIEDA devrait faciliter la mise en place rapide de travaux.
- Les bâtiments de l’OPH de Decazeville. L’ARPE a réalisé des visites conseils sur certains sites afin d’identifier les points noirs et les pistes d’amélioration.
- Et enfin, l’édition d’un guide de sensibilisation « Agir pour le climat », destiné à tous les habitants du Bassin dont j’avais déjà parlé.

Afin de diminuer les rejets de CO2, les collectivités et les particuliers peuvent être producteurs et consommateurs d’énergies renouvelables.
En terme de consommation d’énergie, je ne saurais trop vous rappeler qu’il existe des sociétés qui fournissent de l’électricité 100% renouvelable. Je suis moi-même usager et sociétaire du fournisseur Enercoop. Les collectivités peuvent également se fournir en électricité renouvelable en totalité ou en partie.
Mais on peut également être producteur d’énergies renouvelables : solaire thermique et photovoltaïque, bois énergie, hydraulique, éolien…
La commune de Cransac est en train de terminer l’installation d’une chaufferie bois qui alimentera un réseau de chaleur.

Ce Plan Climat est bien sûr appelé à évoluer car l’objectif d’un tel outil au niveau local est de pouvoir fédérer tous les acteurs d’un territoire en faveur d’une diminution des gaz à effet de serre sur celui-ci.


tub-placedecazes.jpgLe deuxième point sur lequel je suis intervenu dans la presse locale concerne les transports sur le Bassin.

Ca été l’occasion de faire un point sur le TUB et son évolution, sur le nouveau service que nous allons mettre en place : le TAD, le transport à la demande et sur les déplacements cyclables.

Concernant le TUB, les chiffres parlent : 48 000 passagers en 9 mois alors que l’étude n’en prévoyait que 12 300 (certes à 1 euro). Dès le mois de févier, suite aux deux enquêtes de juin dernier, les horaires vont être réaménagés et trois arrêts supplémentaires seront créés.
Le changement du bus pour un bus ayant une capacité bien supérieure devrait intervenir vers la fin du premier semestre avant d’envisager dans les années futures la création d’une deuxième ligne.

La mise en place du TAD (Transport à la demande) devrait intervenir vers la fin février.
Le TAD permettra de compléter l’offre actuelle dans les zones non desservies par le TUB et d’offrir aux personnes à mobilité réduite un moyen de transport facile et au plus près de leurs attentes.
Par un simple appel, vous réservez le TAD, au plus tard la veille de votre départ, en indiquant votre arrêt de départ et d’arrivée, ainsi que l’horaire et le jour du déplacement. Le TAD vient vous chercher à l’heure et à l’arrêt convenus. Vous vous acquittez du paiement de votre voyage auprès du conducteur. Mobilité pratique, écologique et intelligente car les véhicules ne se déplacent qui si les usagers en formulent la demande à certains jours et horaires prédéterminés.

randovelo-ccda.jpgTroisième volet du Plan Global de Déplacement du Bassin, les déplacements cyclables.
La Communauté de Communes va lancer en 2009 un « Schéma de référence d’Itinéraires Cyclables ».
D’or et déjà, nous devons favoriser la création d’un traversante cyclable de Viviez jusqu’à Firmi. Actuellement, la seule voie accessible aux vélos est le chemin piétons/vélos parallèle à la RD 840 entre les giratoires de la Vitarelle et de la gendarmerie.
Il est primordial qu’un aménagement en piste ou voies cyclables soit prévu en même temps que l’ouverture de la déviation de Decazeville-Viviez dans l’avenue Léon Blum, entre le rond-point de la Vitarelle et le stade. Il est également indispensable que le rond-point de la Vitarelle comporte une voie matérialisée pour les cyclistes.
C’est une obligation de la loi LAURE (Loi sur l’Air et l’Utilisation Rationnelle de l’Energie) pour toute nouvelle création de voie, mais c’est aussi le souhait de tous les cyclistes qui ont participé en septembre dernier à la semaine européenne de la mobilité.

Cet aménagement minime en terme technique et financier ne devrait pas poser de problèmes si il y a réellement une volonté politique d'œuvrer pour un développement soutenable.

Avant la création d’autres aménagement pour les cyclistes, l’installation d’une vingtaine d’arceaux de stationnement est prévu en 2009 à Decazeville.

Téléchargez ci-dessous, l’article de presse de Midi Libre sur le Plan Climat :
Le Bassin lance son « Plan climat local » Midi Libre.pdf

Téléchargez ci-dessous, les articles de presse de Midi Libre et La Dépêche du Midi sur les transports collectifs sur le Bassin :
Après le Tub, le transport à la demande (Tad).pdf




12/11/2008

Homo Toxicus affiche complet

homo-toxicus---decazeville.jpg
Il n’y avait plus une seule place de libre lundi soir à la salle 1 de La Strada à Decazeville pour la projection du film Homo Toxicus de Carole Poliquin et du débat qui s’en est suivi avec la réalisatrice.
Et quel film ! Même si le public était en partie un public averti, il ne pouvait qu’être scandalisé par la mauvaise foi des représentants des industries chimiques et de certains responsables politiques.
Pourtant les preuves de notre intoxication, que nous nous transmettons de plus entre générations en y ajoutant chacun sa petite dose, sont là. Des jeunes inuits qui n’entendent plus aux petits indiens de certaines réserves américaines proches d’industries chimiques obligés de vivre douze heures par jour avec une pompe à oxygène, des malformations uro-génitales chez les garçons nouveaux-nés et à la forte diminution de la fertilité masculine dus aux pollutions agro-chimiques en France jusqu’à la forte recrudescence de certains cancers, les preuves apportés par les quelques scientifiques encore indépendants s’accumulent.
Face à ce massacre organisé pour le plus grand bénéfice des actionnaires de l’industrie chimique et pharmaceutique, les Etats baissent les bras quand ils ne favorisent pas les industriels.
En France, la toxicologie et l’épidémiologie sont les parents pauvres de la recherche. Pire, ceux qui choisissent cette voie sont persécutés. En 1994, le toxicologue André Cicollela, était licencié de l’INRS pour s’être obstiné à travailler sur la toxicité des éthers de glycol. Toxicité aujourd’hui reconnue.
Réchauffement climatique, perte rapide de la biodiversité, pollutions en tous genres, intoxication de l’homme, quand allons nous retrouver la raison et réagir ?

homo-toxicus-2-decazeville.jpgLa salle pleine de La Strada nous démontre que ces préoccupations environnementales sont partagées par de plus en plus de personnes. Ces préoccupations environnementales vont d’ailleurs souvent de pair avec des préoccupations sociales. Ce n’est pas un hasard si ce sont les populations les plus pauvres qui sont les plus touchées par les problèmes environnementaux et sanitaires.
Crise écologique, crise sanitaire, crise financière, crise sociale, crise alimentaire, crise énergétique, tout est lié. La seule réponse à ces crises doit être une réponse globale.

Dans cette même série, il ne faudra pas manquer le film « Nos enfants nous accuserons » de Jean-Paul Jaud qui est sorti le 5 novembre et qui doit passer à Decazeville dans les prochaines semaines.

Téléchargez l'article de Midi Libre çi-dessous :
Decazeville - Homo Toxicus fait un carton.pdf

Téléchargez l'article de La Dépêche du Midi :
homo toxicus-decazeville-ladepeche-161108.pdf

Photos : J. L.

03/11/2008

New Green Deal

europe-ecologie.jpgCa y est ! Les écologistes ont décidé de se réunir autour d'un manifeste et de listes pour les élections européennes de 2009 au sein d'"Europe Ecologie".
Les dernières journées d’été des Verts à Toulouse avaient vu les retrouvailles des Verts avec José Bové, avec les amis de Nicolas Hulot ainsi qu’avec Régions et Peuples Solidaires. Depuis, ce manifeste a reçu l’accord de nombreuses personnes venant du milieu associatif environnemental.

La principale question posée, surtout avec la période difficile que nous sommes en train de vivre, est de savoir si le devenir de notre planète et des générations futures est compatible avec cette société ultralibérale que s’obstinent à vouloir sauver à coups de centaines de milliards Nicolas Sarkozy et les principaux responsables mondiaux.
Faut-il donner tous les moyens financiers à la poursuite de ce système économique dont nous voyons chaque jour un peu plus qu’il nous amène vers le néant ? Le dogme de la « croissance » infini du PIB, censé arroser toutes les couches de nos sociétés est-il souhaitable, réaliste et compatible avec les limites physiques de notre planète ?
Une croissance « verte » comme proposent le tenants de cette société ultralibérale est-elle possible ou bien faut-il changer carrément de système économique ?

A toutes ces questions, Jean-Paul Besset, proche de Nicolas Hulot et membre du comité de pilotage d'"Europe Ecologie", vient de répondre clairement dans un courrier à Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d'Etat à l'écologie et secrétaire nationale de l'UMP :

j-p-besset.jpgLettre à NKM

Le 27 oct. 2008 à 11:46 par Jean-Paul Besset

Chère Nathalie Kosciusko-Morizet, 



Après votre tribune parue dans Le Monde du 24 octobre, on serait tenté de vous dire : "Bienvenue au club, Madame la secrétaire d'Etat !"
Dans une belle envolée, n'appelez-vous pas à "changer les horloges" puisque, dites-vous, "nous avons changé de monde" ? Vos mots clés sont les nôtres: "équilibres naturels", "vrais besoins", "justice sociale", "régulation"... Vos rejets rejoignent nos refus : "surproduction", "surconsommation", "gains excessifs", "éphémère", "gagner", "amasser"... "Il faut voir loin" concluez-vous pour appeler à la révolution écologique. Permettez-nous d'y regarder d'abord d'un peu plus près.
Comment parvenir au lointain désiré dont nous partageons semble-t-il les valeurs ? Comment faire, par quelles voies ? Car c'est bien ce qui compte. Sauf à tracer un chemin accessible, les horizons radieux resteront dans la brume. Vous affichez, Madame, les résultats du Grenelle de l'environnement comme démarche probante. Nous ne vous chercherons pas querelle d'apothicaire là dessus. Ce Grenelle, dont vous avez été un acteur actif et convaincu, constitue sans doute le meilleur compromis possible au regard du rapport de force actuel dans la société, un morceau du chemin.

Mais pour aller où ? Pour "additionner écologie et économie" répondez-vous, espérant ainsi embarquer l'humanité sur les ailes de la "croissance verte". Patatras ! Nous voici revenus au point de départ. En reconvoquant "l'économie" sans nous dire de laquelle il s'agit, sans préciser en quoi celle-ci aura dû faire une reconversion copernicienne et en rabattre dans sa prétention à dominer l'humain et la nature, vous reprenez de facto la même : la productiviste, la polluante, l'inégalitaire, la précarisante. Vous réintroduisez en majesté la mécanique - car ce n'est qu'une mécanique - responsable du désastre. Lui ajouter un partenaire "raisonnable" - l'écologie - n'y change rien, sinon aux marges. D'autres, dans l'histoire, l'ont essayé avec le social et l'immense foule des exploités en paye toujours le prix. Si on n'en conteste pas la prééminence, l'économie continuera de tout ordonner autour de son axe, par essence insensible aux hommes et à la nature.
A preuve : vous fixez toujours, Madame, l'augmentation de la croissance - fut elle mâtinée de vert - comme objectif central. C'est toujours cette abstraction comptable qui vous obsède alors qu'on sait aujourd'hui qu'elle débouche sur... la récession.
Comment alors, dans cet esprit, l'écologie et son projet de civilisation deviendraient-ils autre chose qu'une pelletée de charbon d'appoint pour la locomotive, un truc sympa pour seulement relancer la machine économique ?

Nous, c'est l'inverse. Nous voulons changer la locomotive et faire en sorte que la mécanique économique s'y adapte. Pas pour tuer celle-ci car l'économie reste un mode incontournable d'administration des richesses et des activités entre les hommes. Mais en la mettant en quelque sorte sous tutelle. La tutelle des hommes et de la nature. Tout le monde aujourd'hui évoque une nécessaire régulation de l'économie mondiale mais beaucoup, en particulier chez vos amis politiques Madame, entretiennent un flou prudent sur les critères de cette régulation.
Pour nous, la bonne question est : qui doit réguler ? Ce qui revient à se demander qui doit dominer. Notre réponse est sans ambiguïté : nous revendiquons le primat de l'écologie - et de son indissociable compagnon de route, le social - sur l'économique. C'est çà le fond de notre New Green Deal, notre proposition de nouvelle donne à l'échelle européenne qui ne se confond pas avec votre projet de croissance verte.
Encore un effort, Madame, pour changer d'heure avant d'imaginer changer d'horloge.



Rejoignez les 2000 signataires du manifeste « Europe Ecologie »

18/10/2008

Le goudron n’intéresse pas les Aveyronnais

j'enveux.jpgA la lecture de Centre-Presse, on s’aperçoit qu’il n’y a finalement que quelques hauts « décideurs » Aveyronnais pour croire que le doublement en 2 X 2 voies de la RN 88 est bon pour l’Aveyron.
C’est le résultat d’une enquête d’opinion réalisée du 2 au 7 octobre par la société Télécontact pour Centre-Presse.
48,5 % des Aveyronnais interrogés ne se sentent pas concernés par ce projet et seulement 7 % seraient prêts à descendre dans la rue pour manifester. Le bide.

Mais ça ne démonte pourtant pas nos décideurs.
Pour Jean-Claude Luche, président du Conseil Général : « Le relatif désintérêt des Aveyronnais pour ce dossier ne va en rien affecter la volonté du conseil général. Il en va de l’avenir du département ». Fichtre !
Cela en dit long sur l’idée qu’il a de la démocratie. Je me méfie toujours de ces gens qui veulent faire le bonheur des autres malgré eux.
Pour Martin Malvy, président de la Région et Ludovic Mouly, président de l'Agglo du Grand Rodez, c’est la faute au retard pris par les élus aux commandes depuis des années en Aveyron. Pan sur Puech et Censi !
Mais de droite ou de gauche, pas un ne remet en cause ce projet pourtant boudé par les Aveyronnais.

Même entêtement aux chambres consulaires et chez certains chefs d’entreprises.
Alain Fabre, directeur de la RAGT prend exemple sur le « succès du désenclavement » de la Bretagne pour justifier le doublement de la RN 88.
Parlons-en ! Quelle réussite ! Le « désenclavement » de la Bretagne à conduit à un exode massif des Bretons vers Paris et à l’arrivée d’une industrie agro-alimentaire polluante (élevages porcins et avicoles en surnombre, algues vertes, ruisseaux et sols extrêmement pollués…). Voilà ce que veut faire M. Fabre de notre département, en plus d’une terre pour les OGM.

Tous nous disent que ce projet va « désenclaver » l’Aveyron et attirer les entreprises.
Pour ma part, je ne me sens pas du tout enclavé. Et si la SNCF favorisait le fret ferroviaire et le Conseil Général, responsable des transports en Aveyron, décidaient de favoriser les transports collectifs et les circulations douces comme la Région aide le transport des passagers avec notamment le Plan Rail et de nouvelles lignes TER, nous aurions un territoire attractif.
Mais n’oublions pas que ce relatif isolement routier est aussi un attrait en matière touristique, de sécurité, de qualité de vie, de protection contre les pollutions…

On nous dit que cette future route va attirer les entreprises. Mais malheureusement se sera surtout des délocalisations d’entreprises proches, en grande partie du département.
Parlez des bienfaits de la A 75 aux habitants de l’est de la Lozère ou bien aux habitants du Vigan qui ont vu une entreprise de 60 personnes délocalisée à La Cavalerie !
Nous ne sommes plus dans de l’aménagement d’un territoire mais dans du déménagement du territoire.

Je ne reviendrai pas sur les effets destructeurs pour notre environnement et pour le climat du doublement de la RN 88.
Je ne reviendrai pas non plus sur l’escroquerie qui a consisté à peinturlurer ce projet en vert en l’appelant honteusement « itinéraire de développement durable » au grand dam des associations de protection de l’environnement qui ont quitté le comité de pilotage.

Enfin, la réaction de Jean Puech sur ce sujet est pitoyable. Non content de ne pas remettre en cause ce projet et de vouloir à tout prix le faire payer pour moitié par les contribuables Aveyronnais et ceux de la région Midi-Pyrénées alors qu’il s’agit d’une route nationale, il critique le « Plan Rail » mis en place par la Région.
Quand on est à ce point déconnecté des habitants et des élus de base d'un département, on comprend mieux pourquoi il a perdu les dernières élections sénatoriales.

Alors, comme semble le souhaiter la majorité des Aveyronnais, oui à des aménagements pour la tranquillité et la sécurité des riverains, non au doublement de la RN 88 qui augmenterait considérablement le flux déjà important de véhicules en transit dont beaucoup de poids lourds.

Ci-dessous, téléchargez l’enquête de Centre-Presse :
RN 88 - Indifférence aveyronnais - Centre Presse - 121008.pdf

et la conférence de presse de Jean Puech du 15 octobre vue par La Dépêche du Midi :
PUECH - LA DEPECHE 161008.pdf

11/10/2008

Homo toxicus : tous intoxiqués

homo toxicus-affiche.jpg« Homo toxicus », c’est le titre du film documentaire de la cinéaste québécoise Carole Poliquin qui sera montré à Decazeville au cinéma La Strada le lundi 10 novembre à 21 heures. Le film sera suivi d’un débat en présence de la réalisatrice.

Dans une enquête inédite, menée avec rigueur et humour à partir de ses propres analyses de sang, la réalisatrice explore les liens entre ces substances toxiques et l'augmentation de certains problèmes de santé comme les cancers, les problèmes de fertilité et l'hyperactivité.

Chaque jour, des tonnes de substances toxiques sont libérées dans l'environnement sans que nous en connaissions les effets à long terme pour les êtres vivants. Certaines d'entre elles s'infiltrent à notre insu dans nos corps et dans celui de nos enfants. En même temps que notre patrimoine génétique, nous transmettons aujourd'hui à nos enfants notre patrimoine toxique.

"Je ne veux pas faire peur avec mon film, dit la réalisatrice, mais je souhaite provoquer une conscientisation au fait qu'il y a un problème."

Les Verts du Bassin participent à l’organisation de cette soirée

Téléchargez l'affiche de ce film à Decazeville :
affiche homotoxicus.pdf

Téléchargez le tract :
tract sante et environnement.pdf

On parle de ce film sur Rue 89

09/10/2008

Vous avez dit voiture « propre » ?

04102008-mondialauto.jpgA l’occasion du Mondial de l’automobile qui se tient actuellement à Paris, tous n’ont que deux mots à la bouche : « verte » et « propre ». La voiture de l’avenir doit devenir « verte » ou « propre ».

Une généralité d’abord : même si la voiture de demain roulait à l’air, elle représenterait toujours un grave danger pour l’environnement.
Il faut d’abord les fabriquer avec des matières premières souvent polluantes et qui s‘épuisent.
Ce processus demande de plus beaucoup de consommations d’énergie et d'eau.
Il faut ensuite construire des routes, grandes consommatrices de granulats, de matières premières à partir de produits pétroliers et d’énergie, routes qui participent grandement à la perte de la biodiversité, à l’artificialisation des sols…
Et puis il y a les centaines de milliers de morts et de blessés dans le monde suite à des accidents de la circulation.
Rien qu’à partir de cet état des lieux, on comprend que la voiture particulière n’a rien de « propre ».

Regardons ensuite les propositions des constructeurs et des hommes politiques hauts placés dont le premier d’entre-eux, Nicolas Sarkozy.
La voiture « propre » ou « verte » serait donc électrique.
Tous leurs propos sont bien sûr relayés à outrances par les radios, journaux écrits et télévisés dans des reportages (on devrait dire publi-reportages dans ce cas) à la gloire de la voiture électrique. Il faut dire que Dassault, Bolloré et d’autres, propriétaires de grands médias investissent également dans ce secteur.

Avec les réserves déjà émises dans le premier paragraphe, je rajouterais que la voiture électrique pourrait éventuellement être un peu plus propre que les autres si on produisait en grande quantité de l’électricité propre.
Or, ce n’est pas le cas, puisque notamment en France, 85 % de l’électricité est produite à partir de centrales nucléaires.

Deuxièmement, qui dit voiture électrique, dit batteries pour le stockage de l’électricité.
Même si des progrès ont été réalisés, leur poids et leur encombrement dans les véhicules ainsi que leur fabrication et leur recyclage posent encore d’énormes problèmes.
De plus, les batteries modernes et futures seront fabriquées à partir de lithium.
Or, le prix du lithium a déjà décuplé depuis 2003.
Pendant que « Les Echos » s’extasient sur ce nouveau paradigme de la voiture « verte » et électrique (avec un encart publicitaire d’une quinzaine de pages pour une marque de berline allemande très polluante), Hervé Kempf, dans Le Monde du 8 octobre, s’intéresse à juste titre aux réserves mondiales de lithium.
« Une étude du consultant Meridian International Research, publiée au mois de mai (The trouble with lithium 2), a jeté un froid : examinant attentivement les configurations géologiques des différents sites de production, elle concluait : "Les augmentations réalistes de production du lithium ne permettront pas de satisfaire une révolution de la propulsion automobile dans la prochaine décennie. (...) Dans le scénario le plus optimiste, elles ne pourraient fournir que 8 millions de véhicules hybrides du type GM Volt" »

Mais ces données sont sans importance pour certains.
Pour Nicolas Sarkozy, une voiture propre est une voiture électrique, voiture que fabrique comme par hasard son grand ami Bolloré qui lui avait prêté son yacht après son élection.
Et il annonce aujourd’hui une aide à la recherche et au développement de 400 millions d’euros : "La France va s'engager dès maintenant dans un vaste plan de recherche et de soutien aux véhicules décarbonés, c'est-à-dire de véhicules ayant les plus faibles niveaux d'émission de CO2 possibles, qu'il s'agisse de véhicules entièrement électriques ou de véhicules hybrides rechargeables"
Protestation immédiate de certaines associations environnementales.

Je dis oui aux véhicules décarbonés, mais non aux véhicules nucléarisés.

La meilleure alternative à la production de CO2 par les voitures reste encore de développer les alternatives à la voiture : transports en commun nombreux et efficaces, et développement de l’usage du vélo pour les trajets courts par des aménagements cyclables nombreux et sécurisés.

Mais dans l’immédiat, si nous devons acheter un véhicule personnel, favorisons les véhicules produisant peu de gaz à effet de serre.
L’ADEME édite un guide sur les consommations de carburant et émissions de CO2 de nombreux véhicules.
On notera qu’aucun véhicule français n’a la classe A (moins de 100 g CO2/km). Ils ne sont d’ailleurs pas nombreux.

Les associations Agir pour l’Environnement, les Amis de la Terre, la FNAUT (Fédération Nationale des Associations d’Usagers des Transports), Greenpeace, le Réseau Action Climat et le WWF lancent une pétition à destination du Président de la République pour demander d’agir en faveur d’un règlement européen ambitieux qui doit :
- fixer un seuil de 120 g/km de CO2 applicable dès 2012
- fixer un objectif de long terme de 80 g de CO2/km applicable en 2020.
L’application de ce règlement serait beaucoup plus efficace, rapide et moins onéreuse pour « décarboner » l’automobile que les propositions de notre président aujourd’hui.
Je pense même que l’on doit aller plus vite et plus loin. J’ai en tout cas signé cette pétition.

Photo en haut de la note : Le samedi 4 octobre 2008 au Mondial de l'automobile, une cinquantaine de militants se sont installés dans les véhicules les plus polluants exposés sur les stands des principaux constructeurs allemands et se sont attachés au volant.
© Mora/Greenpeace / Mora


L'agité du Mondial

l'agité-du-mondial.jpgQu’avaient dit de si dérangeant ces militants écologistes pour que Sarkozy les traite « d’agités du bocal » lors de sa visite au Mondial de l’automobile?
Seulement deux phrases de bon sens qui ont déplu à notre valeureux président dans son soutient inconditionnel aux filières de l’automobile et du nucléaire réunies : « Les voitures sont pas écolos » et « Climat en danger, Sarko complice ».
Moi je trouve ces militants écologistes plutôt sympas. Et en plus, ils répondent à « l’agité du Mondial » sur le site de koléos tv.
Après le « casse toi pov’ con » du salon de l’agriculture, notre président devient un habitué des dérapages de langage et de l'insulte. Chassez le naturel, il revient au galop.

Voir le reportage de TF1 sur cet épisode.


02/10/2008

Développement durable sur le Bassin Decazeville-Aubin

decouverte-n22-cover.jpgVous pouvez télécharger ci-dessous le dernier numéro de "Découverte", le magazine d'information de la Communauté de communes du Bassin Decazeville-Aubin.
Au menu, le point sur l'Agenda 21, la présentation de quelques actions sur notre territoire, notamment les actions de Decazeville en matière d'économies d'énergies et le projet de lotissement HQE du Belvédère à Cransac.

Téléchargez ci-dessous le numéro 22 de "Découverte" :
DECOUVERTE N22 - 09:2008.pdf


agirpourleclimat-cover.jpgLors du Salon Eco-Energies Midi-Pyrénées qui s'est déroulé le week-end dernier à Decazeville, la Communauté de communes, engagée dans un Plan Climat Local, a distribué un fascicule "Agir pour le climat" en Midi-Pyrénées. Il est destiné au grand public, notamment à celui du Bassin. Son objectif : réduire de une tonne par personne les rejets de CO2, soit pour le Bassin, 17 000 tonnes de CO2 en moins.
A chacun de s'engager et les élus doivent montrer l'exemple.

Téléchargez ci-dessous ce fascicule :
agirpourleclimat-decazeville.pdf

25/09/2008

Mes derniers jours d’électricité nucléaire

enercoop-logo.gifCa y est ! J’ai passé le cap et je me sens soulagé.
A partir du 1er décembre prochain, mon habitation ne sera alimentée qu’avec de l’électricité d’origine renouvelable. Fini les watts nucléaires.
Plus les jours passaient, plus la politique d’EDF me rebutait : construction d’un réacteur nucléaire en France, puis annonce de la construction d’un deuxième et maintenant la main mise sur le nucléaire anglais pour des milliards d’euros. Non ! Je ne veux plus participer à la mise en danger des générations futures par un risque accentué d’accident nucléaire et par l’accumulation de déchets dangereux durant des milliers d’années.

J’ai choisi le fournisseur d’électricité Enercoop.
Enercoop parce que c’est une société coopérative et je suis donc sociétaire, et mon électricité est garantie d’origine renouvelable.

J’encourage bien sûr le maximum de personne à faire comme moi, et ce d’autant plus que cela ne supprimera aucun emploi localement puisque le réseau de distribution est toujours de la compétence d’ERDF.

Voir également le site des Amis de l'électricité verte et citoyenne, la vraie : les amis d'Enercoop

08/08/2008

Au fil de l'été

bc582d250b5f21d0852a178f4c203866.jpgYves Paccalet n’a pas déçu les 200 personnes venues l’écouter mercredi soir à Bozouls.
Il a repris en gros les thèmes de son livre « L’humanité disparaîtra, bon débarras ! ». Tour à tour, c’était le philosophe qui nous parlait, ou bien l’éthologue, le zoologue...
Il est revenu sur les 13 scénarios préparant la disparition de l’humanité, tous étant plus ou moins avancés. Il a appuyé son discours sur les périls les plus menaçants : l’augmentation de la population terrestre, le surarmement nucléaire, le dogme de la croissance infini qui est irréalisable et destructeur, la surconsommation d’énergies et ses conséquences sur le réchauffement climatique et les déchets engendrés, la qualité et la quantité d’eau qui se dégrade et se raréfie …
Le péril qu’il lui semble le plus dangereux actuellement, c’est la guerre nucléaire.
« Si ce conflit éclate, abandonnez toute espérance ! Les premiers trépassés seraient les plus heureux »
L’éthologue a expliqué que tout être vivant (animal ou humain, l’homme est un animal un peu plus développé) obéit à trois pulsions : le sexe, le territoire et la hiérarchie.
La reproduction, la possession et la domination.
« Du côté du territoire et de la hiérarchie, tout est permis et même encouragé. La possession et la domination sont élevées au rang de valeurs ».

Yves Paccalet n’est pas tendre avec les Verts. Pour lui, l’écologie doit être trans-courants. Certes oui, mais malheureusement, les seuls qui se battent pour des actions concrètes dans les collectivités locales par exemple, ce sont les élus Verts.
Et je suis bien placé pour vous dire que c’est un travail difficile, tant les résistances aux évolutions nécessaires à mettre en place pour la survie de notre humanité sont importantes, mais c’est un travail exaltant.
Yves Paccalet le sait, lui qui, après deux mandats d'élu, a « pris une claque » (sic) aux dernières élections municipales.
Pourtant, il avait tout fait pour défendre l’environnement dans sa commune : station d’épuration, sentiers…, mais les urnes en ont décidé autrement.
Penser global, agir local. Il nous a rappelé mercredi cette phrase des années 60/70.
« La démocratie ne permet les progrès de la sagesse écologique (et humaine) ni au niveau international, ni au niveau national, ni au niveau local », écrit-il dépité après sa déconvenue.
Yves Paccalet n’aime pas beaucoup les Verts, mais moi j’apprécie Yves Paccalet. Il fait partie de ces témoins et de ces penseurs qui font avancer doucement mais sûrement notre conscience.


Le Préfet Geoffret s’en va et on ne va pas le regretter. J’ai rarement vu un Préfet aussi anti écolo : opposé fermement aux arrêtés anti OGM, opposé à l’installation d’éoliennes et bien sûr, favorable au doublement de la RN 88.
Il promet de ne pas faire de politique durant sa retraite, mais appliquer comme il l’a fait avec plus ou moins de zèle (plutôt plus que moins ces derniers 18 mois) les lois, décrets ou circulaires de l’Etat, n’était-ce pas faire de la politique ?


1d39cea890aadc95d9c55f1d1c57b886.jpgCe vendredi, débute le Festival de Querbes.
Ce festival, « le plus petit des grands festivals de jazz et de littérature » en est à sa 11ème édition.
Originalité de cette année, il débute aujourd’hui à 18 heures, à Decazeville, dans les locaux de l’ASPIBD, par une performance de William Noblet, avec Anne Pancrassin (danseuse), Henri Robert (voix) et Jeanne Ribis (violoncelliste) sur des textes d’Emile Zola et du decazevillois André Pradel.

La programmation musicale et littéraire de ce festival est éblouissante.
Quatre jours de bonheur à côté de chez nous et même cette année, chez nous. A ne pas manquer.


1faef3167c19198be262ad434ab3e6b7.pngBozouls - Yves Paccalet inquiet pour notre "planète bleue"

Le public venu pour inaugurer le cycle de conférences du festival des Sciences de la terre, à Bozouls, s'est retrouvé devant Yves Paccalet, écrivain, philosophe, journaliste et naturaliste. Il a ouvert le bal avec un terrible plaidoyer " L'humanité face à sa menace de disparition".

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05/08/2008

Yves Paccalet à Bozouls

5d9a159a4612252bdebc931a0a67d2e0.jpgJe vous avais déjà parlé d’Yves Paccalet lors de la sortie de ces deux derniers ouvrages : « L’humanité disparaîtra, bon débarras » et « Sortie de secours ».
Livres que j’avais aimé tant pour le contenu scientifique et réaliste qu’ils font de l’état de notre planète et de ce qui risque d’arriver si nous ne réagissons pas rapidement, que pour l’écriture claire, avec ce qu’il faut d’humour et de dérision pour ne pas tomber dans un profond désarroi.

Yves Paccalet sera demain soir à 20 h 30 à la salle des fêtes de Bozouls pour une conférence « l’humanité face à sa menace de disparition », dans le cadre du Festival des Sciences de la Terre.
Un grand moment à ne pas manquer.
Relisez quelques lignes de « L’humanité disparaîtra… » notamment ce qu’il dit de notre frénésie à artificialiser les sols, thème de ce Festival, pour vous préparer.

« Désormais, le premier sculpteur de la Terre, c’est nous. Chacun des six milliards et demi d’humains (nouveau-né et vieillards inclus) remue en moyenne, six tonnes de matériaux par an. Les plus riches sont aussi les plus excités : trente tonnes pour l’américain… Durant les cinq mille ans qui viennent de s’écouler, notre espèce a déplacé un tel volume de terre et de pierres qu’on aurait pu s’en servir pour construire une montagne de cent kilomètres de longueur, quarante de largeur, et quatre de hauteur. Le volume des Alpes françaises. Pour la même besogne, les agents géologiques demandent cinq millions d’années. Ils sont mille fois moins rapides que nous.
L’Homme est plus puissant que les volcans, les tremblements de terre et les tempêtes. Il en tire vanité
…Mais notre montagne d’orgueil nous retombera sur la figure. Nous défigurons la Terre – notre mère, Gaïa. Nous la griffons, nous la lardons de coups de poignard, nous la zébrons de plaies profondes et de cicatrices indélébiles. La biosphère n’y survivra pas.
Et c’est ainsi que l’humanité disparaîtra. »


Les promoteurs du doublement de la RN 88 appellé honteusement "itinéraire de développement durable" et d'autres itinéraires ou aménagements dévastateurs, seront-ils présents à cette conférence ?
Moi, j'y serais !

02/07/2008

Le Conseil Général est en panne

d08a5d258386df1b0b67281307338939.jpgCertes, comme le dit Stéphane Bultel dans « La dépêche du Midi » du 19 juin, le nouveau président du Conseil Général de l’Aveyron qui bénéficie d’une majorité encore importante, fait du surplace.

Mais les récriminations de Stéphane envers le président Luche sont plus sur la forme que sur le fond. En lisant cet article on s’aperçoit que la majorité et la minorité sont d’accord sur pratiquement tout, notamment le programme démentiel routier, basé sur la vieille économie : celle qui agonise un peu plus tous les jours, celle qui favorise la pollution, le réchauffement du climat, l’artificialisation des sols, la destruction de la biodiversité, mais également celle qui facilite l’ultra-libéralisme, les délocalisations (surtout internes en Aveyron), les inégalités sociales et est peu créatrice d’emplois.

Pourquoi défendre comme la droite, un programme routier qui va vampiriser une grande partie des finances du département et anéantir tous les moyens à mettre d’urgence en œuvre en matière d’aide sociale, de protection de l’environnement, de développement des transports collectifs, d’aide à l’équipement des communes… ?
Déjà, comme je le prédisais lors de la campagne des cantonales, le président Luche parle d’augmentation de la fiscalité départementale.
La A 75 gratuite (à part le mini péage du viaduc) et le doublement de la RN 88 sont une insulte aux peuples qui souffrent déjà fortement du réchauffement climatique, un mépris des générations futures, mais également un non-sens économique à l’heure où les coûts énergétiques explosent et les ressourcent deviennent rares.

La pétition parue hier dans le Monde et le Figaro à l'initiative du Syndicat mixte d’étude et de promotion de l’Axe Toulouse-Lyon, signée par de nombreux socialistes dont Martin Malvy, Pierre Cohen et Ludovic Mouly est inquiétante.
Au nom de « l’équité nationale », d’un « enclavement routier et ferroviaire », se recommandant du « Grenelle de l’Environnement » (?) et portant un projet pilote qui se veut « la première infrastructure conçue selon le principe du développement durable » (?), réalisé suite à « large concertation » (?), tous demandent à ce que l’Etat s’engage fortement et rapidement.
On peut noter déjà que le transport ferroviaire est pratiquement oublié dans cette pétition. Pas de demande à l’Etat pour un doublement, ou au moins un aménagement de la voie ferrée Toulouse-Séverac.
Non, je le répète, un doublement de la RN 88 ne procèdera jamais du développement durable. Une infrastructure qui favorisera le transport routier, qui contribuera à l’accroissement des émissions de gaz à effet de serre, à la destruction d’habitats naturels, à la compartimentation d’espaces naturels rares, au déplacement d’entreprises qui vont quitter le reste du département pour aller le long de cet itinéraire… ne peut qu’être néfaste à notre territoire et à la planète en général.
Les associations environnementales ne s’y sont d’ailleurs pas trompé en quittant le comité de pilotage de la charte : « Le but des politiques publiques n’est pas de suivre des tendances prétendues inéluctables mais de chercher à les infléchir dans le sens de l’intérêt général et du long terme. Vouloir anticiper la demande de transport et donc inciter à son développement dans une région qui jusqu’à présent était préservée de la plupart des nuisances routières ne peut donc être un objectif du « développement durable » ».

Oui, le changement au Conseil général passera par une véritable alternance, comme le dit Stéphane Bultel. Mais le changement des hommes ne suffira pas. Il faudra également faire d’autres propositions que celles que défendent la droite et la gauche au Conseil Général de l’Aveyron si l’on veut réellement une autre société dans un monde vivable.

Si la gauche et les écologistes veulent gagner les prochaines élections, il est indispensable de répondre au plus près aux préoccupations des Français et de ne pas singer la droite.
Gagner des élections par défaut, parce que les électeurs en auraient assez de la droite et de Sarkozy, pour leur proposer ensuite le même programme ou à peu près, serait suicidaire.
Travaillons ensemble sur un programme réellement novateur basé sur une économie respectueuse de nos ressources et de notre environnement, sur la solidarité, sur la convivialité, le plaisir d’échanger et d’apprendre des autres, une société où l’homme et la nature en seraient le centre.
Même en Aveyron.

L'article de La Dépêche du 19 juin :
panne generale pour l'aveyron-bultel.doc